jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2101059 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 février 2021, M. A B, représenté par Me Hug, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 janvier 2021 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Créteil a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir le versement de l'allocation de demandeur d'asile dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- la décision attaquée a été édictée au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence de l'entretien personnel d'évaluation de sa vulnérabilité prévue par les dispositions figurant alors à l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, notamment sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés ;
- les conclusions du requérant à fin d'injonction, tendant au rétablissement de l'allocation de demandeur d'asile, ne peuvent qu'être rejetées, compte tenu du rejet définitif de la demande d'asile présentée par l'intéressé, par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 20 décembre 2021.
Par ordonnance du 14 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 octobre 2023 à 12 h 00.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Leconte a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant malien né en 1993, a présenté une demande d'asile en France le 28 janvier 2019, enregistrée en " procédure Dublin ", et a accepté le même jour l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par une décision du 26 juillet 2019, le directeur territorial de l'OFII de Créteil a mis fin au bénéfice pour M. B des conditions matérielles d'accueil (CMA) du demandeur d'asile. Le 28 octobre 2020, la demande d'asile de l'intéressé a été enregistrée en " procédure normale ". Saisi par M. B d'une demande de rétablissement des CMA, le directeur territorial de l'OFII de Créteil a opposé un rejet par une décision du 26 janvier 2021, dont le requérant demande l'annulation.
2. Par sa décision n° 428530, 428564 du 31 juillet 2019, le Conseil d'Etat a jugé que les articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur rédaction issue de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018, applicable au litige dès lors que M. B a bénéficié des conditions matérielles d'accueil après le 1er janvier 2019, étaient partiellement incompatibles avec la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013. Le Conseil d'Etat a, par la même décision, précisé les conditions dans lesquelles les autorités compétentes pouvaient, dans l'attente de la modification des articles L. 744-7 et L. 744-8 par le législateur, limiter ou supprimer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil aux demandeurs d'asile qui quittent leur lieu d'hébergement ou la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 744-2 du même code ou qui ne respectent pas les exigences des autorités chargées de l'asile. Ainsi, il reste possible à l'OFII de refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, après examen de sa situation particulière et par une décision motivée, au demandeur qui a refusé le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation. Il lui est également possible, dans les mêmes conditions et après avoir mis, sauf impossibilité, l'intéressé en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ces conditions lorsque le demandeur a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. Enfin, si le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'OFII qui doit apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
3. En premier lieu, il résulte des dispositions figurant alors à l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifiées aux articles L. 522-1 et suivants du même code, que tout étranger qui demande pour la première fois l'asile en France doit bénéficier d'un entretien personnel à l'Office français de l'immigration et de l'intégration en vue d'une évaluation de sa vulnérabilité. En revanche, il ne ressort ni de ces dispositions ni d'aucun principe général que l'OFII doive obligatoirement proposer un nouvel entretien de vulnérabilité lorsqu'il envisage de mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou lorsqu'il statue sur le rétablissement de celui-ci mais seulement qu'il doive prendre en compte les vulnérabilités de l'intéressé. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'absence de l'entretien prévu par les dispositions précitées, qui est inopérant, ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'avant d'édicter la décision en litige, de refus de rétablissement du bénéfice des CMA, M. B a fait l'objet d'un réexamen de sa situation de vulnérabilité, auquel il a été procédé par un entretien réalisé le 19 novembre 2020, l'avis du médecin coordinateur de zone ayant été recueilli le 15 janvier 2021. Il ne ressort ainsi ni des termes de la décision attaquée, ni des pièces du dossier, que la demande de M. B n'aurait pas fait l'objet d'un examen sérieux, notamment eu regard de sa situation de vulnérabilité. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
5. En dernier lieu, d'une part, en se bornant à soutenir, en des termes généraux, qu'il a toujours respecté les exigences des autorités chargées de l'asile et qu'aucun manquement ne peut lui être reproché, le requérant n'apporte aucune contestation précise du motif de la décision attaquée, aux termes de laquelle il s'est abstenu de se présenter aux autorités, alors que l'OFII produit, en défense, les deux convocations pour des rendez-vous en préfecture le 26 juin puis 10 juillet 2019, restées infructueuses, adressées à M. B en vue de son transfert aux autorités espagnoles, reconnues responsables de l'examen de sa demande d'asile, dont la première a été notifiée à l'intéressé le 6 juin 2019. D'autre part, le requérant invoque des conditions de vie indignes en l'absence de ressources pour couvrir ses besoins de première nécessité, ainsi que la fragilité de son état psychologique, produisant un certificat médical établi par un médecin généraliste le 4 décembre 2020, constatant " un syndrome psychotraumatique sévère suite aux violences qu'il aurait subi ", des troubles psychomoteurs et deux cicatrices, appréciés comme compatibles avec ses déclarations quant à des violences physiques subies au Mali. Toutefois, ces seules constatations ne permettent pas d'infirmer l'évaluation opérée par le médecin coordinateur de zone, dans son avis précité du 15 janvier 2021, lequel a apprécié l'état de vulnérabilité de M. B comme relevant du niveau 1, sur l'échelle prévue à cet égard allant de 0 à 3, et recommandé l'attribution d'un hébergement " sans caractère d'urgence ". En outre, si le requérant produit également un certificat médical établi par un médecin psychiatre le 3 mars 2020, ce document fait seulement état d'une nécessité de poursuivre un suivi médical " dans le but d'une précision diagnostique et thérapeutique ". Dès lors M. B, âgé de 27 ans à la date de la décision contestée, et ayant déclaré être accompagné par une structure associative à fin d'appui dans ses démarches et d'hébergement, n'établit pas que l'OFII aurait commis une erreur dans l'appréciation portée sur sa situation en lui refusant le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions présentées par le requérant à fin d'injonction sous astreinte, et de celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Hug.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Massengo, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 9 novembre 2023.
La rapporteure,
S. LECONTELa présidente,
I. BILLANDON
La greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026