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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2103042

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2103042

jeudi 19 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2103042
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre
Avocat requérantBOUCHET

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. - Par une requête n° 2103042, enregistrée le 2 avril 2021, M. B C, représenté par Me Bouchet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- la décision portant fixation du pays de renvoi méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2021, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

II. - Par une requête n° 2103061, enregistrée le 2 avril 2021, Mme A E épouse C, représentée par Me Bouchet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'elles emportent sur sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- la décision portant fixation du pays de renvoi méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2021, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Les rapports de Mme D ont été entendus au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes nos 2103042 et 2103061 présentées par M. C et Mme E épouse C présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. B C et Mme A E, son conjoint, ressortissants arméniens, nés respectivement les 27 mai 1980 et 5 février 1982, sont entrés sur le territoire français, selon leurs déclarations, le 11 juin 2014. Le 9 mars 2015, ils ont sollicité leur admission au séjour au titre de l'asile sur le fondement de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par deux décisions du 10 juin 2015, le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leur demande respective, confirmées par deux décisions du 6 avril 2016 de la Cour nationale du droit d'asile. Le préfet de Seine-et-Marne a pris à leur encontre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français. Les intéressés n'ont pas déféré à la mesure d'éloignement et se sont maintenus irrégulièrement sur le territoire français. Le 20 janvier 2021, ils ont sollicité de l'autorité préfectorale la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par deux arrêtés du 24 février 2021, dont ils demandent l'annulation, le préfet de Seine-et-Marne a refusé la délivrance des titres de séjour sollicités, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office lorsque le délai sera expiré.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité des décisions portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur, désormais codifié à l'article L. 435-1 du même code : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-3 ".

4. En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, telle que l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

5. En ce qui concerne le fondement " vie privée et familiale ", les époux C se prévalent de ce qu'ils sont parents de trois enfants mineurs, nés respectivement les 10 juillet 2011, 12 novembre 2016 et 6 mars 2019, et que leur fille aînée, inscrite à un club de gymnastique depuis septembre 2017, est scolarisée, tout comme son frère cadet, en France. Toutefois, cette circonstance ne saurait conférer un droit au séjour en France aux intéressés. En outre, s'ils justifient de leur présence en France pendant plus de six ans, ils n'établissent pas, ni même n'allèguent, être dépourvus d'attaches personnelles et familiales dans leur pays d'origine dans lequel ils ont vécu respectivement jusqu'à l'âge de quarante ans et trente-neuf ans. Enfin, dépourvus de titre de séjour, ils font tous l'objet d'une mesure d'éloignement, de sorte qu'aucune circonstance ne s'oppose à une reconstitution de la cellule familiale hors de France.

6. En ce qui concerne le fondement " salarié " ou " travailleur temporaire ", les pièces produites au dossier ne permettent pas d'attester d'une quelconque insertion socioprofessionnelle des requérants à la date des décisions attaquées. Dans ces conditions, en retenant que les éléments apportés par les intéressés ne pouvaient pas être pris en compte au titre de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en dépit de la considération que, compte tenu de sa situation, la famille C constitue une charge déraisonnable pour l'Etat, le préfet de Seine-et-Marne n'a commis ni d'erreur de droit en ajoutant une condition aux exigences légales prévues par cet article, ni d'erreur manifeste dans l'appréciation portée sur celle-ci eu égard aux conséquences des décisions en litige. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant refus de titre de séjour seraient illégales au regard de ces dispositions.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". L'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur, désormais codifié à l'article L. 423-23 du même code dispose : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République () ".

8. Compte tenu des éléments tenant à la situation personnelle et familiale des époux C exposés au point 5 du présent jugement, les décisions portant refus de séjour n'ont méconnu ni leur droit de mener une vie privée et familiale normale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions précitées du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés d'une telle méconnaissance et de l'erreur de droit doivent être écartés.

9. En troisième lieu, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 stipule : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

10. Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

11. Ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, dans les circonstances de l'espèce, aucune circonstance, pas même le développement éducatif de leur dernier enfant, ne s'oppose à une reconstitution de la cellule familiale hors de France. Il n'est pas davantage fait état d'obstacle à ce que les deux enfants mineurs des requérants scolarisés en France poursuivent leur scolarité en Arménie et que la fille aînée y continue son activité de gymnastique. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées doivent être écartés.

12. En quatrième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés ci-dessus, les décisions contestées ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences, portée sur la situation personnelle des requérants.

En ce qui concerne la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, les décisions portant refus de titre de séjour n'étant pas illégales, les moyens tirés, par voie d'exception, de l'illégalité de ces décisions, soulevés à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, doivent être écartés.

14. En second lieu, si M et Mme C soulèvent à l'appui de leur requête dirigée contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de la méconnaissance du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce moyen est inopérant. En tout état de cause, pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés, ces moyens ne sont pas fondés et doivent ainsi être écartés.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

15. Ainsi qu'il a été rappelé, aux termes de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". En outre, l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige, désormais codifié à l'article L. 721-4 de ce code dispose : " L'étranger qui est obligé de quitter le territoire français ou qui doit être reconduit à la frontière est éloigné : / 1° A destination du pays dont il a la nationalité () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

16. M. et Mme C soutiennent qu'ils craignent d'être exposés à des persécutions et à de mauvais traitements en cas de retour en Arménie. Toutefois, les intéressés, dont il est constant que la demande d'asile respective a été rejetée par deux décisions du 10 juin 2015 du directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmées par deux décisions du 6 avril 2016 de la Cour nationale du droit d'asile, ne produisent, à l'appui de leurs allégations, aucune pièce de nature à établir la réalité d'un risque actuel, direct, personnel et particulièrement grave s'ils devaient retourner dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, ils ne sont pas fondés à soutenir que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés et les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. C et Mme E épouse C ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 24 février 2021 par lesquels le préfet de Seine-et-Marne a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office lorsque le délai sera expiré.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

18. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé () ".

19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions principales des requérants, n'implique aucune mesure d'exécution. Leurs conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ne peuvent en conséquence qu'être elles-mêmes rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". L'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. () / Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat. () ".

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme dont les époux C demandent le versement à leur conseil, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. C et de Mme E épouse C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme A E épouse C et au préfet de Seine-et-Marne.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lopa Dufrénot, présidente,

Mme Mentfakh, première conseillère,

Mme Leconte, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 19 janvier 2023.

La rapporteure,

L. D

La présidente,

M. F

La greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s 210304

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