mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2100664 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CLEMENT - MALBEC - CONQUET AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 janvier 2021, M. B A, représenté par la Selarl Clément-Malbec-Conquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 octobre 2020 par laquelle le préfet du Val-de-Marne l'a suspendu de l'exercice de toutes fonctions auprès des mineurs accueillis dans le cadre des dispositions de l'article L. 227-4 du code de l'action sociale et des familles ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il a été recruté dans un centre de vacances n'accueillant que des majeurs ;
- elle est entachée d'une erreur de fait tirée de l'absence de mention d'une condamnation au bulletin n°2 de son casier judiciaire ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation en ce qu'il n'existait aucun risque pour la santé physique et morale des mineurs ni aucune urgence à agir.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 24 février 2021, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par ordonnance du 16 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 16 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code pénal ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Iffli,
- les conclusions de Mme Deleplancque, rapporteur public,
les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été condamné, par un jugement du tribunal correctionnel de Narbonne en date du 22 janvier 2018, à une peine de 6 mois de prison avec sursis assortie d'une mise à l'épreuve de 2 ans pour détention de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique. Il a conclu, le 21 novembre 2019, un contrat de travail avec l'association UCPA Sport Vacances, afin d'exercer les fonctions d'animateur dans le centre de Val-Thorens. Le 11 février 2020, la direction départementale de la cohésion sociale du Val-de-Marne a, suite à la déclaration de séjour effectuée par le directeur du centre, reçu le bulletin n°2 du casier judiciaire du requérant, lequel faisait état de la condamnation précitée, et en a informé l'UCPA. Cette dernière a mis fin à son contrat le 13 février 2020. Le 22 octobre 2020, le préfet du Val-de-Marne a pris un arrêté n° 2020-3127 le suspendant de l'exercice de toutes fonctions auprès de mineurs accueillis dans le cadre des articles L. 227-4 et suivants du code de l'action sociale et des familles. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 227-4 du code de l'action sociale et des familles " La protection des mineurs, dès leur inscription dans un établissement scolaire en application de l'article L. 113-1 du code de l'éducation, qui bénéficient hors du domicile parental, à l'occasion des vacances scolaires, des congés professionnels ou des loisirs, d'un mode d'accueil collectif à caractère éducatif entrant dans une des catégories fixées par décret en Conseil d'Etat, est confiée au représentant de l'Etat dans le département. " ; aux termes de l'article L. 227-10 du CASF " Après avis de la commission départementale compétente en matière de jeunesse et de sport, le représentant de l'Etat dans le département peut prononcer à l'encontre de toute personne dont la participation à un accueil de mineurs mentionné à l'article L. 227-4 ou à l'organisation d'un tel accueil présenterait des risques pour la santé et la sécurité physique ou morale des mineurs mentionnés à l'article L. 227-4, ainsi que de toute personne qui est sous le coup d'une mesure de suspension ou d'interdiction d'exercer prise en application de l'article L. 212-13 du code du sport, l'interdiction temporaire ou permanente d'exercer une fonction particulière ou quelque fonction que ce soit auprès de ces mineurs, ou d'exploiter des locaux les accueillant ou de participer à l'organisation des accueils. En cas d'urgence, le représentant de l'Etat dans le département peut, sans consultation de ladite commission, prendre une mesure de suspension d'exercice à l'égard des personnes mentionnées à l'alinéa précédent. Cette mesure est limitée à six mois. " ; aux termes de l'article L. 133-6 du même code, dans sa version applicable au litige : " Nul ne peut exploiter ni diriger l'un quelconque des établissements, services ou lieux de vie et d'accueil régis par le présent code, y exercer une fonction à quelque titre que ce soit, ou être agréé au titre des dispositions du présent code, s'il a été condamné définitivement pour crime ou à une peine d'au moins deux mois d'emprisonnement sans sursis pour les délits prévus : 1° Au chapitre Ier, à l'exception du premier alinéa de l'article 221-6, du titre II du livre II du code pénal ; ()3° Aux chapitres III, IV, V et VII du titre II du livre II du même code; " et aux termes de l'article L. 227-23 du code pénal, inséré au chapitre VII du titre II du livre II de ce code " () Le fait de consulter habituellement ou en contrepartie d'un paiement un service de communication au public en ligne mettant à disposition une telle image ou représentation, d'acquérir ou de détenir une telle image ou représentation par quelque moyen que ce soit est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. () "
3. En premier lieu, si le requérant estime que la décision est entachée d'une erreur de fait au motif que le centre de Val-Thorens n'accueillait pas de mineurs, il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement de l'inscription du centre de Val-Thorens sur la télé procédure de déclaration des accueils de mineurs, du courrier de l'UCPA du 13 février 2020 mettant fin à son contrat, ainsi que de l'article " Autres dispositions " de son contrat de travail, lequel précisait que " son site d'affectation est susceptible d'accueillir des mineurs ", que le lieu de travail du requérant était bien un centre hébergeant des mineurs. La circonstance que le centre n'accueillait pas de mineurs au moment où le requérant y exerçait ses fonctions est sans incidence sur la légalité de la décision contestée, laquelle, se bornant à constater que le requérant a déjà eu l'occasion de travailler dans un centre hébergeant des mineurs, lui interdit toute fonctions en lien avec ces derniers. Le moyen, infondé, sera donc écarté.
4. En deuxième lieu, si le requérant estime que la décision contestée est également entachée d'une erreur de fait en ce que la condamnation susmentionnée n'était plus inscrite au bulletin n° 2 de son casier judiciaire au moment de la décision, il ressort des termes mêmes de cette décision que le préfet a entendu recourir à une mesure de police tendant à lui interdire provisoirement de travailler au contact de mineurs, du fait de sa condamnation, afin de prévenir tout risque relatif à la santé ou à la sécurité des mineurs hébergés ; que cette mesure de police était justifiée précisément en l'absence de mention de la condamnation au B2 et qu'elle relève justement ce fait. Le moyen sera écarté.
5. En troisième lieu, le requérant, pour estimer que le préfet n'était pas compétent pour prendre cette décision tant en l'absence d'une urgence à agir que de risques pour les mineurs, fait valoir que son bulletin n°2 du casier judiciaire était vierge, que sa mise à l'épreuve était terminée, qu'il ne travaillait pas au contact de mineurs et que son contrat avec l'UCPA avait pris fin. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'alors qu'il avait été condamné pour pédopornographie, condamnation lui interdisant ainsi toute fonction au sein d'un accueil de mineurs, le requérant exerçait, malgré tout, des fonctions au sein d'un tel accueil géré par l'UCPA, ce qu'il ne pouvait ignorer puisqu'en signant son contrat, il a déclaré sur l'honneur n'être l'objet d'aucune interdiction d'exercer la profession d'animateur au profit de mineurs alors même qu'il faisait l'objet d'une telle interdiction. De plus, la gravité de l'infraction constatée par le juge pénal, à savoir " la détention de notamment 100 vidéos et 12 photographies " qui présentaient " un caractère pornographie d'un mineur ", infraction commise seulement 3 ans avant la date de la décision attaquée, établissait l'existence d'un risque pour des mineurs hébergés dans un centre d'accueil, le juge pénal ayant d'ailleurs pris soin d'assortir le sursis d'une interdiction d'exercer toute activité en lien avec des mineurs. Par ailleurs, si son contrat avec l'UCPA était terminé, l'urgence à interdire au requérant toute fonction en lien avec des mineurs était caractérisée par la fonction d'animateur de Monsieur A, profession qui le rendait susceptible, comme en atteste l'existence de ce contrat, de travailler dans un centre hébergeant de mineurs, même dans le cadre de l'animation de séjours adultes. En estimant qu'il était urgent, pour protéger la santé et la sécurité des mineurs accueillis dans le cadre des dispositions de l'article L. 227-4 du code de l'action sociale et des familles, d'interdire au requérant toute profession auprès de ces derniers, le préfet du Val-de-Marne n'a pas commis d'erreur d'appréciation. Le moyen sera donc écarté.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 10 septembre, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Iffli, conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
C. IFFLI
Le président,
S. DEWAILLY Le greffier,
L. SUEUR
La République mande et ordonne la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026