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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2101768

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2101768

vendredi 14 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2101768
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantDBCJ AVOCATS - CABINET DE MELUN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 février 2021 et 17 décembre 2021, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 27 août 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes des Deux Morin a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Cyr-sur-Morin en tant qu'elle ne classe pas en zone urbaine les parcelles cadastrées section G n° 1447 et section ZP n° 14 et n° 15 ;

2°) d'enjoindre à la communauté de communes des Deux Morin de retirer la délibération précitée ou, subsidiairement, de modifier ou réviser le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Cyr-sur-Morin afin que les parcelles cadastrées section G n° 1447 et ZP n° 14 dont il est propriétaire soient classées en zone constructible.

Il soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'il n'a reçu aucun courrier début décembre 2020 mentionnant le délai de recours ;

- le classement des parcelles cadastrées litigeuses ou, à tout le moins, d'une partie de ses parcelles, est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que le commissaire enquêteur a émis un avis favorable à sa demande de modification de classement de ses parcelles, que la mairie a accepté de modifier le classement d'une autre parcelle située dans le même hameau, qu'une partie des parcelles était constructible dans l'ancien plan local d'urbanisme et qu'il subit un important préjudice moral et financier.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2021, la communauté de communes des Deux Morin, représentée par Me Junguenet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 600 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est tardive dès lors que la délibération litigieuse a été affichée le 9 novembre 2020 ;

- la requête est irrecevable, faute pour le requérant de justifier d'un titre de propriété ;

- la délibération attaquée est légale.

La requête a été communiquée à la commune de Saint-Cyr-sur-Morin qui n'a pas produit d'observations.

Par une lettre du 4 mars 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 1er avril 2022 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 24 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,

- et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 27 août 2020, le conseil communautaire de la communauté de communes des Deux Morin a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Cyr-sur-Morin. Par le présent recours, M. B, en qualité de propriétaire des parcelles cadastrées section G n° 1447 et section ZP n° 14 et n° 15, classées en zone agricole, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la délibération du 27 août 2020 en tant qu'elle ne classe pas en zone urbaine les parcelles cadastrées section G n° 1447 et section ZP n° 14 et n° 15.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter ". Aux termes de l'article R. 151-22 du même code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone agricole, pour les motifs énoncés à l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme, des secteurs faisant l'objet d'une exploitation effective, susceptibles de l'être ou participant au maintien du caractère rural de la commune. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

3. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles litigieuses, qui ne supportent aucune construction en dehors de la présence d'une petite dépendance, se situent entre une zone urbaine de la commune de Saint-Cyr-sur-Morin et le hameau des Louvières. S'il est constant qu'une bande longitudinale des parcelles litigieuses était classée en zone urbaine dans le précédent plan local d'urbanisme, il ressort, toutefois, des pièces du dossier que l'ensemble des parcelles se situe au sein d'un vaste espace agricole situé à l'extrémité de la zone UB de la commune. Or, ce classement traduit les orientations du projet d'aménagement et de développement durables tendant à limiter la consommation des espaces agricoles ou naturels afin de pérenniser l'activité agricole sur le territoire, en particulier au sein des hameaux. Ainsi, les nouvelles possibilités d'urbanisation sont limitées aux stricts besoins, aux capacités d'accueil de la commune et sont inscrites dans l'enveloppe urbaine, en particulier au sein des dents creuses, afin de limiter les pertes de surface utilisées par l'agriculture et la fragmentation des terres. En outre, les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu assurer le traitement des franges des espaces naturels et des limites entre les espaces urbanisés et agricoles par l'aménagement de transitions paysagères avec les espaces ruraux. Par ailleurs, l'objectif de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain, justifié notamment par les caractéristiques des sols et sous-sols favorables au développement de l'activité agricole, contribue à la réalisation des objectifs prévus au schéma directeur de la région d'Ile-de-France qui prévoit une extension modérée des bourgs, des villages et des hameaux. Enfin, ni la circonstance tirée de ce que les parcelles sont entretenues et clôturées, ni celle tirée de ce que le commissaire enquêteur a émis un avis favorable à la demande de modification de classement en raison des possibilités de raccordement aux réseaux, ni celle tirée de ce que la commune aurait accepté de modifier le classement d'une autre parcelle située au sein du hameau des Louvières, ni la perte vénale induite par ce classement ne suffisent à établir que le classement des parcelles litigieuses en zone agricole est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Dès lors, compte tenu des caractéristiques des parcelles en litige et des partis d'aménagement retenus, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que les auteurs du plan local d'urbanisme de Saint-Cyr-sur-Morin ont pu décider de classer la totalité des parcelles litigieuses en zone agricole. Le moyen soulevé en ce sens par le requérant doit donc être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant.

Sur les frais liés à l'instance :

5. Il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du requérant une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la communauté de communes des Deux Morin et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : M. B versera à la communauté de communes des Deux Morin une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la communauté de communes des Deux Morin et à la commune de Saint-Cyr-sur-Morin.

Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Jeannot, première conseillère,

Mme Blanc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.

La rapporteure,

F. CLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

V. GUILLEMARD

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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