mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2103678 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LOPEZ RAMIREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 avril 2021, la SCI Said, représentée par Me Lopez Ramirez, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception n° 29470 émis le 10 novembre 2020 par la directrice départementale des finances publiques du Val-de-Marne pour le paiement de la somme de 24 983,97 euros au titre de travaux réalisés d'office ;
2°) la décharger de la somme contestée ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre de perception en litige est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire ;
- la réalisation des travaux faisant l'objet du titre de perception n'a pas été précédée d'une notification préalable en méconnaissance des dispositions de l'article L. 1334-2 du code de la santé publique ;
- le montant des travaux est disproportionné ;
- la somme dont elle est redevable doit être réduite à 5 000 euros en raison du préjudice qu'elle a subi.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mai 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SCI Said ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au préfet de Seine-Saint-Denis qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la santé publique ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cabal,
- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un titre de perception du 10 novembre 2020 émis le 10 novembre 2020 par la directrice départementale des finances publiques du Val-de-Marne, le préfet de Seine-Saint-Denis a mis à la charge de la SCI Said une somme de 24 983,97 euros correspondant aux frais de travaux exécutés d'office sur un immeuble situé 12 allée des Guionnes. Par un courrier du 18 février 2021 reçu le 23 février suivant, la SCI Said a formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de ce titre exécutoire qui a été rejeté le 9 mars 2021 par la directrice départementale des finances publiques du Val-de-Marne. Par la présente requête, la SCI Said doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler le titre de perception du 10 novembre 2020 et de la décharger de la somme précitée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 1334-2 du code de la santé publique, dans sa rédaction alors applicable : " I. Si des revêtements dégradés contenant du plomb à des concentrations supérieures aux seuils définis par arrêté des ministres chargés de la santé et de la construction sont susceptibles d'être à l'origine de l'intoxication du mineur, le représentant de l'Etat dans le département notifie au propriétaire () son intention de faire exécuter sur l'immeuble incriminé, à leurs frais, pour supprimer le risque constaté, les travaux nécessaires, dont il précise, () la nature, le délai dans lesquels ils doivent être réalisés, ainsi que les modalités d'occupation pendant leur durée et, si nécessaire, les exigences en matière d'hébergement. () / A défaut de connaître l'adresse actuelle du propriétaire, du syndicat des copropriétaires ou de l'exploitant du local d'hébergement ou de pouvoir l'identifier, la notification le concernant est valablement effectuée par affichage à la mairie de la commune, ainsi que par affichage sur la façade de l'immeuble. / Dans le délai de dix jours à compter de la notification de la décision du représentant de l'Etat dans le département, le propriétaire ou le syndicat des copropriétaires ou l'exploitant du local d'hébergement peut soit contester la nature des travaux envisagés soit faire connaître au représentant de l'Etat dans le département son engagement de procéder à ceux-ci dans le délai figurant dans la notification du représentant de l'Etat. Il précise en outre les conditions dans lesquelles il assurera l'hébergement des occupants, le cas échéant. Dans le premier cas, le président du tribunal judiciaire statue selon la procédure accélérée au fond () / III.-A défaut de réalisation des mesures et travaux prescrits au terme du délai indiqué dans la notification prévue au premier alinéa du I, le représentant de l'Etat dans le département fait exécuter les mesures et travaux nécessaires aux frais du propriétaire ou du syndicat des copropriétaires ou de l'exploitant du local d'hébergement. L'astreinte prend fin à la date de la notification à ces derniers de l'exécution d'office des mesures et travaux prescrits. ".
3. En outre, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le titre de perception du 10 novembre 2020 émis par le préfet de Seine-Saint-Denis mentionne que la somme de 19 683,07 euros à laquelle s'ajoute une pénalité de 8 %, est due à la suite de la " réalisation de travaux d'office prévus par la loi n° 98-657 du 29 juillet 1998 d'orientation relative à la lutte contre les exclusions et la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique par application des articles L. 1334-2 du code de la santé, de l'article L. 543-2 du code de la construction et de l'habitation (CCH) et de l'article 84 de la loi ALUR (détail en annexe) ". Le détail de la somme à payer est précisé comme suit : " travaux d'office plomb du logement au rez-de-chaussée et véranda du pavillon (famille B) sis 12 allée des Guionnes à Stains (dossier ARS H-18-08-STA -2832-PP1) ; le montant total des travaux est de 19 683.07 TTC (19 366,27 + 316,80) et d'hébergement de 3 450,24 TTC auquel s'ajoute une pénalité de 8 % loi ALUR de 1 850,66 TTC ". Ces informations ont permis à la requérante de connaitre précisément la nature de la créance ainsi que les éléments ayant permis d'en déterminer le montant. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de mention des bases de liquidation de la créance dans le titre de perception contesté doit être écarté.
5. En deuxième lieu, les dispositions de l'article L 1334-2 du code de la santé publique précitées comprennent des dispositions spéciales régissant les conditions dans lesquelles la personne intéressée est mise à même de présenter des observations. Par conséquent, la SCI Said ne peut utilement soutenir que la décision en litige méconnaît l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration. En tout état de cause, alors qu'il résulte tant du titre de perception en litige que du recours préalable formé par la société requérante que l'administration connaissant son adresse, elle n'établit pas ni même n'allègue que la notification par le préfet de Seine-Saint-Denis de son intention de faire exécuter des travaux et de lui accorder un délai de dix jours pour présenter ses observations aurait dû être régulièrement effectuée par affichage en mairie ainsi que par affichage sur la façade de l'immeuble, que cette procédure n'aurait pas été respectée. Il suit de là que les moyens tirés du défaut de notification de l'intention du préfet de faire réaliser des travaux en application de l'article L. 1334-2 du code de la santé publique et de la méconnaissance du contradictoire doivent être écartés.
6. En troisième lieu, les moyens tirés de ce que le montant des travaux est disproportionné et que la somme mise à sa charge doit être ramenée à 5 000 euros en raison du préjudice qu'il prétend avoir subi ne sont pas assortis de précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. En particulier la SCI Said n'établit, ni même n'allègue, que l'immeuble dont elle est propriétaire ne présentait pas de risque d'exposition au plomb, ou, à tout le moins, un risque trop faible pour justifier le montant des sommes engagées par le préfet et dont le remboursement est réclamé par la décision en litige. En tout état de cause, il appartenait à la société requérante, si elle contestait la nature des travaux envisagés, de saisir, en application des dispositions précitées du dernier alinéa du 2° du I. de l'article L. 1334-2 du code de la santé publique, le juge judiciaire, le juge administratif étant incompétent pour connaître de ce litige.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la SCI Said doivent être rejetées. Doivent également être rejetées, par voie de conséquences, ses conclusions à fin de décharge et ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Said est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Said, au préfet de Seine-Saint-Denis et à la directrice départementale des finances publiques du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. C, président,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Cabal, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
Le rapporteur,
P.Y. CABAL
Le président,
M. C
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026