mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2100759 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP WAQUET, FARGE, HAZAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 janvier et 25 mars 2021 et 2 janvier 2023, Mme C D, représentée par la SCP Waquet, Farge et Hazan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2020 par lequel le maire de Vitry-sur-Seine a abrogé, à compter du 30 novembre 2020, l'arrêté du 15 juillet 2020 la nommant sur un emploi de collaborateur de cabinet ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vitry-sur-Seine une somme de 4 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Mme D soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'erreurs de fait et de droit, en ce que l'autorité territoriale a retenu que son détachement avait pris fin simultanément à la fin du mandat de l'autorité territoriale et qu'elle était de ce fait placée dans une situation irrégulière, considérations qui sont matériellement erronées et procèdent d'une méconnaissance de l'article 6 du décret n° 87-1004 du 16 décembre 1987.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 novembre 2022, la commune de Vitry-sur-Seine, représentée par le cabinet Seban et associés, agissant par Me Carrere, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme D une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 7 août 2023 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-68 du 13 janvier 1986 ;
- le décret n° 87-1004 du 16 décembre 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leconte, rapporteure,
- les conclusions de M. Florian Gauthier-Ameil, rapporteur public,
- et les observations de Mme Le
, ainsi que celles de Me Cadoux, substituant Me Seban, représentant la commune de Vitry-sur-Seine.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D, nommée au 1er septembre 2008 adjointe administrative principale au sein de la commune de Bagnolet puis titularisée, a été placée en position de détachement auprès de la commune de Vitry-sur-Seine et recrutée par cette voie en qualité de collaboratrice de cabinet, à compter du 1er avril 2011, aux termes d'arrêtés respectivement pris pour une durée d'un an par les maires de Vitry-sur-Seine le 29 mars 2011 et de Bagnolet le 4 avril 2011, situation ensuite reconduite par des arrêtés ultérieurs. Postérieurement aux élections municipales des 15 mars et 28 juin 2020, le maire de Vitry-sur-Seine nouvellement élu a pris, le 15 juillet 2020, un arrêté renouvelant la nomination de Mme Le
par la voie du détachement comme collaboratrice de cabinet, à compter du 5 juillet 2020. Puis, par un arrêté du 24 novembre 2020 dont la requérante demande l'annulation, la même autorité a abrogé l'arrêté du 15 juillet 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ".
3. Au cas particulier, l'arrêté attaqué a été signé par M. B A, adjoint au maire de Vitry-sur-Seine, qui disposait à cet effet d'une délégation de fonctions par arrêté du maire du 15 juillet 2020 l'habilitant à signer tout acte relatif au personnel communal. Or, contrairement à ce qu'invoque la requérante, ni les dispositions du code général des collectivités territoriales ni aucune autre disposition législative ou réglementaire ne faisait obstacle à ce que cet adjoint signe, par délégation du maire, l'arrêté attaqué, portant abrogation de l'arrêté nommant Mme D au cabinet du maire. Le moyen tiré du vice d'incompétence, qui manque en fait, doit ainsi être écarté.
4. En second lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article 64 de loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, désormais codifiées à l'article 513-1 et L. 513-3 du code général de la fonction publique : " Le détachement est la position du fonctionnaire placé hors de son cadre d'emploi, emploi ou corps d'origine () / Le fonctionnaire détaché est soumis aux règles régissant la fonction qu'il exerce par l'effet de son détachement. " Aux termes des dispositions de l'article 67 de loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, désormais codifiées à l'article L. 513-24 du code général de la fonction publique : " ()/ A l'expiration d'un détachement de longue durée, le fonctionnaire est, sauf intégration dans le cadre d'emplois ou corps de détachement, réintégré dans son corps ou cadre d'emplois et réaffecté à la première vacance ou création d'emploi dans un emploi correspondant à son grade relevant de sa collectivité ou de son établissement d'origine. () ".
5. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article 110 de loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, désormais codifiées à l'article L. 333-1 du code général de la fonction publique : " I. - L'autorité territoriale peut, pour former son cabinet, librement recruter un ou plusieurs collaborateurs et mettre librement fin à leurs fonctions. () ". Aux termes de l'article 6 décret du n° 87-1004 du 16 décembre 1987 relatif aux collaborateurs de cabinet des autorités territoriales : " Les fonctions de collaborateurs de cabinet prennent fin au plus tard en même temps que le mandat de l'autorité territoriale qui l'a recruté ". Il résulte de ces dispositions que les personnes qui ont été nommées à un emploi du cabinet d'une autorité territoriale ne peuvent demeurer dans cet emploi au-delà de l'expiration du mandat de cette autorité sans que leur nomination fasse l'objet d'un renouvellement.
6. Il ressort des pièces du dossier que pour édicter l'arrêté attaqué, l'autorité territoriale a retenu que postérieurement à un arrêté du maire de Bagnolet pris le 20 mars 2020, prolongeant le placement de Mme D en détachement pour un an à compter du 1er avril 2020, le mandat du maire de Vitry-sur-Seine a pris fin à l'occasion du renouvellement général du conseil municipal, soit à l'issue du second tour du 28 juin 2020, en sorte qu'il en était de même des fonctions de collaboratrice de cabinet exercées par la requérante et corrélativement de son détachement. De ce fait et en l'absence d'intervention d'un nouvel arrêté portant détachement, l'autorité territoriale a estimé que l'arrêté portant nomination de Mme D à compter du 5 juillet 2020 plaçait celle-ci en situation irrégulière.
7. Si la requérante soutient que la fin du mandat du maire qui l'avait nommée a seulement entraîné la fin de ses fonctions mais pas de son détachement, il ressort des pièces du dossier que ce dernier est seulement intervenu compte tenu de sa demande d'exercer sur l'emploi de collaborateur de cabinet alors disponible au sein de la commune de Vitry-sur-Seine, et que la situation administrative de Mme D, recrutée sur l'emploi en question par la voie du détachement, était soumise aux règles régissant les fonctions de collaborateur de cabinet, en application des dispositions susvisées de l'article 64 de loi n° 84-53 du 26 janvier 1984. Il s'en déduit que, quand bien même selon les termes de l'arrêté du 20 mars 2020, l'intéressée était placée en position de détachement pour une période expirant expressément au 31 mars 2021, le terme de ce détachement ne pouvait être autre que celui prévu par l'article 6 précité du décret du 16 décembre 1987, soit au plus tard le terme du mandat de l'autorité territoriale qui l'avait recrutée. En conséquence, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en retenant cette échéance comme terme de son détachement et en considérant qu'elle était depuis lors placée dans une situation irrégulière, l'arrêté attaqué serait entaché d'erreurs de fait et de droit. Ces moyens doivent dès lors être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Vitry-sur-Seine du 24 novembre 2020.
Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
10. En application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D la somme de 200 euros en remboursement des frais exposés par la commune de Vitry-sur-Seine non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme D au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Mme D versera à la commune de Vitry-sur-Seine la somme de 200 euros à verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et à la commune de Vitry-sur-Seine.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Leconte, première conseillère,
Mme Issard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 juillet 2024.
La rapporteure,
S. LECONTELa présidente,
I. BILLANDON
La greffière,
C. TRÉMOUREUX
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026