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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2101403

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2101403

mardi 27 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2101403
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantMARCEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 février 2021 et le 13 septembre 2021, M. B E et Mme D E, représentés par Me Marcel, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2020 par lequel le maire de Villiers-sur-Marne a délivré à la société Terralia un permis de construire un ensemble immobilier de 55 logements, 3 commerces et une micro-crèche sur un terrain situé 2bis rue Fernand Pelloutier, 1 et 3 rue Louis Clozel et 4 rue Fernand Pelloutier, ainsi que la décision implicite intervenue le 15 décembre 2020 portant rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Villiers-sur-Marne une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt à agir contre les décisions contestées en leur qualité de propriétaires et voisins immédiats dès lors que le projet créera des vues directes sur leur habitation et qu'il est susceptible de provoquer une perte de vue à partir de leur propriété ; leur requête n'est pas, par ailleurs, tardive ;

- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article UA.3 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que l'accès aux espaces de stationnement est inférieur à 5,50 mètres ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA.4 du règlement du plan local d'urbanisme ainsi que celles de l'article 77 du règlement sanitaire départemental dès lors que les locaux poubelles n'ouvrent ni sur rue, ni sur une cour, ni sur une courette et qu'il n'est pas établi qu'ils seraient dotés d'un poste de lavage ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA.6 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les étages supérieurs au rez-de-chaussée des bâtiments A et C se situent en retrait par rapport à l'alignement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les bâtiments A et B se situent en retrait des limites séparatives latérales ;

- les mesures de régularisation sollicitées par la société Terralia sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ne sauraient être accueillies dès lors que les non-conformités du projet à la réglementation ne sont pas mineures, ce qui nécessite de déposer un nouveau projet.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2021, la commune de Villiers-sur-Marne, représentée par Me Noël, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme E la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable pour être, d'une part, tardive faute pour les requérants de justifier avoir notifié leur recours gracieux au bénéficiaire du permis de construire contesté dans le délai réglementaire requis et, d'autre part, en raison du défaut d'intérêt à agir de M. et Mme E ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. et Mme E ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2021, la société Terralia, représentée par son directeur général, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme pour permettre la régularisation du permis de construire en litige ou de n'en prononcer qu'une annulation partielle sur le fondement de l'article L. 600-5 du même code et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme E la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté dès lors que M. et Mme E ne justifie pas lui avoir notifié leur recours gracieux dans le délai réglementaire requis ; elle est également irrecevable faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. et Mme E ne sont pas fondés ;

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Zanella, rapporteur public,

- et les observations de Me Kucharz, représentant M. et Mme E.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 10 juillet 2020, le maire de Villiers-sur-Marne a délivré à la société Terralia un permis de construire un ensemble immobilier de 55 logements, trois commerces et une micro-crèche sur des terrains situés 2bis rue Fernand Pelloutier, 1 et 3 rue Louis Clozel et 4 rue Fernand Pelloutier (Villiers-sur-Marne). Par un recours gracieux en date du 20 octobre 2020, rejeté par une décision du 15 décembre 2020, M. et Mme E ont demandé le retrait de cet arrêté. Par la requête susvisée, M. et Mme E demandent l'annulation de l'arrêté du 10 juillet 2020 et de la décision rejetant leur recours gracieux.

Sur les fins de non-recevoir opposées par les défendeurs :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () / L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, selon le procès-verbal de constat établi par huissier, le permis de construire a été affiché sur le terrain à compter du 26 août 2020. La copie du recours gracieux exercé par M. et Mme E auprès de la commune de Villiers-sur-Marne le 20 octobre 2020, soit dans le délai du recours contentieux, a été adressée le jour-même à la société Terralia qui l'a, au demeurant, reçue, 21 octobre 2020. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par les défendeurs tirés de ce que la requête serait tardive en l'absence pour les requérants de justifier avoir adressé leur recours gracieux au bénéficiaire du permis de construire dans le délai fixé à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne peut être accueillie.

4. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme E sont propriétaires d'une parcelle à proximité immédiate du terrain d'assiette du projet. Ce dernier créera des vues directes sur leur habitation, ce qui est susceptible d'avoir des conséquences sur leurs conditions de vie. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de ce que les requérants seraient dépourvus de qualité leur donnant intérêt pour agir ne saurait être accueillie.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

7. En premier lieu, aux termes de l'article UA.3 du règlement du plan local d'urbanisme : " Pour les constructions à destination de plus d'un logement et pour les constructions relevant des autres destinations : () les accès et la voirie auront une largeur égale à 5,50m avec une circulation à double sens si le nombre de places de stationnement est supérieur à 10. Si l'accès a une largeur inférieure à 5,50m mais supérieure à 3,50m, un second accès devra être réalisé avec une largeur minimale de 3,50m. ". En outre, le règlement précité précise dans son lexique que les accès correspondent " soit à la limite donnant directement sur la voie (portail ou porte de garage), soit à l'espace tel que porche ou portion de terrain (bande d'accès ou servitude de passage) par lesquels les véhicules pénètrent sur le terrain d'assiette du projet depuis la voie de desserte () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création de 42 places de stationnement en sous-sol accessibles par la voie publique. Si la façade du bâtiment comportant cet accès est d'une largeur de 5,87m, elle ne peut être regardée comme constituant l'accès aux espaces de stationnement tel que défini par les dispositions précitées, en l'occurrence un portail ou une porte de garage. En revanche, il n'est pas utilement contesté que la porte de garage aura une largeur de 4,17 mètres, soit inférieure au 5,50 mètres exigés. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le projet autorisé par le permis de construire contesté méconnaît les dispositions de l'article UA.3 du règlement du plan local d'urbanisme.

9. En deuxième lieu, aux termes du point 6.1. de l'article UA.6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au secteur Ua1 : " les constructions nouvelles doivent être implantées obligatoirement à l'alignement (). Tout surplomb de l'emprise publique est autorisé à partir du niveau R+1 et dans une largeur maximale de 60cm par rapport au nu de façade. Au R+1, la saillie autorisée est de 20cm maximum par rapport au nu de façade ". En outre, l'article 5 du lexique du règlement définit l'alignement comme " la limite entre le domaine privé et le domaine public aussi bien en sous-sol qu'en superstructure. Lorsqu'il n'est pas prévu d'élargissement de la voie, il s'agit de l'alignement actuel ". Selon le lexique du règlement concernant la définition de l'alignement : " Il s'agit, pour la voirie, de la limite entre le domaine privé et le domaine public aussi bien en sous-sol qu'en superstructure. Lorsqu'il n'est pas prévu d'élargissement de la voie, il s'agit de l'alignement actuel. () ". En l'absence de précisions contraires dans les dispositions du règlement applicable à la zone UC et de celles du lexique, les règles de recul s'apprécient en tous points de la construction en tenant compte des éléments saillants significatifs tels que les balcons.

10. Il résulte de ces dispositions qu'en secteur Ua1, les constructions nouvelles doivent être implantées obligatoirement à l'alignement, c'est-à-dire, pour reprendre les termes de l'article 5 du règlement, à la " limite entre le domaine privé et le domaine public aussi bien en sous-sol qu'en superstructure ", et que le surplomb de l'emprise publique, qui se traduit par une saillie au-delà de l'alignement, est autorisé à partir du niveau R+1, sous réserve que sa profondeur mesurée par rapport au nu de façade, n'excède pas vingt centimètres au niveau R+1 et soixante centimètres aux niveaux supérieurs. En l'espèce, s'agissant du bâtiment A, il ressort du plan PC3-c intitulé " Coupe Bâtiment A - entrée parking " que les étages sont implantés en recul par rapport à l'alignement de la rue Louis Clozel. De même, s'agissant du bâtiment C, il ressort des plans des façades Est et Nord de ce bâtiment joints à la demande de permis de construire que, malgré la présence de balcons, ses étages seront tous implantés en partie en recul par rapport à l'alignement, côté Sud, de la rue Louis Clozel et, côté Ouest, de la rue Fernand Pelloutier. Il suit de là que les requérants sont fondés à soutenir que le projet contesté, en tant qu'il concerne les bâtiments A et C, méconnaît les dispositions de l'article UA.6 du règlement du plan local d'urbanisme.

11. En troisième lieu, aux termes du point 7.1. de l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable au secteur Ua1 : " les constructions nouvelles doivent s'implanter sur les deux limites séparatives latérales./ Les constructions nouvelles peuvent s'implanter sur la limite de fond de parcelle s'il n'y a pas de création de vues ou en retrait de 5m minimum par rapport à celle-ci ". En outre, le règlement précité définit les limites latérales comme celles " qui séparent deux unités foncières et qui joignent les emprises publiques et les voies publiques ou privées " et le retrait par rapport aux limites séparatives comme " la distance séparant tout point de la façade d'une limite séparative ou d'une construction ". Contrairement à ce qu'affirment la commune de Villiers-sur-Marne et la société Terralia en défense, ces dispositions, ni aucune autre disposition du règlement du plan local d'urbanisme, ne limitent l'obligation d'implantation des bâtiments en limite séparative aux seules façades donnant sur la rue.

12. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe dans un îlot triangulaire délimité par trois voies formant l'alignement avec, au Nord, la rue du Bois-Saint-Denis, au Sud, la rue Louis Cloizel et, à l'Ouest, la rue Fernand Pelloutier. Pour l'application des dispositions précitées, ce terrain d'assiette comporte dès lors deux limites séparatives latérales, l'une joignant à la fois la rue du Bois-Saint-Denis et la rue Fernand Pelloutier à l'Ouest, l'autre joignant à la fois la rue du Bois-Saint-Denis et la rue Louis Cloizel à l'Est. Eu égard à cette configuration particulière, il ne dispose, en revanche, d'aucune limite de fond de parcelle puisqu'aucune de ses limites séparatives ne remplit la double condition de séparer plusieurs unités foncières et de ne pas joindre l'alignement. Or, il ressort également de ces mêmes pièces que la partie arrière des bâtiments A et B sont implantés en retrait, à respectivement 7,20 mètres et 5,25 mètres des limites séparatives latérales et ne sont donc pas implantés sur les deux limites séparatives en méconnaissance des dispositions précitées. Par suite, M. et Mme E sont fondés à soutenir que le permis de construire litigieux méconnaît l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme.

13. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme (), la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation (), en l'état du dossier ". Pour l'application des dispositions de cet article, aucun des autres moyens de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de cette décision.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme E sont fondés à demander l'annulation du permis de construire du 10 juillet 2020.

Sur la mise en œuvre de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :

15. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

16. Il résulte de ce qui a été dit aux points 8, 10 et 12 que l'arrêté en litige n'est entaché d'illégalité qu'en tant qu'il méconnaît l'article UA.3 du règlement du plan local d'urbanisme en ce que la voie d'accès aux espaces de stationnement est d'une largeur inférieure à 5,50 mètres, l'article UA.6 du règlement du plan local d'urbanisme en ce que le nu de façade des bâtiments A et C se situent en retrait par rapport à l'alignement et l'article UA.7 du règlement du plan local d'urbanisme en ce que les bâtiments A et B se situent en retrait des limites séparatives. Ces vices affectent une partie identifiable du projet et sont susceptibles de régularisation sans qu'il soit besoin d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il y a lieu en conséquence, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, d'annuler, dans cette mesure, l'arrêté du 10 juillet 2020 en tant seulement qu'il méconnaît les articles UA.3, UA.6 et UA.7 du plan local d'urbanisme. Par voie de conséquence, la décision implicite du maire de la commune rejetant le recours gracieux formé par M. et Mme E doit être annulée dans la même mesure et de fixer à quatre mois le délai imparti à la société Terralia pour solliciter la régularisation du projet.

Sur les frais de l'instance :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les sommes demandées par la commune de Villiers-sur-Marne et la société Terralia au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens soient mises à la charge de M. et Mme E qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.

18. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Villiers-sur-Marne la somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme E au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 10 juillet 2020 par lequel le maire de Villiers-sur-Marne a délivré un permis de construire à la société Terralia et la décision implicite de rejet du recours gracieux sont annulés en tant que le projet autorisé méconnaît l'article UA.3 du règlement du plan local d'urbanisme s'agissant de la largeur de la porte de garage, l'article UA.6 de ce règlement s'agissant de l'alignement des bâtiments A et C et l'article UA.7 du même règlement s'agissant de l'implantation des bâtiments A et B par rapport aux limites séparatives latérales.

Article 2 : Le délai imparti à la société Terralia pour solliciter la régularisation de son projet est fixé à quatre mois.

Article 3 : La commune de Villiers-sur-Marne versera à M. et Mme E une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions de la commune de Villiers-sur-Marne et de la société Terralia tendant au versement d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : La présente décision sera notifiée à M. B E et Mme D E, à la commune de Villiers-sur-Marne et à la société Terralia.

Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. L'hirondel, président,

Mme Morisset, conseillère,

M. Cabal, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.

Le rapporteur,

P.Y. A

Le président,

M. L'HIRONDEL

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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