mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2101350 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | YAHMI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 9 février 2021, enregistrée le même jour au greffe du tribunal administratif de Melun, le président du tribunal administratif de Paris a, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmis la requête présentée à ce tribunal par Mme B A.
Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2020 au greffe du tribunal administratif de Paris, deux mémoires complémentaires et un mémoire en réplique, enregistré les 9 mars, 5 juillet et 23 novembre 2022 au greffe du tribunal administratif de Melun, Mme A, représentée par Me Yahmi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel le ministre des armées a prononcé son licenciement ;
2°) de condamner l'Etat au versement d'une somme totale de 122 982, 98 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis à raison de l'illégalité de cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au ministre des armées de procéder à la reconstitution de sa carrière et de payer la part patronale de ses cotisations de retraite, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation, son licenciement ne pouvant être justifié par son insuffisance professionnelle ;
- l'Etat a commis une faute tirée de l'illégalité de cette décision ;
- elle est fondée à demander une somme de 4 551, 30 euros au titre de l'indemnité de licenciement ;
- cette faute lui a causé un préjudice financier qui peut être évalué à la somme de 107 665, 16 euros à raison de sa perte de revenus et de 10 766, 52 euros au titre des congés payés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2020, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 décembre 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d'Etat ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lacote,
- et les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a été recrutée par contrat de travail à durée déterminée du 2 mai 2019 pour une durée de trois ans en qualité de responsable de conduite projet SIC (système d'information et de communication) au centre interarmées du soutien solde et déplacements professionnels (CISDP) du ministère des armées. Par arrêté du 12 octobre 2020, modifié par arrêté du 27 octobre 2020, Mme A a été licenciée pour insuffisance professionnelle à compter du 4 décembre 2020. Par sa requête, Mme A demande au tribunal, d'une part, l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2020 et, d'autre part, la condamnation de l'Etat à lui verser une somme totale de 122 982, 98 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis à raison de l'illégalité de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () " et aux termes des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. En l'espèce, la décision du 12 octobre 2020, si elle indique les textes sur lesquels elle se fonde et est, par conséquent suffisamment motivée en droit, ne comporte aucune motivation en fait et est, dans cette mesure, ainsi insuffisamment motivée. Si par arrêté du 27 octobre 2020, la ministre des armées a procédé à la modification de la décision du 12 octobre 2020 pour y porter la mention de ce que Mme A est licenciée pour insuffisance professionnelle, cette seule mention, sans autre précision, ne saurait la faire regarder comme comportant une motivation de fait suffisante. Si la décision contestée vise un rapport circonstancié du 30 juillet 2020, il ne ressort pas des mentions de cette décision qu'elle s'en serait appropriée les conclusions ni que ce rapport aurait été notifié à l'intéressée concomitamment à la décision contestée. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que, par courriers des 17 et 25 août 2020, Mme A a été convoquée à un entretien préalable à son licenciement qui s'est déroulé le 8 septembre 2020 et que ces courriers indiquaient les faits justifiant son licenciement, à savoir : " défaut de management et absence flagrante d'investissement ", une " inadéquation entre les compétences techniques de l'agent et celles souhaitées et attendues sur ce type de poste " et " non-adhésion à l'institution militaire, à ses valeurs et insubordination ", cette seule circonstance ne saurait faire regarder la décision contestée comme comportant une motivation par référence à ces courriers, qu'elle ne vise d'ailleurs pas, et dont, en outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle a entendu s'approprier les motifs. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que la décision contestée est insuffisamment motivée.
4. En second lieu, aux termes de l'article 45-2 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " L'agent contractuel peut être licencié pour un motif d'insuffisance professionnelle. () ". Le licenciement pour inaptitude professionnelle d'un agent public ne peut être fondé que sur des éléments révélant l'inaptitude de l'agent à exercer normalement les fonctions pour lesquelles il a été engagé, s'agissant d'un agent contractuel, ou correspondant à son grade, s'agissant d'un fonctionnaire, et non sur une carence ponctuelle dans l'exercice de ces fonctions.
5. Il ressort des pièces du dossier que le licenciement de Mme A pour insuffisance professionnelle est fondé sur un défaut de management et absence d'investissement, une inadéquation entre les compétences techniques de l'agent et celles souhaitées et attendues sur ce type de poste et la non-adhésion à l'institution militaire, à ses valeurs et pour insubordination.
6. S'agissant, d'une part, du défaut de management, il ressort des pièces du dossier et notamment du compte rendu d'entretien professionnel de Mme A du 20 février 2020 au titre de l'année 2019 que l'objectif n° 4 relatif au management d'équipe est " non atteint ", Mme A reconnaissant d'ailleurs qu'elle n'a " pas pu montrer un leadership important () comme souhaité. ". De plus, les compétences telles que " le travail en équipe ", " la capacité relationnelle ", " l'esprit d'initiative ", " la capacité à mobiliser et valoriser les compétences ", " la capacité d'écoute ", " la capacité à impulser et animer une équipe dynamique ", " l'attention portée à ses collaborateurs ", " la capacité à prévenir, arbitrer et gérer les conflits ", ou encore " la prise de décision " et " la capacité à fixer des objectifs cohérents " son toutes évaluées entre " moyen " et " insuffisant ". Par ailleurs l'intéressée indique dans un mail du 27 mai 2020 établir des comptes rendus d'entretiens professionnels inexacts pour ses collaborateurs. Alors que l'intéressée est sur un poste de responsable en conduite de projet, poste de catégorie A ou niveau I et dispose, ainsi qu'elle le fait valoir, de 20 ans d'expérience dans le management d'équipe et la conduite de projet et encadre une équipe de trois sous-officiers, que deux des cinq activités principales de son poste consistent en l'animation d'équipe ou de comité et que les qualités de " conduite de projet " et de " travail d'équipe " sont attendues comme devant être " excellentes ", ces éléments établissent l'insuffisance professionnelle de Mme A en matière de management. A cet égard, la circonstance qu'elle été seule pendant la période de confinement du 15 mars au 11 mai 2020 à assurer la continuité du service ne saurait remettre en cause l'évaluation de ses compétences managériales portée dans son évaluation pour 2019.
7. D'autre part, s'agissant de son absence d'investissement, il ressort des pièces du dossier et de son évaluation pour l'année 2019 que son implication personnelle est jugée " insuffisante ", sa réactivité " moyenne " et, sous l'objectif n° 2 " montée en compétence de l'écosystème solde et la compréhension du projet Source Solde ", que le niveau de compétence exigé n'a pas été atteint pour partie à raison du manque d'implication personnelle de la requérante. Par ailleurs, le compte rendu d'entretien professionnel indique sous l'objectif n° 3 " conduire l'analyse des FT (faits techniques) dépendant de la PROD SSLD " que " aucune note directe n'a été inscrite par l'agent dans les F notamment pour appuyer certaines analyses. Seule une transmission des FT vers les personnels de l'équipe a été réalisée ". Son " implication personnelle " et son " sens du service public " est en outre évaluée de manière globale comme " insuffisant " et le commentaire littéral indique que " sa montée en puissance dans un écosystème complexe n'est pas au niveau attendu après 8 mois d'immersion au sein de l'équipe projet, essentiellement par un manque d'implication personnelle. ". La circonstance alléguée par la requérante selon laquelle elle s'est investie sur d'autres projets en dehors de ses objectifs principaux et que les analyses étaient faites par un membre de l'équipe fonctionnelle, qu'elle n'avait pas de connaissance sur le logiciel interne au ministère des armées ou que la période de la mi-septembre à la mi-octobre a été marquée par une absence de faits techniques à traiter ne saurait remettre en cause l'analyse ainsi portée sur son compte rendu, compte-tenu notamment des objectifs de son recrutement et de ses compétences techniques justifiant ce recrutement. Enfin, les circonstances qu'elle a dû gérer seule en télétravail la continuité du service pendant le premier confinement lié à l'épidémie de la Covid 19, que les trois sous-officiers ont bénéficié de congés exceptionnels sur cette période et que sa demande d'une deuxième personne sur site a été refusée, ne sauraient utilement remettre en cause l'analyse de son supérieur hiérarchique quant à son investissement sur la période concernée. Au surplus, le ministre fait valoir, sans être sérieusement contesté, qu'elle était la seule dotée pour télétravailler et que les autres agents ont été placés en congé pour éviter un disfonctionnement lors du retour sur site à l'occasion du déconfinement.
8. En ce qui concerne l'inadéquation entre les compétences techniques de l'agent et celles souhaitées et attendues sur ce type de poste, il ressort des pièces du dossier que Mme A était chargée notamment, d'une part, d'encadrer une équipe dédiée au suivi des incidents de production, à la planification et à la coordination de versions évolutives et correctives de Source Sole notamment en défendant les intérêts du ministère face à l'industriel en charge du développement informatique, " challenger " les maîtrises d'œuvre en appréciant les livraisons et corrections effectuées par ces dernières et, d'autre part, des projets OTARISS (outil de traçage de l'activité et de retour des incidents Source Solde). Or, alors que la fiche de poste correspondant à cet emploi exigeait une personne apte à la conduite de projet, compétence exigée comme devant être " excellente ", il ressort du compte rendu d'évaluation de l'entretien professionnel de Mme A qu'elle a été jugée " moyenne " dans ce domaine et " insuffisante " s'agissant de sa capacité d'expertise et de conseil. Par ailleurs le compte rendu d'évaluation indique que son objectif n° 1 (conduire le projet OTARISS) a été jugé partiellement atteint et l'objectif n° 2 (montée en compétence sur l'écosystème solde et la compréhension du projet Solde source) jugé " non atteint ". Le commentaire littéral de l'évaluation indique que " l'analyse continue et approfondies de faits techniques de production associée à une relecture complète des documents de conception détaillée relevant de ses attributions lui aurait vraisemblablement permis d'atteindre cet objectif ". Si l'intéressée fait valoir qu'elle n'avait aucune compétence dans le domaine des paies militaires, il ressort toutefois du curriculum vitæ de l'intéressée qu'elle était responsable projet SIRH au ministère de la culture de janvier à décembre 2007, qu'elle a travaillé sur un projet de 250 000 paies à Véolia environnement ainsi qu'auprès de l'opérateur national de la paie du ministère des finances de janvier 2012 à 2014 en qualité de directrice de projet et en dernier lieu à OSEAM SAS dans un projet paie à compter de juillet 2014. Ainsi son expérience dans le domaine de la paie permettait lors de son recrutement d'envisager une acculturation plus simple à ses missions. Le ministre fait valoir, en outre, que pour pallier à ses difficultés, le centre interarmées de soutien solde et déplacements professionnels (CIDSP) où évoluait la requérante et assurant les missions dévolues à l'antenne de la requérante avant son arrivée a été positionné à proximité immédiate de l'équipe responsable exprimant le besoin fonctionnel afin de favoriser la montée en compétence des membres de l'équipe et de l'intéressée, ce dont elle n'a pas tiré profit et alors qu'en parallèle elle a bénéficié de 8 mois de formation directe sur son nouvel emploi. Si elle allègue avoir dû essuyer le refus de l'équipe projet de lui transmettre des connaissances en matière indemnitaire et l'historique de Source solde dans sa conception, elle ne l'établit pas alors que, ainsi que le ministre le fait valoir, son environnement de travail et l'organisation du service aurait dû lui permettre d'intégrer les connaissances techniques qui lui manquait. Si Mme A allègue par ailleurs avoir réalisé d'autres travaux, le ministre fait valoir en défense, sans être sérieusement contredit, que les documents livrés en novembre 2019 ne correspondaient pas à l'attendu notamment s'agissant d'un document permettant le développement et la mise en production du SI OTARISS à propos duquel l'intéressée s'est bornée à livrer un document ne comportant que des spécifications uniquement. Le CREP juge d'ailleurs cet objectif " partiellement atteint ". Il ajoute, sans être contesté, que les autres missions réussies de la requérante, notamment la fiabilisation des fiches Mentis et la mise en place d'un suivi des bordereaux de livraisons, étroitement liées aux objectifs 1 et 3, ont été jugés, respectivement et globalement, partiellement atteint et non atteint.
9. Enfin, s'agissant de la non-adhésion à l'institution militaire, à ses valeurs et pour insubordination, le ministre se fonde, d'un part, sur la circonstance que la requérante a fait l'objet d'une sanction pour blâme à raison du non-respect des horaires de travail et désobéissance aux règles régissant l'établissement au sein duquel elle est affectée et qu'elle a mis en œuvre ses souhaits de télétravail avant qu'ils soient acceptés alors qu'au final elle se les ait vu refuser et, d'autre part, s'est montrée plusieurs fois irrespectueuse et déplacée pour ses propos et comportements à l'égard de l'institution, de ses supérieurs et subordonnés notamment par mail. Toutefois, les griefs reprochés relèvent de faits de nature disciplinaire et ne caractérisent pas, en tant que tel, une insuffisance professionnelle. Par ailleurs, en se bornant à citer des extraits de mails, sans les produire, le ministre n'établit pas leur matérialité, d'ailleurs contestée par Mme A. Toutefois, il résulte de l'instruction que le ministre aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur le défaut de management, l'absence d'investissement et l'inadéquation entre les compétences techniques de l'agent et celles souhaitées et attendues sur ce type de poste, qui justifiaient à eux seuls le licenciement de l'intéressée pour insuffisance professionnelle.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'en procédant à son licenciement pour insuffisance professionnelle, le ministre des armées a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel le ministre des armées a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
12. En premier lieu, aux termes de l'article 51 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat pris pour l'application de l'article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " En cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire, une indemnité de licenciement est versée à l'agent recruté pour une durée indéterminée ou à l'agent recruté pour une déterminée et licencié avant le terme de son contrat. ". L'article 54 de ce décret dispose que : " L'indemnité de licenciement est égale à la moitié de la rémunération de base définie à l'article précédent pour chacune des douze premières années de services, au tiers de la même rémunération pour chacune des années suivantes, sans pouvoir excéder douze fois la rémunération de base. Elle est réduite de moitié en cas de licenciement pour insuffisance professionnelle. () ".
13. Il résulte de ce qui a été dit au point 11 du présent jugement que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel le ministre des armées a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle en ce qu'il est insuffisamment motivé. Par suite, elle n'est pas fondée à demander une somme de 4 551, 30 euros au titre de l'indemnité de licenciement. Au surplus, l'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel le ministre des armées a prononcé le licenciement de Mme A étant légalement justifié par son insuffisance professionnelle, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait dû percevoir une indemnité de licenciement dans sa totalité.
14. En deuxième lieu, ainsi qu'il vient d'être dit, il résulte de l'instruction que l'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel le ministre des armées a prononcé le licenciement de Mme A est légalement justifié par son insuffisance professionnelle. Par suite, le préjudice financier à raison de la perte de revenus qu'aurait subi l'intéressée, évalué à la somme de 107 665, 16 euros, et le préjudice évalué à la somme de 10 766, 52 euros au titre des congés payés ne sauraient être regardés comme la conséquence du vice tiré de l'insuffisance de motivation dont est entachée la décision contestée. Au surplus, le ministre des armées fait valoir sans être contredit que la date du licenciement de Mme A a été fixée de manière à ce qu'elle fasse usage de ses droits à congés avant cette date.
15. Il résulte de tout de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
16. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / () ".
17. L'annulation de la décision ayant illégalement prononcé l'éviction de Mme A implique nécessairement que l'autorité compétente procède à la réintégration de l'intéressée, à compter de la date de prise d'effet de son licenciement, soit le 4 décembre 2020, jusqu'au terme de son contrat, le 5 mai 2022, et rétablisse ses droits à pension et ses droit sociaux à compter de cette date. Il y a, dès lors, lieu de prononcer une injonction en ce sens, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel le ministre des armées a prononcé le licenciement pour insuffisance professionnelle de Mme A es annulé.
Article 2 : Il est enjoint au ministre des armées de réintégrer Mme A et de rétablir ses droits à pension et ses droits sociaux à compter du 4 décembre 2020 jusqu'au 5 mai 2022, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 : l'Etat (ministre des armées) versera une somme de 1 500 euros à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
Le rapporteur,
J.-N. LACOTE
Le président,
S. DEWAILLY
La greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026