mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2103629 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête des mémoires, enregistrés les 19 avril 2021, 13 décembre 2021 et 30 janvier 2022, M. C demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2020 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a délivré à l'établissement public territorial de bassin (EPTB) Seine Grands Lacs une autorisation environnementale pour la réalisation et l'exploitation d'un aménagement hydraulique et la réalisation d'actions de restauration écologique dit " opération site pilote de la Bassée " sur les territoires des communes de Balloy, Bazoche-lès-Bray, Chatenay-sur-Seine, Egligny, Gravon, Mousseux-lès-Bray, Montigny-Lencoup et La Tombe ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2020 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a déclaré d'utilité publique la réalisation d'un aménagement hydraulique et la réalisation d'actions de restauration écologique dit " opération site pilote de la Bassée " sur les territoires des communes de Balloy, Bazoche-lès-Bray, Chatenay-sur-Seine, Egligny, Gravon, Mousseux-lès-Bray, Montigny-Lencoup et La Tombe ;
3°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2020 portant sur l'établissement d'une servitude d'utilité publique de sur-inondation dans le cadre de l'exploitation d'un aménagement hydraulique dit " opération site pilote de la Bassée " ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arrêtés en litige sont entachés d'un vice de procédure dès lors que la concertation a été financée par le maître d'ouvrage et que les feuilles d'émargement n'ont pas été jointes aux comptes rendus des réunions de concertation ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure dès lors que l'enquête publique s'est déroulée lors de la crise sanitaire et en période de vacances scolaires ; elle n'a pas donné lieu à l'organisation d'une réunion publique ; la commission d'enquête a insuffisamment motivé son avis ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure dès lors que le dossier soumis à enquête publique portait sur un projet de réalisation de neuf espaces endiguées alors que le projet ne concerne que le site pilote ; il était d'un volume et d'une complexité excessive ;
- l'étude d'impact était insuffisante pour ne pas décrire les circulations au pied des digues et pour ne pas avoir fait état de l'adhésion de la métropole du Grand-Paris à l'EPTB ;
- les arrêtés en litige méconnaissent le principe de précaution ;
- l'autorisation environnementale est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'étude de dangers était insuffisante pour ne pas décrire suffisamment les effets des digues lors des crues de la Seine, le débit de fuite sous les digues, le risque de contamination des sols par le stockage de résidus radioactifs ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 181-3 du code de l'environnement dès lors qu'il s'agit d'un projet inutile qui est, en outre, incompatible avec le projet de mise en grand gabarit de la Seine ; elle porte une atteinte grave et irréversible aux écosystèmes et notamment au muscardin ; son coût est excessif et d'autres projets plus respectueux de l'environnement étaient possibles ;
- la servitude de sur-inondation est entachée d'un vice de procédure dès lors que la publication de la liste des propriétaires lors de l'enquête parcellaire est contraire au droit à la protection des données personnelles ;
- les arrêtés en litige méconnaissent le droit de propriété ;
- la procédure détaillée de prise de possession des terrains expropriés par l'expropriant avant le début des travaux n'est pas précisée ;
- les estimations de France domaine ne tiennent pas compte du marché immobilier ; elle porte atteinte au droit de propriété,
- l'interdiction d'accès des propriétaires à leur propriété lors des travaux est illégale.
Par un mémoire, enregistré le 29 décembre 2021, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- M. C n'a pas intérêt à agir contre l'arrêté portant autorisation environnementale ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 15 décembre 2021, l'établissement public territorial de Bassin Seine Grands Lacs (EPTB), représenté par le cabinet Seban et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'il n'existe pas de lien suffisant entre les décisions attaquées ; le requérant n'a pas intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 16 février 2022.
Un mémoire présenté pour l'EPTB a été enregistré le 2 mars 2022, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cabal,
- les conclusions de M. Zanella rapporteur public,
- et les observations de M. C, de M. B, représentant la préfète du Val-de-Marne, et de Me Durostu, représentant l'établissement public territorial de bassin Seine-Grands-Lacs.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 mai 2020, le préfet de Seine-et-Marne a prescrit l'ouverture d'une enquête publique relative au projet dit " opération site pilote la Bassée " consistant en la réalisation d'un espace endigué d'un périmètre de 7,9 kilomètres pour une surface d'environ 3,6 kilomètres carrés sur le territoire des communes de Balloy, Châtenay-sur-Seine, Egligny et Gravon en vue de réduire les crues de la Seine entre Montereau-Fault-Yonne et la confluence Seine-Oise en aval de Paris. Cette enquête publique portait également sur un projet de réalisation de sites de valorisation écologique sur le territoire des communes de Balloy, Bazoches-lès-Bray, Châtenay-sur-Seine, Gravon, La Tombe et Mousseaux-lès-Bray afin de restaurer des zones humides, des cours d'eau et le bon état de masse d'eau ainsi que de préserver des continuités écologiques, le patrimoine naturel et les paysages traditionnels. Cette opération s'inscrit dans un projet global de neuf espaces endigués situés sur le territoire de dix communes. A l'issue de l'enquête publique, qui s'est déroulée du mercredi 10 juin 2020 au vendredi 10 juillet 2020, la commission d'enquête a rendu, le 14 août 2020, un avis favorable. Par un arrêté du 1er décembre 2020, le préfet de Seine-et-Marne a délivré à l'EPTB Seine Grand Lac l'autorisation environnementale sollicitée. M. C a formé un recours gracieux contre cet arrêté le 1e février 2021, rejeté le 26 février 2021. Par deux arrêtés du 15 décembre 2020, il a déclaré d'utilité publique le projet et établi une servitude d'utilité publique de sur-inondation sur les terrains servant de zone de rétention temporaire dans l'emprise du projet. M. C a formé un recours gracieux contre ces deux arrêtés le 10 février 2021, rejetés le 9 mars 2021. Dans la présente instance, M. C demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la régularité de la procédure de concertation préalable :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-6 du code de l'environnement : " Les dépenses relatives à l'organisation matérielle du débat public ou de la concertation préalable sont à la charge du maître d'ouvrage ou de la personne publique responsable de l'élaboration du plan ou du programme. Lorsque le maître d'ouvrage n'est pas connu au moment du débat public, le préfinancement de ce dernier est assuré selon les cas par l'Etat, un de ses établissements publics ou une ou plusieurs collectivités territoriales. Dès qu'il est connu, le maître d'ouvrage rembourse le préfinanceur. Lorsque le préfinanceur est l'Etat, le remboursement s'opère par voie d'attribution de produit, en application du III de l'article 17 de la loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances. ".
3. Il résulte de ces dispositions que M. C n'est pas fondé à soutenir que la concertation préalable qui s'est déroulée entre 2016 et 2019 était entachée d'une irrégularité au motif que les dépenses relatives à son organisation ont été prises en charge par l'EPTB, maître d'ouvrage du projet en litige.
4. En second lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que la procédure de concertation préalable était irrégulière au motif que les feuilles d'émargement n'ont pas été jointes aux comptes rendus des réunions dès lors que cette obligation n'est prévue par aucun principe ni aucun texte.
En ce qui concerne le déroulement de l'enquête publique :
S'agissant de la durée de l'enquête publique :
5. Aux termes du I de l'article L. 123-6 du code de l'environnement : " Lorsque la réalisation d'un projet, plan ou programme est soumise à l'organisation de plusieurs enquêtes publiques dont l'une au moins en application de l'article L. 123-2, il peut être procédé à une enquête unique régie par la présente section () ". L'irrégularité de l'enquête publique n'est de nature à vicier la procédure et à entacher d'illégalité la décision prise à l'issue de l'enquête publique que si elle a pu avoir pour effet de nuire à l'information du public ou si elle a été de nature à exercer une influence sur cette décision.
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 123-9 du code de l'environnement : " La durée de l'enquête publique est fixée par l'autorité compétente chargée de l'ouvrir et de l'organiser. Elle ne peut être inférieure à trente jours pour les projets, plans et programmes faisant l'objet d'une évaluation environnementale. ".
7. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport d'enquête publique dont les énonciations ne sont pas utilement contestées, que l'enquête publique s'est déroulée du mercredi 10 juin 2020 à 10 heures au vendredi 10 juillet 2020 à 17 heures sur une durée de trente-et-un jours, respectant ainsi la durée minimale prévue à l'article L. 123-9 du code de l'environnement. L'avis d'enquête publique a été publié à deux reprises dans deux journaux, " La République de Seine-et-Marne " les 25 mai 2020 et 15 juin 2020 et " Le Parisien " les 22 mai 2020 et 11 juin 2020 ainsi que sur le site de la préfecture de Seine-et-Marne et, par voie d'affichage, dans les douze mairies concernées par l'enquête et sur les lieux prévus pour la réalisation du projet conformément à l'article R. 123-11 du code de l'environnement. Au surplus, l'EPTB Seine Grands Lacs a procédé à la distribution d'un guide de seize pages intitulé " Comprendre et participer à l'enquête publique ", donnant tous renseignements concernant le dossier et le déroulement de l'enquête publique dans 4 900 boites à lettres des douze communes concernées. Selon le rapport de la commission d'enquête, 178 contributions ont été recueillies et plus de 450 observations ont été émises, la commission estimant, par ailleurs, que " l'information du public peut être considérée comme suffisante et adaptée ". Il ne résulte pas, enfin, des pièces du dossier que le communiqué de presse émis le 14 décembre 2018 par la préfecture d'Île-de-France, soit près d'un an et demi avant l'enquête, annonçant une durée supérieure, ait eu une incidence sur le déroulement de cette enquête alors que de plus, cette annonce ne liait pas l'autorité administrative pour fixer définitivement sa durée. Dans ces conditions, en se bornant à soutenir que cette durée aurait été insuffisante au regard du contexte épidémique et de la période de vacances scolaires, le requérant n'établit pas que l'insuffisance de la durée de cette enquête.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 123-17 du code de l'environnement : " Sans préjudice des cas prévus par des législations particulières, lorsqu'il estime que l'importance ou la nature du projet, plan ou programme ou les conditions de déroulement de l'enquête publique rendent nécessaire l'organisation d'une réunion d'information et d'échange avec le public, le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête en informe l'autorité en charge de l'ouverture et de l'organisation de l'enquête ainsi que le responsable du projet, plan ou programme en leur indiquant les modalités qu'il propose pour l'organisation de cette réunion. ".
9. Contrairement à ce que soutient le requérant, ces dispositions offrent au président de la commission d'enquête la faculté mais ne lui imposent en aucun cas l'obligation d'organiser une réunion d'information préalable du public. Elles n'ont pas été méconnues faute pour ledit président de ne pas les avoir mises en œuvre, alors qu'il est libre de l'appréciation de l'opportunité de leur déclenchement.
S'agissant de la composition du dossier soumis à enquête publique :
10. Aux termes de l'article L. 123-1 du code de l'environnement : " L'enquête publique a pour objet d'assurer l'information et la participation du public ainsi que la prise en compte des intérêts des tiers lors de l'élaboration des décisions susceptibles d'affecter l'environnement mentionnées à l'article L. 123-2. Les observations et propositions parvenues pendant le délai de l'enquête sont prises en considération par le maître d'ouvrage et par l'autorité compétente pour prendre la décision ". En outre, aux termes de l'article L. 120-1 du même code : " II. - La participation confère le droit pour le public : / 1° D'accéder aux informations pertinentes permettant sa participation effective ".
11. S'il est soutenu que le dossier d'enquête publique était excessivement volumineux et complexe, cette seule circonstance n'est pas, par elle-même, et alors, au demeurant, que le requérant soutient par ailleurs que ce dossier aurait été insuffisamment détaillé sur plusieurs points, de nature à vicier la procédure. Au surplus, le dossier soumis à enquête publique était, en l'espèce, accompagné d'une pièce intitulée " guide de lecture du dossier d'enquête publique " présentant l'objet et le contenu de chacune des pièces le composant. Ce dossier est, en outre, divisé en chapitres clairement intitulés faisant chacun l'objet d'un volume dont l'un intitulé " résumé non-technique " résume les enjeux et les éléments clés du projet de manière claire et intelligible. Ces pièces distinguent clairement entre le projet global, sur lequel portait l'enquête publique, et le site pilote, pour lequel l'autorisation environnementale et la déclaration d'utilité publique étaient sollicitées. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le dossier soumis à enquête publique ne serait pas adapté aux enjeux présentés par le projet et que le public n'aurait pas pu participer de manière effective à cette enquête. Par suite, le moyen doit être écarté.
S'agissant du contenu de l'étude d'impact :
12. Aux termes de l'article L. 122-1 du code de l'environnement : " () II.- Les projets qui, par leur nature, leur dimension ou leur localisation, sont susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement ou la santé humaine font l'objet d'une évaluation environnementale en fonction de critères et de seuils définis par voie réglementaire et, pour certains d'entre eux, après un examen au cas par cas. / () III.- L'évaluation environnementale est un processus constitué de l'élaboration, par le maître d'ouvrage, d'un rapport d'évaluation des incidences sur l'environnement, dénommé ci-après " étude d'impact ", de la réalisation des consultations prévues à la présente section, ainsi que de l'examen, par l'autorité compétente pour autoriser le projet, de l'ensemble des informations présentées dans l'étude d'impact et reçues dans le cadre des consultations effectuées et du maître d'ouvrage. / L'évaluation environnementale permet de décrire et d'apprécier de manière appropriée, en fonction de chaque cas particulier, les incidences notables directes et indirectes d'un projet sur les facteurs suivants : / 1° La population et la santé humaine ; / 2° La biodiversité, en accordant une attention particulière aux espèces et aux habitats protégés au titre de la directive 92/43/ CEE du 21 mai 1992 et de la directive 2009/147/ CE du 30 novembre 2009 ; / 3° Les terres, le sol, l'eau, l'air et le climat ; / 4° Les biens matériels, le patrimoine culturel et le paysage ; / 5° L'interaction entre les facteurs mentionnés aux 1° à 4°. ". Aux termes de l'article R. 122-5 du code de l'environnement : " I. - Le contenu de l'étude d'impact est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone susceptible d'être affectée par le projet, à l'importance et la nature des travaux, installations, ouvrages, ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage projetés et à leurs incidences prévisibles sur l'environnement ou la santé humaine. / Ce contenu tient compte, le cas échéant, de l'avis rendu en application de l'article R. 122-4 et inclut les informations qui peuvent raisonnablement être requises, compte tenu des connaissances et des méthodes d'évaluation existantes. / II. - En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : () / 2° Une description du projet, y compris en particulier : / - une description de la localisation du projet ; / - une description des caractéristiques physiques de l'ensemble du projet, y compris, le cas échéant, des travaux de démolition nécessaires, et des exigences en matière d'utilisation des terres lors des phases de construction et de fonctionnement ; () ".
13. En premier lieu, il résulte de ces dispositions que l'étude d'impact a pour objet de décrire les incidences du projet sur l'environnement, et non les évolutions de la gouvernance du maître d'ouvrage. La circonstance que la métropole du Grand Paris, qui a adhéré à l'EPTB le 12 décembre 2020 et lui a délégué l'exercice de sa compétence en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations dans le cadre de la réalisation du casier pilote est sans incidence sur le contenu du projet et n'a, au surplus, pas eu pour effet de lui en confier la maîtrise d'ouvrage. Par suite, le moyen tiré de ce que le dossier d'enquête public n'en faisait pas mention doit être écarté.
14. En second lieu, il résulte de l'étude d'impact que la pièce E2, chapitre 1.3.2, précise que les pieds de digue " comprendront un cheminement à pied pour la surveillance des ouvrages ", qui pourra être élargi lorsque les digues s'éloignent des plans d'eau. Le requérant, qui se borne à soutenir que l'étude d'impact aurait dû préciser la largeur d'une " banquette " qu'il évalue à dix mètres, n'apporte aucun élément au soutien de son allégation permettant d'en établir le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de ce que l'étude d'impact n'apporte pas de précisions sur les cheminements en pieds de digue doit être écarté.
En ce qui concerne la régularité de l'avis émis par la commission d'enquête :
15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. Si ce délai ne peut être respecté, un délai supplémentaire peut être accordé à la demande du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête par l'autorité compétente pour organiser l'enquête, après avis du responsable du projet. / Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage. ". Aux termes de l'article R. 123-19 du même code : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. () / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. () ".
16. Il ressort du document intitulé " conclusions de la commission d'enquête " que la commission a motivé le sens de son avis au regard des observations effectuées au cours de l'enquête publique, des effets attendus du projet pour réduire les dommages causés par les crues de la Seine et des mesures prises par le maître d'ouvrage pour limiter son impact sur la biodiversité. Enfin, il n'appartient pas au juge administratif d'apprécier le bien-fondé de l'avis personnel émis par la commission. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le rapport et les conclusions de la commission d'enquête méconnaissent les dispositions de l'article R. 123-19 du code de l'environnement.
En ce qui concerne la méconnaissance du principe de précaution :
17. Aux termes de l'article 5 de la Charte de l'environnement : " Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ". Les conditions d'application de ces dispositions sont notamment précisées à l'article L. 110-1 du code de l'environnement, qui définit le principe de précaution dans les termes suivants : " () Le principe de précaution, selon lequel l'absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement à un coût économiquement acceptable () ". Il résulte de ces dispositions que le principe de précaution est applicable lorsqu'il existe des éléments circonstanciés de nature à accréditer l'hypothèse de risques de dommages graves et irréversibles pour l'environnement ou d'atteintes à l'environnement susceptibles de nuire de manière grave à la santé, en dépit des incertitudes subsistant sur leur réalité et leur portée en l'état des connaissances scientifiques. Il ne saurait, en revanche, être utilement invoqué lorsque la réalité et la portée de tels risques ne présentent pas, en l'état des connaissances scientifiques, un caractère hypothétique mais sont, au contraire, connues et évaluées.
18. Le requérant, qui se borne à faire référence aux " nombreux scandales " autour des matériaux extraits dans le cadre des chantiers du Grand-Paris, lesquels doivent être utilisés pour la construction des digues n'apporte aucun élément circonstancié à l'appui de son allégation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe de précaution doit être écarté.
En ce qui concerne l'autorisation environnementale délivrée par le préfet de Seine-et-Marne au titre de l'article L. 181-1 du code de l'environnement :
19. En premier lieu, aux termes de l'article R. 214-116 du code de l'environnement : " " IV.-Pour un aménagement hydraulique, l'étude de dangers porte sur la totalité des ouvrages qui le composent. () / Elle indique les dangers encourus par les personnes en cas de crues ou submersions ou de tout autre événement naturel dangereux dépassant le niveau de protection, ainsi que les moyens du gestionnaire pour anticiper ces événements et, lorsque ceux-ci surviennent, alerter les autorités compétentes pour intervenir et les informer pour contribuer à l'efficacité de leur intervention. ".
20. Le moyen tiré de ce que l'étude de dangers n'aurait pas suffisamment décrit l'effet barrage des digues lors des crues de la Seine et le débit de fuite sous les digues n'est pas assorti de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. En outre, le requérant n'établit pas, par ses seules allégations, que l'eau rejetée par la centrale de Nogent-sur-Seine est susceptible d'entrainer une contamination des sols à la suite du remplissage de l'ouvrage. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisance de l'étude de dangers doit être écarté.
21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 181-3 du code de l'environnement : " I.-L'autorisation environnementale ne peut être accordée que si les mesures qu'elle comporte assurent la prévention des dangers ou inconvénients pour les intérêts mentionnés aux articles L. 211-1 et L. 511-1, selon les cas. ". Aux termes de l'article L. 211-1 du même code : " " I.-Les dispositions des chapitres Ier à VII du présent titre ont pour objet une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau ; cette gestion prend en compte les adaptations nécessaires au changement climatique et vise à assurer :/ 1° La prévention des inondations et la préservation des écosystèmes aquatiques, des sites et des zones humides ; on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année ; () / II.-La gestion équilibrée doit permettre en priorité de satisfaire les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l'alimentation en eau potable de la population. Elle doit également permettre de satisfaire ou concilier, lors des différents usages, activités ou travaux, les exigences : / 1° De la vie biologique du milieu récepteur, et spécialement de la faune piscicole et conchylicole ; / 2° De la conservation et du libre écoulement des eaux et de la protection contre les inondations ; ".
22. D'une part, il résulte de l'instruction que le projet du site pilote, qui a vocation à s'inscrire dans un projet global constitué de neuf casiers d'une capacité de 55 millions de mètres cubes ayant fait l'objet d'une déclaration de projet en date du 12 novembre 2020, vise à diminuer les dommages causés par les crues de la Seine en région Île-de-France aux biens, aux personnes et aux réseaux de transport. Celles-ci sont de nature à provoquer des dommages évalués à 7,9 milliards d'euros en cas de crue centennale et 1,7 milliards d'euros en cas de crue cinquantennale. Il ressort de l'étude d'impact que la réalisation de ce projet doit entraîner une baisse de la ligne d'eau entre trois et quinze centimètres au niveau de la commune de Montereau-Fault-Yonne et de deux à quinze centimètres à Paris en fonction des crues. Il résulte ainsi de l'étude d'impact, notamment du tome 2 de la pièce E2 qui lui est consacré ainsi que du mémoire en réponse du pétitionnaire à l'avis de l'autorité environnementale, que le site pilote doit se traduire par une baisse du niveau des crues les plus importantes de la Seine allant de 3 cm (premier pic) à 8 cm (second pic) à Montereau et de 3 cm (premier pic) à 5 cm (second pic) à Paris pour une crue de type centennale. Cette baisse est de 9 cm Paris en cas de crue de type cinquantennale et de 15 centimètres en cas de crue type " 1993 " à Montereau et à Paris. Si l'impact sur la ligne d'eau peut paraître limité, il aura cependant pour effet d'éviter des dommages matériels évalués à 46 millions d'euros pour une crue type " 1993 ", représentant le niveau à partir duquel apparaissent les premiers dommages significatifs, à 465 millions d'euros en cas de crue centennale et à 116 millions d'euros en cas de crue cinquantennale, soit un montant moyen évité évalué à 15 millions d'euros annuellement. En outre, le projet est de nature à compléter l'action des lacs réservoirs existants dans le cas d'une crue similaire à celle de 2018, laquelle a causé le sinistre de 35 000 personnes et a occasionné 158 millions d'euros de dégâts, par une baisse supplémentaire de la ligne d'eau de 10 cm à Paris et à Montereau. Le requérant n'apporte aucun élément à l'appui de son allégation selon laquelle ces estimations seraient surestimées. Enfin, si le requérant soutient que le projet " canal Bray-Nogent ", qui vise à augmenter le gabarit de navigation de la Seine sur une distance de 28,5 kilomètres en amont du barrage écluse de la Grande Bosse aura " des conséquences catastrophiques ", il résulte également de l'instruction et notamment des études hydrauliques et hydrogéologiques jointes au dossier d'enquête publique (annexe 15 et 16) que le cumul des effets des deux projets sera nul en matière hydraulique et limité en matière hydrogéologique. Ces conclusions n'ont pas été remises en cause par la mission régionale d'évaluation environnementale. Dans ces conditions, la création du casier pilote doit être regardée comme de nature à prévenir de manière efficace les inondations.
23. D'autre part, si le projet s'inscrit dans une zone protégée riche en biodiversité et conduira à la destruction de 30,3 hectares d'habitats et de 13,8 hectares de zones humides ainsi qu'au dérangement ou à la destruction de nombreuses espèces en phase chantier et lors des mises en eau, il ressort des pièces du dossier que des mesures compensatoires sont prévues pour concilier l'objectif de sécurité publique qu'il poursuit avec les enjeux environnementaux. Ainsi, le projet a prévu des mesures d'évitement des zones plus sensibles, notamment lors du tracé des digues. Il prévoit également des mesures de réduction, notamment le renforcement des chemins pour faciliter la fuite de la faune lors des mises en eau, l'aménagement de la continuité de la noue d'Auvergne sous la digue, l'aménagement écologique des digues ou encore le nettoyage du site et la surveillance et la lutte contre les espèces exotiques envahissantes après mise en eau. Des mesures d'évitement et de réduction spécifiques aux espèces, telles que la localisation des emprises temporaires, le maintien des continuités écologiques, la mise en défense des habitats sensibles et l'établissement d'un calendrier de chantier compatible avec les périodes de reproduction et d'hibernation, ont également été définies. Ces mesures ont été considérées comme globalement suffisantes par le conseil national de la protection de la nature dans son avis du 1er août 2019. Par ailleurs, des mesures de compensation ont été prévues sur une superficie initiale de 57,04 hectares par la créations d'habitats adaptés aux espèces touchées par le projet. Cette surface a été complétée de 6,2 hectares consacrés aux habitats secs en dehors de l'emprise des digues afin de tenir compte des remarques du conseil national pour la protection de la nature. De plus, divers aménagements seront réalisés afin de réduire le risque de destruction d'individus lors des phases de mise en eau du projet, dont l'installation de gîtes pour le muscardin à l'intérieur du site pilote. Ces mesures, qui doivent faire l'objet d'une mise en œuvre et d'un suivi sur une durée de trente ans au moins, sont complétées par la création de cinq sites de valorisation écologique sur une superficie totale de 54,3 hectares visant à restaurer et à créer des zones et des prairies humides, des boisements alluviaux et des friches sèches. Par ailleurs, la circonstance que le projet en litige a conduit à la modification de l'arrêté de protection de biotope de la Bachère du 25 novembre 1989 portant protection d'un site biologique sur le territoire de la commune de Châtenay-sur-Seine au lieu-dit " la Bachère " est sans incidence sur la légalité de l'autorisation environnementale en litige.
24. En troisième lieu, le requérant, qui se borne à soutenir que le projet est d'un coût excessif et que d'autres projets moins onéreux ont été écartés, n'apporte aucun élément à l'appui de son allégation permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne la servitude d'utilité publique de sur-inondation :
25. D'une part, aux termes de l'article 5 du règlement relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données du 27 avril 2016 : " Les données à caractère personnel doivent être : a) traitées de manière licite, loyale et transparente au regard de la personne concernée (licéité, loyauté, transparence); / b) collectées pour des finalités déterminées, explicites et légitimes, et ne pas être traitées ultérieurement d'une manière incompatible avec ces finalités ; () ". Aux termes de l'article 6 de ce règlement : " Le traitement n'est licite que si, et dans la mesure où, au moins une des conditions suivantes est remplie: () / c) le traitement est nécessaire au respect d'une obligation légale à laquelle le responsable du traitement est soumis ".
26. D'autre part, aux termes de l'article R. 211-97 : " Le dossier soumis à l'enquête comprend : 4° La liste des propriétaires dont les terrains sont grevés de servitudes ". Aux termes de l'article R. 211-99 du même code : " Après avoir consulté la commission départementale des risques naturels majeurs, le préfet statue sur l'instauration des servitudes par arrêté dans les trois mois à compter du jour de réception en préfecture du dossier de l'enquête transmis par le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête. / L'arrêté préfectoral fixe notamment le périmètre et les parcelles frappées de servitudes, les types de travaux ou ouvrages qui sont interdits ou soumis à déclaration en application de l'article L. 211-12 ainsi que le délai d'évacuation des engins mobiles prévu au dernier alinéa du IV de cet article. ".
27. Il résulte de ces dispositions que la collecte de la liste des propriétaires dont les terrains sont grevés par des servitudes est prescrite par les dispositions règlementaires du code de l'environnement. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'elles méconnaissent les dispositions du règlement précité.
En ce qui concerne les autres moyens de la requête :
28. En premier lieu requérant ne peut utilement soutenir que les arrêtés en litige, qui ont pour seul objet d'accorder une autorisation environnementale, de déclarer d'utilité publique le projet de site pilote de la Bassée et d'instaurer une servitude de sur-inondation à cette fin, porteraient atteinte au droit de propriété dès lors qu'ils n'ont pas par eux même pour objet d'autoriser un transfert des biens lui appartenant. Il en va de même des moyens tirés de ce que l'enquête publique ne précise pas la procédure d'expropriation et que l'estimation effectuée par France-Domaine serait sous-évaluée.
29. En deuxième lieu, il ne peut pas davantage utilement soutenir qu'il lui est fait interdiction d'accéder à sa propriété entre le lundi et le vendredi pendant toute la durée des travaux et que l'indemnité d'occupation temporaire qui lui a été proposée serait sous-évaluée, cette circonstance étant sans incidence sur la légalité des arrêtés en litige.
30. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir soulevées en défense, que la requête de M. C doit être rejetée.
Sur les frais de l'instance :
31. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. C au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de mettre à la charge de M. C la somme demandée par l'établissement public territorial de bassin Seine-Grands-Lacs au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : la requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'établissement public territorial de bassin Seine-Grands-Lacs tendant au versement d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C, au préfet de Seine-et-Marne et à l'établissement public territorial de bassins Seine-grands-lacs.
Copie en sera adressée pour son information au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. D, président,
Mme Morisset, première conseillère,
M. Cabal, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le rapporteur,
P.Y. CABAL
Le président,
M. D
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026