mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102630 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LA BURTHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 23 mars 2021, 17 juin 2022 et 9 novembre 2022, M. C, représenté par Me La Burthe, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juillet 2019 du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en ce qu'il lui a appliqué la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement d'un étranger dans son pays d'origine pour un montant de 7 914 euros.
2°) d'annuler le titre de perception émis le 26 décembre 2019 pour avoir paiement de la contribution forfaitaire résultant de la décision du 2 juillet 2019 ainsi que la décision rejetant implicitement son recours gracieux.
Il soutient que :
- la décision du directeur de l'OFII méconnaît les droits de la défense et le principe du contradictoire ;
- la procédure de l'inspection du travail, qui fonde cette décision, est irrégulière ;
- la décision est entachée d'irrégularité car elle ne précise pas les modalités de calcul des contributions sollicitées ;
- la sanction prononcée par le directeur de l'OFII est disproportionnée ;
- le titre de perception ne comporte pas l'indication des éléments essentiels de sa liquidation, son montant et sa nature.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 décembre 2021 et le 3 octobre 2022, le directeur de l'OFII conclut au rejet de la requête Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Sophie Delormas, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A l'occasion d'un contrôle effectué le 8 novembre 2018 sur un chantier forestier d'abattage et de bûcheronnage géré par l'entreprise individuelle de M. B, les agents de la direction régionale des entreprises de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Ile-de-France ont constaté la présence de trois ressortissants albanais, en action de travail, dépourvus de titre les autorisant à séjourner et à exercer une activité salariée en France. Un procès-verbal d'infraction a été établi et transmis à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en application de l'article L. 8271-17 du code du travail. Par une décision du 2 juillet 2019, le directeur général de l'OFII a appliqué à M. B la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du code du travail et la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 26 décembre 2019, deux titres de perception ont été émis pour avoir paiement des contributions ainsi mise à la charge de M. B. Ce dernier demande au tribunal d'annuler la décision du directeur général de l'OFII du 2 juillet 2019 en ce qu'elle lui applique la contribution forfaitaire, d'annuler le titre de perception émis le 26 décembre 2019 pour avoir paiement de la contribution forfaitaire ainsi que la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'autorité compétente sur le recours gracieux qu'il a formé à l'encontre de ce titre de perception.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du directeur général de l'OFII :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), devenu les articles L. 822-2 et L. 822-3 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine () ".
3. D'autre part, le I de l'article R. 626-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable en l'espèce, prévoit que : " Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis en application de l'article L. 8271-17 du code du travail, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indique à l'employeur, par lettre recommandée avec avis de réception ou par tout autre moyen permettant de faire la preuve de sa date de réception par le destinataire, que les dispositions de l'article L. 626-1 sont susceptibles de lui être appliquées et qu'il peut présenter ses observations dans un délai de quinze jours ". L'article 122-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que " Les mesures mentionnées à l'article L. 121-1 à caractère de sanction ne peuvent intervenir qu'après que la personne en cause a été informée des griefs formulés à son encontre et a été mise à même de demander la communication du dossier la concernant ".
4. Il résulte des dispositions citées au point 3 que la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement d'un étranger dans son pays d'origine est prononcée par une décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui, en vertu des droits de la défense, ne peut être infligée qu'à l'issue d'une procédure contradictoire lui permettant de statuer en tenant compte des observations de l'employeur intéressé. Le respect de cette procédure suppose que la personne concernée soit informée, avec une précision suffisante et dans un délai raisonnable avant le prononcé de la sanction, des griefs formulés à son encontre et puisse avoir accès aux pièces au vu desquelles les manquements ont été retenus.
5. Il résulte de l'instruction qu'une lettre, faisant mention des griefs retenus à l'encontre de M. B et de la sanction envisagée par le directeur général de l'OFII a été adressée le 18 mars 2019 à l'attention de l'intéressé au 4 rue de Paris à la Ferté Gaucher. Or M. B se prévaut d'un extrait du registre du commerce et des sociétés qui fait mention de ce que l'entreprise est domiciliée au 7 rue de Paris à la Ferté Gaucher et fait valoir qu'aucun des accusés de réception des lettres envoyées au 4 rue de Paris n'a été signé par lui. Dans ces conditions, M. B doit être regardé comme ayant été effectivement privé des garanties que constituent le caractère contradictoire de la procédure ayant précédé l'édiction de la décision attaquée et il est, par suite, fondé à soutenir que la décision de sanction en litige a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du directeur général de l'OFII du 2 juillet 2019 en ce qu'il lui a appliqué la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement d'un étranger dans son pays d'origine.
Sur les conclusions dirigées contre le titre exécutoire :
7. L'annulation de la décision du 2 juillet 2019 en tant qu'elle a appliqué à M. B la contribution forfaitaire emporte, par voie de conséquence, celle du titre de perception n° 09100 009 001 075 250510 0013323 émis le 26 décembre 2019 pour avoir paiement de la contribution forfaitaire qui se trouve privé de base légale ainsi que la décision née du silence gardé par l'administration sur son recours gracieux.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 2 juillet 2019 est annulée en tant qu'elle applique à M. B la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement d'un étranger dans son pays d'origine.
Article 2 : Le titre de perception n° 09100 009 001 075 250510 0013323 émis
le 26 décembre 2019 ainsi que la décision implicite rejetant le recours gracieux formé par M. B à l'encontre de ce titre de perception sont annulés.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie pour information en sera adressée au directeur départemental des finances publiques de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Aurore Perrin, première conseillère,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
La rapporteure,
F. Bouchet
Le président,
T. GallaudLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026