mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2103500 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | BUKASSA TSHYPANGA FLORIBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2021, Mme B C, en sa qualité de gérante de l'établissement " Nationale 20 Exo ", représentée par Me Bukassa Tshypanga, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne a décidé de fermer l'établissement " Nationale 20 Exo " situé 127 avenue Aristide Briand à Cachan pour une durée de deux mois du 17 avril 2021 au 17 juin 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est illégale pour ne pas prendre en compte sa situation spécifique, et le contexte socioéconomique actuel ;
- la mesure de fermeture de deux mois est disproportionnée dès lors, d'une part, qu'elle n'a jamais reçu, depuis 2019, d'avertissement ni de sanctions antérieures et, d'autre part, que le délai de trois jours qui lui a été accordé pour prendre les dispositions nécessaires à la fermeture du magasin est insuffisant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2022, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Zanella , rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 13 avril 2021, la préfète du Val-de-Marne a prononcé la fermeture pour une durée de deux mois à compter de sa notification de l'établissement " Nationale 20 Exo " situé au 127 avenue Aristide Briand à Cachan. Mme B C, en sa qualité de gérante de cet établissement, demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique : " 1. La fermeture des débits de boissons et des restaurants peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas six mois, à la suite d'infractions aux lois et règlements relatifs à ces établissements. / Cette fermeture doit être précédée d'un avertissement qui peut, le cas échéant, s'y substituer, lorsque les faits susceptibles de justifier cette fermeture résultent d'une défaillance exceptionnelle de l'exploitant ou à laquelle il lui est aisé de remédier. / 2. En cas d'atteinte à l'ordre public, à la santé, à la tranquillité ou à la moralité publiques, la fermeture peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas deux mois. Le représentant de l'Etat dans le département peut réduire la durée de cette fermeture lorsque l'exploitant s'engage à suivre la formation donnant lieu à la délivrance d'un permis d'exploitation visé à l'article L. 3332-1-1 ".
3. Pour prononcer la fermeture de l'établissement " Nationale 20 Exo ", la préfète du Val-de-Marne s'est fondée sur les dispositions de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique et du code des relations entre le public et l'administration. Elle a relevé d'une part, que les services de police avaient constaté, par un procès-verbal valant mise en demeure, que le 7 mars 2021 à 20 heures 08, cet établissement, qui était ouvert, s'apparentait à une discothèque et à un débit de boisson de fait dans la mesure où une soirée avait été clandestinement organisée au sous-sol dans un contexte sanitaire d'interdiction des discothèques, de limitation du nombre de personnes susceptibles d'être accueillies dans les locaux et d'obligation du port du masque. Aucune mesure n'avait été, de plus, prise en termes de sécurité incendie et de risques de panique. En outre, alors que des boissons alcoolisées à consommer sur place étaient proposées dont les prix étaient affichés sur un tableau, une quarantaine de clients étaient en état d'ébriété dont l'un d'eux a dû être conduit à l'hôpital et la grande majorité des participants ne portait pas de masque. Elle a relevé d'autre part, que les services de police avaient de nouveau constaté, le 13 mars 2021, la présence dans cet établissement d'une dizaine d'individus qui consommaient des boissons alcoolisées.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des rapports de police et des évènements de main courante, que le 7 mars 2021, l'établissement " Nationale 20 Exo " a proposé illégalement la vente de boissons alcoolisées dès lors que les prix étaient indiqués sur un tableau affiché dans l'établissement et que selon l'extrait de son K-Bis, il n'a que pour seule activité " l'achat, vente, import-export de tous produits agroalimentaires exotiques, des produits cosmétiques et autres, alimentation générale, négoce et commerce de gros, demi-gros et détails de tous produits non réglementés ". Par ailleurs, les services de police ont également constaté que les mesures de lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19 n'étaient pas respectées, pas plus que la mise en œuvre de dispositions de sécurité dans l'organisation de la soirée. Il ressort également de ces mêmes pièces qu'une semaine seulement après ces faits et malgré la mise en demeure qui lui avait été faite, les mêmes services ont de nouveau constaté le 13 mars 2021, la consommation de boissons alcoolisées sur place par des clients. Dans ces conditions, si la requérante fait valoir que l'établissement " Nationale 20 Exo " n'a jamais fait l'objet de contraventions antérieures et que la soirée organisée le 7 mars 2021 n'était que la manifestation d'une cérémonie traditionnelle dite " bain de consolation " faisant suite à un deuil survenu en République démocratique du Congo, la préfète du Val-de-Marne, compte tenu du caractère des infractions commises dans le contexte sanitaire de lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19 et de leur caractère répété, n'a pas commis d'erreur de fait ni de droit en prenant la mesure en litige. En outre, dès lors qu'elle fait suite à deux infractions constatées pour des faits identiques survenus à huit jours d'intervalle après une première mise en demeure dans le contexte sanitaire sus rappelé, la mesure litigieuse décidant une fermeture pour une durée de deux mois ne revêt pas un caractère disproportionné. Si la requérante entend également soutenir que le délai de mise en œuvre de l'arrêté ne lui a pas permis de s'organiser pour assurer la gestion de ses denrées périssables, cette circonstance n'est pas davantage de nature à établir le caractère disproportionné de la mesure en litige.
5. En second lieu, si Mme C soutient que sa situation personnelle et économique ainsi que le contexte économique général n'ont pas été pris en compte par la préfète du Val-de-Marne, elle n'apporte à l'appui de ses allégations aucune précision utile de nature à permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante doivent être rejetées. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. L'hirondel, président,
Mme Morisset, conseillère,
M. Cabal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
La rapporteure,
A. A
Le président,
M. L'HIRONDEL La greffière,
L. DARNAL
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026