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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2103774

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2103774

jeudi 15 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2103774
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre
Avocat requérantCABINET ALEXIS GUEDJ

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. - Par une requête enregistrée sous le n° 2103774, le 22 avril 2021 et un mémoire, le 18 janvier 2023, Mme B A, représentée par Me Chanlair, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de surseoir à statuer sur sa requête dans l'attente de l'arrêt de la cour d'appel de Paris à intervenir sur son recours contre le jugement du tribunal correctionnel de Meaux du 15 juin 2021 ;

2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 30 mars 2021 par lequel la maire de Méry-sur-Marne l'a révoquée à compter du 1er avril 2021 ;

3°) d'enjoindre à la commune de Méry-sur-Marne de la réintégrer dans les effectifs de la commune, de reconstituer sa carrière et ses droits sociaux de manière rétroactive à compter du 1er avril 2021 dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision par laquelle la maire de Méry-sur-Marne a fixé la rémunération de référence en vue de la détermination de l'allocation de retour à l'emploi ;

5°) d'enjoindre à la commune de Méry-sur-Marne de fixer une nouvelle rémunération de référence, sur une durée de douze mois, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

6°) de mettre à la charge de la commune de Méry-sur-Marne la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de l'arrêté du 30 mars 2021 :

- ont été méconnus les droits de sa défense, son dossier ne comportant ni pièces, ni rapport et elle n'a été informée que d'une partie des griefs fondant la sanction disciplinaire prononcée à son encontre ;

- le rapport de saisine du conseil de discipline n'est pas circonstancié et les pièces produites sont présentées de manière désordonnée, en l'absence d'annotation, des pièces, enfin, étant peu claires ;

- l'arrêté en litige méconnaît l'article 13 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux, le conseil de discipline ayant tenu sa séance dans un délai anormal ;

- des preuves constituées de manière déloyale doivent être écartées ;

- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas constitutifs de fautes disciplinaires, mais révèlent une insuffisance professionnelle de sa part ;

- les griefs retenus ne sont pas établis ;

- la date des faits n'étant pas déterminée, l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires a été méconnu ;

- la sanction de révocation est disproportionnée ;

S'agissant de la décision fixant sa rémunération de base :

- cette décision n'est pas motivée ;

- la procédure contradictoire préalable n'a pas été respectée ;

- la décision en litige méconnaît l'article L. 5422-1 du code du travail ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2022, la commune de Méry-sur-Marne, représentée par Me Guedj, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la fiche UNEDIC ne comportant que des renseignements ne constitue pas une décision administrative faisant grief, susceptible de recours contentieux ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 20 avril 2023, l'instruction a été clôturée le 20 avril 2023.

II. - Par une requête enregistrée sous le n° 2106726, le 15 juillet 2021 et un mémoire le 30 juin 2022, Mme B A, représentée par Me Chanlair, demande au tribunal :

1°) de surseoir à statuer sur sa requête dans l'attente de l'arrêt de la cour d'appel de Paris à intervenir sur son recours contre le jugement du tribunal correctionnel de Meaux du 15 juin 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2021 par lequel la maire de Méry-sur-Marne a prononcé à son encontre une exclusion de ses fonctions pour une durée de vingt-quatre mois à compter du 15 juin 2021 ;

3°) d'enjoindre à la commune de Méry-sur-Marne de lui verser les traitements dont elle a été privée durant son exclusion, et de reconstituer ses droits sociaux dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Méry-sur-Marne la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- ont été méconnus les droits de sa défense, son dossier ne comportant ni pièces, ni rapport et elle n'a été informée que d'une partie des griefs fondant la sanction disciplinaire prononcée à son encontre ;

- le rapport de saisine du conseil de discipline n'est pas circonstancié et les pièces produites sont présentées de manière désordonnée, en l'absence d'annotation, les pièces, enfin, étant peu claires ;

- l'arrêté en litige méconnaît l'article 13 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux, le conseil de discipline ayant tenu sa séance dans un délai anormal ;

- des preuves constituées de manière déloyale doivent être écartées ;

- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas constitutifs de fautes disciplinaires, mais révèlent une insuffisance professionnelle de sa part ;

- les griefs retenus ne sont pas établis ;

- la date des faits n'étant pas déterminée, l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires a été méconnu ;

- la sanction de révocation est disproportionnée.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2022, la commune de Méry-sur-Marne, représentée par Me Guedj, conclut au rejet de la requête et sollicite la mise à la charge de la requérante la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 22 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 mars 2023 à 12 h 00.

Vu :

- l'ordonnance n° 2103820 du juge des référés du tribunal administratif de Melun ;

- les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code du travail ;

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 ;

- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lopa Dufrénot,

- les conclusions de Mme Mentfakh, rapporteure publique,

- et les observations de Me Lhote substituant Me Guedj, représentant la commune de Méry-sur-Marne.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, titulaire du grade d'adjointe administrative principale de 1ère classe, a assuré les fonctions de secrétaire de mairie au sein de la commune de Méry-sur-Marne à compter du 1er janvier 1997. Par un arrêté du 30 mars 2021, la maire l'a révoquée à compter du 1er avril 2021. Par ailleurs, sur le formulaire UNEDIC transmis à l'intéressée, la maire a arrêté sa rémunération de référence en vue de la détermination du montant de l'allocation de retour à l'emploi. Par une ordonnance n° 2103820 du 28 mai 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Melun a suspendu l'exécution de l'arrêté du 30 mars 2021 précité et, par voie de conséquence, la décision ayant fixé la rémunération de référence aux droits au chômage. En exécution de cette ordonnance, par arrêté du 5 août 2021, Mme A a été réintégrée au sein de la collectivité à compter du 28 mai 2021 jusqu'au 14 juin 2021. Par un nouvel arrêté du 10 juin 2021, la maire a prononcé l'exclusion temporaire de Mme A de ses fonctions pour une durée de 24 mois à compter du 15 juin 2021. Par requêtes nos 2103774 et 2106726, Mme A demande, à titre principal, l'annulation des arrêtés des 30 mars 2021 et 10 juin 2021 ainsi que, dans le cadre de la première instance, à titre subsidiaire, la décision de la maire de Méry-sur-Marne ayant fixé sa rémunération de référence afin de déterminer l'allocation de retour à l'emploi. Par jugement du 15 juin 2021 dont elle a fait appel, le tribunal correctionnel de Meaux l'a condamnée des chefs d'escroquerie, d'abus de confiance, de faux, déclaration fausse ou incomplète pour obtenir d'une personne publique ou d'un organisme chargé d'une mission de service public, une allocation, une prestation, un paiement ou un avantage indu aux peines de douze mois d'emprisonnement délictuel avec sursis et une amende délictuelle d'un montant de 5 000 euros.

2. Les requêtes nos 2103774 et 2106726 concernent la situation d'une même fonctionnaire territoriale et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En vertu de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, désormais codifié aux articles L. 533-1 et suivants du code général de la fonction publique, les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. Relèvent du troisième groupe, l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans et du quatrième, la révocation. Selon le même article, le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité territoriale après avis de la commission administrative paritaire siégeant en conseil de discipline. Ce pouvoir est exercé dans les conditions prévues à l'article 19 du titre Ier du statut général. Aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifié aux articles L. 532-1 et suivants du code précité : " () Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier. Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. " En vertu de l'article 90 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, repris aux articles L. 532-8 et suivants du même code, le conseil de discipline est saisi par un rapport de l'autorité territoriale qui précise les faits reprochés et les circonstances dans lesquelles ils ont été commis.

4. En outre, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

5. Il ressort des pièces du dossier que, par un rapport reçu le 5 octobre 2020, la maire de Méry-sur-Marne a saisi le conseil de gestion de Seine-et-Marne, dans la cadre d'une procédure disciplinaire engagée contre Mme A. Ce rapport énumère les griefs retenus à son encontre, le non-respect du temps de travail, des anomalies diverses sur bulletins de salaires portant sur le régime indemnitaire, des heures supplémentaires attribuées à un agent et à elle-même, la prise de congés indus, l'attribution de tickets restaurant durant des congés pour maladie, le dysfonctionnement général du secrétariat de la mairie en l'absence de mise en place de procédure de dématérialisation et des documents et imprimés obsolètes. Sont reprochés à l'intéressée l'absence de dossier administratif des agents, de fiche de poste, de règlement intérieur, de la création de compte épargne temps, de protocole de temps de travail, de feuille de congés annuels, de suivi de médecine préventive pour les agents ainsi que le classement général des documents administratifs dans les armoires, aléatoire, voire inexistant. En outre, sont visés la gestion des photocopies au profit aux administrés, dans des conditions irrégulières alors que des fonds émanant des usagers lui ont été directement remis et le défaut de mise à jour de l'affichage des documents administratifs en mairie. Enfin, lui est reprochée la tenue d'une comptabilité parallèle. A ce rapport étaient jointes des pièces. Le conseil de discipline intercommunal des agents des collectivités locales s'estimant saisie a, par courrier du 16 octobre 2020, informé Mme A de l'ensemble de ses droits. Ultérieurement, la maire a transmis au conseil de disciplinaire un second rapport plus circonstancié daté du 27 novembre 2020. Alors même que des observations ont été présentées pour Mme A devant le conseil de discipline, il ne ressort pas des pièces du dossier que le second rapport lui ait été communiqué. A l'issue de la séance qui s'est tenue le 9 mars 2021, le conseil de discipline a, dans son avis du 4 mai suivant, estimé n'être saisi que des manquements portant sur le dysfonctionnement important du secrétariat de la mairie, le détournement de fonds publics par le paiement illégal d'heures supplémentaires, la prise illégale de réduction du temps de travail (RTT), l'octroi de tickets restaurant non dus et l'existence d'une caisse " noire " en mairie. Et, il a émis un avis favorable à la révocation de l'agente. Or, d'une part, il résulte des termes mêmes de l'arrêté en litige que la maire a fondé la mesure de sanction prononcée sur les manquements énoncés sur le rapport de saisine du conseil de discipline ainsi que les griefs tirés de contrats des agents contractuels irréguliers, d'un logiciel pour les élections inapproprié, du défaut de mise à jour de fichiers électoraux, de numéros d'électeurs erronés, de l'absence de retranscription des comptes rendus des séances du conseil municipal, d'un historique de l'activité réglementaire illisible et inintelligible. Lui sont également reprochés la tenue non-conforme des registres de l'état civil, la gestion informatique des dossiers aléatoire, le fait d'avoir dressé un certificat de parrainage civil pour son chien, la fait de prendre des photographies du bureau du maire sur son temps de travail, des anomalies comptables notamment des frais d'étude n'ayant pas été mouvementés depuis plus de deux ans, des propos mensongers sur la date de célébration d'un mariage et une convention trafiquée le 24 juillet 2020. En se fondant sur les griefs dont il ressort des pièces du dossier que le conseil de discipline n'a pas eu à connaître afin d'émettre son avis, la maire a prononcé une sanction disciplinaire du quatrième groupe à l'issue d'une procédure irrégulière, en méconnaissance de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale. A supposer qu'un tel vice n'a pas été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise, il a privé Mme A d'une garantie.

6. D'autre part, à l'appui de la mesure d'exclusion temporaire de l'exercice des fonctions pour une durée de deux ans prononcée par l'arrêté du 10 juin 2021 attaqué, qui n'a pas eu pour objet, ni pour effet de retirer l'arrêté du 30 mars précédent, la maire de Méry-sur-Marne s'est fondée sur les griefs dont ceux tirés de contrats des agents contractuels irréguliers, de logiciel pour les élections inapproprié, du défaut de mise à jour de fichiers électoraux, de numéros d'électeurs erronés, de l'absence de retranscription des comptes rendus des séances du conseil municipal, d'un historique de l'activité réglementaire illisible et inintelligible, la tenue non-conforme des registres de l'état civil, la gestion informatique des dossiers aléatoire, le fait d'avoir dressé un certificat de parrainage civil pour son chien, le fait prendre des photographies du bureau du maire sur son temps de travail, des anomalies comptables notamment des frais d'étude n'ayant pas été mouvementés depuis plus de deux ans, des propos mensongers sur la date de célébration d'un mariage et une convention trafiquée le 24 juillet 2020 ne sont pas au nombre des manquements au titre desquels le conseil de discipline a été consulté, conformément aux exigences de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. Dès lors, la maire a prononcé une sanction disciplinaire relevant du troisième groupe à l'issue d'une procédure irrégulière, privant la requérante d'une garantie.

7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les conclusions à fin de sursis à statuer et d'examiner les autres moyens des requêtes, Mme A est fondée à demander l'annulation des arrêtés de la maire de Méry-sur-Marne des 30 mars 2021 et 10 juin 2021.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

8. Le présent jugement implique nécessairement que la commune de Méry-sur-Marne procède, d'une part, à la reconstitution de la carrière et des droits sociaux de Mme A à compter du 1er avril 2021 et d'autre part, à la réintégration effective de Mme A dans un emploi équivalent à son grade, dans son cadre d'emploi, ou à défaut d'emploi identique vacant ou si l'emploi dont l'agent a été évincé était un emploi unique, dans l'emploi même qu'elle occupait. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre à la commune d'y procéder dans le délai de trois mois à compter du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés aux litiges :

9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Méry-sur-Marne la somme demandée par Mme A, au titre de ces deux instances. Il n'y a également pas lieu de mettre à la charge de Mme A les sommes réclamées par la commune au même titre, dans ces instances.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté de la maire de Méry-sur-Marne du 30 mars 2021 est annulé.

Article 2 : L'arrêté de la maire de Méry-sur-Marne du 10 juin 2021 est annulé.

Article 3 : Il est enjoint à la commune de Méry-sur-Marne de réintégrer effectivement Mme A dans un emploi équivalent à son grade, dans son cadre d'emploi, ou à défaut d'emploi identique vacant ou si l'emploi dont l'agent a été évincé était un emploi unique, dans l'emploi même qu'elle occupait et de reconstituer sa carrière et ses droits sociaux à compter du 1er avril 2021, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes nos 2103774 et 2106726 de Mme A est rejeté.

Article 5 : Les conclusions de la commune de Méry-sur-Marne présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Méry-sur-Marne.

Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lopa Dufrénot, présidente,

Mme Leconte, conseillère,

Mme Delon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 15 juin 2023.

La présidente rapporteure,

M. LOPA DUFRÉNOT

L'assesseure, la plus ancienne,

S. LECONTE

La greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Nos 21037745

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