mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102425 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 17 mars 2021 et le 31 mars 2022, la SCCV La Vallée de Montmorency devenue en cours d'instance la SCCV Vitry Réaumur, représentée par la SELARL Concept avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 15 décembre 2020 par laquelle l'établissement public territorial Grand Orly Seine-Bièvre a approuvé la révision générale du plan local d'urbanisme de la commune de Vitry-sur-Seine ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux née le 15 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'établissement public territorial une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est bien recevable ; en particulier, elle est toujours valablement représentée par son représentant légal, qui n'a pas besoin de mandat particulier pour ce faire ;
- les convocations à la séance du conseil de territoire du 15 décembre 2020 sont irrégulières dès lors qu'elles n'ont pas été adressées à chacun des membres de ce conseil dans le délai fixé à l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales et qu'il n'est pas établi que ces convocations précisaient les questions à l'ordre du jour, ni qu'elles étaient accompagnées d'une note de synthèse explicative suffisante ;
- il appartiendra à l'établissement public territorial de justifier avoir notifié la délibération prescrivant l'élaboration du plan local d'urbanisme (PLU) aux personnes publiques mentionnées à l'article L. 123-6 du code de l'urbanisme ;
- pour l'application des dispositions de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme, il appartiendra à l'établissement public territorial de justifier de l'existence de la délibération du conseil municipal de Vitry-sur-Seine du 9 décembre 2015 fixant les modalités de la concertation et que celles-ci ont bien été suivies, notamment en ce qui concerne l'organisation des réunions publiques ;
- la délibération contestée a été adoptée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme faute pour l'établissement public territorial d'établir que la conférence prévue par ces dispositions a bien été organisée, qu'elle rassemblait les maires des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale et que les avis joints au dossier, les observations du public et le rapport de la commission d'enquête y ont été présentés ;
- pour l'application des dispositions des articles R.123-24 et R. 123-25 du code de l'urbanisme, il appartiendra à l'établissement public territorial de justifier que la délibération du 9 décembre 2015 prescrivant la révision du PLU et définissant les modalités de concertation a bien été régulièrement publiée et transmise au contrôle de légalité afin de s'assurer de son caractère exécutoire ;
- il appartiendra à l'établissement public territorial de justifier avoir effectué les formalités de demandes d'avis visées à l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme ;
- il n'est pas établi qu'un débat a eu lieu sur les orientations du plan d'aménagement et de développement durables comme le prévoient les dispositions de l'article L. 153-12 du code de l'urbanisme ;
- il appartiendra à l'établissement public territorial de démontrer avoir respecté l'exigence prévue à l'article L. 134-9 du code de l'urbanisme à travers la production de la délibération prescrite ;
- le PLU est incompatible avec le schéma directeur de la région d'Ile-de-France dès lors qu'il limite drastiquement la constructibilité des parcelles situées en zone UC ;
- le PLU n'est pas en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables.
Par des mémoires en défense enregistrés les 16 décembre 2021 et 8 septembre 2022, l'établissement public territorial Grand-Orly Seine-Bièvre conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SCCV La Vallée de Montmorency sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la société requérante ne justifie pas de sa capacité à agir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Morisset,
- les conclusions de M. Zanella, rapporteur public,
- et les observations de Me Buonomo substituant Me Agostini, représentant la SCCV La Vallée de Montmorency, et de Me Roulette, représentant l'établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre.
Considérant ce qui suit :
1. Par une première délibération du 9 décembre 2015, le conseil municipal de Vitry-sur-Seine a prescrit la révision générale de son plan local d'urbanisme approuvé le 18 décembre 2013 et a approuvé les objectifs et les modalités de la concertation. Par une seconde délibération du même jour, il a ensuite donné son accord pour que la procédure de révision du plan soit poursuivie par l'établissement public territorial (EPT) Grand-Orly Seine-Bièvre. Après qu'une enquête publique eût été organisée du 16 septembre au 18 octobre 2019, le conseil territorial de l'EPT Grand Orly Seine-Bièvre a approuvé, par une délibération du 25 février 2020, la révision générale de ce plan. Par une décision du 28 mai 2020, le préfet du Val-de-Marne a, sur le fondement de l'article L. 153-25 du code de l'urbanisme, suspendu l'exécution de cette délibération et a demandé à l'établissement public territorial de modifier le plan local d'urbanisme afin d'assurer une meilleure prise en considération du schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF) 2013-2030 concernant notamment la création d'un espace vert et de loisir d'intérêt régional d'au moins cinq hectares en berges de Seine, l'autorité préfectorale contestant à ce titre le classement d'un dépôt pétrolier en zone naturelle dite N. La révision générale du plan local d'urbanisme de la commune de Vitry-sur-Seine, prenant en compte la demande du préfet, a été adoptée par une délibération du conseil territorial de l'EPT Grand Orly Seine-Bièvre du 15 décembre 2020. La SCCV La Vallée de Montmorency a demandé à l'établissement public territorial, par un courrier reçu le 12 janvier 2021, de retirer la délibération du 15 décembre 2020. Du silence gardé par l'établissement public territorial, une décision de rejet est née le 12 mars 2021. La SCCV La Vallée de Montmorency, devenue en cours d'instance la SCCV Vitry Réaumur, demande au tribunal d'annuler la délibération du 15 décembre 2020 approuvant la révision générale du plan local d'urbanisme de Vitry-sur-Seine ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la délibération du conseil municipal de Vitry-sur-Seine du 9 décembre 2015 portant prescription de la révision générale du plan local d'urbanisme communal et approbation des objectifs et des modalités de la concertation :
S'agissant du caractère exécutoire de cette délibération :
2. Aux termes de l'article R. 123-24 alors en vigueur : " Font l'objet des mesures de publicité et d'information édictées à l'article R. 123-25 : / a) La délibération qui prescrit l'élaboration ou la révision du plan local d'urbanisme et qui définit les objectifs poursuivis ainsi que les modalités de la concertation, en application des articles L. 123-6 et L. 123-13. Il en est de même, le cas échéant, de l'arrêté qui définit les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation lors de la modification du plan local d'urbanisme en application de l'article L. 123-13-1 ; b) La délibération qui approuve, révise, modifie ou abroge un plan local d'urbanisme, en application des articles L. 123-10, L. 123-13 à L. 123-13-3 ; () " Selon l'article R.123-25 du même code alors en vigueur : " Tout acte mentionné à l'article R. 123-24 est affiché pendant un mois au siège de l'établissement public de coopération intercommunale compétent et dans les mairies des communes membres concernées, ou en mairie. Mention de cet affichage est insérée en caractères apparents dans un journal diffusé dans le département. Il est en outre publié : a) Au recueil des actes administratifs mentionné à l'article R. 2121-10 du code général des collectivités territoriales, lorsqu'il s'agit d'une délibération du conseil municipal d'une commune de 3 500 habitants et plus ; b) Au recueil des actes administratifs mentionné à l'article R. 5211-41 du code général des collectivités territoriales, s'il existe, lorsqu'il s'agit d'une délibération de l'organe délibérant d'un établissement public de coopération intercommunale comportant au moins une commune de 3 500 habitants et plus ".
3. Il résulte des énonciations portées sur la délibération du 9 décembre 2015 portant prescription de la révision du plan local d'urbanisme et approuvant les objectifs et les modalités de la concertation que le maire de Vitry-sur-Seine a attesté du caractère exécutoire de cette délibération compte tenu de sa transmission au contrôle de légalité, de son affichage le 22 décembre 2015 et de la publication de ses mentions dans un journal diffusé dans le département les 30 et 31 décembre 2015. Alors que cette attestation fait foi jusqu'à preuve contraire, l'EPT Grand Orly Seine-Bièvre produit, en outre, un certificat d'affichage du maire de Vitry-sur-Seine du 8 février 2016 ainsi qu'un extrait du recueil des actes administratifs qui attestent de sa publication. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la délibération du 9 décembre 2015 ne présenterait pas un caractère exécutoire en l'absence de toute justification des publications requises et de sa transmission au contrôle de légalité ne pourra être qu'écarté.
S'agissant de la procédure qui s'en est suivie :
Quant à la consultation des personnes publiques associées :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme applicable au litige, anciennement codifié à article L. 123-6 de ce même code : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L. 153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et de concertation, conformément à l'article L. 103-3. La délibération prise en application de l'alinéa précédent est notifiée aux personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la délibération du 9 décembre 2015 portant prescription de la révision générale du plan local d'urbanisme a été adressée à l'ensemble des personnes publiques associées par un courrier du 14 février 2017 reçu, selon les cas, le 15 ou 16 février. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, qui manque en fait, ne pourra qu'être écarté.
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : / 1° Aux personnes publiques associées à son élaboration mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 ; / 2° A la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers prévue à l'article L. 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime lorsque le projet de plan local d'urbanisme couvre une commune ou un établissement public de coopération intercommunale situés en dehors du périmètre d'un schéma de cohérence territoriale approuvé et a pour conséquence une réduction des surfaces des espaces naturels, agricoles et forestiers ; / 3° Au comité régional de l'habitat et de l'hébergement prévu à l'article L. 364-1 du code de la construction et de l'habitation lorsque le projet de plan local d'urbanisme tient lieu de programme local de l'habitat ; / 4° A la formation spécialisée de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites, lorsque le projet de plan local d'urbanisme prévoit la réalisation d'une ou plusieurs unités touristiques nouvelles locales dans les conditions prévues au II de l'article L. 151-7 du présent code. L'avis porte uniquement sur les unités touristiques locales. ".
7. Il résulte de la délibération du 25 février 2020 portant approbation de la révision du plan local d'urbanisme de la commune de Vitry-sur-Seine qu'elle précise le sens des avis des personnes publiques associées. Dans son rapport, le commissaire enquêteur vise également ces avis. Dans ces conditions, alors que la société requérante n'établit pas, ni même n'allègue du caractère erroné de ces mentions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-6 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
Quant aux modalités de la concertation :
8. Aux termes de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : 1° L'élaboration ou la révision du schéma de cohérence territoriale ou du plan local d'urbanisme ; () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que par la délibération du 9 décembre 2015, le conseil municipal de Vitry-sur-Seine a fixé les modalités de la concertation en prévoyant, d'une part, une information régulière sur le site internet de la ville, dans un journal mensuel de la ville et par une exposition publique et, d'autre part, des supports d'expression destinés à recueillir les observations du public constitués d'une adresse courriel, de deux registres, l'un permanent, l'autre ouvert lors des temps d'exposition et, enfin, des moments d'échanges et de participation lors de réunions publiques ou de réunions de quartiers qui feront l'objet d'une publicité préalable. Le conseil territorial de l'EPT Grand Orly Seine-Bièvre a tiré, le 28 mai 2019, le bilan de cette concertation. Il résulte du document produit que cette concertation a bien été menée à travers le site internet, le journal mensuel municipal, une adresse courriel et le registre permanent. Deux expositions publiques ont été organisées, accompagnées de registres du 2 mai au 13 juillet 2018 pour la première et du 13 février au 16 mars 2019 pour la seconde, qui ont respectivement donné lieu à 253 et 146 visites. Des moments d'échanges et de participation du public (un conseil de quartier, quatre balades urbaines, quatre réunions de quartier) ont été constitués ainsi qu'une réunion publique à l'hôtel de ville. Les modalités de la concertation préalablement fixées par la commune de Vitry-sur-Seine ayant été respectées, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme ne peut être qu'écarté.
Quant au débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables :
10. Aux termes de l'article L. 153-12 du code de l'urbanisme : " Un débat a lieu au sein de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale et des conseils municipaux ou du conseil municipal sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables mentionné à l'article L. 151-5, au plus tard deux mois avant l'examen du projet de plan local d'urbanisme. Lorsque le plan local d'urbanisme est élaboré par un établissement public de coopération intercommunale, le débat prévu au premier alinéa du présent article au sein des conseils municipaux des communes membres est réputé tenu s'il n'a pas eu lieu au plus tard deux mois avant l'examen du projet de plan local d'urbanisme. ".
11. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la délibération du 10 avril 2018 du conseil territorial de l'établissement public territorial Grand-Orly Seine-Bièvre et du compte-rendu de cette séance, qu'un débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables de la révision générale du plan local d'urbanisme de Vitry-sur-Seine s'est tenu au sein de cette assemblée. Cette séance faisait suite à la séance du conseil municipal de Vitry-sur-Seine du 21 mars 2018 au cours de laquelle les élus ont été invités à débattre sur cette question et à émettre un avis. Ces débats ont été organisés deux mois au moins avant l'examen du projet de plan local d'urbanisme qui a été effectué le 28 mai 2019. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-12 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la délibération du conseil territorial de l'EPT Grand Orly Seine-Bièvre du 15 décembre 2020 :
S'agissant de la compétence de l'EPT Grand Orly Seine-Bièvre pour reprendre la procédure initiée par la commune de Vitry-sur-Seine :
12. Aux termes de l'article L. 134-9 du code de l'urbanisme : " Le conseil de territoire peut décider, après accord de la commune concernée, d'achever toute procédure d'élaboration ou d'évolution d'un plan local d'urbanisme ou d'un document en tenant lieu engagée avant la date de sa création et encore en cours à cette même date. ".
13. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, par une délibération du 9 décembre 2015, le conseil municipal de Vitry-sur-Seine a donné son accord afin que la procédure de révision générale du plan local d'urbanisme soit poursuivie par l'EPT Grand Orly Seine-Bièvre et, d'autre part, que par une délibération du 26 janvier 2016, le conseil territorial de cet l'établissement public territorial a accepté de poursuivre cette procédure. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la commune de Vitry-sur-Seine n'aurait pas donné son accord afin que la procédure de révision soit poursuivie par l'EPT Grand Orly Seine-Bièvre ne peut qu'être écarté.
S'agissant de la convocation des conseillers territoriaux :
14. Aux termes de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du chapitre Ier du titre II du livre Ier de la deuxième partie relatives au fonctionnement du conseil municipal sont applicables au fonctionnement de l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre. () /. Pour l'application des articles L. 2121-11 et L. 2121-12, ces établissements sont soumis aux règles applicables aux communes de 3 500 habitants et plus. ". Selon l'article L. 2121-10 de ce code : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse. ". Aux termes de l'article L. 2121-12 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. ".
15. L'EPT Grand Orly Seine-Bièvre produit l'avis de convocation du conseil territorial qui mentionne très précisément l'ordre du jour fixé pour sa séance du 15 décembre 2020. Il résulte, par ailleurs, des mentions de la délibération prise au cours de cette séance, qui font foi jusqu'à preuve contraire et qui ne sont pas utilement contestées, que cette convocation a été effectuée le 9 décembre 2020, soit six jours avant la tenue de la séance du conseil territorial. Cet ordre du jour prévoit, notamment, en son point C 64, la " réapprobation de la révision du PLU " de la commune de Vitry-sur-Seine. L'établissement public produit également la note explicative de synthèse de sept pages préparée par le bureau territorial, permettant aux membres du conseil territorial de disposer d'une information suffisante sur l'objet de cette révision et de les mettre à même de délibérer de façon éclairée et de solliciter, le cas échéant, des explications complémentaires. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
S'agissant de l'absence de consultation de la conférence intercommunale :
16. D'une part, aux termes de l'article L. 123-6 du code de l'urbanisme alors en vigueur à la date à laquelle le conseil municipal de Vitry-sur-Seine a prescrit la révision générale de son plan local d'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme est élaboré à l'initiative et sous la responsabilité de l'établissement public de coopération intercommunale lorsqu'il est doté de la compétence en matière de plan local d'urbanisme, en collaboration avec les communes membres. L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale arrête les modalités de cette collaboration après avoir réuni une conférence intercommunale rassemblant, à l'initiative de son président, l'ensemble des maires des communes membres./ () Dans les autres cas, le plan local d'urbanisme est élaboré à l'initiative et sous la responsabilité de la commune, le cas échéant en collaboration avec l'établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dont elle est membre. () ". Aux termes du II de l'article L. 123-1 de ce même code alors en vigueur : " II. - Lorsqu'il est élaboré par un établissement public de coopération intercommunale compétent, le plan local d'urbanisme couvre l'intégralité de son territoire. L'établissement public de coopération intercommunale compétent engage une procédure d'élaboration ou de révision d'un plan local d'urbanisme couvrant l'intégralité de son territoire lorsqu'il le décide et, au plus tard, lorsqu'il révise un des plans locaux d'urbanisme applicables dans son périmètre. () ".
17. D'autre part, aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / 1° L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à la majorité des suffrages exprimés après que les avis qui ont été joints au dossier, les observations du public et le rapport du commissaire ou de la commission d'enquête aient été présentés lors d'une conférence intercommunale rassemblant les maires des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale ; / 2° Le conseil municipal dans le cas prévu au 2° de l'article L. 153-8. ".
18. Ainsi qu'il a été dit précédemment, le conseil municipal de Vitry-sur-Seine a prescrit, par une délibération du 9 février 2015, la révision générale de son plan local d'urbanisme. L'EPT Grand Orly Seine-Bièvre étant devenu compétent pour l'élaboration des plans locaux d'urbanisme à compter du 1er janvier 2016, cet établissement a seulement accepté, par une délibération du 26 janvier 2016, de poursuivre les procédures relatives aux plans locaux d'urbanisme initiées par les communes membres dont celle de la commune de Vitry-sur-Seine. Dans ces conditions, alors que l'initiative de la révision du plan local d'urbanisme a été prise, non pas par l'EPT Grand Orly Seine-Bièvre mais par la commune de Vitry-sur-Seine et que la révision du plan local d'urbanisme ne couvre que le territoire de cette commune, les dispositions précitées du 1° de l'article L. 153-1 du code de l'urbanisme ne sont pas applicables en l'espèce. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en l'absence de consultation de la conférence intercommunale ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la compatibilité du plan local d'urbanisme révisé avec le schéma directeur de la région Ile-de-France :
19. Aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter. ". Aux termes de l'article L.123-1 du même code alors en vigueur : " Le schéma directeur de la région d'Ile-de-France a pour objectif de maîtriser la croissance urbaine et démographique et l'utilisation de l'espace tout en garantissant le rayonnement international de cette région. Il précise les moyens à mettre en œuvre pour corriger les disparités spatiales, sociales et économiques de la région, coordonner l'offre de déplacement et préserver les zones rurales et naturelles afin d'assurer les conditions d'un développement durable de la région. Il détermine notamment la destination générale de différentes parties du territoire, les moyens de protection et de mise en valeur de l'environnement, la localisation des grandes infrastructures de transport et des grands équipements. Il détermine également la localisation préférentielle des extensions urbaines, ainsi que des activités industrielles, logistiques, artisanales, agricoles, forestières et touristiques. Il fixe une trajectoire permettant d'aboutir à l'absence de toute artificialisation nette des sols ainsi que, par tranches de dix années, un objectif de réduction du rythme de l'artificialisation. ".
20. Il résulte des articles L. 123-1, L. 123-3 et L. 123-5 du code de l'urbanisme qu'au sein de la région d'Ile-de-France les schémas de cohérence territoriale (SCoT) et, en leur absence, les plans locaux d'urbanisme (PLU), les documents en tenant lieu et les cartes communales sont soumis à une obligation de comptabilité avec le schéma directeur de cette région (SDRIF). Pour apprécier cette compatibilité, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire pertinent pour prendre en compte les prescriptions du schéma directeur de la région, si le SCoT ou, en son absence, le PLU, le document en tenant lieu ou la carte communale ne contrarie pas les objectifs et les orientations d'aménagement et de développement fixés par le schéma, compte tenu du degré de précision des orientations adoptées, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque orientation ou objectif particulier. Dans sa version issue du décret n° 2013-1241 du 27 décembre 2013, le SDRIF fixe, au fascicule n° 3 relatif aux "orientations réglementaires et (à la) carte de destination générale des différentes parties du territoire", un objectif d'augmentation minimale de 10 % de la densité humaine et de la densité des espaces d'habitats à l'horizon 2030, à l'échelle communale, dans les "espaces urbanisés à optimiser" qui couvrent notamment le territoire de la commune de Vitry-sur-Seine. Il ne résulte de ces dispositions aucune obligation d'accroître les surfaces bâties de la commune mais seulement d'adopter, au travers des documents d'urbanisme locaux, des dispositions autorisant la densification, dans les proportions indiquées, à l'horizon 2030.
21. En l'espèce, le règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vitry-sur-Seine dans sa rédaction issue de la délibération attaquée prévoit, en zone UC, correspondant aux quartiers résidentiels à dominante pavillonnaire, que les constructions doivent s'implanter dans une bande de constructibilité de vingt mètres de profondeur comptés depuis la limite de l'emprise publique (paragraphe UC-4.1 de l'article UC-4) et avec un recul minimum de cinq mètres sauf front bâti (paragraphes UC-4.2 et UC-4.3 du même article UC-4) et que les constructions ne peuvent être implantées que sur une des limites séparatives latérales, sauf si les terrains disposent d'un linéaire de façade de moins de dix mètres (paragraphes UC-5.1 et UC-5.3 de l'article UC-5). Enfin, 50 % de la surface du terrain doit être traitée en espaces verts de pleine terre (paragraphe UC-12.1 de l'article UC-12).
22. Si le schéma directeur de la région Ile-de-France fixe un objectif d'augmentation minimale de 10 % de la densité humaine et de la densité des espaces d'habitats à l'horizon 2030, à l'échelle communale, dans les "espaces urbanisés à optimiser", cet objectif ne saurait avoir légalement pour effet d'imposer une stricte conformité des plans locaux d'urbanisme à celui-ci et doit, en outre s'apprécier, au regard des dispositions applicables sur l'ensemble du territoire communal classé en "espace urbanisé à optimiser". Au surplus, ce schéma pose comme principe que " la nature sera considérée, notamment dans le tissu urbain, comme un élément incontournable du développement, et non comme une variable d'ajustement de l'extension urbaine ". Dans ces conditions, les seules limites apportées à la constructibilité en zone UC par les dispositions citées au point précédent, lesquelles ne font pas obstacle à l'émergence de constructions nouvelles, ne sont pas de nature à établir que les orientations définies par les auteurs du plan local d'urbanisme seraient, sur l'ensemble du territoire communal, regardé comme "espace urbanisé à optimiser", incompatibles avec l'objectif de densification fixé par le schéma directeur de la région Ile-de-France. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que le plan local d'urbanisme révisé de la commune de Vitry-sur-Seine serait incompatible avec ce schéma en méconnaissance de l'article L. 123-3 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la cohérence entre le projet d'aménagement et de développement durables et le règlement du plan local d'urbanisme :
23. En vertu de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : / 1° un rapport de présentation ; 2° un projet d'aménagement et de développement durables ; 3° des orientations d'aménagement et de programmation, 4° un règlement ; 5° des annexes () ". L'article L. 151-5 de ce code, dans sa rédaction alors applicable dispose que : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. / Il peut prendre en compte les spécificités des anciennes communes, notamment paysagères, architecturales, patrimoniales et environnementales, lorsqu'il existe une ou plusieurs communes nouvelles. ". Selon l'article L. 151-8 du même code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ". Selon l'article L. 151-9 de ce même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées. ".
24. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
25. La société requérante allègue que le projet d'aménagement et de développement durables vise comme objectif une répartition équilibrée de logements diversifiés et accessibles sur l'ensemble de la ville et des quartiers, notamment en cohérence avec l'identité des quartiers et leurs potentiels de densification. Si les articles UC 4, UC 5 et UC 12 du règlement du plan local d'urbanisme rappelés au point 21 ont pour effet de réduire le potentiel de densification pour la zone UC à laquelle ils s'appliquent, cette circonstance n'est pas, à elle seule, de nature à établir que le plan local d'urbanisme ainsi révisé ne serait pas cohérent avec les objectifs affichés dans le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) qui doivent s'apprécier à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme. En particulier, le PADD fixe notamment comme objectif de " respecter l'identité urbaine des quartiers par des modalités de développement plus encadrées et apaisées ", notamment en " intégrant des espaces de respirations et perspectives visuelles ", de " mettre en valeur les qualités paysagères du territoire ", ou encore de " conforter et développer la présence de la nature en ville ", notamment en intégrant " la nature comme élément à part entière des projets de construction ou d'aménagement par la réalisation d'espaces verts en pleine terre suffisamment dimensionnés " ainsi qu'en préservant " des jardins privés et des cœurs d'îlots associés aux ensembles d'habitat collectif ou à l'habitat individuel ". Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
26. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de la SCCV La Vallée de Montmorency, devenue la SCCV Vitry Réaumur, doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige
27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'EPT Grand Orly Seine-Bièvre, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société requérante demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la SCCV Vitry Réaumur une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'EPT Grand Orly Seine-Bièvre et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCCV La Vallée de Montmorency, devenue la SCCV Vitry Réaumur, est rejetée.
Article 2 : La SCCV Vitry Réaumur versera à l'établissement public territorial Grand-Orly Seine-Bièvre la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV Vitry Réaumur, à l'établissement public territorial Grand-Orly Seine-Bièvre et à la commune de Vitry-sur-Seine.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. B, président,
M. Duhamel, premier conseiller,
Mme Morisset, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.
La rapporteure,
A. MORISSETLe président,
M. B
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026