jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2103258 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre, JU |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI-MOLINA ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 avril 2021, M. A B, représenté par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler le compte rendu de son entretien professionnel au titre de l'année 2020, ensemble la décision implicite par laquelle le maire d'Orly a rejeté sa demande de révision de ce compte rendu ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Orly de réexaminer sa situation et de réviser son compte rendu d'entretien professionnel, donnant lieu à un compte rendu, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Orly une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le compte rendu de son entretien professionnel au titre de l'année 2020 a été établi à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- il est entaché d'une erreur manifeste portée sur l'appréciation de ses qualités relationnelles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2022, la commune d'Orly, représentée par Me Juffroy, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Lopa Dufrénot, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Juffroy, représentant la commune d'Orly.
Considérant ce qui suit :
1. Titulaire du grade de technicien principal de 2ème classe, M. A B exerce les fonctions de technicien informatique au sein du service informatique de la commune d'Orly. Il demande l'annulation du compte rendu de son entretien professionnel, au titre de l'année 2020, ensemble la décision implicite par laquelle le maire d'Orly a rejeté sa demande de révision de ce compte rendu.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 17 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les notes et appréciations générales attribuées aux fonctionnaires et exprimant leur valeur professionnelle leur sont communiquées. / Les statuts particuliers peuvent ne pas prévoir de système de notation ". Aux termes de l'article 76 de la loi du 26 janvier 1984 : " Le pouvoir de fixer les notes et appréciations générales exprimant la valeur professionnelle des fonctionnaires dans les conditions définies à l'article 17 du titre Ier du statut général est exercé par l'autorité territoriale au vu des propositions du secrétaire général ou du directeur des services de la collectivité ou de l'établissement. En outre, aux termes de l'article 2 du décret du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. / Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct ". Il résulte de ces dispositions que l'entretien professionnel est conduit par le supérieur hiérarchique direct de l'agent, au jour de l'entretien.
3. Il est constant que l'entretien professionnel, objet du compte rendu au titre de l'année 2020, contesté a été conduit par le directeur des finances et des ressources internes, le 16 novembre 2020. Il ressort des pièces du dossier, notamment l'organigramme de la direction des finances et ressources internes, des comptes rendus de réunions de service établis en 2019 et 2020 et d'échanges de courriels entre le requérant et le directeur des finances qu'en l'absence de chef du service informatique, emploi vacant depuis 2016, et contrairement à ce que le requérant allègue, le directeur précité détient l'autorité l'habilitant à lui donner des instructions, contrôler son activité et modifier, retirer ou valider ses actes et, partant, constitue son supérieur hiérarchique direct au sens des dispositions de l'article 2 du décret du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 du même décret : " Les modalités d'organisation de l'entretien professionnel sont les suivantes :1° Le fonctionnaire est convoqué huit jours au moins avant la date de l'entretien par le supérieur hiérarchique direct ; 2° La convocation est accompagnée de la fiche de poste de l'intéressé et d'un exemplaire de la fiche d'entretien professionnel servant de base au compte rendu ; () ".
5. En outre, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
6. Il n'est pas contesté qu'à la convocation adressée au requérant à se présenter le 16 novembre 2020, à son entretien professionnel, n'était pas annexée la fiche de son poste. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé exerce les fonctions de technicien informatique depuis de nombreuses années, lesquelles n'ont pas fait l'objet d'évolution. De plus, il résulte des mentions portées sur le compte rendu contesté que l'efficacité dans son emploi et les compétences professionnelles et techniques mises en œuvre ont été évaluées comme étant maîtrisées au regard de douze sur treize items et sa capacité à exercer des fonctions de niveau supérieur devant être développée pour l'ensemble des quatre items. Ainsi, et M. B le reconnaît, ses compétences techniques n'ont pas été critiquées. Enfin, celui-ci n'a pas sollicité la communication de sa fiche de poste. Au demeurant, il n'allègue pas n'en avoir jamais été destinataire. Dans ces conditions, la circonstance que l'intéressé n'a pas été destinataire de sa fiche de poste préalablement à son entretien d'évaluation pour l'année 2020, n'a pas eu d'incidence sur le sens de la décision contestée et n'a pas privé cet agent d'une garantie. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux : " L'entretien professionnel porte principalement sur : 1° Les résultats professionnels obtenus par le fonctionnaire eu égard aux objectifs qui lui ont été assignés et aux conditions d'organisation et de fonctionnement du service dont il relève / 2° Les objectifs assignés au fonctionnaire pour l'année à venir et les perspectives d'amélioration de ses résultats professionnels, compte tenu, le cas échéant, des évolutions prévisibles en matière d'organisation et de fonctionnement du service /3° La manière de servir du fonctionnaire / 4° Les acquis de son expérience professionnelle /5° Le cas échéant, ses capacités d'encadrement / 6° Les besoins de formation du fonctionnaire eu égard, notamment, aux missions qui lui sont imparties, aux compétences qu'il doit acquérir et à son projet professionnel ainsi que l'accomplissement de ses formations obligatoires / 7° Les perspectives d'évolution professionnelle du fonctionnaire en termes de carrière et de mobilité. L'agent est invité à formuler, au cours de cet entretien, ses observations et propositions sur l'évolution du poste et le fonctionnement du service. ". L'article 4 du même décret énonce que les critères à partir desquels la valeur professionnelle du fonctionnaire est appréciée, au terme de cet entretien, fonction de la nature des tâches qui lui sont confiées et du niveau de responsabilité assumé. Ces critères portent notamment sur les compétences professionnelles et techniques, les qualités relationnelles et la capacité d'encadrement ou d'expertise ou, le cas échéant, à exercer des fonctions d'un niveau supérieur. Il résulte des dispositions de l'article 5 du décret du 16 décembre 2014, que l'autorité hiérarchique a l'obligation de synthétiser, de manière motivée, l'appréciation portée sur la valeur professionnelle de l'agent au regard du travail accompli par ce dernier au cours de l'année écoulée, évaluée selon les critères d'efficacité dans l'emploi et la réalisation des objectifs, des compétences professionnelles et techniques mises en œuvre ainsi que des qualités relationnelles.
8. D'une part, ainsi qu'il a été indiqué au point 5, contrairement à ce qu'allègue le requérant, l'autorité administrative a évalué comme maîtrisées tant les compétences professionnelles et techniques mises en œuvre au titre de neuf sur dix items que l'efficacité dans son emploi au titre des trois items et, ainsi, a reconnu la réalité de sa manière de servir. A supposer même établi le ton agressif et distant du directeur, lors de l'entretien professionnel, cette circonstance dont la réalité est contestée par l'administration, est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées. D'autre part, s'agissant des compétences professionnelles, au regard de l'efficacité dans l'emploi, l'administration a estimé que devaient être plus développés par le requérant, un esprit d'équipe et un positionnement vis-à-vis de sa hiérarchie plus adéquat ainsi que s'agissant des qualités relationnelles, la communication avec les agents de la collectivité y compris ses collègues. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier, notamment des termes mêmes de son recours gracieux que le requérant, ce qu'il admet lui-même dans ses écritures, nourrit une certaine rancœur sur la situation de son collègue ayant perçu des primes d'un montant supérieur à celui des indemnités qui lui ont été attribuées, l'attitude de celui-ci ne lui transmettant pas les directives reçues et sur sa propre situation administrative, en l'absence d'avancement de grade, sources d'une perte de motivation, d'une attitude distante et d'un comportement agressif, voire de son souhait de quitter le service. Ainsi, ce comportement n'a pu que participer à un climat tendu et à sa méfiance au sein du service informatique et être à l'origine de relations parfois difficiles vis-à-vis d'autres services, notamment à l'occasion de demandes d'installation du réseau virtuel privé (VPN) sur l'ordinateur personnel d'un agent, non doté d'un équipement de service. Ensuite, il est constant que le service informatique connaît un sous-effectif. Au cours de l'année 2020, il a nécessairement été mis à contribution lors du confinement durant la pandémie de la covid-19 et de la période postérieure à celui-ci par des sollicitations inhérentes à la mise en place du télétravail ainsi, au demeurant, que d'autres services. Cependant, il ne ressort pas des pièces du dossier que les conditions de travail auraient été telles que le service présentait des dysfonctionnements à l'origine du climat délétère invoqué. De plus, si, certes, ainsi que le déplore le requérant, n'a pu être mis en place un vade-mecum de procédures clairement identifiées, il n'est pas contesté que le directeur des finances et des ressources internes a vocation à être destinataire de toutes demandes particulières et fournir les directives ainsi qu'il a pu le rappeler au requérant dans son courriel du 23 juillet 2020, à l'occasion des sollicitations de changement de mot de passe de représentants d'un syndicat. En outre, il ressort des pièces du dossier que sollicité sur l'adoption d'une stratégie de mot de passe, il n'a pas apporté de contribution, ni ne s'est porté volontaire lors d'astreinte, tout particulièrement lors des élections municipales. Dès lors, les appréciations portées par le maire d'Orly sur son comportement professionnel à l'égard des agents de la collectivité et ses qualités relationnelles ne sont entachées d'une erreur manifeste. Enfin, la seule circonstance qu'il ne lui a pas été fait de rappel à l'ordre ou n'a pas reçu de convocation à un entretien de recadrage ne permet pas à elle seule de regarder ces appréciations comme étant illégales.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation du compte rendu de son entretien professionnel, au titre de l'année 2020, ensemble la décision implicite par laquelle le maire d'Orly a rejeté sa demande de révision de ce compte rendu.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Orly, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par [lui] et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la commune d'Orly au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Orly présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Orly.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 novembre 2022.
La magistrate désignée,
M. CLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026