vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102466 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | GERPHAGNON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 mars 2021 et 1er septembre 2021, la société DL Investissement, représentée par Me Echegu-Sanchez, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 novembre 2020 par lequel le maire d'Isles-les-Villenoy a refusé de délivrer le permis de construire sollicité par M. A et Mme B à fin de construire une maison individuelle d'habitation sur un terrain situé 11 rue de l'Olivette ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Isles-les-Villenoy une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle dispose d'un intérêt lui donnant qualité pour agir dès lors qu'elle a conclu une promesse de vente avec M. A et Mme B et qu'elle reste propriétaire du terrain faisant l'objet de la demande de permis de construire ;
- l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de procédure contradictoire préalable ;
- il est illégal dès lors que le certificat d'urbanisme du 13 janvier 2020 n'émet aucune restriction concernant le raccordement au réseau collectif, que la décision de non-opposition à déclaration préalable du 20 avril 2020 n'appelle pas d'observations particulières et que l'arrêté préfectoral du 29 mai 2019 ne mentionne aucune interdiction de raccordement, ni aucune surcharge hydraulique ;
- le projet respecte les dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la construction se trouve à plus de 8 mètres de la limite séparative sud.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 avril 2021 et 14 septembre 2021, la commune d'Isles-les-Villenoy, représentée par Me Gerphagnon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société requérante ne dispose pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir dès lors qu'elle n'est pas pétitionnaire et qu'elle ne justifie pas de son droit sur le terrain d'assiette du projet ;
- les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration sont inapplicables ;
- la société exploitant le réseau d'assainissement a émis un avis défavorable au projet en raison d'un problème de surcharge hydraulique à la station d'épuration d'Esbly ;
- le retrait de la construction par rapport à la limite séparative sud correspondant au lot B n'est que de 5,06 mètres en présence de baies en méconnaissance des dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme.
La requête a été communiquée à M. D A et Mme C B qui n'ont pas produit d'observations.
Par une lettre du 7 décembre 2021, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 15 janvier 2022 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 4 mars 2022.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, par courrier du 29 mars 2023, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tenant à l'irrecevabilité du moyen nouveau tiré de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article UB.7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Isles-les-Villenoy, soulevé par la société requérante dans son mémoire complémentaire du 1er septembre 2021, en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jeannot,
- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société DL Investissement est propriétaire d'un terrain situé 11 rue de l'Olivette à Isles-les-Villenoy. Par un arrêté du 19 novembre 2020, le maire d'Isles-les-Villenoy a refusé de délivrer à M. A et Mme B un permis de construire à fin de réaliser une maison individuelle sur ce terrain. Par le présent recours, la société DL Investissement demande l'annulation de l'arrêté du 19 novembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
3. La société requérante soutient que l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de procédure contradictoire préalable. Toutefois, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration que le maire d'Isles-les-Villenoy n'était pas tenu de recueillir les observations des pétitionnaires avant l'édiction de l'arrêté attaqué pris en réponse à une demande de permis de construire formulée par les intéressés. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. / Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. / Lorsque le projet est soumis à avis ou accord d'un service de l'État, les certificats d'urbanisme le mentionnent expressément. Il en est de même lorsqu'un sursis à statuer serait opposable à une déclaration préalable ou à une demande de permis. Le certificat d'urbanisme précise alors expressément laquelle ou lesquelles des circonstances prévues aux deuxième à sixième alinéas de l'article L. 424-1 permettraient d'opposer le sursis à statuer. / Le certificat d'urbanisme est délivré dans les formes, conditions et délais déterminés par décret en Conseil d'État par l'autorité compétente mentionnée au a et au b de l'article L. 422-1 du présent code ".
5. Les dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme n'ont pour objet, lorsqu'une demande d'autorisation a été déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance du certificat d'urbanisme, que de permettre à son titulaire de pouvoir bénéficier de l'application des dispositions d'urbanisme, du régime des taxes et participations d'urbanisme et des limitations administratives au droit de propriété existant à la date dudit certificat. Elles n'ont, en revanche, ni pour objet, ni pour effet de garantir à son titulaire, avant l'expiration de ce délai, la délivrance d'un permis de construire dès lors qu'il revient à l'autorité administrative, de nouveau saisie, d'instruire la demande en appréciant si le projet qui lui est présenté est de nature à respecter la législation et la réglementation de l'urbanisme.
6. La société requérante soutient que l'arrêté contesté est illégal dès lors que le certificat d'urbanisme du 13 janvier 2020 n'émet aucune restriction concernant le raccordement au réseau collectif, que la décision de non-opposition à déclaration préalable du 20 avril 2020 n'appelle pas d'observations particulières et que l'arrêté préfectoral du 29 mai 2019 ne mentionne aucune interdiction de raccordement, ni aucune surcharge hydraulique. Toutefois, la circonstance qu'un certificat d'urbanisme d'informations, qui ne se réfère pas à une opération de construction déterminée et ne fait naître aucun droit à la construction de cette surface, ait été délivré le 13 janvier 2020, puis qu'une décision de non-opposition à déclaration préalable en vue d'une division du terrain ait été délivrée le 20 avril 2020, pour le même terrain, ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce que le maire refuse ultérieurement le permis de construire demandé en opposant des motifs tirés de contraintes liées au réseau d'assainissement collectif et de la méconnaissance des règles de retrait par le projet de construction litigieux. En outre, il est constant que le maire a été rendu destinataire d'un arrêté du 29 mai 2019 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a constaté que le système d'assainissement des communes d'Esbly et d'Isles-les-Villenoy n'était pas conforme à la directive des eaux résiduaires urbaines, ni à l'arrêté préfectoral du 14 novembre 2005 s'agissant des surcharges hydrauliques et polluantes, que cette non-conformité était récurrente et que la collectivité chargée du système d'assainissement devait réaliser les travaux nécessaires à la mise en conformité du système d'assainissement dans les meilleurs délais et selon un échéancier précis qui n'était pas achevé à la date de délivrance de l'arrêté contesté. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier que la société exploitant le réseau d'assainissement a émis un avis défavorable au projet le 6 novembre 2020 en raison d'un problème de surcharge hydraulique à la station d'épuration d'Esbly. Enfin, d'une part, le formulaire de certificat d'urbanisme d'information déposé le 14 septembre 2020 précise que toute nouvelle demande de raccordement au réseau d'assainissement sera refusée et, d'autre part, le certificat communal du 17 septembre 2020 mentionne qu'à ce jour, le réseau public d'assainissement est non desservi pour tout nouveau branchement. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article UB.7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " Pour les constructions nouvelles, à l'exception des annexes isolées, la marge de reculement définie ci-dessous doit être respectée : / par rapport à l'une au moins des limites séparatives latérales ; / et par rapport à toutes les limites séparatives de fonds de propriété. / En cas de retrait, la marge de reculement est ainsi définie : / La distance par rapport aux limites séparatives, comptée horizontalement de tout point de la construction au point le plus bas et le plus proche de la limite séparative, doit être au moins égale à 8 mètres ; cette distance peut être réduite à 2,50 mètres en cas de murs aveugles. () ".
8. Ainsi que le fait valoir la commune en défense, il ressort des pièces du dossier que la construction est implantée à 5,06 mètres de la limite séparative sud du terrain en méconnaissance des dispositions précitées de l'article UB.7 du règlement du plan local d'urbanisme qui impose une distance de retrait de 8 mètres. Dans ces conditions, alors que la seule circonstance que la simulation d'implantation présentée dans le dossier de demande préalable à fin de division du terrain litigieux n'ait pas fait l'objet d'observations de la part de la commune est sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article UB.7 du règlement du plan local d'urbanisme est illégal. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de la société requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Isles-les-Villenoy, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société requérante demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société requérante la somme de 1 500 euros à verser à la commune d'Isles-les-Villenoy au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société DL Investissement est rejetée.
Article 2 : La société DL Investissement versera à la commune d'Isles-les-Villenoy une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société DL Investissement, à la commune d'Isles-les-Villenoy et à M. D A et Mme C B.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
La rapporteure,
F. JEANNOTLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026