vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102603 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | PAPON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 mars 2021 et le 25 mars 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la délibération du
30 septembre 2020 par laquelle le conseil municipal de Moret-sur-Loing-et-Orvanne a approuvé le plan local d'urbanisme des communes déléguées d'Ecuelles, Episy, Montarlot et
Moret-sur-Loing.
Il soutient que :
- la requête n'est pas tardive dès lors que son recours gracieux, daté du 26 octobre 2020 a prorogé le délai de recours ;
- la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme est viciée aux motifs que, d'une part, le commissaire enquêteur n'a pas émis d'avis sur l'ensemble de ses observations lors de l'enquête publique et que, d'autre part, les modifications apportées au projet de plan local d'urbanisme après l'enquête publique sont illégales dès lors que ni le public ni le commissaire enquêteur n'ont pu se prononcer dessus, qu'elles affectent l'économie d'une exploitation agricole et que, lors du conseil municipal, une conseillère municipale a nié l'existence de modifications après enquête publique ;
- les espaces verts protégés, d'une surface de 6 hectares qui n'apparaissaient pas dans les documents soumis à enquête publique sont entachés d'une erreur matérielle et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le classement en espace vert protégé des parcelles AL 135 à AL 161 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que ces parcelles sont déjà protégées au titre de la loi du 2 mai 1930 et par le plan de prévention du risque d'inondation et que cela compromet l'exploitation agricole ; ce classement a été retiré pour la parcelle AL 163 qui présente des caractéristiques comparables ;
- le classement de parcelles en secteurs Nzh et Azh, notamment la Talmouse, les berges de l'étang des Masses-Parault et des étangs mitoyens est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que ces parcelles ne présentent pas les caractéristiques de zones humides au sens du code de l'environnement ; à cet égard, la seule circonstance qu'elles soient référencée comme zone humide dans une carte établie par la DRIEE sans procédure contradictoire n'est pas suffisant ; à supposer même que ces zones humides soient avérées, le règlement du plan local d'urbanisme ne peut sans erreur de droit surimposer des prescriptions supplémentaires à celle qui s'imposent par le code forestier ou le code de l'environnement ou par la loi sur l'eau ; le zonage " zh " est également entaché par une collusion d'intérêts, le directeur de Seine-et-Marne Environnement, qui est intervenue au cours de la procédure, est également le directeur des patrimoines de l'association " Pro Natura Ile de France ", association qui a intérêt à ce qu'un grand nombre de parcelles soient classées en zone humide ;
- la règle interdisant la plantation d'essences " non locales " est trop floue ;
- la règle relative aux travaux portant sur les constructions existantes non conformes aux nouvelles règles du plan local d'urbanisme n'est pas pragmatique et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les règles relatives à la démolition des bâtiments intéressants ont été prises en application d'une législation peu pragmatique, l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme ; elles font peser sur les propriétaires de ces bâtiments des charges exorbitantes, par rapport à la loi sur les bâtiments historiques ;
- le plan ne permet pas de lire et contrôler le périmètre des sites classés au titre de la loi du 2 mai 1930.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2022, la commune de
Moret-sur-Loing-et-Orvanne, représentée par Me Papon conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par lettre du 1er mars 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance de clôture à compter du 30 mars 2022.
L'instruction a été close par l'envoi de l'avis d'audience le 16 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Toutias rapporteur public,
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 14 avril 2016, la commune de Moret-Loing-et-Orvanne a prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme. L'enquête publique s'est déroulée du
5 octobre 2019 au 8 novembre 2019. Le commissaire enquêteur a remis son rapport le
5 décembre 2019. Par une délibération du 30 septembre 2020, le conseil municipal de
Moret-Loing-et-Orvanne a approuvé le plan local d'urbanisme des communes déléguées d'Ecuelles, Episy, Montarlot et Moret-sur-Loing. M. B a présenté un recours gracieux, daté du 27 novembre 2020 contre cette délibération. Il demande l'annulation de la délibération datée du 30 septembre 2020.
Sur la fin de non-recevoir :
2. La commune soutient que la requête est tardive. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que le requérant a formé un recours gracieux le 30 novembre 2020, soit moins de deux mois après l'approbation de la délibération attaquée et que la requête a été enregistrée
le 23 mars 2021, moins de deux mois après l'intervention du rejet implicite du recours gracieux. Par suite, et alors que la commune ne justifie pas avoir accompli les modalités de publicité prévues par l'article R. 153-21 du code de l'urbanisme, la fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 153-19 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire ". Aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. () Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage. Le rapport et les conclusions motivées sont rendus publics par voie dématérialisée sur le site internet de l'enquête publique et sur le lieu où ils peuvent être consultés sur support papier. () ". Aux termes de l'article R. 123-19 du même code : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions et contre-propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans un document séparé, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet ". Il résulte de ces dispositions, que, si celles-ci n'imposent pas au commissaire enquêteur de répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête publique, elles l'obligent à indiquer, en livrant ses conclusions, les raisons qui déterminent le sens de cet avis.
4. Si le requérant fait grief au commissaire enquêteur de " ne pas donne[r] son avis sur [ses] remarques à l'enquête publique et [de] se contente[r] d'interroger le maître d'œuvre du plan local d'urbanisme ", le commissaire enquêteur n'est, toutefois, pas tenu de répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête, notamment celles portant sur des imprécisions du règlement relevées par le requérant. En outre, il ressort des pièces du dossier que le commissaire enquêteur, qui a recensé et analysé en les regroupant par thèmes toutes les observations présentées, a donné son avis, notamment sur celles concernant le périmètre des zones humides. Par ailleurs, le requérant ne conteste pas que le commissaire enquêteur a bien émis un avis général sur le projet et que celui-ci est motivé dans ses grandes lignes. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / 1° L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à la majorité des suffrages exprimés après que les avis qui ont été joints au dossier, les observations du public et le rapport du commissaire ou de la commission d'enquête aient été présentés lors d'une conférence intercommunale rassemblant les maires des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale ; / 2° Le conseil municipal dans le cas prévu au 2° de l'article L. 153-8 ".
6. Il résulte de ces dispositions que le projet de plan ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations du commissaire enquêteur, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.
7. Le requérant se borne à soutenir que les modifications apportées au projet postérieurement à l'enquête publique sont illégales dès lors que ni le commissaire enquêteur, ni le public n'ont pu les examiner, qu'elles modifient les conditions d'exploitation de ses parcelles, et qu'une conseillère municipale a affirmé qu'aucune modification n'avait été apportée au projet après l'enquête publique. Toutefois, la commune justifie en défense que les modifications litigieuses répondent à des observations émises au cours de l'enquête par des personnes publiques associées. Si le requérant se prévaut des effets de ces modifications sur son exploitation, il ne démontre ni même ne soutient pas qu'elles remettent en cause l'économie générale du projet. En outre, la délibération attaquée, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, indique bien que le projet a été modifié pour tenir compte des observations du public lors de l'enquête et des avis des personnes publiques associées. Ainsi, il ne ressort donc pas des pièces du dossier que les modifications litigieuses n'étaient pas au nombre de celles que la commune pouvait apporter au projet postérieurement à la clôture de l'enquête sans avoir à les soumettre à une nouvelle enquête. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 113-29 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer en espaces de continuités écologiques des éléments des trames verte et bleue, définies aux II et III de l'article L. 371-1 du code de l'environnement, qui sont nécessaires à la préservation ou à la remise en bon état des continuités écologiques ". Aux termes de l'article L. 151-23 du même code : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article
L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. ".
9. D'une part, le requérant soutient que l'espace vert protégé de 6 hectares qui a été identifié dans une des boucles du Loing après l'enquête publique dans le plan de zonage est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que ce secteur est exploité sous la forme d'une peupleraie et a vocation à devenir une exploitation nucicole. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que le reconnait la commune elle-même, que ce classement ne répond à aucun parti pris d'urbanisme mais résulte d'une erreur matérielle, qui a été corrigée en cours d'instance par une modification simplifiée approuvée par le conseil municipal, le 29 juin 2021. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que ce classement est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. D'autre part, le requérant soutient que le classement en espace vert protégé des parcelles AL 135 à AL 161 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que ces parcelles sont déjà protégées au titre de la loi du 2 mai 1930 et par le plan de prévention du risque d'inondation et que cela compromet l'exploitation agricole et que ce classement a été retiré pour la parcelle AL 163 qui présente des caractéristiques comparables. Il est constant que le projet d'aménagement et de développement durables prévoit notamment de préserver les espaces naturels et de valoriser le patrimoine paysager. En outre, il ressort des pièces du dossier que les parcelles du requérant constituant le lieu-dit " L'entrée " cadastrées n° AL 135 à AL 161 sont toutes non construites, supportent des boisements épars, sont incluses dans un très vaste compartiment naturel de la commune, bordé par le Loing et sont en lien avec d'autres espaces classés en espaces verts protégés. Au surplus, les parcelles en cause étaient classées en espace boisé classé par le précédent plan d'occupation des sols. Enfin, la circonstance que la parcelle AL 163, qui a été déclassée, présenterait des caractéristiques identiques, est sans incidence sur la légalité du classement des parcelles en cause. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du classement de cette zone en espace vert protégé doit être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation () ". Aux termes de l'article R. 151-34 du même code : " Dans les zones U, AU, A et N les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu : / 1° Les secteurs où les nécessités () de la préservation des ressources naturelles () justifient que soient soumises à des conditions spéciales les constructions et installations de toute nature, permanentes ou non, les plantations, dépôts, affouillements, forages et exhaussements des sols ; () ".
12. Le requérant conteste le classement en sous-secteurs Azh et Nzh, c'est-à-dire en zones humides, de ses parcelles classées en zones agricoles et naturelles. Il soutient d'abord que le règlement du plan local d'urbanisme ne peut sans erreur de droit surimposer des prescriptions supplémentaires à celles qu'imposent le code forestier, le code de l'environnement ou la loi sur l'eau. Toutefois, contrairement à ce que soutient le requérant, les auteurs de plan local d'urbanisme sont habilités par les dispositions précitées du code de l'urbanisme à prendre des mesures de protection propre, notamment, pour des motifs écologiques, indépendamment de toute autre protection dont bénéficieraient ces milieux en application d'autres législations. De même, la circonstance que certaines des parcelles concernées ne présenteraient pas les caractéristiques de zones humides au sens du code de l'environnement est sans incidence, dès lors que leur intérêt écologique est établi, notamment pour les continuités biologiques et pour la mise en valeur des deux cours d'eau emblématiques de la commune, le Loing et le Lunain, ainsi que le montre leur référencement en zone humides de classe 1 à 3 dans la carte de la direction régionale et interdépartementale de l'Environnement et de l'Energie (DRIEE). Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
13. Enfin, il résulte de ce qui précède que le zonage " zh " répond à des préoccupations d'urbanisme clairement identifiées et justifiées. Le requérant se bornant à faire état de ce que le directeur de Seine-et-Marne Environnement, qui est intervenue au cours de la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme, est également le directeur des patrimoines de l'association " Pro Natura Ile de France ", association qui a intérêt, d'après le requérant, à ce qu'un grand nombre de parcelles soient classées en zone humide, le moyen tiré d'un conflit d'intérêt relatif à la délimitation du zonage " zh " doit être écarté.
14. En cinquième lieu, si le requérant soutient que la règle interdisant la plantation d'essences " non locales " est trop floue et qu'elle compromet l'exploitation de ses parcelles agricoles, il ressort des pièces du dossier que la règle en cause, énoncée à l'article 2.3. du règlement général, concerne le " traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions ". Ainsi, elle ne saurait avoir pour objet ou pour effet de réglementer les cultures des exploitations agricoles. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
15. En sixième lieu, si le requérant soutient que la règle concernant les constructions existantes non conformes aux nouvelles règles du plan local d'urbanisme est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, il ressort des pièces du dossier que le règlement prévoit, conformément à la jurisprudence en la matière, que lorsqu'un immeuble bâti existant n'est pas conforme aux règles édictées par le règlement applicable à la zone, le permis de construire ne peut être accordé que pour des travaux qui ont pour objet d'améliorer la conformité de cet immeuble avec lesdites règles ou qui sont sans effet à leur égard. Par suite, le moyen doit être écarté.
16. En septième lieu, aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres ". Aux termes de l'article R. 421-28 du même code : " Doivent en outre être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction : / () e) Identifiée comme devant être protégée en étant située à l'intérieur d'un périmètre délimité par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu en application de l'article L. 151-19 ou de l'article L. 151-23, ou, lorsqu'elle est située sur un territoire non couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu, identifiée comme présentant un intérêt patrimonial, paysager ou écologique, en application de l'article L. 111-22, par une délibération du conseil municipal prise après l'accomplissement de l'enquête publique prévue à ce même article ".
17. Le requérant soutient que les règles relatives à la démolition des bâtiments intéressants ont été prises en application d'une législation peu pragmatique, l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme et qu'elles font peser sur les propriétaires de ces bâtiments des charges exorbitantes, par rapport à la loi sur les bâtiments historiques. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que les auteurs du plan local d'urbanisme ont fait usage de la faculté offerte par l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme, dont la légalité des dispositions n'est pas utilement contestée par le requérant. Par suite, le moyen doit être écarté.
18. En dernier lieu, si le requérant soutient que les documents graphiques ne permettent pas de lire et contrôler le périmètre des sites classés au titre de la loi du 2 mai 1930, il ressort des pièces du dossier que la liste des servitudes est annexée au plan local d'urbanisme et que les plans rendent compte de ces servitudes dites " AC1 " et " AC 2 ". Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
19. Il résulte de tout ce qui précède que le plan local d'urbanisme doit être annulé seulement en ce qu'il classe en espace vert protégé les 6 hectares qui ont été identifiés dans une des boucles du Loing.
Sur les frais d'instance :
20. M. B n'étant pas la partie perdante à la présente instance, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme demandée par la commune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le plan local d'urbanisme des communes déléguées d'Ecuelles, Episy, Montarlot et Moret-sur-Loing est annulé seulement en ce qu'il classe en espace vert protégé les 6 hectares appartenant à M. B situés dans une des boucles du Loing.
Article 2 : La requête est rejetée pour le surplus des conclusions.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Moret-sur-Loing-et-Orvanne présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de
Moret-sur-Loing-et-Orvanne.
Délibéré après l'audience du 8 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
M. Allègre, premier conseiller,
Mme Jeannot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
Le rapporteur,
E. ALLEGRELa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026