vendredi 20 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2100658 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | LE PORS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 20 janvier 2021, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal la requête, enregistrée le 20 novembre 2020, présentée par Mme B.
Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2020 au greffe du tribunal administratif de Paris, et un mémoire enregistré le 2 juin 2022, Mme C B, représentée par Me Le Pors, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération par laquelle le jury l'a ajournée au titre de la session 2020 du baccalauréat technologique série " sciences et technologies du design et des arts appliqués ", ensemble la décision du 6 novembre 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France de l'admettre au titre de la session 2020 du baccalauréat technologique série " sciences et technologies du design et des arts appliqués " ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision d'ajournement du jury a été prise par une autorité incompétente dès lors que le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France ne justifie pas d'une délégation de signature régulière et publiée ;
- elle est entachée d'un vice de forme dès lors qu'il n'est pas mentionné le prénom du signataire en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur matérielle dans le report de la note obtenue à l'épreuve d'anglais ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a obtenu la note de 2/20 au projet d'art appliqué et de design alors qu'elle avait répondu à toutes les questions posées ;
- elle est victime de discrimination en raison du fait qu'elle s'est présentée en qualité de candidate libre.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 avril 2021 et 23 juin 2022, le service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions dirigées contre des notes obtenues à un examen sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une lettre du 1er juillet 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 15 juillet 2022 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 25 juillet 2022.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 juillet 2021, modifiée le 9 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et les observations de Me Mehammedia, substituant Me Le Pors, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B s'est inscrite à la session 2020 du baccalauréat technologique série " sciences et technologies du design et des arts appliqués " en qualité de candidate individuelle. A l'issue des épreuves de remplacement du baccalauréat organisées au mois de septembre 2020 en raison de l'épidémie de la Covid-19, elle a obtenu une moyenne générale de 6 sur 20 et a été déclarée ajournée par une délibération du jury. Par la présente requête, la requérante demande l'annulation de la délibération par laquelle le jury l'a ajournée au titre de la session 2020 du baccalauréat technologique série " sciences et technologies du design et des arts appliqués ", ensemble la décision du 6 novembre 2020 portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article D. 336-1 du code de l'éducation : " Le diplôme national du baccalauréat technologique est délivré au vu des résultats à un examen qui sanctionne la formation dispensée dans les classes de première et terminale préparant à ce diplôme. / La réussite à l'examen détermine la collation par l'État du grade universitaire de bachelier " . Et aux termes de l'article D. 336-10 du code de l'éducation : " Les éléments d'appréciation dont dispose le jury du baccalauréat technologique sont : / 1° Les notes obtenues par le candidat aux épreuves prévues à l'article D. 336-4 ; (). / Les notes définitives résultent de la délibération du jury. () ".
3. La requérante soutient que la décision d'ajournement du jury a été prise par une autorité incompétente dès lors que le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France ne justifie pas d'une délégation de signature régulière et publiée. Toutefois, le relevé de notes adressé à la requérante est une ampliation de la délibération du jury prononçant son ajournement. Ainsi, la circonstance de ce que ce relevé, simple mesure d'information adressée à la requérante, était signé par le directeur du service inter-académique des examens et concours d'Ile-de-France, est sans incidence sur la légalité de la délibération attaquée. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / () ".
5. La requérante soutient que la décision d'ajournement du jury est entachée d'un vice de forme dès lors qu'il n'est pas mentionné le prénom du signataire en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, alors que ce moyen est irrecevable dès lors qu'il relève d'une cause juridique différente de celle à laquelle se rattachent les moyens invoqués par la requérante avant l'expiration du délai de recours, la circonstance tirée de ce que le relevé de notes que la requérante a reçu, qui ne présente au demeurant qu'un simple caractère informatif, ne comporte pas la mention du prénom de son signataire est sans influence sur la régularité de la délibération du jury attaquée. Dès lors, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté comme inopérant.
6. En troisième lieu, aux termes des dispositions de la note de service n° 2014-003 du 13 janvier 2014 relative aux épreuves de langues vivantes applicables aux baccalauréats général et technologique : " () 3. Structure des épreuves / Les épreuves de langues vivantes obligatoires sont notées sur 20. Elles se composent d'une partie écrite et d'une partie orale respectivement notées sur 20 points. La note globale de l'épreuve est obtenue en faisant la moyenne de ces deux notes. () ".
7. La requérante soutient que la délibération attaquée est entachée d'une erreur matérielle dans le report de la note obtenue à l'épreuve d'anglais dès lors qu'elle a obtenu la note de 14 sur 20 alors que le relevé mentionne la note de 13 sur 20. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la note obtenue à l'épreuve d'anglais par la requérante se compose de la moyenne des notes de 11 sur 20 et de 14,5 sur 20 obtenues respectivement à la partie orale et à la partie écrite de cette épreuve, arrondie à l'entier supérieur. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une erreur matérielle doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article D. 336-19 du code de l'éducation : " La délivrance du baccalauréat technologique résulte de la délibération du jury qui est souverain ". Il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'appréciation faite par un jury sur la valeur des candidats à un examen, mais uniquement de vérifier qu'elle n'est pas fondée sur des faits matériellement inexacts.
9. Si la requérante soutient qu'elle a obtenu la note de 2/20 au titre de l'épreuve de projet d'art appliqué et de design alors qu'elle avait répondu à toutes les questions posées, elle se borne à faire valoir que la note obtenue ne reflète pas son investissement, sans invoquer d'erreur de droit ou d'erreur matérielle. En tout état de cause, la note contestée est corroborée par l'appréciation globale du jury figurant sur la fiche d'évaluation de l'épreuve litigieuse qui précise que sa prestation est " à côté de la demande. Dossier et oral qui ne répondent pas aux critères du bac STD2A ". Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante aurait subi une quelconque discrimination en raison de sa candidature en qualité de candidate individuelle.
11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de la requérante doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Le Pors et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2023.
La rapporteure,
F. ALa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026