lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102468 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2101902 du 17 mars 2021, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Melun la requête présentée par Mme A C, enregistrée le 5 février 2021.
Par cette requête enregistrée sous le n° 2102468, Mme A C, représentée par Me Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 25 novembre 2020 par laquelle le Centre national des œuvres universitaires et scolaires (CNOUS) a décidé, qu'à compter du 1er janvier 2018, le montant indemnitaire annuel de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) s'élèverait à la somme de 6 000 euros par an et non de 13 417,08 euros ;
2°) d'enjoindre au CNOUS, à titre principal, de lui attribuer la somme de 13 417,08 euros au titre de l'IFSE pour l'année 2018, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du CNOUS la somme de 2 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision, qui s'apparente à une sanction administrative déguisée, a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- elle méconnaît les dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 et de la circulaire n° 2017-0170 du 15 septembre 2017 dès lors, d'une part, que le montant de son IFSE aurait dû être maintenu au niveau perçu avant le déploiement du RIFSEEP, lorsqu'elle occupait l'emploi de directrice de l'OVE ; et d'autre part, que le montant de son IFSE est inférieur au socle ministériel pour les ingénieurs de recherche du groupe 2 ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 avril 2021, la présidente du CNOUS conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat ;
- l'arrêté n° RDFF1634971A du 24 mars 2017 pris pour l'application à certains corps d'ingénieurs de recherche des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat ;
- la circulaire n° 2017-0170 du 15 septembre 2017 du ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation relative à la mise en œuvre du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions et de l'engagement professionnel au bénéfice des corps de la filière recherche et formation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Seignat ;
- les conclusions de Mme Deleplancque, rapporteure publique ;
- et les observations de M. B, représentant le centre national des œuvres universitaires et scolaires.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ingénieure de recherche de deuxième classe au centre national des œuvres universitaires et scolaires (CNOUS), exerçait les fonctions de responsable de l'observatoire de la vie étudiante jusqu'en septembre 2016, puis a été affectée auprès du président du CNOUS, et enfin placée en congé longue maladie du 6 janvier 2017 au 5 janvier 2018. A compter du 6 janvier 2018, l'intéressée était affectée sur un poste de responsable études et prospective de la centrale d'achat du CNOUS. Par un jugement du 3 novembre 2020, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise annulait la décision du 5 mars 2018 de la présidente du CNOUS limitant à 6 000 euros son IFSE pour l'année 2018, au motif de l'incompétence de son signataire, et enjoignait à l'administration de réexaminer sa situation. Par décision du 25 novembre 2020, la présidente du CNOUS limitait le montant de l'IFSE à 6 000 euros pour l'année 2018. Mme C demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 2 du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. / Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : / 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; / 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; / 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel. / Le nombre de groupes de fonctions est fixé pour chaque corps ou statut d'emploi par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé. / Ce même arrêté fixe les montants minimaux par grade et statut d'emplois, les montants maximaux afférents à chaque groupe de fonctions (). ".
3. L'arrêté du 24 mars 2017 pris pour l'application à certains corps d'ingénieurs de recherche des dispositions du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat fixe les montants minimaux annuels de l'IFSE pour les ingénieurs de recherche de deuxième classe à 3 000 euros. Par une circulaire du 15 septembre 2017, le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation fixe le socle ministériel de gestion de l'IFSE, pour les ingénieurs de recherche classés en groupe 2, à 7 200 euros annuels.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme C était affectée, de janvier à septembre 2018, sur un poste de responsable études et prospective de la centrale d'achat du CNOUS. Il est constant que cet emploi était classé, par la cartographie du CNOUS, dans le groupe 2.
5. Mme C soutient que la décision du 25 novembre 2020 fixant le montant de son IFSE à 6 000 euros annuels pour 2018, méconnaît les dispositions du décret du 20 mai 2014 et de la circulaire du 15 septembre 2017 précités, dès lors que ce montant est inférieur au seuil ministériel de 7 200 euros annuels. Dès lors qu'il appartient au ministre de fixer, notamment par circulaire, les modalités d'application du décret instituant une IFSE, en particulier d'établir des montants minimaux par groupe de fonctions, le président du CNOUS, s'il peut moduler le montant de l'IFSE au sein d'un même groupe de fonctions, doit toutefois respecter les montants planchers et plafonds de l'IFSE, définis au niveau ministériel. Par suite, en limitant l'IFSE de Mme C à 6 000 euros annuels à compter du 1er janvier 2018, la présidente du CNOUS a méconnu les dispositions de la circulaire du 15 septembre 2017 fixant un montant minimum d'IFSE pour les ingénieurs de recherche classés en groupe 2. Pour ce motif, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, Mme C est fondée à obtenir l'annulation de la décision en litige en tant qu'elle a limité à 6 000 euros son IFSE pour l'année 2018 et refusé d'en porter le montant à 7 200 euros.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'exécution du présent jugement implique seulement que la demande de rehaussement du montant de l'IFSE de Mme C, sur la période 1er janvier au 1er septembre 2018, soit réexaminée, comme il a été dit au point 5. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la présidente du CNOUS de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte de 200 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Sur les frais de l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CNOUS la somme de 1 500 euros à verser à Mme C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision du 25 novembre 2020 de la présidente du centre national des œuvres universitaires et scolaires (CNOUS) est annulée en tant qu'elle a limité à 6 000 euros l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise de Mme C pour l'année 2018 et refusé d'en porter le montant à 7 200 euros.
Article 2 : Il est enjoint à la présidente du CNOUS de réexaminer la situation de Mme C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
Article 3 : Le CNOUS versera à Mme C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la présidente du centre national des œuvres universitaires et scolaires.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Iffli, conseillère,
Mme Seignat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
La rapporteure,
D. SEIGNAT
Le président,
S. DEWAILLYLa greffière,
L. SUEUR
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026