vendredi 20 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102559 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FAUVEAU IVANOVIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mars 2021, M. B A, représenté par Me Fauveau Ivanovic, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 3 février 2021 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a suspendu ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser rétroactivement les allocations pour demandeur d'asile à compter du 3 février 2021 dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation personnelle ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée dès lors qu'il n'a jamais reçu de courrier en date du 1er février 2021 et que la décision ne précise pas quand une proposition d'orientation vers une résidence de région a été faite, ni quand le requérant l'aurait refusée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été informé de ses droits et ses obligations, notamment des conditions de refus, de retrait ou de suspension des conditions matérielles d'accueil, par écrit et dans une langue qu'il comprend, conformément à l'article 5 de la directive n° 2013/33/UE précitée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation et d'un vice de procédure dès lors que, d'une part, l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a nullement évalué sa vulnérabilité et, d'autre part, qu'il a pris sa décision sans attendre l'expiration du délai de 15 jours imparti à l'intéressé pour faire ses observations sans que ce dernier ait eu l'occasion de faire valoir qu'il disposait d'un logement en région parisienne et qu'il suivait une formation qui aurait été interrompue s'il était orienté vers une autre région ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à la réalité des faits dès lors que le requérant a indiqué à l'Office français de l'immigration et de l'intégration qu'il disposait d'un logement en France et que son transfert vers une autre région aurait de graves conséquences sur son avenir en raison de l'interruption de la formation qu'il provoquerait.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 décembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan né le 1er juin 1999 à Nangarhar, a déposé une demande d'asile le 11 janvier 2019. Il a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 13 janvier 2019. Par courrier du 27 janvier 2021, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a informé l'intéressé de son intention de suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, ce qu'il a fait par une décision du 3 février 2021. Le requérant demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 21 juillet 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun a admis le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ses conclusions tendant à son admission provisoire au bénéfice de cette aide sont, par suite, dépourvues d'objet. Il n'y a plus lieu, dès lors, d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la décision du Conseil d'État n° 428530 du 31 juillet 2019. Elle est donc suffisamment motivée en droit. Elle précise, en outre, que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a suspendu les conditions matérielles d'accueil du requérant dès lors qu'il a refusé une orientation vers une région de résidence. Cette décision est donc également motivée en fait de façon suffisante. La circonstance que la décision attaquée ne précise ni la date de la proposition d'orientation, ni la date de refus du requérant est sans incidence sur la motivation de la décision contestée. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, par suite, être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été informé, dans une langue qu'il comprend, des conditions et modalités de suspension, retrait ou refus des conditions matérielles d'accueil au moment où il a accepté d'être pris en charge dans le cadre de la procédure de demande d'asile. Dans ces circonstances, il n'est pas fondé à soutenir que l'autorité administrative aurait manqué à son obligation d'information préalable.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. () ".
6. Il résulte de ces dispositions que tout demandeur d'asile doit bénéficier d'un entretien personnel, destiné à évaluer sa vulnérabilité, lors de la présentation de sa première demande d'asile. En revanche, elles n'imposent pas qu'un tel entretien soit à nouveau mené préalablement à la décision de suspension des conditions matérielles d'accueil. Par suite, et alors qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment de la copie d'écran du formulaire renseigné lors de l'entretien réalisé au cours de l'enregistrement de la demande d'asile du requérant au guichet unique, produite en défense par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que l'intéressé a bénéficié d'un tel entretien lors de l'enregistrement de sa demande d'asile, il ne peut utilement se prévaloir de l'absence d'entretien destiné à évaluer sa vulnérabilité avant que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'édicte la décision attaquée. En outre, l'Office français de l'immigration et de l'intégration produit également un extrait de l'offre de prise en charge du requérant dans laquelle ce dernier atteste avoir été évalué dans une langue qu'il comprend avec le concours d'un interprète professionnel. Enfin, les énonciations de la décision attaquée rendent compte que la vulnérabilité du requérant a été dûment prise en compte. Dans ces conditions, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a pu suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil sans entacher sa décision d'un vice de procédure. Le moyen soulevé en ce sens doit, dès lors, être écarté.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est vu notifier, le 27 janvier 2021, un courrier avec accusé de réception l'informant de l'intention de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de suspendre le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil et lui indiquant qu'il disposait d'un délai de quinze jours pour présenter d'éventuelles observations. Le requérant a émis des observations en réponse à ce courrier le 1er février 2021, préalablement à l'édiction de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du défaut de contradictoire doit être écarté.
8. En dernier lieu, si le requérant soutient qu'il a indiqué à l'Office français de l'immigration et de l'intégration qu'il disposait d'un logement en France et que son transfert vers une autre région aurait de graves conséquences sur son avenir en raison de l'interruption de la formation qu'il provoquerait, il ressort, toutefois, des pièces du dossier que le requérant a bénéficié d'un hébergement d'urgence dans l'attente d'une orientation, qu'il n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il disposait effectivement d'un hébergement et qu'il en aurait informé l'Office français de l'immigration et de l'intégration. En outre, la production d'une convention de stage pour une période de deux semaines, antérieure à la proposition d'hébergement, est sans influence sur la proposition d'hébergement et, par voie de conséquence, sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en date du 3 février 2021. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. A à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Fauveau Ivanovic et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2023.
La rapporteure,
F. CLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026