vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2103920 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 avril 2021, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 mars 2021 par lequel le maire de Nanteuil-les-Meaux s'est opposé à la déclaration préalable déposée en vue de l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée section ZD n°68 située chemin des Closeaux à Nanteuil-les-Meaux ;
2°) d'enjoindre au maire de Nanteuil-les-Meaux de lui délivrer une décision de non-opposition dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nanteuil-les-Meaux une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente dès lors qu'aucun arrêté de délégation de signature autorisant Mme A à signer l'arrêté litigieux n'a été publié ;
- il méconnaît l'autorité de la chose jugée attachée à l'ordonnance du 4 février 2021 du juge des référés en opposant le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet n'est pas de nature à impacter l'activité agricole dans des proportions telles qu'elles le rendaient incompatibles avec le caractère agricole de la zone ; en outre, le projet n'est pas davantage de nature à porter atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages.
La requête a été communiquée à la commune de Nanteuil-les-Meaux qui n'a pas produit de mémoire en défense malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 26 octobre 2021.
Par une lettre du 4 mars 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 1er avril 2022.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 24 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jeannot,
- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 2 octobre 2020, la société Free Mobile a déposé une déclaration préalable en vue de l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée section ZD n°68 située chemin des Closeaux à Nanteuil-les-Meaux. Par un premier arrêté du 6 octobre 2020, le maire de Nanteuil-les-Meaux s'est opposé à la déclaration préalable présentée par la société Free Mobile. Par un jugement n° 2010182 du 28 octobre 2022 devenu définitif, le tribunal a annulé l'arrêté du maire de Nanteuil-les-Meaux du 6 octobre 2020. Par un second arrêté du 2 mars 2021, le maire de Nanteuil-les-Meaux s'est opposé à la déclaration préalable présentée par la société Free Mobile au motif que le projet méconnaît les dispositions de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme. Par la présente requête, la société Free Mobile demande l'annulation de cet arrêté du 2 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale après la date de publication de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal ". Aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales alors en vigueur : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'État dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () ".
3. La société requérante soutient que Mme A ne peut se prévaloir d'une délégation de signature l'habilitant à prendre la décision attaquée dès lors qu'aucun arrêté de délégation de signature autorisant Mme A à signer l'arrêté litigieux n'a été publié. La commune de Nanteuil-les-Meaux n'a pas produit de mémoire en défense dans la présente instance malgré la mise en demeure qui lui a été adressée en ce sens par le tribunal, ni de délégation de signature, alors que la seule qualité d'adjointe au maire ne suffit pas à conférer à l'intéressée la compétence pour signer l'arrêté contesté. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être accueilli.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Et aux termes de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme : " () Sont admis sous réserve : () / Les constructions et installations nouvelles à condition d'être () / Nécessaires aux services publics ou ayant un caractère d'intérêt général et les habitations nécessaires à la présence de personnel de surveillance de ces installations, dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière dans l'unité foncière où elles sont implantées et qu'elles ne portent pas atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages ". Il résulte de ces dispositions qu'en zone agricole, sont admises les constructions et installations nouvelles nécessaires aux services publics ou ayant un caractère d'intérêt général dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière dans l'unité foncière où elles sont implantées et qu'elles ne portent pas atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages.
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet de la société requérante, qui constitue un ouvrage nécessaire au fonctionnement d'un service d'intérêt général, est implanté au sein d'un vaste espace agricole ne présentant pas un intérêt paysager marqué. D'autre part, la commune de Nanteuil-les-Meaux n'apporte aucun élément de nature à établir que le pylône et sa clôture de protection, qui ne représentent qu'une surface très limitée de l'ordre de 20 m², remettraient en cause la vocation de la zone agricole où ils se trouvent implantés ou l'utilisation des terrains s'y trouvant à des fins agricoles. Enfin, l'impact visuel sera limité dès lors qu'a été retenue l'option d'un pylône de type treillis et que ce secteur de la commune est principalement classé en zone agricole. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué ne pouvait se fonder sur les dispositions de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme pour s'opposer au projet litigieux. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être accueilli.
6. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme (), la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation (), en l'état du dossier ". Pour l'application de ces dispositions, aucun autre moyen n'est de nature à justifier l'annulation l'arrêté du 2 mars 2021.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 2 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ".
9. Compte tenu des circonstances de l'espèce, en particulier des refus successifs opposés à la déclaration préalable de la société Free Mobile, de ce qu'aucun autre motif susceptible de fonder un refus d'autorisation n'est invoqué par la commune et des motifs du présent jugement, il y a lieu d'enjoindre au maire de Nanteuil-les-Meaux de délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée par la société Free Mobile le 2 octobre 2020 pour l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée section ZD n°68 située chemin des Closeaux à Nanteuil-les-Meaux dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
10. Il y a lieu, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de la commune de Nanteuil-les-Meaux la somme de 1 500 euros à verser à la société requérante au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Nanteuil-les-Meaux du 2 mars 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Nanteuil-les-Meaux de délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée le 2 octobre 2020 par la société Free Mobile à fin d'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée section ZD n° 68 située chemin des Closeaux à Nanteuil-les-Meaux dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Nanteuil-les-Meaux versera à la société Free Mobile une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Free Mobile et à la commune de Nanteuil-les-Meaux.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
La rapporteure,
F. JEANNOTLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026