jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2101648 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | CHELBI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 février 2021, M. B C, représenté par Me Chelbi, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 décembre 2020 par laquelle le sous-préfet de Nogent-sur-Marne a rejeté la demande de regroupement familial qu'il a présentée au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne d'autoriser le regroupement familial au bénéfice de son épouse ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il estime avoir subi résultant de l'illégalité de la décision en litige ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en droit et en fait ;
- il est dépourvu de base légale ; il méconnaît le principe de l'autorité de la chose jugée attachée à l'ordonnance du juge des référés ayant suspendu l'exécution de l'arrêté portant retrait de son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français ; il porte une atteinte grave au droit à un recours effectif en ce qu'il tire les conséquences de l'existence d'une fraude, pourtant contestée, à une date antérieure à sa reconnaissance ou non-reconnaissance par le juge ; il est entaché d'erreur de droit ;
- il est entaché d'inexactitude matérielle dès lors que la fraude alléguée n'est pas établie ;
- il est entaché de détournement de pouvoir ; il remplit les conditions imposées pour demander un regroupement familial tant en matière de durée de séjour que de ressources et de superficie de logement ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il a subi un préjudice moral qui peut être évalué à la somme de 2 000 euros.
La requête a été communiquée au préfet du Val-de-Marne qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 10 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
10 mars 2022 à 12 heures.
Par lettre du 11 juillet 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'autorité absolue de la chose jugée par le jugement du tribunal n° 2010325 du 14 avril 2022, qui a annulé la décision par laquelle le préfet du Val-de-Marne a procédé au retrait du certificat de résidence algérien de M. C portant mention " vie privée et familiale " ainsi que, par voie de conséquence, la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de Mme Letort, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant algérien né le 27 juillet 1985 à Mekla (Algérie) est entré en France en 2009 selon ses déclarations. Il a été mis en possession d'un certificat de résidence algérien, valable du 4 avril 2015 au 3 avril 2025, à la suite de son mariage le
13 février 2013 avec une ressortissante française, de laquelle il a divorcé le 31 mars 2017. M. C, qui a épousé, le 24 octobre 2017, une ressortissante algérienne, a déposé, le
5 juin 2018, un dossier de regroupement familial à l'Office français de l'immigration et de l'intégration au profit de son épouse. Le préfet du Val-de-Marne a procédé, le 29 septembre 2020, au retrait du certificat de résidence de M. C et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours au motif qu'il aurait commis une fraude au mariage en vue de l'obtention d'un titre de séjour. Par décision du 9 décembre 2020, le préfet du Val-de-Marne a rejeté sa demande de regroupement familial au motif qu'il avait " fait l'objet d'un arrêté de refus de séjour accompagné d'une obligation de quitter le territoire français, () régulièrement notifiée le 27 novembre 2020 ". M. C, qui, en réponse à la lettre du 4 avril 2022 du tribunal l'invitant à régulariser sa requête en produisant la décision par laquelle le préfet du Val-de-Marne avait rejeté sa réclamation préalable indemnitaire ou, à défaut, cette demande ainsi que son accusé de réception, a expressément abandonné les conclusions indemnitaires qu'il avait présentées, doit être regardé comme demandant, dans le dernier état de ses conclusions, l'annulation de la décision du 9 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Le ressortissant étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial, par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans, et les enfants du couple mineurs de dix-huit ans ".
3. En raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale. Il incombe au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il est saisi de conclusions recevables dirigées contre de telles décisions consécutives, de prononcer leur annulation par voie de conséquence, le cas échéant en relevant d'office un tel moyen qui découle de l'autorité absolue de la chose jugée qui s'attache à l'annulation du premier acte.
4. Pour rejeter la demande de regroupement familial présentée par M. C, le préfet du Val-de-Marne a estimé que le titre de séjour du requérant lui avait été retiré et qu'il faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
5. Toutefois, il est constant que par un jugement n° 2010325 du 14 avril 2022, devenu définitif, le tribunal administratif de Melun a annulé la décision du 29 septembre 2020 par laquelle le sous-préfet de Nogent-sur-Marne a retiré à M. C son certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " au motif qu'elle était entachée d'erreur d'appréciation et, par voie de conséquence, la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, le sous-préfet de Nogent-sur-Marne ne pouvait, sans méconnaître l'autorité de la chose jugée qui s'attache à ce jugement du 14 avril 2022, ce dont les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, par lettre du 11 juillet 2022, rejeter la demande de regroupement familial que le requérant avait formulée au bénéfice au nom de son épouse. Il y a donc lieu d'annuler la décision litigieuse du 9 décembre 2020.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 9 décembre 2020 par laquelle le sous-préfet de Nogent-sur-Marne a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation énoncé au point 5 ci-dessus, le présent jugement implique seulement que la préfète du Val-de-Marne réexamine la demande de regroupement familial présentée par M. C au bénéfice de son épouse. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne ou à tout autre préfet territorialement compétent de procéder à un réexamen de la demande d'autorisation de regroupement familial présentée par M. C au bénéfice de son épouse et de prendre une nouvelle décision dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 9 décembre 2020 par laquelle le sous-préfet de Nogent-sur-Marne a rejeté la demande de regroupement familial présentée par M. C au bénéfice de son épouse est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne ou à tout autre préfet territorialement compétent de réexaminer la demande d'autorisation de regroupement familial présentée par
M. C au bénéfice de son épouse et de prendre une nouvelle décision dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 (mille) euros à M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
M. Delmas, premier conseiller,
Mme Réchard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
Le rapporteur,
S. A
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026