vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2104602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MIROITE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2021, M. C A, représenté par Me Miroite, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 avril 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de le rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif à compter d'avril 2021, dans un délai de trois jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de
50 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
4°) en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Miroite, son conseil, de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat ;
5°) à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît les articles L. 744-1 et D. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans la mesure où il était en possession d'une attestation de demande d'asile valide lors de sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
- le directeur de l'OFII n'a pas procédé à l'examen de sa situation personnelle et de sa vulnérabilité, et à ce titre, méconnaît les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur dans la matérialité des faits dès lors qu'il a toujours respecté les obligations qui lui étaient imparties et que l'OFII ne rapporte pas la preuve contraire ;
- elle est également entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2021/004615 du 21 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan né le 6 mai 1995 à Baghlan (Afghanistan), a présenté une demande d'asile le 11 juillet 2018 et a accepté, le même jour, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par des arrêtés du 27 septembre 2018, le préfet de l'Essonne a décidé de son transfert vers les autorités allemandes, responsables de sa demande d'asile, et l'a assigné à résidence. L'intéressé n'a pas répondu à la convocation des autorités le jour prévu pour son transfert vers l'Allemagne. Par une décision du 22 janvier 2019, les services de l'OFII ont notifié à M. A, déclaré en fuite, la suspension de ses conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas respecté son obligation de se présenter aux autorités chargées de l'asile. A l'expiration du délai de transfert, M. A s'est vu délivrer, le 30 octobre 2020, une attestation de demande d'asile selon la procédure normale. Le 4 novembre 2020, il a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Le 4 décembre 2020, le directeur général de l'OFII a rejeté sa demande. Le 27 avril 2021, il a, une seconde fois, sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 28 avril 2021 dont M. A demande l'annulation, le directeur général de l'OFII lui a, une nouvelle fois, refusé le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Si M. A sollicite, dans le cadre de sa requête, son admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il ressort des pièces du dossier que son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été prononcée par une décision du président du bureau de l'aide juridictionnelle en date du 21 juillet 2021. Dès lors, ses conclusions tendant à ce que le tribunal l'admette à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet et il n'y a, par suite, pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par une décision n° INTV2005675S du 24 février 2020, régulièrement publiée sur le site internet de l'OFII le même jour, le directeur général de l'OFII a donné délégation à M. B, directeur territorial de Créteil, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entachée la décision contestée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, d'une part, l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispose que les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile " sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile () ". Aux termes de l'article
L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction résultant de la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015, applicable à l'espèce : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil / () ". L'article R. 744-14 du même code précise que : " L'appréciation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est effectuée par les agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en application de l'article
L. 744-6, à l'aide d'un questionnaire dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de l'asile et de la santé. / () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 744-8 du même code, dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile, applicable au litige dès lors que M. A a bénéficié des conditions matérielles le 11 juillet 2018 : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile () n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () ".
6. Il résulte des dispositions précédemment citées que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le directeur général de l'OFII a fait une inexacte application des articles L. 744-1 et D. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui refusant le rétablissement des conditions matérielles d'accueil alors qu'il était à nouveau titulaire d'une attestation de demande d'asile.
7. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur général de l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant et de sa vulnérabilité, alors qu'il disposait du courrier du 27 avril 2021 adressé par l'avocat du requérant exposant la situation de M. A, du compte rendu de l'entretien organisé le 11 juillet 2018 lors de l'enregistrement de la demande d'asile ainsi que des avis du médecin de l'OFII des
23 novembre 2020 et 27 avril 2021.
8. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a été considéré en fuite par les services de la préfecture à la suite de son absence de présentation à l'embarquement de son vol à destination de l'Allemagne qui était prévu le 20 décembre 2018, et qu'il ne justifie pas des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté cette obligation. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il a toujours respecté ses obligations, et notamment celle de se présenter aux convocations des autorités.
9. En cinquième et dernier lieu, M. A se prévaut d'une dégradation de son état de santé physique et mentale depuis sa précédente demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil et justifie de plusieurs consultations médicales entre janvier et avril 2021. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que le 23 novembre 2020 le médecin de l'OFII a rendu un avis selon lequel le requérant était, au regard de son état de santé, prioritaire au niveau 1 pour un hébergement, sans caractère d'urgence et que le 27 avril 2021, le médecin de l'OFII, après examen des nouvelles pièces médicales fournies par le requérant, a maintenu son précédent avis relatif à la vulnérabilité de M. A, n'estimant pas devoir le modifier. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le directeur de l'OFII a fait une appréciation erronée de sa vulnérabilité et que sa décision méconnaît les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Aurore Perrin, première conseillère,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
La rapporteure,
F. BouchetLe président,
T. Gallaud
La greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026