vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2103676 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CLOIX & MENDES-GIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 avril 2021, le 3 février 2022, le 3 mars 2022, le 8 avril 2022, le 9 mai 2022 et le 8 juin 2022, la société Arconance, représentée par Me Destarac, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Claye-Souilly a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité le 17 juillet 2020 à fin d'édification de deux bâtiments à usage d'habitation sur un terrain sis 1-3 La Rosée, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Claye-Souilly de lui délivrer le permis de construire sollicité, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la commune de Claye-Souilly de réexaminer sa demande à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Claye-Souilly une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée et transmise au représentant de l'État en application de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales ; l'attestation produite par la commune en défense ne mentionne pas la date à laquelle cet arrêté de délégation a été publié et aurait fait l'objet d'un affichage réglementaire ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur de droit dès lors que les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme ne sont pas opposables à des travaux pour lesquels le raccordement est inférieur à 100 mètres et que ces travaux, qui ne concernent pas un équipement public et ne sont pas destinés à desservir d'autres constructions, peuvent être mis à la charge du pétitionnaire qui a expressément donné son accord, conformément aux dispositions de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le risque d'atteinte à la sécurité publique n'est pas suffisamment caractérisé tel que cela ressort de l'étude de trafic réalisée, que ce risque ne peut concerner les conditions générales de circulation dans le secteur, que c'est à tort que l'avis des services du département indique que les mouvements de tourne-à-droite sont interdits au droit du projet et qu'à supposer qu'un tel risque puisse exister, la commune n'a pas établi qu'il n'est pas possible d'assortir le permis de prescriptions en vue de pallier le risque d'atteinte à la sécurité publique ;
- la demande de substitution de motifs doit être écartée dès lors que, d'une part, une distance minimale de 5 mètres est respectée entre la partie externe du mur des constructions et les voies et emprises publiques en application de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme, un balcon constitue un débordement ponctuel sans liaison avec le sol, et il est possible de soumettre la délivrance du permis de construire sollicité à des prescriptions, d'autre part, la distance séparant le bâtiment A du bâtiment B est d'au-moins 6 mètres conformément à l'article UB 8 du règlement du plan local d'urbanisme, enfin, la pente du rampant est inférieure à la fourchette prévue par l'article UB 11-3 du règlement du plan local d'urbanisme ce qui est rendu nécessaire pour une bonne insertion de la construction dans son environnement en application de ces mêmes dispositions.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 août 2021, le 21 février 2022, le 16 mars 2022, le 29 avril 2022 et le 24 mai 2022, la commune de Claye-Souilly, représentée par Me Bluteau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté dès lors que ce dernier est titulaire d'une délégation conformément à l'arrêté du 4 juin 2020 du maire de la commune, qui a été affiché et publié ;
- le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté dès lors que qu'il comporte une motivation suffisante en droit et en fait ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme doit être écarté dès lors que les travaux prévus constituent des travaux d'extension du réseau et non pas de raccordement, que cette extension présente le caractère d'un équipement public dont le financement ne peut être pris en charge par le pétitionnaire, et qu'elle n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai ces travaux peuvent être financés ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté dès lors que la configuration des lieux incitera les occupants à enfreindre l'interdiction de tourner à gauche afin de rejoindre leur résidence ce qui engendrera un risque élevé d'accidents, que les feux tricolores ne sont pas susceptibles de réguler le trafic routier et donc de faciliter les conditions d'accès des automobilistes occupants et qu'aucune prescription spéciale ne peut assortir le permis de construire sollicité ;
- elle sollicite une substitution de motifs sur le fondement, d'une part, de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les balcons des bâtiments projetés sont implantés à une distance de 4,6 mètres de l'emprise publique alors que ces dispositions exigent une distance minimale de 5 mètres, d'autre part, de l'article UB 8 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la mesure exacte entre les deux bâtiments à construire est de 5,90 mètres alors que ces dispositions exigent une distance minimale de 6 mètres, et enfin de l'article UB 11-3 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la pente du terrasson est d'environ 15°.
Par une lettre du 20 janvier 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 4 février 2022 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 7 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et les observations de Me Gonnet, représentant la société Arconance, et de Me Bessa, représentant la commune de Claye-Souilly.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 juillet 2020, la société Arconance a déposé une demande de permis de construire à fin de construction de deux bâtiments de 71 logements sur un terrain situé 1-3 rue de La Rosée à Claye-Souilly sur les parcelles cadastrées 118 ZA 17, 118 ZA 33 et 118 ZA 34. Par un arrêté du 26 octobre 2020, le maire de Claye-Souilly a refusé de délivrer ce permis de construire. Par un courrier du 18 décembre 2020, la société Arconance a formé à l'encontre de cet arrêté un recours gracieux, qui a été implicitement rejeté par le maire de Claye-Souilly.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. / () ". Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, en prenant en compte les perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Il en résulte qu'un permis de construire doit être refusé lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.
3. Aux termes de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire, d'aménager, ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction, du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne la voirie, l'alimentation en eau, gaz et électricité, les réseaux de télécommunication, l'évacuation et le traitement des eaux et matières usées, l'éclairage, les aires de stationnement, les espaces collectifs, les aires de jeux et les espaces plantés. / Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés et notamment aux opérations réalisées à cet effet en empruntant des voies privées ou en usant de servitudes. / Toutefois, en ce qui concerne le réseau électrique, le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition est redevable de la part de la contribution prévue au troisième alinéa du II de l'article 4 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 (1) relative à la modernisation et au développement du service public de l'électricité, correspondant au branchement et à la fraction de l'extension du réseau située sur le terrain d'assiette de l'opération, au sens de cette même loi et des textes pris pour son application. / L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures. / En cas de classement ultérieur dans la voirie et les réseaux publics, les travaux exigés au titre des équipements propres n'ouvrent pas droit à l'action en répétition prévue à l'article L. 332-30. / L'autorité qui approuve le plan de remembrement peut imposer les mêmes obligations aux associations foncières urbaines de remembrement autorisées ou constituées d'office ". Il résulte de ces dispositions que, pour l'alimentation en électricité, relèvent des équipements propres à l'opération ceux qui sont nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction ou du terrain jusqu'au branchement sur le réseau public d'électricité qui existe au droit du terrain, en empruntant, le cas échéant, des voies privées ou en usant de servitudes, ou, dans les conditions définies au troisième alinéa de l'article L. 332-15, en empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve dans ce dernier cas que le raccordement n'excède pas cent mètres. En revanche, pour l'application de ces dispositions, les autres équipements de raccordement aux réseaux publics d'électricité, notamment les ouvrages d'extension ou de branchement en basse tension, et, le cas échéant, le renforcement des réseaux existants, ont le caractère d'équipements publics.
4. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le maire de Claye-Souilly a considéré, sur le fondement des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, que la commune n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai les travaux de raccordement du projet au réseau électrique pourront être financés. Or, il ressort des pièces du dossier, et en particulier de l'avis émis le 28 juillet 2020 par la société Enedis, que le projet litigieux implique notamment la réalisation de travaux consistant en un allongement de 55 mètres du réseau public de distribution d'électricité avec la fourniture et la pose de câble BT souterrain et la réalisation d'une dérivation souterraine réseaux BT sans terrassement. Les travaux ainsi requis consistent en un simple raccordement à ce réseau d'une longueur de moins de 100 mètres et qui ne concernent pas des équipements publics, en l'absence de création d'ouvrages BT. Ainsi, le raccordement, dont il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier qu'il nécessiterait un renforcement du réseau public d'électricité existant, constitue ainsi un équipement propre du projet dont le financement incombe au pétitionnaire, de sorte que le maire de la commune de Claye-Souilly ne pouvait légalement refuser le permis de construire litigieux pour ce motif. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme est fondé.
5. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
6. Il résulte également de ces dispositions que lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
7. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le maire de Claye-Souilly a fondé son refus sur les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et l'avis défavorable du département, gestionnaire de la voirie départementale desservant le projet. L'avis défavorable de l'agence routière départementale de Meaux-Villenoy est fondé sur la circonstance que seuls les mouvements de tourne-à-droite peuvent être autorisés au droit du projet et que les mouvements de tourne-à-gauche sont interdits ce qui impose aux automobilistes de faire un demi-tour au sud du projet au giratoire qui se trouve à 60 mètres ou bien au Nord du projet, au giratoire qui se trouve à 1 400 mètres et que ces demi-tours sont peu réalistes du fait du trafic très soutenu, voire saturé à certaines heures (22 350 véhicules/jour dont 2 080 poids-lourds). Il ressort des pièces du dossier que le projet de la société Arconance prévoit un accès véhicules qui donne sur la rue de la Rosée, qui est une route départementale à double sens qui traverse la commune du nord au sud, rectiligne, bordée à ses deux extrémités de deux accotements composés d'une partie enherbée et de trottoirs d'environ deux mètres chacun, et d'une largeur de 5 mètres. Si la commune défenderesse soutient que le giratoire situé au nord du projet est situé à 1,40 kilomètre de l'entrée du terrain d'assiette et qu'eu égard aux conditions de circulation, les habitants des logements projetés qui viennent de la commune de Claye-Souilly enfreindront l'interdiction de tourner à gauche, afin d'éviter une perte de temps engendrée par l'obligation d'effectuer un demi-tour au giratoire nord, ce qui est de nature à caractériser un risque pour la sécurité publique, elle n'établit pas l'impossibilité d'édicter des prescriptions spéciales permettant d'accepter le projet, alors que la société pétitionnaire se prévaut de ce qu'il est possible d'installer notamment des balises routières en polyéthylène, ce que la commune ne contredit pas utilement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est fondé.
8. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
9. La commune de Claye-Souilly demande que soient substitués à ceux de la décision attaquée les motifs tirés de la méconnaissance des articles UB 6, UB 8 et UB 11-3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
10. En premier lieu, aux termes de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " () / En secteurs UBa et UBb, les constructions et annexes devront s'implanter à une distance minimale de 5 mètres () ". Aux termes de l'article 1. 3 relatif aux modalités d'application de ce règlement : " pour l'application des articles 6,7 et 8, il convient de considérer la partie externe du mur à l'exclusion des encorbellements, porches, corniches, bandeaux, égouts du toit ou autres débordements ponctuels sans liaison avec le sol ".
11. Si la commune soutient que les balcons se situent à moins de 5 mètres des voies et emprises publiques, il ressort des pièces du dossier que ces balcons doivent être considérés comme des débordements ponctuels sans liaison avec le sol, qui n'ont pas à être pris en compte pour le calcul de la distance mentionnée à l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, il ressort des pièces du dossier que la partie externe du mur à l'exclusion des balcons se situe à au moins 5 mètres des voies et emprises publiques. Par suite, le motif tiré de la méconnaissance de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme ne peut légalement fonder l'arrêté attaqué.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article UB 8 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété : " Deux constructions principales doivent être distantes l'une de l'autre en tout point d'au moins 6 mètres. / () ".
13. Contrairement à ce que soutient la commune de Claye-Souilly, il ressort du plan de coupe et des plans joints à la demande de permis de construire qu'une distance de 6 mètres sépare les deux bâtiments, conformément aux dispositions de l'article UB 8 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le motif tiré de la méconnaissance de l'article UB 8 du règlement du plan local d'urbanisme ne peut légalement fonder l'arrêté attaqué.
14. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article UB 11-3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux aspects extérieurs : " () Toitures : Les toitures de chaque corps de bâtiments principaux ne doivent comprendre que des pans entre 35° et 45°. Toutefois, dans le cas où cela est rendu nécessaire pour une bonne insertion de la construction dans l'environnement : - des pentes différentes peuvent être admises ; - des arrondis de toiture peuvent être admis. / () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que la toiture des deux bâtiments est formée de deux pans comportant chacun un terrasson dont la pente est de 9° et un brisis dont la pente est de 45°. Ainsi si, ainsi que le soutient la commune, la pente du terrasson ne respecte pas les prescriptions de l'article UB 11-3 du règlement du plan local d'urbanisme, il ressort, toutefois, des pièces du dossier que la toiture par sa forme revêt un caractère traditionnel à double pente et s'intègre ainsi aux constructions avoisinantes, ce que le règlement du plan local d'urbanisme de la commune autorise. Par suite, le motif tiré de la méconnaissance de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme ne peut légalement fonder l'arrêté attaqué.
16. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'apparaît, en l'état du dossier, de nature à justifier l'annulation de l'arrêté du 26 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Claye-Souilly a refusé de délivrer à la société Arconance le permis de construire sollicité le 17 juillet 2020 à fin d'édification de deux bâtiments à usage d'habitation sur un terrain sis 1-3 La Rosée, ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
17. Il résulte de ce qui précède que la société requérante est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 octobre 2020 du maire de Claye-Souilly, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
18. Aux termes de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un refus opposé à une demande d'autorisation d'occuper ou d'utiliser le sol ou l'opposition à une déclaration de travaux régies par le présent code a fait l'objet d'une annulation juridictionnelle, la demande d'autorisation ou la déclaration confirmée par l'intéressé ne peut faire l'objet d'un nouveau refus ou être assortie de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme intervenues postérieurement à la date d'intervention de la décision annulée sous réserve que l'annulation soit devenue définitive et que la confirmation de la demande ou de la déclaration soit effectuée dans les six mois suivant la notification de l'annulation au pétitionnaire ".
19. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions précitées de l'article L. 600-2 demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle. L'autorisation d'occuper ou utiliser le sol délivrée dans ces conditions peut être contestée par les tiers sans qu'ils puissent se voir opposer les termes du jugement ou de l'arrêt.
20. Le présent jugement implique seulement, eu égard aux motifs d'annulation retenus que le maire de Claye-Souilly réexamine la demande de permis de construire de la société Arconance en tenant compte de la réalité du risque pour la sécurité publique induit par le projet et, notamment de la possibilité de ne pas s'y opposer en l'assortissant de prescriptions spéciales permettant la prise en compte des exigences résultant de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à cette autorité de réexaminer la demande de permis de construire déposée par la société requérante dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Claye-Souilly la somme de 1 500 euros à verser à la société Arconance, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, les conclusions de ladite commune, partie perdante, doivent être rejetées à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 26 octobre 2020 du maire de Claye-Souilly et la décision implicite de rejet du recours gracieux sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Claye-Souilly de réexaminer la demande de permis de construire de la société Arconance, en tenant compte des motifs du présent jugement, et dans un délai de trois mois à compter de sa notification.
Article 3 : La commune de Claye-Souilly versera à la société Arconance 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Claye-Souilly sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Arconance et à la commune de Claye-Souilly.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026