vendredi 17 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2101697 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET LEBON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 février 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Maison Saunier Arcueil, représentée par Maître Lebon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 octobre 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a appliqué la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement d'un étranger dans son pays d'origine pour un montant total de 9 424 euros en raison de l'emploi d'un étranger en situation irrégulière, ainsi que la décision
du 23 décembre 2020 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux en ce qui concerne ce dernier.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'inexactitudes matérielles ;
- la société a, de bonne foi, embauché un salarié qu'elle croyait français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2021, le directeur de l'OFII, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Maison Saunier Arcueil ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
- les conclusions de Mme Sophie Delormas, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A l'occasion d'un contrôle dans une boulangerie exploitée par la société Maison Saunier Arcueil, les services de police ont constaté, le 23 juin 2020, la présence d'un ressortissant tunisien, salarié déclaré mais démuni de titre les autorisant à séjourner et à exercer une activité salariée en France. Les policiers ont également relevé l'emploi de deux autres salariées, une ressortissante moldave et une ressortissante sénégalaise, sans titre de séjour et sans autorisation de travail. Un procès-verbal d'infraction a été établi et transmis à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par une décision du 5 octobre 2020, le directeur de l'OFII a appliqué à la société Maison Saunier Arcueil la contribution spéciale prévue
à l'article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 54 750 euros, et la contribution forfaitaire mentionnée à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour un montant de 7 075 euros pour l'emploi des trois salariés précédemment mentionnés. Saisi d'un recours gracieux, le directeur de l'OFII a, le 23 décembre 2020, retiré partiellement sa décision initiale en ce qu'elle concernait les deux salariées moldave et sénégalaise ; il a, en revanche, maintenu sa décision concernant le troisième salarié, ressortissant tunisien, et a appliqué à la société Maison Saunier Arcueil une contribution spéciale d'un montant, désormais, de 7 300 euros et une contribution forfaitaire d'un montant de 2 124 euros. La société Maison Saunier Arcueil, qui demande au tribunal d'annuler la décision
du 23 décembre 2020 en ce qu'elle a maintenu les contributions spéciale et forfaitaire relatives à l'emploi de ce troisième salarié, doit être regardée comme demandant également l'annulation la décision du 5 octobre 2020 en tant qu'elle concerne ledit salarié.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () doivent être motivées les décisions qui () infligent une sanction ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision du 5 octobre 2020 vise les dispositions dont le directeur général de l'OFII a entendu faire application et mentionne les considérations de fait sur lesquelles il s'est fondé pour appliquer à la société requérante les contributions en litige. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée, laquelle est, par suite, suffisamment motivée au sens des dispositions citées ci-dessus. Si la société requérante critique la motivation de la décision du 23 décembre 2020, elle ne peut utilement se prévaloir des vices propres de cette décision qui se borne à statuer sur le recours gracieux qu'elle a présenté.
4. En deuxième lieu, la seule circonstance que le directeur de l'OFII n'a pas fait état de façon exhaustive, dans sa réponse au recours gracieux dont l'a saisi la société requérante, des déclarations du gérant recueillies lors de l'enquête de police, ne permet pas en elle-même de déduire que la décision en litige est entachée d'une erreur dans la matérialité des faits. Au demeurant, c'est à tort que la société requérante soutient qu'il lui est reproché de ne pas avoir effectué de déclaration préalable à l'embauche de son salarié dans la mesure où la décision attaquée retient, au contraire, le bénéfice de la minoration de la contribution spéciale prévue par l'article R. 8253-3 du code du travail au motif que le salarié était bien déclaré.
5. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. () " et aux termes de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12 () ". L'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), devenu les articles L. 822-2 et L. 822-3 du même code, dispose en outre que : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. () ". Enfin, l'article L. 5221-8 du code du travail dispose que " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1. ".
6. Il résulte des dispositions qui viennent d'être citées que les contributions qu'elles prévoient ont pour objet de sanctionner les faits d'emploi d'un travailleur étranger séjournant irrégulièrement sur le territoire français ou démuni de titre l'autorisant à exercer une activité salariée, sans qu'un élément intentionnel soit nécessaire à la caractérisation du manquement. Lorsqu'un salarié s'est prévalu lors de son embauche de la nationalité française ou de sa qualité de ressortissant d'un Etat pour lequel une autorisation de travail n'est pas exigée, l'employeur ne peut être sanctionné s'il s'est assuré que ce salarié disposait d'un document d'identité de nature à en justifier et s'il n'était pas en mesure de savoir que ce document revêtait un caractère frauduleux ou procédait d'une usurpation d'identité.
7. La société requérante soutient que le salarié lui a présenté, lors de son embauche, une carte d'identité française dont elle ignorait le caractère frauduleux. Il résulte, cependant, de l'instruction que le salarié a déclaré avoir uniquement fourni à son employeur la photocopie d'un faux document administratif, que le salarié n'est pas renseigné dans le registre du personnel comme étant de nationalité française, et qu'enfin, la photocopie de la fausse carte nationale d'identité française indique comme lieu de naissance " A 10 " alors que, le jour-même de l'embauche, la société Maison Saunier Arcueil a fait une déclaration préalable d'embauche à l'URSSAF qui mentionne que le salarié est né en Tunisie. A supposer que, lors de son embauche, le salarié ait bien présenté l'original d'un faux document administratif, et non pas une simple photocopie, il résulte de ce qui précède que son employeur était en mesure d'avoir connaissance du caractère frauduleux du document administratif. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée a fait une inexacte application des dispositions citées au point 5.
8. Il résulte de ce qui précède que la société Maison Saunier Arcueil n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 5 octobre 2020 en tant qu'elle met à sa charge les contributions forfaitaire et spéciale, pour un montant total de 9 424 euros, en raison de l'emploi d'un étranger en situation irrégulière, ainsi que la décision du 23 décembre 2020 par laquelle cette même autorité a rejeté son recours gracieux en ce qui concerne ce dernier.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Maison Saunier Arcueil est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Maison Saunier Arcueil, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 3 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Aurore Perrin, première conseillère,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2023.
La rapporteure,
F. Bouchet
Le président,
T. GallaudLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026