vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102119 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | AMBROSELLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 mars 2021, M. A B, représenté par Me Ambroselli, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 janvier 2021 par lequel le maire de Beautheil-Saints a refusé le raccordement au réseau public de distribution d'électricité de la parcelle cadastrée section ZL n° 57 située au lieu-dit la Roulotte ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Beautheil-Saints une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'erreur de droit dès lors que le maire ne pouvait refuser le branchement électrique sollicité pour le seul motif tiré de ce que le terrain est situé en zone agricole ;
- il est entaché d'une inexactitude matérielle et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que ce terrain supporte une activité agricole de production de fleurs coupées et de boutons fleuris et que l'irrigation de la parcelle en cause est indispensable pour assurer la production agricole de fleurs coupées et de boutons fleuris de sa société.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mai 2021, la commune de Beautheil Saints, représentée par Me Grau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge du requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant n'a pas intérêt à agir contre l'arrêté attaqué dès lors que sa démarche conduit à l'accomplissement d'une situation illégale ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre une décision confirmative ;
- l'exception tirée de l'autorité de la chose jugée par le tribunal de céans le 19 novembre 2015 s'oppose à ce qu'il soit statué sur les conclusions dirigées contre la décision du 14 janvier 2021 ; les données sont identiques dès lors qu'il s'agit des mêmes parties, du même avis défavorable émis à l'égard du même terrain classé en zone inconstructible ;
- le moyen tiré de l'inexactitude matérielle des faits doit être écarté dès lors que le requérant n'établit pas l'exercice effectif d'une activité agricole d'une consistance suffisante ;
- le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté dès lors que le refus est proportionné au but légitime poursuivi ;
- elle sollicite une substitution de motif dès lors que l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme interdit aux autorités administratives de permettre le raccordement définitif aux réseaux publics existants des constructions et aménagéments irréguliers.
Par une ordonnance du 3 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 janvier 2022.
Une note en délibéré a été enregistrée le 21 février 2023 pour la commune de Beautheil-Saints et n'a pas été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et de Me Grau, représentant la commune de Beautheil-Saints.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande du 8 décembre 2020, le requérant a sollicité le raccordement au réseau public de distribution d'électricité de la parcelle cadastrée section ZL n° 57. Par une décision du 14 janvier 2021, le maire de Beautheuil-Saints a rendu un avis défavorable à ce branchement au motif que la parcelle se situe en zone A, qu'il n'y a pas d'activité dessus et que la construction est qualifiée en ruine et non réutilisable.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, contrairement à ce que fait valoir la commune défenderesse, la seule circonstance, à la supposer établie, que la démarche du requérant conduirait à l'accomplissement d'une situation illégale n'est pas de nature à le priver d'intérêt à contester le refus de raccordement qui lui a été opposé. Par suite, cette fin de non-recevoir opposée doit être écartée.
3. En second lieu, contrairement à ce que fait valoir la commune défenderesse, la décision du 14 janvier 2021, intervenue après un changement dans les circonstances de fait, n'est pas confirmative de la décision du 25 octobre 2013 par laquelle le maire de Saints a refusé la demande du requérant de raccordement au réseau d'électricité. Par suite, cette fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur l'exception de chose jugée opposée en défense par la commune :
4. Aux termes de l'article 1355 du code civil : " L'autorité de la chose jugée n'a lieu qu'à l'égard de ce qui a fait l'objet du jugement. Il faut que la chose demandée soit la même ; que la demande soit fondée sur la même cause ; que la demande soit entre les mêmes parties, et formée par elles et contre elles en la même qualité ". L'autorité de la chose jugée une première fois par un tribunal administratif s'oppose à ce que celui-ci statue une seconde fois sur un litige reposant sur la même cause juridique, ayant le même objet que le litige initial et opposant les mêmes parties en leurs mêmes qualités. Cette autorité s'attache au dispositif du jugement ainsi qu'aux motifs qui en sont le support nécessaire.
5. Il ressort des pièces du dossier que le présent tribunal a, par un jugement n° 1310714, 1310715 du 19 novembre 2015, rejeté les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant à l'encontre de la décision du 25 octobre 2013 par laquelle le maire de Saints a refusé le raccordement au réseau d'électricité des parcelles cadastrées section ZL n° 54, 55, 56, 57, 58 et 60. Toutefois, l'objet de la présente requête porte sur la décision du 14 janvier 2021 par laquelle le maire de Beautheil-Saints a refusé de procéder au raccordement au réseau d'électricité de la parcelle n° 57 ZL 001 alors que le requérant se prévaut d'une nouvelle activité agricole. Dans ces conditions, les deux instances n'ont pas le même objet et rien ne s'oppose à ce que des conclusions à fin d'annulation soient dirigées à l'encontre de la décision du 14 janvier 2021 attaquée dans le cadre du présent recours. L'exception de chose jugée opposée en défense par la commune doit donc être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme : " Les bâtiments, locaux ou installations soumis aux dispositions des articles L. 421-1 à L. 421-4 ou L. 510-1, ne peuvent, nonobstant toutes clauses contractuelles contraires, être raccordés définitivement aux réseaux d'électricité, d'eau, de gaz ou de téléphone si leur construction ou leur transformation n'a pas été, selon le cas, autorisée ou agréée en vertu de ces dispositions ". Il résulte de ces dispositions que le maire peut, dans le cadre de ses pouvoirs de police spéciale destinés à assurer le respect des règles d'utilisation des sols, s'opposer au raccordement définitif au réseau d'électricité, d'eau, de gaz ou de téléphone des bâtiments, locaux ou installations qui, faute de disposer de l'autorisation d'urbanisme ou de l'agrément nécessaire, sont irrégulièrement construits ou transformés.
7. En premier lieu, il résulte de la décision qu'elle a été prise au seul motif que le terrain litigieux est implanté en zone agricole. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement se prévaloir de ce que le terrain supporte une activité agricole de production de fleurs coupées et de boutons fleuris et de ce que l'irrigation de ces fleurs coupées et boutons fleuris est indispensable pour assurer une production pérenne. Par suite, les moyens tirés de l'inexactitude matérielle et d'erreur manifeste d'appréciation entachant la décision attaquée doivent être écartés comme inopérants.
8. En second lieu, il ressort des mentions de la décision attaquée qu'elle est fondée sur le motif unique tiré de ce que le terrain dont le raccordement au réseau d'électricité a été sollicité est situé en zone agricole. Toutefois, ainsi que le soutient le requérant, aucune disposition du code de l'urbanisme n'autorise l'autorité compétente à s'opposer au droit des usagers au raccordement au réseau pour ce motif. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit entachant la décision attaquée doit être accueilli.
9. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
10. La commune de Beautheil-Saints soutient, dans ses écritures en défense, que l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme interdit aux autorités administratives de permettre le raccordement définitif aux réseaux publics existants des constructions et aménagéments irréguliers. Or, il résulte de l'instruction que les parcelles cadastrées section ZL n° 56, 54, 58 et 60 forment un ensemble d'un seul tenant et que le requérant a été destinataire, d'une part, d'un arrêté du 20 août 2012 par lequel le maire de la commune l'a mis en demeure d'interrompre des travaux réalisés sur des ruines sans autorisation d'urbanisme et, d'autre part, d'un arrêté du 9 juillet 2020 par lequel le maire de la commune a refusé la demande de permis de construire déposée par le requérant pour la construction d'un bâtiment agricole à usage de remise de matériel et de stockage de bois de chauffage d'une surface de 40 m² sur l'ensemble de ces parcelles. Ainsi, la commune est fondée à soutenir que la demande de raccordement du requérant doit être regardée comme concernant l'ensemble de ces parcelles sur lesquelles des travaux de construction ont été entrepris irrégulièrement au regard du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, il résulte de l'instruction que le maire de Beautheil-Saints aurait pris la même décision s'il avait entendu se fonder initialement sur ce motif. Il y a dès lors lieu de procéder à la substitution.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Beautheil-Saints, qui n'est pas la partie perdante, la somme que demande le requérant au titre des frais d'instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant le versement à la commune de la somme qu'elle demande au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Beautheil-Saints au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Beautheil-Saints.
Délibéré après l'audience du 17 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026