vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2101850 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DELACHARLERIE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 28 février 2021 sous le n° 2101850, la société par actions simplifié à associé unique de A à Z Paysage, représentée par Me Delacharlerie, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 février 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a appliqué la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement d'un étranger dans son pays d'origine pour un montant total de 30 000 euros ;
2°) d'être déchargée totalement ou partiellement de ces contributions ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'était pas l'employeur des deux travailleurs visés par la décision ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2021, l'OFII, représenté par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête
Il soutient que les moyens soulevés par la société de A à Z Paysage ne sont pas fondés.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés le 25 décembre 2021, le
21 octobre 2022 et le 19 juin 2023 sous le n° 2111990, la société de A à Z Paysage et
M. B A C, représentés par Me Delacharlerie, demandent au tribunal :
1°) d'annuler les deux titres de perceptions émis le 23 février 2021 pour avoir paiement d'une somme totale de 30 000 euros mise à sa charge par la décision du directeur général de l'OFII du 8 février 2021 au titre de la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du code du travail et de la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les titres de perception ne comportent pas l'indication des éléments essentiels de sa liquidation, son montant et sa nature.
- les titres de perception doivent être annulés en conséquence de l'illégalité de la décision de l'OFII du 8 février 2021 résultant de l'incapacité à rapporter la preuve de la matérialité des faits qui lui sont reprochés.
La requête a été communiquée au directeur général de l'OFII, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Le directeur départemental des finances publiques de l'Essonne a présenté des observations le 3 août 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer soutient que seul le directeur général de l'OFII est compétent pour présenter des observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Sophie Delormas, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A l'occasion du contrôle effectué le 15 juin 2020, les services de la gendarmerie nationale ont constaté la présence, à bord d'un véhicule utilitaire appartenant à la société de A à Z Paysage, d'un ressortissant malien et d'un ressortissant égyptien dépourvus de titre les autorisant à séjourner et à exercer une activité salariée en France. Un procès-verbal d'infraction a été établi et transmis à l'OFII en application de l'article L. 8271-17 du code du travail. Par décision du 8 février 2021, le directeur général de l'OFII a appliqué à la société de A à Z paysage la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du code du travail et la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Deux titres de perception ont été émis le 23 février 2021 pour avoir paiement des contributions mises à la charge de la société de A à Z Paysage. Celle-ci demande au tribunal d'annuler la décision du 8 février 2021 ainsi que les deux titres de perception émis le
23 février 2021.
Sur la jonction des affaires :
2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2101850 et 2111990, présentées par la société de à A à Z Paysages et M. A C, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de procéder à leur jonction et d'y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du directeur général de l'OFII :
3. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. () ". L'article L. 5221-8 du même code dispose que : " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article
L. 5312-1 ".Aux termes de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger sans titre mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux () ". L'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose en outre que : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine ".
4. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre une décision mettant à la charge d'un employeur la contribution spéciale ou la contribution forfaitaire prévues par les dispositions citées au point précédent, de vérifier la matérialité des faits reprochés à l'employeur et leur qualification juridique au regard de ces dispositions. Il lui appartient, également, de décider, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, soit de maintenir la sanction prononcée, soit d'en diminuer le montant jusqu'au minimum prévu par les dispositions applicables au litige, soit d'en décharger l'employeur.
5. Il résulte de l'instruction et notamment du procès-verbal d'infraction, que le 15 juin 2020 à 8h05, un ressortissant malien et un ressortissant égyptien dépourvus de titre de séjour et d'autorisation de travail étaient passagers d'un véhicule utilitaire appartenant à la société de A à Z Paysage, qu'à l'occasion du contrôle du véhicule, les deux hommes, revêtus d'une tenue de travail, ont indiqué être en chemin pour une mission de jardinage. Entendus par les gendarmes, le ressortissant malien a déclaré travailler ponctuellement pour cette société sans contrat de travail et n'avoir jamais fourni le moindre document administratif à son employeur. Le ressortissant égyptien a indiqué qu'il s'agissait d'un jour d'essai à l'issue duquel il devait signer un contrat de travail et qu'il avait présenté à son employeur la photocopie d'un titre de séjour italien contrefait. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la relation de travail entre ces deux salariés et la société de A à Z Paysage n'est pas établie.
6. En second lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des termes de la décision attaquée que le directeur général de l'OFII n'ait pas procédé à un examen réel et sérieux des faits reprochés à la société de A à Z Paysage.
Sur les conclusions à fin d'annulation des titres de perception :
7. En premier lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 :
" () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". L'avis des sommes à payer émis le 23 février 2021 relatif à la contribution spéciale comporte les mentions suivantes " Décision n° 1201044 du 8 février 2021 concernant 2 travailleurs. Recouvrement de la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail dont le taux est fixé par l'article R. 8253-2 du code du travail ". L'avis des sommes à payer émis le 23 février 2021 relatif à la contribution forfaitaire comporte les mentions suivantes : " Décision n° 1201044 du 8 février 2021 concernant
2 travailleurs. Recouvrement de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine prévue par l'article L. 626-1 du CESEDA dont le montant est fixé par l'article R. 626-1 du CESEDA et les arrêtés du 5 décembre 2006. ". Dans ces conditions, la société de A à Z Paysage, qui était à même de déterminer que les titres de perceptions concernaient les sommes afférentes à la décision du 8 février 2021 lui appliquant la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail et la contribution forfaitaire prévue à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'est pas fondée à soutenir que les bases de la liquidation étaient imprécises ou insuffisantes.
8. En second lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de la décision mettant à la charge de la société de A à Z Paysage la contribution spéciale et la contribution forfaitaire ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de l'ensemble ce qui précède que la société de A à Z Paysage n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 8 février 2021 ainsi que l'annulation des titres de perception en litige. Par suite, les requêtes de la société de A à Z Paysage et de
M. A C doivent être rejetées y compris les conclusions à fin de décharge et celles qui tendent à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de la société de A à Z Paysage et de M. A C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société de A à Z Paysage, à M. B A C, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur et des
outre-mer.
Copie pour information en sera transmise au directeur départemental des finances publiques de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Aurore Perrin, première conseillère,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
La rapporteure,
F. BouchetLe président,
T. GallaudLa greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2101850 et 2111990
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026