vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2101323 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LAOUINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 février 2021, la SARL TZ, représentée par Me Laouini, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 octobre 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a appliqué la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail à raison de l'emploi de cinq étrangers en situation irrégulière et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de cinq étrangers dans leurs pays d'origine pour un montant total de 48 045 euros, ainsi que la décision du
10 décembre 2020 prise sur recours gracieux par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux en ce qui concerne ces étrangers ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les contributions spéciale et forfaitaire ne sont pas fondées en fait et en droit en ce qui concerne cinq étrangers.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2021, l'OFII, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par la
SARL TZ ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Aurore Perrin, première conseillère ;
- et les conclusions de Mme Sophie Delormas, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A l'occasion d'un contrôle effectué dans un restaurant à l'enseigne " Rajpoot ", situé 85/87 avenue du général de Gaulle à Créteil, exploité par la SARL TZ, les services de police ont constaté, la présence de deux ressortissants étrangers dépourvus de titre les autorisant à séjourner et à exercer une activité salariée en France. Lors de l'enquête, ils ont découvert que
quatre autres ressortissants étrangers, dépourvus de titre les autorisant à séjourner et à exercer une activité salariée en France, avaient également été employés par la société. Un procès-verbal d'infraction a été établi et transmis à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en application de l'article L. 8271-17 du code du travail. Par une décision du 20 octobre 2020, le directeur général de l'OFII a appliqué à la SARL TZ la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 109 500 euros et la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour
un montant de 11 545 euros. La SARL TZ a formé un recours gracieux contre cette décision. Par une décision du 20 décembre 2020, le directeur général de l'OFII a annulé partiellement la décision du 20 octobre 2020 mais a maintenu la sanction concernant cinq salariés et a appliqué le taux de
2 000 fois le taux horaire du minimum garanti ramenant ainsi la contribution spéciale à 36 500 euros et la contribution forfaitaire à 11 545 euros. La SARL TZ doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 20 octobre 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a appliqué la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail à raison de l'emploi de cinq étrangers en situation irrégulière et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de
cinq étrangers dans leurs pays d'origine pour un montant total de 48 045 euros, ainsi que la décision du 10 décembre 2020 par laquelle cette même autorité a rejeté le recours gracieux qu'elle avait présenté en ce qui concerne ces étrangers.
Sur les conclusions dirigées contre les décisions du directeur général de l'OFII :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. () " ; et aux termes de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12 () ". L'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), devenu les articles L. 822-2 et L. 822-3 du même code, dispose en outre que : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine () ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre une décision mettant à la charge d'un employeur la contribution spéciale ou la contribution forfaitaire prévues par les dispositions citées au point précédent, de vérifier la matérialité des faits reprochés à l'employeur et leur qualification juridique au regard de ces dispositions. Il lui appartient, également, de décider, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, soit de maintenir la sanction prononcée, soit d'en diminuer le montant jusqu'au minimum prévu par les dispositions applicables au litige, soit d'en décharger l'employeur.
4. En premier lieu, la SARL TZ soutient que M. E, embauché le 28 juin 2018, possédait à la date de son embauche un visa de long séjour " étudiant " l'autorisant à travailler, valable du 23 mars 2018 au 23 mars 2019, et qu'à l'expiration de son titre, elle a mis fin à la relation de travail à compter du 31 mai 2019. De même, elle soutient que M. B, embauché par la société le 6 mars 2018, était titulaire d'un titre de séjour l'autorisant à travailler du 15 février 2017 au 14 février 2018, renouvelé le 14 mars 2018, et qu'à l'expiration de son titre de séjour, elle avait mis fin à la relation de travail à compter du 30 juin 2018. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'aucune date de sortie de l'entreprise ne figure dans le registre unique du personnel concernant ces deux salariés et la société ne démontre pas, en l'absence de valeur probante des pièces produites, un certificat de travail non signé par l'employeur, un document intitulé " annexe pour solde de tout compte ", non signé par les deux parties, ainsi qu'une attestation destinée à Pôle emploi non signée par les parties, que M. E et M. B n'étaient plus salariés de la société au moment du contrôle opéré le 21 juillet 2020.
5. En deuxième lieu, la SARL TZ soutient que M. C, embauché le 5 mars 2018 par la société et titulaire à cette date d'un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler jusqu'au 16 juillet 2018, ne s'est jamais présenté à son poste de travail au sein du restaurant et n'a donc jamais fait partie des effectifs du restaurant. Toutefois, la société ne démontre pas par ces seules allégations et alors que le nom de M. C figurait toujours dans le registre unique du personnel au moment de l'enquête que ce salarié n'a jamais travaillé au sein de la société et qu'il ne faisait donc pas partie des effectifs au moment du contrôle. Par ailleurs, la SARL TZ soutient que M. D n'a jamais fait partie des effectifs de la société. Toutefois, il résulte de l'instruction que le nom de M. D figurait dans le registre unique du personnel trouvé lors de la perquisition. En outre, la société ne conteste pas que M. D était en situation irrégulière au moment de son entretien d'embauche le 5 mars 2018, ne disposant que
d'un récépissé de demande de carte de séjour dont la validité avait pris fin le 5 janvier 2016. Par suite, la société requérante ne démontre pas que M. C et M. D, en situation irrégulière au moment du contrôle, n'auraient jamais été employés par la société.
6. Enfin, la SARL TZ soutient que M. A, embauché le 2 mars 2018, était en possession, à la date de son embauche, d'un titre l'autorisant à travailler jusqu'au
26 septembre 2018, et qu'à la date du contrôle le 21 juillet 2020, son rendez-vous à la préfecture était déjà fixé et que le 27 août 2020, il s'est vu délivrer un récépissé de demande de carte de séjour. Toutefois comme le soutient l'OFII dans la décision attaquée, à la date du contrôle,
M. A travaillait dans le restaurant et son dernier récépissé était expiré depuis le
26 septembre 2018, soit presque deux ans avant le contrôle. La circonstance qu'il a été régularisé le 27 août 2020, soit après le contrôle, est sans incidence sur la régularité de sa situation.
7. Il résulte des considérations qui précèdent que les manquements reprochés à la
SARL TZ étant établis en ce qui concerne les cinq ressortissants étrangers qui font l'objet du litige, le directeur général de l'OFII était fondé à appliquer le montant de la contribution spéciale applicable à l'emploi de cinq étrangers en situation irrégulière et celui de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de ces cinq étrangers dans leur pays d'origine.
8. Il résulte de ce qui précède que la SARL TZ n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du directeur général de l'OFII des 20 octobre et 10 décembre 2020.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par la SARL TZ doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL TZ est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL TZ, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Aurore Perrin, première conseillère,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
La rapporteure,
A. PerrinLe président,
T. GallaudLa greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026