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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2100333

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2100333

mardi 8 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2100333
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantCABINET ATHON-PEREZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 12 janvier 2021 et le 4 mars 2022, Mme B A, représentée par le cabinet Athon-Perez, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 novembre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne a rejeté d'une part, son recours préalable formé contre la décision de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne du 20 août 2020 notifiant notamment une dette d'aide personnalisée au logement d'un montant de 3 620 euros pour la période du 1er février 2017 au 31 octobre 2019 et d'autre part, sa demande de remise gracieuse ;

2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne de la décharger du paiement de sa dette et de lui accorder la remise gracieuse de ladite dette ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte pas la signature de son auteur ;

- l'indu d'aide personnalisée au logement est infondé dès lors qu'elle résidait bien à l'adresse déclarée à la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne indépendamment du fait que son époux résidait à Paris ;

- sa situation maritale est sans influence sur le calcul de son aide personnalisée au logement dès lors qu'elle ne vivait pas avec son époux ;

- elle peut bénéficier d'une remise gracieuse dès lors qu'elle est de bonne foi et dans une situation de précarité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de Mme C a été entendu, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par décision du 5 février 2020, la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne a notifié à Mme Aun indu d'aide personnalisée au logement de 3 620 euros au titre de la période du 1er février 2017 au 31 octobre 2019. Par une décision du 20 août 2020, la directrice de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne a confirmé à l'intéressée l'indu d'aide personnalisée au logement et l'a informée du fait qu'elle envisageait de prononcer une pénalité administrative à son encontre. Par une lettre de son conseil le 23 septembre 2020, l'intéressée a contesté l'indu d'aide personnalisée au logement et a formulé une demande de remise gracieuse de dette qui a été rejetée le 12 novembre 2020 par la directrice de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.

2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

Sur la régularité de l'indu :

3. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ".

4. Si la décision du 12 novembre 2020 mettant à la charge de Mme A un indu d'aide personnalisée au logement comporte le nom et la qualité de son auteur, la signature de ce dernier n'y figure pas. Par suite, la décision contestée et entachée d'un vice de forme et doit, pour ce motif, être annulée.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, au demeurant non fondés, Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 12 novembre 2020 rejetant son recours contre la décision du 20 août 2020 lui notifiant un indu d'aide personnalisée au logement et son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin de décharge :

6. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision. Par suite, l'annulation prononcée ci-dessus implique la décharge de l'indu au titre de l'aide personnalisée au logement en litige et, le cas échéant, la restitution par la caisse d'allocations familiales des sommes déjà recouvrées, sauf à ce que le directeur de la caisse d'allocations familiales ne reprenne régulièrement, et sous réserve qu'une règle de prescription n'y fasse pas obstacle, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, une nouvelle décision de récupération de l'indu pour la même période.

Sur frais d'instance :

7. Il y a lieu de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne, qui doit être regardée, dans la présente instance, comme étant la partie perdante, la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 12 novembre 2020 de la directrice de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne est annulée.

Article 2 : Il est accordé à Mme A la décharge de l'indu de 3 620 euros au titre de l'indu d'aide personnalisée au logement et, le cas échéant, la restitution des sommes déjà recouvrées, sauf à ce que le directeur de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne ne reprennent régulièrement, et sous réserve qu'une règle de prescription n'y fasse obstacle, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, de nouvelles décisions de récupération de l'indu en cause.

Article 3 : La caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne versera à Mme A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre délégué en charge de la ville et du logement.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Gracia, président,

M. Israël, premier conseiller,

Mme Potin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.

La rapporteure,

M. Potin

Le président,

J-Ch. GraciaLa greffière,

A. Starzynski

La République mande et ordonne au ministre délégué en charge de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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