mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2104473 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | JORION AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2021, M. C B, représenté par le cabinet Jorion avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté 21 U 203 du 27 avril 2021 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a, au nom de l'Etat, ordonné l'interruption des travaux entrepris sur la parcelle cadastrée section V n° 232 située 63 rue Emile Boutrais (Fontenay-sous-Bois) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est entaché d'un défaut de motivation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que son édiction n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- il est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur de droit dès lors qu'il disposait d'un permis de construire tacite.
Par un mémoire enregistré le 8 octobre 2021, la commune de Fontenay-sous-Bois, représentée par le cabinet Lonqueue - Sagalovitsch - Eglie-Richters et associés, a présenté des observations. Elle conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 août 2023, la préfète du Val-de-Marne conclut au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle soutient que la délivrance de nouveaux permis de construire a rendu sans objet la requête tendant à l'annulation de l'arrêté interruptif de travaux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cabal,
- les conclusions de M. Grand rapporteur public,
- et les observations de Me Krasniqi, représentant la commune de Fontenay-sous-Bois.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé une demande de permis de construire afin de procéder à l'extension et à la surélévation d'une maison individuelle sur une parcelle cadastrée section V n° 232 située 63 rue Emile Boutrais (Fontenay-sous-Bois). Par un courrier du 2 avril 2021, le maire de Fontenay-sous-Bois a mis en demeure l'intéressé d'interrompre les travaux. Un procès-verbal d'infraction a été dressé le 13 avril 2021. Par un arrêté 21 U 203 du 27 avril 2021, le maire de Fontenay-sous-Bois a, au nom de l'Etat, ordonné l'interruption des travaux. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par la préfète du Val-de-Marne :
2. En l'espèce, la préfète du Val-de-Marne ne saurait utilement se fonder sur l'arrêté 21 U 471 du maire de Fontenay-sur-Bois portant arrêté de l'arrêté interruptif de travaux n° 21 U 251 du 28 mai 2021 dès lors qu'il concerne un projet de travaux portant sur une autre parcelle, en l'occurrence la parcelle cadastrée section V n° 231 et présenté par une personne tierce. En tout état de cause, quand bien-même le maire de Fontenay-sous-Bois aurait abrogé l'arrêté litigieux du 27 avril 2021, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté d'interruption de travaux n'aurait pas reçu exécution pendant la période où il était en vigueur. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer que la préfète du Val-de-Marne oppose contre l'arrêté d'interruption des travaux du 27 avril 2021 doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. D'une part, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () / f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ".
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun est de : () / b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes ". L'article R. 424-1 du même code dispose qu'" à défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : () / b) Permis de construire, permis d'aménager ou permis de démolir tacite. ". Aux termes de l'article R. 423-22 de ce code : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41. ". Aux termes de l'article R. 423-38 de ce code : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes. ". Selon L'article R. 423-39 de ce code : " l'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : / a) Que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; / b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; / c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie ". L'article R. 423-41 du même code dispose qu'" une demande de production de pièce manquante notifiée après la fin du délai d'un mois prévu à l'article R. 423-38 ou ne portant pas sur l'une des pièces énumérées par le présent code n'a pas pour effet de modifier les délais d'instruction définis aux articles R. 423-23 à R. 423-37-1 et notifiés dans les conditions prévues par les articles R. 423-42 à R. 423-49. ". Il résulte de ces dispositions que si le dossier de demande d'autorisation d'urbanisme ne comprend pas l'ensemble des informations mentionnées au a et b de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme ou comprend des informations manifestement erronées, il ne peut être réputé complet pour faire courir le délai d'instruction dès lors que l'administration a, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur les pièces à compléter sans toutefois pouvoir exiger la production de documents non prévus par la réglementation
5. Enfin, aux termes de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme : " Dans le cas de constructions sans permis de construire ou d'aménagement sans permis d'aménager, ou de constructions ou d'aménagement poursuivis malgré une décision de la juridiction administrative suspendant le permis de construire ou le permis d'aménager, le maire prescrira par arrêté l'interruption des travaux ainsi que, le cas échéant, l'exécution, aux frais du constructeur, des mesures nécessaires à la sécurité des personnes ou des biens ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire a été reçu par la commune de Fontenay-sous-Bois le 17 novembre 2020 et que le maire de la commune a adressé, le 27 novembre 2020, une demande de pièces complémentaires au pétitionnaire portant sur la production de l'attestation de réalisation d'une étude en application du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme et sur l'indication des points de prises de vue sur les pièces PCMI 1 et PCMI 2 en application du d) de l'article R. 431-10 du même code. Le requérant n'établit pas, ni même n'allègue, que cette demande serait injustifiée au regard de la nature des travaux projetés.
7. Si M. B soutient ne pas avoir reçu cette demande dans le délai d'un mois à compter de l'enregistrement de sa demande, il ressort de ces mêmes pièces que, par un courriel daté du 7 décembre 2020, M. D E, maître d'œuvre du projet, a indiqué envoyer " les pièces demandées (). Les lieux de prise de vue sont indiqués avec les numéros de pièce (). L'attestation est signée ". Ce dernier a, en outre, établi une attestation sur l'honneur le 11 mai 2021 précisant que : " en date des 7 et 8 décembre, un dépôt de pièces complémentaires () a été fait par mail et au secrétariat physiquement à la suite de la demande de M. G et des services d'urbanisme de Fontenay-sous-Bois ". Dès lors, et malgré le caractère illisible de l'accusé de réception produit en défense, M. B doit être regardé comme ayant reçu cette demande au plus tard le 7 décembre 2020, soit moins d'un mois suivant la réception de sa demande de permis de construire. Dans ces conditions, l'intéressé disposait d'un délai de trois mois pour produire les pièces demandées, soit jusqu'au 7 mars 2021.
8. Il ressort des pièces du dossier déposé par l'intéressé auprès de la commune de Fontenay-sous-Bois, et enregistré le 24 décembre 2020, que si M. B a intégré les points de prise de vue demandées sur les plans PCMI 1 et PCMI 2, il n'a pas produit l'attestation de réalisation de l'étude prévue au f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme. Il suit de là, et en en application du b) de l'article R. 423-39 du code de l'urbanisme précité, qu'en l'absence de production de toutes les pièces demandées dans un délai de trois mois, une décision implicite de rejet de la demande de permis de construire est née le 7 mars 2021.
9. Il résulte de ce qui précède qu'à la date de la décision attaquée, les travaux ont été entrepris sans le permis de construire requis. Dans ces conditions, le maire de Fontenay-sous-Bois était tenu de les interrompre en application des dispositions du dixième alinéa de l'article L. 480-2 de ce code. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur de fait ne peuvent qu'être écartés. De même, dès lors que le maire de Fontenay-sous-Bois était en situation de compétence liée pour prescrire l'interruption des travaux qui ont été entrepris sans le permis de construire requis, les moyens tirés du défaut de motivation et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui sont inopérants, ne peuvent qu'être écartés.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois qui n'a pas, en tout état de cause, la qualité de partie perdante dans la présente instance. Les conclusions présentées par la commune de Fontenay-sous-Bois qui, dans la présente instance, a la qualité d'observateur et non celle de partie au litige au sens des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Fontenay-sous-Bois tendant au versement d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la préfète du Val-de-Marne et à la commune de Fontenay-sous-Bois.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. F, président,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Cabal, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
Le rapporteur,
P.Y. CABAL
Le président,
M. F
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026