mardi 19 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2101897 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CAMUS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er mars 2021, M. B A, représenté par Me Camus, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 décembre 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées en qualité de demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif à compter du
2 décembre 2020, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent cinquante euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au directeur général de l'OFII de réexaminer sa demande, dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent cinquante euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Camus, son conseil, de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
-elle méconnaît l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que l'OFII n'a pas procédé à un entretien personnel permettant d'évaluer sa vulnérabilité ;
- l'OFII n'a pas procédé à l'examen de sa situation personnelle et de sa vulnérabilité ;
- c'est à tort que le directeur général de l'OFII a retenu qu'il n'avait pas répondu à toutes les convocations des autorités ;
- la décision procède d'une appréciation erronée de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2023, l'OFII, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision
n° 2021/001984 du 21 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant gambien né le 28 janvier 1989 à Banjul (Gambie), a présenté une demande d'asile le 20 novembre 2018 et a accepté, le même jour, les conditions matérielles d'accueil qui lui ont été proposées par l'OFII. Par un arrêté du 13 mars 2019, le préfet de l'Essonne a décidé de son transfert aux autorités espagnoles. Le 22 mai 2019, le directeur général de l'OFII a décidé de suspendre les conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. A. Le 15 octobre 2020, ce dernier a présenté en France une nouvelle demande d'asile qui a d'abord été enregistrée selon la procédure dite " Dublin " puis requalifiée le 2 décembre 2020, en procédure normale. Le 11 décembre 2020, M. A a sollicité le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 18 décembre 2020 dont il demande l'annulation, le directeur général de l'OFII a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le cadre du litige :
2. D'une part, l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispose que les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile : " sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile () ". Aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction résultant de la loi
n° 2015-925 du 29 juillet 2015, applicable à l'espèce : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil / () ". L'article R. 744-14 du même code précise, dans sa rédaction applicable au présent litige, que : " L'appréciation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est effectuée par les agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en application de l'article L. 744-6, à l'aide d'un questionnaire dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de l'asile et de la santé. / () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 744-8 du même code, dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile, applicable au litige dès lors que M. A s'est vu accorder les conditions matérielles d'accueil le 22 novembre 2018 : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile () n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () ".
4. Il résulte des dispositions précédemment citées que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'OFII après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'OFII, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
En ce qui concerne la légalité de la décision :
5. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes applicables et mentionne l'acceptation par M. A des conditions matérielles d'accueil le 20 novembre 2018, la suspension des conditions matérielles d'accueil dont il avait bénéficié par une décision du 22 mai 2019 à défaut d'avoir respecté les exigences des autorités chargées de l'asile. Elle mentionne également qu'il n'a pas justifié des raisons pour lesquelles il n'avait pas respecté ces obligations et que l'évaluation de sa situation personnelle et familiale n'a fait apparaître aucun facteur de vulnérabilité particulier. La décision, qui n'a pas à faire référence de l'ensemble des éléments caractérisant la situation de M A, comporte, ainsi, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, cette décision est, en tout état de cause, suffisamment motivée au sens des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
6. En deuxième lieu, si les dispositions citées précédemment de l'article L 744-6 imposent un entretien personnel lors de la présentation de la première demande d'asile permettant d'évaluer la vulnérabilité d'un demandeur d'asile, elles n'imposent pas à l'administration de procéder à un nouvel entretien lorsqu'elle examine une demande de rétablissement de conditions matérielles d'accueil qui ont été précédemment suspendues. Par suite, M. A, qui a bénéficié d'un entretien d'évaluation de sa vulnérabilité lors de l'enregistrement de sa demande d'asile, ne peut utilement se prévaloir de l'absence d'un nouvel entretien avant que le directeur général de l'OFII ne prenne la décision attaquée.
7. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur général de l'OFII n'ait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant ainsi qu'à l'évaluation de sa vulnérabilité alors qu'il disposait du compte rendu de l'entretien organisé lors de l'enregistrement de la demande d'asile de M. A et que le requérant ne lui a communiqué aucun nouvel élément à l'occasion de sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil.
8. En quatrième lieu, si le requérant soutient qu'il a déféré à toutes les convocations de la préfecture de l'Essonne et qu'il a été transféré vers l'Espagne en juillet 2019, il ressort des pièces du dossier que M. A n'a pas répondu aux convocations de la préfecture en date des 21 mars et 16 avril 2019 et qu'il a été considéré en fuite par les services de la préfecture. En outre, la décision attaquée est antérieure au transfert vers l'Espagne dont fait état M. A. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il a toujours respecté ses obligations, et notamment celle de se présenter aux convocations des autorités.
9. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en estimant que sa situation personnelle et familiale ne faisait apparaître aucun facteur particulier de vulnérabilité et qu'en refusant en conséquence de rétablir les conditions matérielles d'accueil de l'intéressé, le directeur général de l'OFII ait fait une appréciation erronée de la situation particulière de
celui-ci.
10. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il ne soit besoin de se prononcer sur sa recevabilité, la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles qui tendent à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : la requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.
La rapporteure,
F. BouchetLe président,
T. Gallaud
La greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026