mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102904 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | MARTIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 mars 2021, 2 juin 2021, 30 novembre 2021, 10 décembre 2021 et 29 juillet 2022, le syndicat des copropriétaires de la résidence de la poste, Mme E H, M. F G et M. D B, représentés par Me Bouboutou, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 juillet 2019 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne a délivré un permis de construire un immeuble collectif de trente-neuf logements et un commerce sur un terrain situé 42 rue Jean Jaurès (Champigny-sur-Marne) ainsi que les décisions implicites de rejet de leurs recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Champigny-sur-Marne et de la SARL Promobat une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ; en particulier, elle n'est pas tardive ;
- le permis de construire en litige a été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dès lors que la notice architecturale décrit de manière insuffisante les abords du terrain et le traitement des espaces libres ;
- il a également été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que le document graphique ne fait pas apparaître les abords de la construction et que les documents photographiques ne permettent pas de situer le projet dans son environnement proche ;
- il méconnaît les dispositions de l'article II.1 applicable à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet ne s'intègre pas harmonieusement dans son environnement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article II.6 applicable à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser de ce règlement dès lors qu'aucun des éléments du dossier de permis de construire ne fait apparaître les descentes d'eaux pluviales et la pente de la rampe menant aux espaces de stationnement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article II.10 applicable à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser de ce règlement dès lors qu'aucun des éléments du dossier de permis de construire ne fait apparaître d'équipement de recharge des véhicules électriques ;
- il méconnaît les dispositions de l'article III.1 applicable à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser de ce règlement dès lors que le projet présente un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques dès lors que l'accès aux espaces de stationnement s'implante à proximité d'un arrêt de bus et qu'il ne ressort d'aucun document que des équipements auraient été prévus pour assurer l'entrée et la sortie sécurisée des véhicules ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article II.2 applicable à la zone UA de ce règlement dès lors que la façade ouest du bâtiment situé sur la bande de vingt mètres à partir de l'alignement s'implante en partie en retrait de la limite séparative latérale ;
- il méconnaît les dispositions de l'article II.4 applicable à la zone UA de ce même règlement dès lors que la façade sur rue est d'une hauteur inférieure à douze mètres ;
- il méconnaît les dispositions de l'article II.5 applicable à la zone UA de ce règlement dès lors qu'aucun des éléments du dossier de permis de construire ne permet d'apprécier le coefficient de biotope et les éléments permettant de le calculer.
Par des mémoires enregistrés les 3 mai 2021, 18 octobre 2021, 23 mai 2022 et 4 juillet 2022, la SARL Promobat, représentée par le cabinet Martin et associés, conclut au rejet de la requête, à ce que soit mise à la charge du syndicat des copropriétaires de la résidence de la poste et autres la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal mette en œuvre les dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour être tardive ;
- les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires de la résidence de la poste et autres ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 17 mai 2022, la commune de Champigny-sur-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour être tardive ;
- les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires de la résidence de la poste et autres ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Zanella rapporteur public,
- et les observations de Me Leplat, représentant les parties requérantes et de Me Rebière, représentant la SARL Promobat.
Une note en délibéré présentée par la SARL Promobat a été enregistrée le 9 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 juillet 2019, le maire de Champigny-sur-Marne a délivré à la SARL Promobat un permis de construire un immeuble collectif comptant trente-neuf logements et un commerce sur un terrain situé 42 rue Jean Jaurès à Champigny-sur-Marne. Le syndicat des copropriétaires de la résidence de la poste, Mme E H et M. F G et M. D B ont, par deux recours gracieux exercés le 26 novembre 2020 dont il a été accusé réception les 2 décembre et 3 décembre suivants, sollicité le retrait de cette décision. Leurs recours gracieux ont été implicitement rejetés les 2 et 3 février 2021. Dans la présente instance, ils demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 juillet 2019 ainsi que les décisions de rejet de leurs recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis de construire :
2. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ". Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Il ressort des pièces du dossier que la notice contenue dans la demande de permis de construire précise que la construction projetée " est bordée à l'Est par un bâtiment résidentiel en R+7, et à l'ouest par un bâtiment à R+1+comble qui est implanté en retrait de sa limite à l'espace public " et que " le pourcentage de pleine terre est respecté et la profondeur à laquelle s'implante l'infrastructure permet une épaisseur de terre compatible avec les plantations qui animeront le cœur d'îlot ". Cette demande comportait également, en pièce PC 1-2, une vue satellitaire du quartier, en pièce PC 6-1, une modélisation du bâtiment dans son environnement et, en pièce PC 7, des photographies de son environnement proche et lointain. Ces derniers documents mettent en évidence le caractère urbain du secteur dans lequel le projet doit s'insérer et les caractéristiques des constructions qui y sont implantées. En outre, la demande de permis de construire contenait, en pièce PC2-6, un plan de masse permettant d'apprécier la végétalisation des espaces libres. Dès lors, à supposer que la notice descriptive eût été insuffisante, pour l'application du 1° de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, dans sa description des abords du projet et de ses espaces libres, cette insuffisance n'a pas, en tout état de cause, été de nature à fausser, sur ces points, l'appréciation portée par le service instructeur eu égard aux informations apportées par les autres pièces contenues dans la demande de permis de construire. En outre, et pour le même motif, la seule circonstance que les documents graphiques et les documents photographiques ne feraient pas apparaître les pavillons situés dans la rue Matteoti et à l'arrière du projet, sur lesquels il ne donne pas directement, n'est pas de nature à entacher d'irrégularité la composition du dossier au regard des dispositions du c) et du d) de l'article R. 431-10 du même code. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
En ce qui concerne l'insertion du projet dans son environnement urbain :
5. Aux termes de l'article II.1 du chapitre applicable à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser du règlement du plan local d'urbanisme applicable à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser : " Le permis de construire peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions particulières si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales (cônes de vues repérés sur les documents graphiques, ainsi que dans l'Orientation d'Aménagement et de Programmation " Préserver et Développer la Trame Végétale et Paysagère "). L'architecture innovante ou contemporaine ou utilisant des technologies énergétiques innovantes (volumétrie, matériaux constructifs, percements, toitures, clôtures) est encouragée dès lors que dialogue avec les constructions existantes avoisinantes est bien étudié. () Toute nouvelle construction devra porter une attention particulière au rythme architectural et urbain (parcellaire, percements) des bâtiments existants dans le secteur. ".
6. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus de permis de construire, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
7. Il ressort des pièces du dossier que les abords de la construction projetée sont composés, du côté de la rue Jean Jaurès, de pavillons de type R+1, de petits immeubles de type R+2 et de plusieurs immeubles d'habitation collectifs de type R+7, dont l'un est mitoyen au projet, et, du côté de la rue Mateotti et à l'arrière du projet, de pavillons de type R+1. Aucun de ces immeubles ne présente de caractère architectural particulier. Si l'arrêté litigieux autorise la construction d'un bâtiment d'une hauteur de 16,4 mètres côté cour, supérieure à celle des pavillons précités, l'orientations d'aménagement et de programme " revitaliser le centre-ville, retisser une centralité " applicable à la zone UA fixe un objectif " d'intensification urbaine et d'offres supplémentaires de logements " et indique que les dispositions réglementaires de cette zone visent à en permettre la réalisation. Au regard de cet objectif de densification, l'obligation pour une construction nouvelle de tenir compte de son environnement et de s'y intégrer ne fait pas obstacle à ce qu'elle présente une différence d'échelle par rapport aux constructions pavillonnaires dès lors qu'elle respecte les prescriptions, notamment en matière de hauteur, du règlement. Dans ces conditions, le permis de construire litigieux n'est pas entaché d'une inexacte appréciation des circonstances de l'espèce au regard des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article II.1 des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicables à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser doit être écarté.
En ce qui concerne l'intégration des descentes d'eaux pluviales et la rampe du parking :
8. Aux termes de l'article II.6. du chapitre applicable à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser du règlement du plan local d'urbanisme applicable à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser : " les descentes d'eaux pluviales devront être intégrées dans la composition architecturale de la façade. () / Les rampes de parking destinées à desservir les parcs de stationnement en sous-sol doivent être intégrées à la construction et être conformes au document technique unifié (DTU) en vigueur. ". Ces normes précisent que " sur une distance de 4m en retrait de l'alignement des façades au débouché sur la voirie, la pente de la rampe ne doit pas excéder 5% ".
9. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan PC5-1, que la demande de permis de construire faisait apparaître les modalités d'accès aux espaces de stationnement. Ce plan, à l'échelle 1/200, permettait au service instructeur de contrôler le respect des prescriptions relatives à l'angle de la pente de la rampe débouchant sur la voie publique.
10. D'autre part, les requérants ne peuvent utilement soutenir que les plans joints à la demande de permis de construire ne font pas apparaître l'intégration des dispositifs d'évacuation des eaux pluviales dans la composition architecturale de la façade du projet dès lors qu'aucune disposition du code de l'urbanisme, qui fixent de manière limitative les pièces qui doivent figurer dans une demande de permis de construire, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire applicable n'exigent que ces documents soient joints à une demande de permis de construire.
11. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article II.6. précité doit être écarté dans toutes ses branches.
En ce qui concerne l'installation de points de recharges électriques :
12. Il ne ressort pas des dispositions du chapitre II des dispositions applicables à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la date de l'arrêté attaqué, lesquelles ne comportaient aucun article II.10, que les espaces de stationnement doivent être équipés d'un point de recharge pour les véhicules électriques. Par ailleurs, les dispositions du code de la construction et de l'habitation et du code de l'urbanisme constituent des législations indépendantes, répondant à des finalités distinctes. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le permis de construire en litige méconnaît les dispositions de l'article R. 111-14-2 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'elles n'ont pas été rendues opposables aux autorisations d'urbanisme par le plan local d'urbanisme de Champigny-sur-Marne.
En ce qui concerne les conditions de desserte du projet :
13. En huitième et dernier lieu, aux termes de l'article III.1. du règlement du plan local d'urbanisme applicable à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser : " Toute autorisation d'occupation du sol peut être refusée sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées permettant la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. Elle peut également être refusée ou soumise à des prescriptions particulières si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. La desserte doit être appréciée compte tenu notamment, de la disposition des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. ".
14. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse PC2-2 et du document d'insertion PC6-3, que le terrain d'assiette du projet et le parc de stationnement situé en sous-sol sont desservis par la rue Jean Jaurès, voie large à circulation à double sens et présentant une bonne visibilité. Si les requérants soutiennent que la présence de l'arrêt de bus à proximité de l'entrée du parc de stationnement, qui n'en occulte pas l'entrée, serait à lui seul de nature à créer un risque pour la sécurité des usagers de la voie publique ou les personnes utilisant cet accès, ils n'apportent au soutien de leur allégation aucun élément permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article III.1 précité doit être écarté.
En ce qui concerne l'implantation du projet par rapport aux limites séparatives :
15. Aux termes de l'article II.2. du règlement applicable à la zone UA dans sa rédaction alors applicable et contenu au chapitre II " Caractéristiques urbaine, environnementale et paysagère " : " Dans une bande de 20 mètres par rapport à l'alignement le long des " axes de préservation et de développement du commerce de détail et de la restauration " indiqués au plan de zonage, les constructions seront implantées en limite séparatives. ". Le chapitre II de ce même règlement dans sa partie relative aux dispositions applicables à l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser prévoit, par ailleurs, pour des cas limitativement énumérés qu'il énonce, que " les dispositions du présent chapitre, ainsi que celles du chapitre II de chacune des zones, peuvent être différentes dès lors qu'il s'agit de poursuivre un objectif clairement identifié visant à une meilleure insertion du projet dans son environnement, à une adaptation pour une meilleure fonctionnalité de la construction, à la prise en compte des caractéristiques du terrain d'assiette du projet ou d'une construction existante / Ces dispositions alternatives peuvent être appliquées dans les cas suivants : / - Pour des raisons d'harmonie, de transition ou d'architecture, l'implantation et le gabarit sont adaptés au contexte environnant ; / () - Pour tenir compte de l'implantation de constructions existantes ou projetées sur les terrains voisins, le choix d'implantation du projet est guidé dans la perspective de créer une séquence urbaine cohérente " () ".
16. Il résulte de ces dispositions que les constructions doivent s'implanter en limite séparative lorsqu'elles se situent dans une bande de vingt mètres par rapport à l'alignement le long des " axes de préservation et de développement du commerce de détail et de la restauration " mais qu'une dérogation peut y être apportée lorsque le projet poursuit un des objectifs identifiés par le règlement du plan local d'urbanisme. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de zonage annexé au règlement du plan local d'urbanisme que la rue Jean Jaurès est un axe de préservation et de développement du commerce de détail et de la restauration. Toutefois, il ressort de ces mêmes pièces, notamment du plan de masse PC2-2, que la construction projetée s'implante, sur une distance de 2,85 mètres, en retrait de la limite séparative latérale Ouest dans la bande de vingt mètres par rapport à l'alignement, afin de limiter tant la volumétrie perçue depuis la rue Jean-Jaurès que la perte de luminosité subie par les pavillons mitoyens. Dans ces conditions, le maire de Champigny-sur-Marne n'a pas entaché d'illégalité son arrêté au regard des dispositions précitées de l'article II.2. dès lors que le projet poursuit une solution alternative afin de prendre en compte l'implantation des constructions existantes.
En ce qui concerne la hauteur de la construction :
17. Aux termes de l'article II.4 du chapitre II du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone UA : " Hauteur des constructions - Le long des " axes de préservation et de développement du commerce de détail et de la restauration " indiqués au plan de zonage : / Dans une bande de 20 mètres de profondeur calculée par rapport à l'alignement (actuel ou futur) et/ou en superstructure d'un socle commercial, la hauteur () / ne pourra être inférieure à 16 mètres à l'égout et 17 mètres à l'acrotère, soit un rez-de-chaussée " R " de grande hauteur (4m minimum de dalle à dalle) + 3 + C/A ". Le lexique du règlement précité précise que : " La hauteur à l'acrotère de la construction est la mesure verticale, prise au nu de la façade entre le sol naturel et le niveau le plus élevé de la façade ".
18. Il ressort des pièces du dossier, notamment des plans de façades contenus dans la demande de permis de construire, que l'immeuble projeté donnant sur la rue Jean Jaurès présente une façade de type R + 6. Pour l'application des dispositions citées au point précédent, les requérants ne sauraient utilement soutenir que la hauteur de cet immeuble doit être appréciée au regard de la seule avancée en R+1 qui est située à l'alignement, dès lors qu'elle constitue un élément de cette façade, laquelle comprend plusieurs mouvements de recul, et dont la hauteur doit être calculée à son niveau le plus élevé. Il résulte de ces mêmes plans que le niveau le plus élevé se situe à une hauteur de 22,9 mètres, soit supérieure à la hauteur minimale imposée à l'article II. 4 précité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.
En ce qui concerne le traitement des espaces verts et le respect du coefficient de biotope :
19. Aux termes de l'article II. 5 du chapitre II du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone AU : " Le coefficient de biotope minimal est fixé à 0,3 / () / Le coefficient de biotope se calcule de la manière suivante : / Coefficient de biotope = surface écoaménageable / surface de la parcelle () ". Pour le calcul de ce coefficient de biotope, un coefficient multiplicateur est à chaque type de surface.
20. Il ressort du plan PC2-6 contenu dans la demande de permis de construire que tant le traitement des espaces verts, d'une surface de 313 m², soit un coefficient de biotope de 0,31 (surface semi-perméable, espaces verts sur dalles ou toit terrasses, espaces de pleine terre), que l'épaisseur de terre végétale prévue et les modalités de calcul du coefficient de biotope applicable au projet en litige sont précisées. La circonstance que la demande de permis de construire ne mentionnerait pas les essences prévues et qu'elle ne détaillerait pas les types de revêtement qui seront effectivement installés est sans incidence pour l'application des dispositions précitées dès lors que ces éléments n'interviennent pas dans les modalités de calcul du coefficient de biotope. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article II.5. du règlement du plan local d'urbanisme applicables à la zone UA doit être écarté.
21. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que la requête du syndicat des copropriétaires de la résidence de la poste et autres doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de la commune de Saint-Maur-des-Fossés et de la SARL Promobat, les sommes demandées par le syndicat des copropriétaires de la résidence de la poste et autres, qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires de la résidence de la poste et autres une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SARL Promobat, et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de la résidence de la poste et autres est rejetée.
Article 2 : Le syndicat des copropriétaires de la résidence de la poste et autres versera à la SARL Promobat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de la résidence de la poste et autres, à Mme H et M. G, à M. B, à la commune de Champigny-sur-Marne et à la SARL Promobat.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'hirondel, président,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Cabal, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.
Le rapporteur,
P.Y. A
Le président,
M. L'HIRONDEL
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026