mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2103469 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PETRESCO |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 15 avril 2021, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal la requête présentée par la société RZF.
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2021 au greffe du tribunal administratif de Paris, la société RZF, représentée par Me Petresco, demande au tribunal :
1°) d'annuler les deux titres de perception émis le 20 décembre 2019 pour avoir paiement d'une somme totale de 40 818 euros mise à sa charge par la décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 27 novembre 2019 au titre de la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du code du travail et de la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les titres de perception en litige ont été pris par une autorité incompétente ;
- la décision de l'OFII est entachée par un défaut de motivation ;
- la procédure diligentée par l'OFII est irrégulière en ce qu'elle n'a jamais eu communication du procès-verbal d'infraction ;
- la procédure diligentée par l'OFII est irrégulière en ce qu'elle a méconnu la présomption d'innocence et le droit à un procès équitable ;
- le directeur de l'OFII ne rapporte ni la preuve que les deux travailleuses visées dans sa décision étaient bien ses salariées, ni la preuve de la mauvaise foi de l'employeur ;
- le directeur de l'OFII a fait une inexacte application des articles L. 8256-2 du code du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne limitant pas la somme totale mise à sa charge à 15 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, l'OFII, représenté par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête
Il soutient que les moyens soulevés par la société RZF ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le décret n° 2013-728 du 12 août 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Linda Mentfakh, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A l'occasion du contrôle d'un salon de massage exploité par la société RZF
le 7 octobre 2019, les services de police ont constaté la présence d'une ressortissante chinoise dépourvue de titre l'autorisant à séjourner et à exercer une activité salariée en France. Au cours de leur enquête, les policiers ont également relevé l'emploi d'une seconde ressortissante chinoise sans titre de séjour et sans autorisation de travail Un procès-verbal d'infraction a été établi et transmis à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en application de l'article L. 8271-17 du code du travail. Par une décision du 27 novembre 2019, le directeur général de l'OFII a mis à la charge de la société RZF la contribution spéciale mentionnée à l'article
L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 36 200 euros et la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour un montant de 4 168 euros. Deux titres de perception ont été émis le 20 décembre 2019 pour avoir paiement de ces sommes. La société RZF forme opposition à l'exécution de ces titres.
Sur les conclusions à fin d'annulation des titres de perception :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 5223-24 du code du travail, dans sa rédaction applicable à la date d'émission des titres contestés et avant sa modification par le décret du 26 février 2020 : " Le directeur général est ordonnateur secondaire à vocation nationale pour l'émission des titres de perceptions relatifs à la contribution spéciale mentionnée à l'article
L. 8253-1 () ". Aux termes de l'article R. 8253-4 du même code : " A l'expiration du délai fixé, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration décide, au vu des observations éventuelles de l'employeur, de l'application de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1, la liquide et émet le titre de perception correspondant () ". D'autre part, aux termes de l'article R. 626-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date d'émission des titres contestés et avant sa modification par le décret du 26 février 2020 : " I. - Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis en application de l'article L. 8271-17 du code du travail, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indique à l'employeur, par lettre recommandée avec avis de réception ou par tout autre moyen permettant de faire la preuve de sa date de réception par le destinataire, que les dispositions de l'article L. 626-1 sont susceptibles de lui être appliquées et qu'il peut présenter ses observations dans un délai de quinze jours. / II. - A l'expiration du délai fixé, le directeur général décide, au vu des observations éventuelles de l'employeur, de l'application de la contribution forfaitaire prévue à l'article L. 626-1, la liquide et émet le titre de perception correspondant. / () ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article 11 du décret susvisé du 7 novembre 2012 : " Les ordonnateurs constatent les droits et les obligations, liquident les recettes et émettent les ordres de recouvrer. () Ils transmettent au comptable public compétent les ordres de recouvrer () assortis des pièces justificatives requises () ".
4. Il résulte de l'ensemble des dispositions citées ci-dessus que, à la date de l'émission des titres de perception en litige, si les services de l'Etat assuraient pour le compte de l'OFII le recouvrement des créances afférentes aux contributions spéciale et forfaitaire dues par l'employeur d'un travailleur étranger non autorisé à travailler, il n'appartenait qu'au directeur général de l'Office, après avoir constaté et liquidé la contribution, d'émettre le titre de perception correspondant qui est ensuite transmis, conformément à l'article 11 du décret susvisé du
7 novembre 2012, au comptable public chargé du recouvrement.
5. En l'espèce, les titres de perception en litige ont été émis le 20 décembre 2019 par M. A, directeur de l'évaluation de la performance, de l'achat, des finances et de l'immobilier du ministère de l'intérieur. Pour soutenir que M. A était compétent pour signer ces titres de perception, l'OFII se prévaut d'une convention de délégation de gestion, conclue le 9 mai 2019, relative à l'ordonnancement par la direction de l'évaluation de la performance et des affaires financières et immobilières des opérations de dépenses et recettes des programmes 104 et 303 de la direction générale des étrangers en France. Toutefois, il ressort des visas de cette convention que celle-ci ne concerne pas les établissements publics tels que l'OFII. Ce dernier se prévaut également de la convention du 29 mai 2019 qu'il a conclue avec l'Etat en ce qu'elle prévoit, en son article 4, que le ministre de l'intérieur procède à la liquidation de la contribution spéciale et émet le titre de perception visant à en permettre le recouvrement. Toutefois, cette dernière stipulation est contraire aux dispositions réglementaires alors applicables de l'article R. 8253-4 du code du travail et de l'article R. 626-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelées aux points 2 et 3. Par suite, les titres de perception en litige sont entachés d'incompétence.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il ne soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la société RZF est fondée à demander l'annulation des deux titres de perception en litige émis le 20 décembre 2019.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande la société RZF au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : Les titres de perceptions émis le 20 décembre 2019 sont annulés.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société RZF, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie pour information en sera transmise au directeur départemental des finances publiques de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
La rapporteure,
F. BouchetLe président,
T. GallaudLa greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026