mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2101869 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | ZIEGLER ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 27 février 2021 et le 21 mai 2021, M. A B, représenté par Me Dakos, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Vincennes à lui payer la somme totale de 70 393,05 euros en réparation du préjudice qu'il a subi du fait de son maintien illégal en disponibilité ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vincennes la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les motifs opposés par le maire de la commune pour refuser sa réintégration sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la collectivité s'étant abstenue de lui proposer prioritairement, et dans un délai raisonnable, un emploi correspondant à son grade ou, à défaut, de saisir le CNFPT comme elle en avait l'obligation, a ainsi commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- son maintien illégal en disponibilité lui a causé un préjudice matériel indemnisable à hauteur de 8 943,50 euros s'agissant de la période durant laquelle il a perçu l'aide au retour à l'emploi, à savoir du 8 janvier 2015 au 6 janvier 2017, puis de 51 449,55 euros à parfaire pour la période courant du 7 janvier 2017 à la date du jugement à intervenir ;
- il lui a également causé un préjudice moral indemnisable à hauteur de 5 000 euros ;
- le fait qu'il n'a pas pu bénéficier d'avancement durant sa mise en disponibilité et les conséquences de son maintien illégal en disponibilité sur le montant de sa future pension de retraite lui ont causé un préjudice indemnisable à hauteur de 5 000 euros ;
- la créance dont il se prévaut n'est pas prescrite.
Par un mémoire en défense et deux mémoires complémentaires, présentés par Me Violette et enregistrés le 20 avril 2021, le 9 juillet 2021 et le 26 juin 2024, la commune de Vincennes, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la créance dont se prévaut le requérant est prescrite depuis le 1er janvier 2019 en vertu des dispositions de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- les autres moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°86-68 du 13 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Issard,
- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,
- les observations de Me Violette, représentant la commune de Vincennes,
- le requérant n'étant ni présent, ni représenté.
Une note en délibéré présentée pour M. B a été enregistrée le 16 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté par la ville de Vincennes en septembre 2004 en qualité d'adjoint technique territorial de première classe. Du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2014, il a été placé en disponibilité pour convenance personnelle. Par un courrier en date du 24 septembre 2014, il a sollicité sa réintégration à compter du 1er janvier 2015. Par un arrêté en date du 31 décembre 2014, le maire de Vincennes l'a maintenu en disponibilité faute d'emploi vacant. Par un courrier en date du 8 octobre 2020, M. B a présenté une demande indemnitaire préalable tendant à l'indemnisation du préjudice subi du fait de son absence de réintégration dans les effectifs de la collectivité. Cette demande a été rejetée par une décision d'un adjoint au maire de Vincennes en date du 18 décembre 2020, notifiée le 2 janvier 2021. Par la présente requête, M. B demande la condamnation de la commune de Vincennes à l'indemniser du préjudice subi en raison de son maintien illégal en disponibilité d'office à compter du 1er janvier 2015.
Sur les conclusions indemnitaires
2. Pour demander la condamnation de la commune de Vincennes à lui payer la somme totale de 70 393,05 euros, M. B se prévaut d'un préjudice matériel au titre des rémunérations qu'il aurait dû percevoir s'il avait été réintégré dans un délai raisonnable, d'un préjudice au titre du montant futur de sa pension de retraite dont il affirme qu'il sera inférieur à celui qu'il aurait perçu s'il avait été réintégré dans un délai raisonnable, ainsi que d'un préjudice moral au titre des démarches qu'il a dû entreprendre afin de s'enquérir de l'existence de postes vacants au sein des effectifs de la commune et d'obtenir sa réintégration suite à sa mise en disponibilité.
3. En premier lieu, en dépit de la mesure d'instruction qui lui a été adressée le 13 juin 2024 afin qu'il produise les pièces relatives aux rémunérations, allocations et ressources financières qu'il a perçues durant la période d'indemnisation invoquée, M. B n'a versé aucun élément justifiant de l'existence du préjudice matériel dont il se prévaut.
4. En deuxième lieu, en se prévalant de ce qu'il risque de percevoir un montant de pension de retraite inférieur à celui qu'il aurait perçu s'il avait été réintégré dans un délai raisonnable, et compte tenu des conditions de liquidation des pensions de retraite des agents de la fonction publique territoriale, qui prennent en considération la durée finale de leurs services effectifs et les conditions de leur rémunération tout au long de leurs carrières, M. B fait ainsi état d'un préjudice éventuel qui ne s'est pas réalisé et qu'il est impossible d'apprécier justement.
5. En troisième et dernier lieu, M. B ne produit aucun élément permettant d'apprécier l'étendue du préjudice moral dont il se prévaut, résultant selon ses déclarations du mutisme de la commune de Vincennes face à ses " multiples relances ".
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est en tout état de cause pas fondé à demander la réparation des préjudices qu'il invoque. Les conclusions indemnitaires de la requête doivent dès lors, et en tout état de cause, être rejetées.
Sur les frais liés au litige
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vincennes, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par la commune de Vincennes au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Vincennes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Vincennes.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Leconte, première conseillère,
Mme Issard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
La rapporteure,
C. ISSARD
La présidente,
I. BILLANDON La greffière,
C. TRÉMOUREUX
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2101869
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026