jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102330 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mars 2021, M. C B, représenté par Me Hug, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 janvier 2021 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile dont il bénéficiait ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir à son bénéfice le versement de l'allocation de demandeur d'asile à compter du 16 décembre 2020 dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
La requérante soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle n'a pas pris en compte sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
A été entendu au cours de l'audience publique du 2 février 2023 le rapport de M. E, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né en 1991, est entré sur le territoire français le 22 août 2018 pour y solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été enregistrée le 20 janvier 2019 en procédure Dublin et des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile lui ont été octroyées le même jour. Il a été transféré auprès des autorités espagnoles chargées de l'examen de sa demande d'asile le 18 septembre 2019. L'intéressé est toutefois revenu en France et sa nouvelle demande d'asile a également été placée en procédure Dublin le 16 décembre 2020. Par décision du 27 janvier 2021, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil a prononcé la suspension des conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées. Par la requête précitée, l'intéressé demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, par une décision du 24 février 2020, régulièrement publiée sur le site internet de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le directeur général de cet Office a donné délégation à Mme A D pour signer tous les actes se rapportant aux missions dévolues à la direction territoriale de Créteil. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, si le requérant soutient que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas pris en compte sa vulnérabilité et produit un certificat médical du 13 mars 2019 indiquant qu'il a fait une crise d'épilepsie le 21 février précédent, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a fait l'objet de deux examens de sa vulnérabilité, les 21 janvier 2019 et 16 décembre 2020, au cours desquels il n'a fait mention d'aucun problème de santé. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. B, au regard des éléments dont il avait connaissance. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () ".
5. Le requérant soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation en faisant état de ce qu'il ne s'est jamais engagé à ne pas revenir en France après son transfert en Espagne, de sorte qu'aucun manquement ne peut lui être reproché, et en ce qu'il n'a pas bénéficié d'une prise en charge médicale en Espagne, justifiant son retour en France. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier que les autorités espagnoles étaient responsables de l'examen de sa demande d'asile et, dès lors, de la délivrance à l'intéressé des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile. Ainsi, en revenant en France pour y redéposer une demande d'asile après son transfert en Espagne, le requérant n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile au sens de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, M. B n'apporte aucune pièce justifiant qu'il n'aurait bénéficié en Espagne d'aucune prise en charge médicale. Dès lors, les moyens précités ne peuvent qu'être écartés.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision contestée doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles au titre des frais de justice doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Hug et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée à la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
Le rapporteur,
P. E La présidente,
I. BILLANDON
Le greffier,
G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026