vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2101644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre, JU |
| Avocat requérant | LAFARGE ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 février 2021, Mme A B, représentée par Me Il, demande au tribunal :
1°) de condamner Pôle emploi à lui verser une somme totale de 21 456 euros en réparation des conséquences dommageables de l'illégalité des décisions des 12 novembre et 3 décembre 2018 par lesquelles sa demande d'aide individuelle à la formation a été rejetée ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle remplissait toutes les conditions lui permettant de bénéficier de l'aide individuelle à la formation, Pôle emploi ayant estimé à tort que la formation qu'elle souhaitait suivre n'était pas nécessaire ou adaptée à son reclassement tel que défini dans son projet professionnel ;
- elle est en conséquence fondée à demander le versement des sommes de : 1 456 euros correspondant au montant des frais de formation qu'elle a acquittés ; 10 000 euros en réparation du préjudice résultant d'une perte de chance d'obtenir son diplôme et d'occuper rapidement un emploi ; 10 000 euros en réparation de son préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2024, le directeur régional de France Travail Ile-de-France, représenté par Me Bodin, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que Mme B n'est pas fondée à rechercher la responsabilité de France Travail dès lors que la décision de refus dont elle a obtenu l'annulation n'est entachée que d'une illégalité tenant à sa régularité en la forme et que cette décision est légalement justifiée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Timothée Gallaud,
vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant du champ d'application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Timothée Gallaud a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi depuis le 25 octobre 2018, a sollicité la prise en charge, au titre de l'aide individuelle à la formation, de son inscription en troisième année de licence de droit à l'université de Grenoble. Par deux décisions prise les 12 novembre et 3 décembre 2018, le directeur de l'agence Pôle emploi
de L'Haÿ-les-Roses a rejeté ses demandes. Par un jugement n° 1900216 du 2 octobre 2020, le tribunal a annulé ces décisions en relevant qu'elles étaient entachées d'un vice de forme. Par la requête visée ci-dessus, Mme B demande au tribunal de condamner Pôle emploi à lui verser une indemnité en réparation des conséquences dommageables de l'illégalité de ces décisions.
2. Si l'intervention d'une décision illégale peut constituer une faute susceptible d'engager la responsabilité de l'État, elle ne saurait donner lieu à réparation si, dans le cas d'une procédure régulière, la même décision aurait pu légalement être prise.
3. En vertu du 2° de l'article L. 5312-1 du code du travail, Pôle emploi, désormais dénommé France Travail, a notamment pour mission d'accompagner les personnes à la recherche d'un emploi, d'une formation ou d'un conseil professionnel, de prescrire toutes actions utiles pour développer leurs compétences professionnelles et améliorer leur employabilité, favoriser leur reclassement et leur promotion professionnelle, faciliter leur mobilité géographique et professionnelle. L'article L. 6121-4 du même code prévoit que Pôle emploi " attribue des aides individuelles à la formation () ". En vertu de l'article R. 5312-6 de ce code, le conseil d'administration de Pôle emploi délibère notamment sur : " 2° Les mesures destinées à faciliter les opérations de recrutement des entreprises, à favoriser l'insertion, le reclassement, la promotion professionnelle et la mobilité géographique et professionnelle des personnes, qu'elles disposent ou non d'un emploi, en application de la convention tripartite mentionnée à l'article L. 5312-3 ".
4. Par une délibération n° 2008/04 du 19 décembre 2008 relative à la fixation de la nature et des conditions d'attribution des aides et mesures accordées par Pôle emploi, adoptée sur le fondement de ces dispositions, le conseil d'administration de cette institution a prévu que : " Pôle emploi met en œuvre des aides et des mesures destinées à favoriser une reprise d'emploi rapide et durable en favorisant l'insertion, le reclassement, la promotion professionnelle et la mobilité géographique et professionnelle des demandeurs d'emploi indépendamment de leurs droits au revenu de remplacement () " et que : " Les aides s'inscrivent dans le cadre du projet personnalisé d'accès à l'emploi et sont attribuées dans la limite des enveloppes disponibles et dans la mesure où ces aides sont nécessaires à la reprise d'emploi. () Les directeurs régionaux de Pôle emploi peuvent cibler un public ou un secteur prioritaire au regard des caractéristiques des territoires () ". Par sa délibération n° 2015-10 du 3 février 2015, il a prévu, à ce titre, qu'une aide individuelle à la formation, revêtant un caractère complémentaire et subsidiaire aux financements accordés par les collectivités publiques et les organismes paritaires collecteurs agréés, peut être attribuée pour financer en tout ou partie les frais pédagogiques des formations, suivies par des demandeurs d'emploi, dont le contenu, les coûts pédagogiques et la durée ont été validés par Pôle emploi, dans le cadre de leur projet professionnel.
5. Les services de Pôle emploi, désormais dénommé France Travail, ont refusé de prendre en charge, au titre de l'aide individuelle à la formation, l'inscription en troisième année de licence de droit à l'université de Grenoble que Mme B a sollicitée au motif que cette formation n'apparaissait pas nécessaire ou adaptée à son reclassement tel que défini dans son projet professionnel. Il résulte de l'instruction que ce projet consistait à rechercher un emploi dans le domaine des assurances ou de la banque, à un niveau requérant davantage la détention d'un brevet de technicien supérieur qu'une formation universitaire en droit, ou en tant que secrétaire juridique, profession pour laquelle une troisième année de licence en droit n'est pas requise. Eu égard aux objectifs des aides accordées par France Travail et à la marge d'appréciation dont dispose cette institution, il n'apparaît pas que le défaut de prise en charge de la formation sollicitée par Mme B ait en l'espèce conduit à une méconnaissance des dispositions applicables à l'aide individuelle à la formation. Il en résulte que la même décision aurait légalement pu être prise par l'administration dans le cadre d'une procédure régulière. Par suite, Mme B n'est pas fondée à demander la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité en réparation du refus de lui accorder l'aide individuelle à la formation qu'elle a sollicitée.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à France Travail.
Copie pour information en sera transmise au directeur régional de France Travail Ile-de-France.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le magistrat désigné,
T. Gallaud
La greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026