mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2103517 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | FOKS OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 avril 2021 et 16 juin 2022 sous le n° 2103515, M. A C, représenté par Me Foks, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer une carte de séjour, ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa demande en lui délivrant, sans délai, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en l'absence de réponse à sa demande de communication des motifs, la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est illégale pour ne pas être motivée ;
- la décision contestée méconnait les dispositions des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense du 2 juin 2022, la préfète du Val-de-Marne conclut au non- lieu à statuer sur la requête et à défaut à son rejet.
Elle fait valoir que M. C a été reçu en préfecture le 20 mai 2022 pour déposer son dossier en qualité d'étranger malade.
II.Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 avril 2021 et 16 juin 2022 sous le n° 2103517, Mme B D épouse C, représentée par Me Foks, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer une carte de séjour, ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa demande en lui délivrant, sans délai, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-en l'absence de réponse à sa demande de communication des motifs, la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est illégale pour ne pas être motivée ;
- en l'absence de réponse à sa demande de communication des motifs, la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est illégale pour ne pas être motivée ;
- la décision contestée méconnait les dispositions des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les observations de Me Foks, représentant les époux C.
Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées enregistrés sous les n°s 2103515 et 2103517 concernent la situation d'un même couple d'étrangers et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu d'y statuer par un seul jugement.
2. M. C, ressortissant algérien né en 1947 est entré en France en 2019 accompagné de son épouse Mme C née Mme D, également de nationalité algérienne, née en 1954. Par une demande du 17 novembre 2020, reçue le 26 novembre 2020, M. C a sollicité du préfet de Val-de-Marne la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étranger malade " ou la régularisation de sa situation administrative sur le fondement des stipulations de l'article 6-5 de l'accord Franco algérien et des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 de ce dernier code. Son épouse a sollicité, le même jour, la régularisation de sa situation administrative sur le fondement des articles 6-5 de l'accord Franco algérien et L. 311-11 11° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'absence de réponse à leurs demandes, une décision implicite de rejet est née pour chacun d'eux. Par les présentes requêtes, M. C et son épouse demandent l'annulation des décisions implicite de rejet de leurs demandes de titre de séjour.
Sur les conclusions tendant au non-lieu à statuer :
3. Si la préfète du Val-de-Marne demande au tribunal de prononcer un non-lieu à statuer sur la requête présentée par M. C, il ne ressort pas des pièces du dossier que, à la suite de l'introduction de sa requête, elle ait délivré à l'intéressé le titre de séjour qu'il sollicitait. Par suite, et nonobstant la circonstance que M. C a été reçu en préfecture le 20 mai 2022 pour déposer un dossier en qualité d'étranger malade, les conclusions tendant au non-lieu à statuer présentées par la préfète du Val-de-Marne ne sauraient être accueillies.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. C et son épouse ont chacun sollicité, par lettres recommandées avec accusé de réception datées du 27 mars 2021, et qui ont été reçues par les services de la préfecture du Val-de-Marne le 30 mars suivant, la communication des motifs des décisions implicites de rejet de leurs demandes de titre de séjour formées le 17 novembre 2020 dont il leur avait été donné accusé de réception le 26 novembre 2020. Le délai de recours contentieux mentionné à l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ne leur est pas opposable dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que l'accusé réception de leurs demandes de titre de séjour ne comporte pas la mention des voies et délais de recours ouverts en cas d'intervention d'une décision implicite. Dans ces conditions, dès lors qu'il n'est pas utilement contesté, en l'absence de mémoire en défense, que les motifs des décisions en litige n'ont pas été communiqués à M. C ni à son épouse dans le délai d'un mois prévu par ces dispositions, les requérants sont fondés à soutenir que les décisions de refus de titre de séjour qui leur ont été opposées sont illégales pour être entachées d'un défaut de motivation. Par suite, ils sont fondés, pour ce motif, à demander leur annulation.
6. Il résulte de ce qui précède que les décisions de la préfète du Val-de-Marne refusant implicitement de délivrer un titre de séjour à M. C et à Mme D épouse C doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, et sans qu'il soit utile de se prononcer sur les autres moyens des requêtes, la présente décision implique seulement le réexamen de la situation de M. C et de Mme D épouse C et l'intervention d'une nouvelle décision. Il y a lieu, en conséquence, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne ou à tout autre préfet territorialement compétent d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification de la présente décision.
Sur les frais liés au litige :
8. Pour l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme globale de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. C et Mme D épouse C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les deux décisions implicites de rejet du préfet du Val-de-Marne intervenues le 17 novembre 2020 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de M. C et de Mme D épouse C dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de leur délivrer, dans le cadre de l'instruction de leurs demandes de titre de séjour, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à M. C et à Mme D épouse C une somme globale de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme B C née Mme D et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 25 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. F, président,
Mme Morisset, conseillère,
M. Cabal, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
La rapporteure,
A. E
Le président,
M. FLa greffière,
L. DARNAL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N° 2103515
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026