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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2102027

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2102027

jeudi 25 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2102027
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantCABINET ARCO-LEGAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 2 mars 2021, enregistrée le 2 mars 2021 au greffe du tribunal administratif de Melun, le président du tribunal administratif de Paris a, en vertu des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmis au tribunal la requête présentée par M. A D.

Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 24 février 2021, et des mémoires enregistrés au greffe du tribunal administratif de Melun les 16 mars 2021 et 13 octobre 2022, M. D, représenté en dernier lieu par Me Laurichesse, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2021 en tant que le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2021 par lequel le préfet de police a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- la compétence du signataire des décisions attaquées n'est pas établie ; le préfet de police est manifestement incompétent pour prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire français ainsi qu'une interdiction de circulation d'une durée de trente-six mois dès lors qu'il est un ressortissant communautaire résidant régulièrement en France ; les articles du livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne s'appliquent que dans des cas très particuliers de trouble à l'ordre public ; les dispositions de l'article L. 511-1 de ce code ne visent que les étrangers non ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée en droit et en fait ; sa motivation est fondée sur des faits inexacts et non vérifiés qui ne peuvent constituer " du point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental à la société française " ;

- le préfet de police n'a pas procédé à un examen attentif et personnalisé de sa situation ;

- le préfet de police a méconnu le principe du respect des droits de la défense ;

- le préfet de police a commis une erreur de droit ;

- le préfet de police a commis une erreur manifeste d'appréciation ; il est primo-délinquant et a déjà exécuté sa peine et tenté d'indemniser la victime ; il dispose d'un domicile stable et d'un emploi ; il vit en couple avec sa compagne qu'il héberge ; la condamnation dont il a fait l'objet est l'unique et isolée ; rien ne démontre qu'il constituerait une menace à l'ordre public ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de base légale ; les dispositions du livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne s'appliquent pas à sa situation ; l'atteinte à l'ordre public doit être spécifiée et d'une gravité suffisante, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ;

- il a méconnu l'intérêt supérieur de l'enfant ;

- il a méconnu les articles 3 et 8 de la CEDH ; il existe une disproportion et une atteinte évidente à sa vie privée et familiale.

Par un mémoire en défense, enregistré 6 juillet 2021, le préfet de police, représenté par la Selas Arco-Legal, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le moyen tiré de ce que les décisions attaquées méconnaissent l'intérêt supérieur de l'enfant est inopérant ;

- les autres moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 25 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 11 novembre 2022 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Réchard a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, de nationalité polonaise, né le 4 juillet 1988 à Rzeszow (Pologne), a été interpellé le 21 février 2021 pour des faits de violence aggravée par deux circonstances (ivresse et réunion) et dégradation de bien privé. Par un arrêté du 22 février 2021, le préfet de police a déclaré le droit au séjour de l'intéressé caduc, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. Par un arrêté du même jour, le préfet de police a prononcé à son encontre une interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de trente-six mois. Par la présente requête, M. D demande l'annulation du premier arrêté en tant que le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français ainsi que l'annulation du second arrêté.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2020-01102 du 28 décembre 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris du 28 décembre 2020, le préfet de police a donné à Mme B C, attachée de l'administration de l'Etat, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités compétentes dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature des décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées, qui ne se confond pas avec le bien-fondé de leurs motifs, doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger un ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, ou un membre de sa famille à quitter le territoire français lorsqu'elle constate : / () ; / 3° Ou que son comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. / () ".

4. D'une part, si M. D a, dans son mémoire enregistré le 13 octobre 2022, sous l'intitulé " de la légalité externe ", invoqué, dans un 2°, " [l']insuffisance de motivation et d'examen de la situation personnelle ", il n'a, au vu de l'argumentation qu'il a développée, entendu contester que la seule motivation de l'arrêté attaqué en tant que le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français.

5. D'autre part, la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment son article L. 511-3-1, énonce ainsi les considérations de droit qui en constituent le fondement. Par ailleurs, en évoquant les faits pour lesquels l'intéressé a fait l'objet d'une interpellation ainsi que sa situation familiale, le préfet de police a exposé avec de suffisantes précisions les considérations de fait sur lesquels il s'est fondé pour prendre la décision attaquée. Il suit de là que M. D, qui ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait insuffisamment motivée. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, qui ne se confond pas avec le bien-fondé des motifs, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut donc qu'être écarté.

6. M. D, qui soutient que le préfet de police n'a pas respecté le principe des droits de la défense, n'assortit son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le

bien-fondé. En tout état de cause, à supposer que le requérant ait entendu invoquer le principe général du droit de l'Union européenne relatif au respect des droits de la défense en vertu duquel toute personne peut faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, sans que l'autorité nationale compétente soit tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause, il ne ressort, toutefois, pas des pièces du dossier que le requérant, qui a été auditionné pendant sa garde à vue et a pu présenter ses observations sur les faits qui lui sont reprochés, aurait demandé en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de s'exprimer avant que ne soient prises les décisions attaquées. Par suite, le moyen invoqué tiré de la méconnaissance des droits de la défense doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger un ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, ou un membre de sa famille à quitter le territoire français lorsqu'elle constate : / () / 3° Ou que son comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à sa situation, notamment la durée du séjour de l'intéressé en France, son âge, son état de santé, sa situation familiale et économique, son intégration sociale et culturelle en France, et de l'intensité de ses liens avec son pays d'origine. (). " Aux termes de l'article L. 511-3-2 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français prononcée en application des 2° et 3° de l'article L. 511-3-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. () ".

8. M. D soutient que les décisions attaquées sont entachées d'erreur de base légale et d'erreur de droit.

9. D'une part, à supposer que l'intéressé ait entendu soutenir qu'il ne pouvait, en application des dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français au motif qu'il bénéfice d'un droit au séjour permanent, il ressort des pièces versées au dossier et, notamment, du premier arrêté attaqué du 22 février 2021 que le préfet de police a constaté la caducité de son droit au séjour. Or, M. D n'a pas présenté de conclusion tendant à l'annulation de cette décision, dont il ne ressort pas des pièces versées au dossier qu'elle n'aurait pas acquis un caractère définitif.

10. D'autre part, M. D ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le champ d'application desquelles il ne rentre pas, ni celles de l'article L. 252-1 du même code, relatives à l'expulsion, et sur lesquelles le préfet de police ne s'est pas fondé. A supposer que le requérant doive être regardé comme soutenant que le préfet de police ne pouvait se fonder sur les dispositions des articles L. 511-3-1 et L. 511-3-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de leur édiction, relatives à l'obligation de quitter le territoire français et à l'interdiction de circulation sur le territoire français prononcées à l'encontre d'un ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, à défaut de justifier d'une atteinte suffisamment grave à l'ordre public, il ressort des décisions attaquées que les faits qui lui sont reprochés sont constitutifs d'atteinte aux personnes, entachés de gravité, et que son comportement présentait, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société.

11. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés du défaut de base légale et d'erreur de droit ne peuvent qu'être écartés.

12. En quatrième lieu, M. D doit être regardé comme soutenant que le préfet de police a commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées au point 7. du présent jugement.

13. Il appartient à l'autorité administrative d'un État membre qui envisage de prendre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un ressortissant d'un autre État membre de ne pas se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, mais d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française. L'ensemble de ces conditions doivent être appréciées en fonction de la situation individuelle de la personne, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.

14. Pour prononcer une obligation de quitter le territoire français et une interdiction de circuler sur le territoire français pendant trente-six à l'encontre de M. D, le préfet de police a estimé que son comportement personnel constituait, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société dans la mesure où il a fait l'objet d'une interpellation pour des faits de violence aggravées par deux circonstances (ivresse et réunion) et dégradation de bien privé le

21 février 2021 par les services de police du 15ème arrondissement de Paris.

15. Il ressort des pièces du dossier que M. D a été interpellé pour les faits de violence aggravée énoncés au point précédent et qu'il a fait l'objet d'une condamnation par le tribunal correctionnel de Paris du 23 février 2021 à huit mois d'emprisonnement, sous la qualification de violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours commis le 20 février 2021, pour laquelle il a bénéficié d'un aménagement de peine sous le régime de la détention à domicile sous surveillance électronique. Ainsi, alors même que les faits reprochés à M. D présentent un caractère isolé, le préfet de police a pu estimer, compte tenu de la nature de ces faits constitutifs d'atteinte aux personnes, et de leur gravité, que son comportement présentait, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Il était, ainsi, fondé à prononcer à l'encontre de M. D une décision portant obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions précitées du 3° de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile assortie d'une décision d'interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de trente-six mois sur le fondement de l'article L. 511-3-2 du même code. En outre, si M. D justifie vivre en concubinage avec sa compagne, le couple est sans enfant. Par ailleurs, bien qu'établi en France depuis la fin de l'année 2015 et ayant bénéficié de contrats de travail à durée déterminée entre 2015 et 2018, il était sans emploi à la date des décisions attaquées et ne justifie donc pas, à cette date, d'une insertion professionnelle stable et durable. Dans ces conditions, le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.

16. En cinquième lieu, M. D, qui ne démontre ni même n'allègue être père d'un enfant, ne peut utilement soutenir que les décisions attaquées porteraient une atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant.

17. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

18. M. D, qui soutient que les décisions en litige méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, fait valoir que les mesures prises par le préfet de police portent une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que le requérant est présent en France depuis 2015 et vit en concubinage depuis 2017, il n'a pas d'enfant à charge et, était, à la date des décisions attaquées, sans emploi et ne peut ainsi justifier du caractère stable et durable de l'insertion professionnelle dont il se prévaut, le contrat à durée indéterminée qu'il produit étant postérieur à la date des décisions en litige. Ainsi, eu égard à l'ancienneté et aux conditions de son séjour en France, et compte tenu de ce qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, au sein duquel il a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans, M. D n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées porteraient une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaitraient les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

19. En septième et dernier lieu, M. D ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ou de celle lui faisant interdiction de circuler sur le territoire français. Par suite, le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 février 2021 en tant que le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français ainsi que celle de l'arrêté du même jour par lequel le préfet de police a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois. Il y a donc lieu de rejeter ses conclusions aux fins d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions que M. D a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de police de Paris.

Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

Mme Réchard, première conseillère,

Mme Luneau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.

La rapporteure,

J. RECHARD

La présidente,

S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,

C. RICHEFEU

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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