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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2103869

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2103869

vendredi 16 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2103869
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantGMR AVOCATS - GRANGE - MARTIN - RAMDENIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 avril 2021 et le 14 mars 2022, Mme B D et Mme C A, représentées par Me Ramdenie, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 décembre 2019 par lequel le maire de la commune de Villevaudé a délivré à la société Technifab un permis de construire un bâtiment industriel avec bureaux, un parc de stationnement et une clôture sur un terrain situé route de Claye / rue des Etangs, lot A à Villevaudé ;

2°) de rejeter les conclusions présentées par la société Technifab au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Villevaudé une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de la société Technifab une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- leur requête n'est pas tardive dès lors que le permis n'a été affiché sur le terrain d'assiette du projet qu'au début du mois de janvier 2021 et, en tout état de cause, l'affichage n'était pas lisible depuis la voie publique, par suite le délai de recours ne leur est pas opposable ;

- elles sont voisines immédiates du terrain d'assiette du projet ce qui leur confère intérêt à agir ;

- les conclusions présentées par la société Technifab au titre des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative sont irrecevables ;

- le terrain d'assiette du projet litigieux est en partie classé en espace boisé classé de sorte que la coupe d'arbres devait être précédée d'une déclaration préalable en application des dispositions de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme et de l'article R. 421-23 du même code prévu en cas de modification des espaces boisés en cas de coupe ou d'abattage ;

- le terrain d'assiette du projet litigieux est en partie classé en espace boisé classé, de sorte que le permis de construire contesté, qui autorise des travaux sur cette partie, méconnaît les dispositions de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme ;

- le permis de construire contesté méconnaît les dispositions des articles A 1 et A 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé dès lors que le projet litigieux ne fait pas partie des occupations et constructions admises au sein de la zone A ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UX 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé dès lors que l'accès au terrain d'assiette présente un risque pour la sécurité des usagers en ce qu'il se situe dans l'axe d'un terre-plein central et à proximité de deux voies très empruntées ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UX 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé et celles de l'article 8.3 du plan de prévention des risques naturels mouvement de terrain de la commune de Villevaudé dès lors que le terrain d'assiette du projet se situe en zone d'assainissement non collectif et que, par suite, le projet doit prévoir l'évacuation des eaux pluviales par épandage ;

- la société pétitionnaire n'est pas fondée à former des conclusions au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme dès lors qu'aucun comportement abusif ne peut être reproché aux requérantes ;

- le prononcé d'une amende pour recours abusif serait injustifié en l'absence de caractère abusif de leur recours.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 novembre 2021, la société Technifab, représentée par Me Morandi, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, au rejet de la requête, et à ce que la somme de 10 000 euros soit mise à la charge des requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est tardive dès lors qu'elle a été formée postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux, et au surplus après l'expiration du délai raisonnable d'un an ;

- les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.

Par un mémoire distinct enregistré le 4 novembre 2021, la société Technifab, représentée par Me Morandi, demande au tribunal de condamner solidairement les requérantes à lui verser la somme de 50 000 euros sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ou, à défaut, à la condamnation de chacune des requérantes à verser une somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- ses conclusions indemnitaires sont recevables dès lors qu'elles sont présentées par mémoire distinct ;

- elles sont fondées dès lors que ce recours contentieux n'a été introduit que pour nuire à la réalisation des travaux et traduit un comportement abusif.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 novembre 2021, la commune de Villevaudé, représentée par Me Trennec, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, au rejet de la requête, et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est tardive dès lors qu'elle a été formée plus d'un an après le premier jour d'affichage du permis de construire sur le terrain d'assiette du projet ;

- les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.

Par une lettre du 4 mars 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 1er avril 2022 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 24 mai 2022.

Les parties ont été informées, le 15 janvier 2024, qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal était susceptible de surseoir à statuer pendant un délai de six mois pour les motifs suivants :

- le permis de construire contesté méconnaît les dispositions des articles L. 113-1 et R. 421-23 du code de l'urbanisme dès lors qu'il était subordonné à la délivrance d'une décision de non-opposition à déclaration préalable autorisant la coupe ou l'abattage d'arbres en secteur boisé classé ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme dès lors qu'il autorise des travaux qui emportent un changement d'affectation ou un mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation et la protection de l'espace boisé classé présent sur la parcelle ZA 400 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UX 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé et de l'article 8.3 du plan de prévention des risques naturels mouvement de terrain de la commune de Villevaudé en ce qui concerne l'évacuation des eaux pluviales et le ruissellement dès lors que le terrain d'assiette du projet se situe en zone d'assainissement non collectif et que par suite le projet doit prévoir l'évacuation des eaux pluviales par épandage ;

- il méconnaît les dispositions des articles A 1 et A 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé dès lors que les constructions projetées sur la parcelle ZA 398 située en zone A ne font pas partie des occupations et utilisations du sol admises au sein de cette zone.

Des observations ont été enregistrées pour la société Technifab le 22 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dutour, conseillère,

- les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique,

- et les observations de Me Bourdin, représentant les requérantes.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 17 décembre 2019, le maire de la commune de Villevaudé a délivré à la société Technifab un permis de construire un bâtiment industriel avec bureaux, un parc de stationnement et une clôture pour une surface de plancher de 3 025 m2 sur un terrain situé route de Claye / rue des Etangs, lot A, à Villevaudé, parcelles voisines de celles dont les requérantes sont propriétaires indivis. Par un courrier du 1er février 2021, reçu le lendemain, Mme D et Mme A ont formé à l'encontre de cette décision un recours gracieux, qui a été rejeté implicitement par le maire de Villevaudé par une décision du 2 avril 2021. Par la présente requête, Mme D et Mme A demandent l'annulation de l'arrêté du 17 décembre 2019.

Sur la fin-de-non-recevoir opposée en défense :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. () / Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme règle le contenu et les formes de l'affichage ".

3. D'autre part, aux termes de l'article A. 424-18 du code de l'urbanisme : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier ". Aux termes de l'article A. 424-16 du même code : " Le panneau prévu à l'article A. 424-1 (1) indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, la date et le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : / a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; / b) Si le projet porte sur un lotissement, le nombre maximum de lots prévus ; / c) Si le projet porte sur un terrain de camping ou un parc résidentiel de loisirs, le nombre total d'emplacements et, s'il y a lieu, le nombre d'emplacements réservés à des habitations légères de loisirs ;/ d) Si le projet prévoit des démolitions, la surface du ou des bâtiments à démolir ". Enfin, aux termes de l'article A. 424-17 de ce même code : " Le panneau d'affichage comprend la mention suivante : / " Droit de recours : / Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du présent panneau (art. R. 600-2 du code de l'urbanisme). / Tout recours administratif ou tout recours contentieux doit, à peine d'irrecevabilité, être notifié à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. Cette notification doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du recours (art. R. 600-1 du code de l'urbanisme) " ". Il résulte de ces dispositions que l'affichage du permis de construire sur le terrain d'assiette de la construction autorisée doit être effectué de telle façon que les mentions qu'il comporte soient lisibles de la voie publique ou, lorsque le terrain n'est pas desservi par une voie publique, d'une voie privée ouverte à la circulation du public.

4. La commune de Villevaudé et la société Technifab opposent une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 17 décembre 2019. S'il ressort des trois constats d'huissier dressés par Me Doniol les 17 décembre 2019, 17 janvier 2020 et 21 février 2020, produits par la société pétitionnaire et non utilement contestées par les requérantes, que l'affichage du permis, qui comportait les voies et délais de recours, a été continu sur le terrain d'assiette du projet pendant une période de deux mois, ainsi que l'exigent les dispositions précitées du code de l'urbanisme, il ne ressort, toutefois, pas des photos jointes à ces constats d'huissier que cet affichage, trop éloigné de la voie publique, était lisible depuis cette voie. Par suite, le délai de recours à l'encontre du permis de construire contesté n'était pas opposable aux tiers et le recours gracieux formé à son encontre par les requérantes le 2 février 2021 n'était pas tardif. Il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions dirigées contre l'arrêté du 17 décembre 2019 doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance des articles R. 431-23, L. 113-1 et L. 113-2 du code de l'urbanisme :

5. Aux termes de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements ". L'article L. 113-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. / () ". Aux termes de l'article R. 421-23 du même code : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable les travaux, installations et aménagements suivants : () / g) Les coupes et abattages d'arbres dans les bois, forêts ou parcs situés sur le territoire de communes où l'établissement d'un plan local d'urbanisme a été prescrit, ainsi que dans tout espace boisé classé en application de l'article L. 113-1 ; () ".

6. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'une partie de la parcelle ZA 400 est classée en espace boisé classé par le règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé. D'autre part, il ressort des plans de masse joints au dossier de demande de permis de construire que le projet prévoit d'y réaliser des places de stationnement, une voie de circulation, un mur de clôture et un bassin de rétention sous chaussée. Dès lors, le permis de construire contesté emporte un changement d'affectation ou un mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation et la protection de ces boisements au sens de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme. En outre, la société pétitionnaire n'a déposé aucune déclaration préalable à la demande de permis de construire pour la coupe et l'abattage des arbres et arbustes de cet espace boisé classé. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 113-1, L. 113-2 et R. 421-23 du code de l'urbanisme doivent être accueillis.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles A 1 et A 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé :

7. Aux termes des dispositions de l'article A 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé : " Sont interdits dans la zone A : / () Les constructions à destination d'activité industrielle ne respectant pas les conditions de l'article A 2 ; / () Les constructions à destination de bureau ne respectant pas les conditions de l'article A 2 ; (). " Aux termes des dispositions de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé : " Sont soumis à condition en zone A : / Les constructions à destination d'habitat à condition d'être liées et nécessaires à une activité agricole ou forestière existante à la date d'approbation du présent PLU, et dans la limite de 150 m² de superficie de plancher. / Les extensions des constructions à destination d'habitat, existantes et régulièrement édifiés à la date d'approbation du PLU et la construction d'annexes à condition de ne pas compromettre la qualité paysagère du site et/ou l'activité agricole. Les annexes devront être implantées dans un rayon de 15 mètres maximum d'une construction existante. / Les installations classées pour la protection de l'environnement à condition qu'elles ne génèrent pas de périmètre de protection affectant une zone urbaine ou une zone à urbaniser à vocation d'habitat. / Dans une bande de 10 mètres mesurée de part et d'autre des cours d'eau, les nouvelles constructions, les extensions des constructions, les remblais, les affouillements et les exhaussements de toute nature à condition d'être liée à la gestion et à l'entretien des cours d'eau et/ou un équipement public ou collectif lié à la gestion des réseaux. / Les affouillements et exhaussements des sols sous réserve qu'ils soient liés à la réalisation des occupations et utilisations du sol admises dans la zone ".

8. D'une part, il est constant que la parcelle ZA 398 est classée en zone A. D'autre part, il ressort des plans de masse et de la notice architecturale joints au dossier de demande de permis de construire que les travaux projetés sur cette parcelle consistent en la réalisation d'un bassin de rétention sous chaussée, d'un local poubelles, de places de stationnement et de circulations en enrobé et de la construction d'un mur de clôture. En outre, il ressort du plan de coupe que cette parcelle sera exhaussée pour la réalisation des places de stationnement. Dans ces conditions, les travaux autorisés par le permis de construire contesté, qui a pour objet principal d'autoriser une construction à vocation industrielle sur la parcelle ZA 398, ne peuvent être regardés comme liés à la réalisation des occupations et utilisations du sol admises dans la zone au sens des dispositions des articles précités du plan local d'urbanisme. Par suite, ce moyen doit être accueilli.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UX 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé :

9. Aux termes des dispositions de l'article UX 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé : " Pour être constructible, un terrain doit avoir un accès direct à une voie publique ou privée ouverte à la circulation automobile et en état de viabilité. Les caractéristiques des voies doivent répondre aux normes en vigueur exigées par les services de la sécurité, de la défense contre l'incendie, de la protection civile et du ramassage des ordures ménagères. / Les accès ne doivent pas présenter un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques et privées ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée au regard : / de la position des accès, / de leur configuration, / de la nature et de l'intensité du trafic, / de la destination des constructions et des aménagements () ".

10. Les requérantes soutiennent que l'accès au projet prévu présente un risque pour la sécurité des usagers dès lors qu'il se situe dans l'axe d'un terre-plein central, ce qui rendra dangereuses l'entrée et la sortie des poids lourds et qu'en outre, le projet se situe à proximité de l'autoroute A 104 et est desservi par la route de Claye, lesquelles sont deux axes très empruntés. Toutefois, Mme D et Mme A n'apportent pas d'éléments suffisants pour démontrer la dangerosité de l'accès au projet. Par suite, l'arrêté de permis de construire contesté ne méconnaît pas les dispositions de l'article UX 3 du plan local d'urbanisme de Villevaudé.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UX 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé et de l'article 8.3 du règlement du plan de prévention des risques naturels mouvement de terrain de la commune de Villevaudé applicable en zone bleue :

11. Aux termes des dispositions de l'article UX 4 du règlement du plan local d'urbanisme de Villevaudé : " Les aménagements réalisés sur un terrain ne doivent pas faire obstacle au libre écoulement des eaux pluviales (articles 640 et 641 du Code Civil). Le rejet de ces eaux en milieu naturel doit faire l'objet d'une autorisation des services compétents. / Les eaux pluviales des constructions nouvelles et du ruissellement des espaces imperméabilisés, devront mettre en œuvre des techniques d'infiltration et de rétention des eaux avec des rejets limités dans le réseau, lorsqu'il existe et que ses capacités sont suffisantes. Dans le cas contraire, le traitement des eaux pluviales devra être réalisé intégralement au sein de l'unité foncière avec rejets limités éventuels vers un émissaire naturel. / Ce rejet n'excédera pas un débit de 1 litre par seconde par hectare pour la pluie d'occurrence décennale sur l'ensemble du territoire de la commune, avec un minimum technique de 5 litres par seconde. / Le respect de cet objectif de régulation devra être justifié techniquement. / En secteurs soumis au risque mouvement de terrain - Servitude d'Utilité Publique - Voir Règlement du plan de prévention des risques naturels mouvement de terrain ". Aux termes de l'article 8.3 du règlement du plan de prévention des risques naturels mouvement de terrain applicable en zone bleue : " Prescriptions relatives aux équipements des constructions et installations futures. / En zone d'assainissement non collectif, les évacuations d'eaux pluviales par le sol avec épandage doivent se faire sur une surface au minimum égale à la surface imperméabilisée. / En zone d'assainissement collectif, les écoulements d'eaux usées et d'eaux pluviales des constructions, installations et activités futures, y compris les extensions du bâti existant, seront obligatoirement raccordés aux réseaux correspondants ".

12. Les parcelles ZA 400 et ZA 398 qui constituent le terrain d'assiette du projet sont situées en zone bleue du plan de prévention des risques naturels mouvement de terrain de la commune de Villevaudé, ainsi qu'en zone d'assainissement non collectif. Il en résulte que le projet autorisé est soumis à l'obligation d'évacuer ses eaux pluviales par épandage sur une surface au minimum égale à la surface imperméabilisée. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, le projet litigieux prévoit le rejet des eaux pluviales au sein du fossé qui longe la route de Claye, lequel ne peut pas être assimilé à un réseau collectif de collecte des eaux pluviales et que, d'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier de demande de permis de construire que les eaux pluviales seront évacuées par épandage. Par suite, l'arrêté de permis de construire contesté méconnaît les dispositions de l'article UX 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé et de l'article 8.3 du règlement du plan de prévention des risques naturels mouvement de terrain applicable en zone bleue.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

13. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

14. Il résulte de tout ce qui précède que les requérantes sont seulement fondées à soutenir que le projet autorisé méconnaît les dispositions des articles L. 113-1, L. 113-2 et R. 421-23 du code de l'urbanisme, les dispositions des articles A 1 et A 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé et les dispositions de l'article UX 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé et de l'article 8.3 du plan de prévention des risques naturels mouvement de terrain pour les motifs exposés aux points 6, 8 et 12. Les parties ayant été informées de ce que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, il y a lieu de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de la notification au tribunal d'un permis de construire modificatif délivré à la société Technifab par le maire de Villevaudé régularisant les vices précités. Il y a lieu de réserver tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'a pas été expressément statué par ce jugement, jusqu'en fin d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : Avant de statuer sur les conclusions des requérantes tendant à l'annulation du permis de construire délivré à la société Technifab le 19 décembre 2019, il est sursis à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de la notification au tribunal d'un permis de construire modificatif délivré à la société Technifab par le maire de Villevaudé régularisant les vices tenant à la méconnaissance des dispositions des articles L. 113-1, L. 113-2 et R. 421-23 du code de l'urbanisme, des dispositions des articles A 1 et A 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé et des dispositions de l'article UX 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villevaudé et de l'article 8.3 du plan de prévention des risques naturels mouvement de terrain.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à Mme C A, à la société Technifab et à la commune de Villevaudé.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Blanc, conseillère,

Mme Dutour, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.

La rapporteure,

L. DUTOURLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

V. GUILLEMARD

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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