vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2104714 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET ARVIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 mai 2021, M. C B, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet du 18 mars 2021 par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de protection fonctionnelle ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 35 000 euros, à parfaire, majorée des intérêts de droit à compter de la date de réception de la demande préalable et de la capitalisation des intérêts ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, ou à tout le moins de réexaminer sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant des fautes commises par l'administration :
- l'administration a commis des agissements constitutifs de harcèlement moral, portant atteinte à sa dignité, une " mise au placard " et dégradant ses conditions de travail ;
- à compter de sa prise de poste, il a été privé de toutes les responsabilités afférentes à son grade, sa hiérarchie, sous prétexte de le préserver, l'ayant écarté des fonctions de chef de bord lors des patrouilles pendant une période minimale de six mois ;
- l'administration l'a affecté dans un service dans lequel elle savait qu'il ne serait pas le bienvenu ;
- à compter de sa prise de fonction en juillet 2018, il a été isolé dans un petit local, seul, sans ouverture sur l'extérieur, et affecté aux plaintes sans formation, dans le cadre de ces fonctions, il a été contraint d'effectuer des journées de plus de douze heures et a fait l'objet de moqueries de la part de ses collègues et supérieurs, avec une occurrence d'interruption de son travail par la Capitaine A ;
- le 21 août 2019, il a été convoqué par la Capitaine A et le Commissaire Ballet qui ont formulé des reproches à son encontre quant à travail et lui ont par la suite, lors d'une intrusion dans son bureau déclaré " Mais démissionnez Monsieur B, si vous en avez ras le bol " ; par la suite ses supérieurs hiérarchiques lui ont exigé de rendre son arme et y ont procédé au mépris des règles de sécurité ;
- le commissaire Ballet a tenu des propos humiliants à son encontre alléguant notamment qu'il avait des intentions suicidaires et qu'il devait se faire " aider pour sa santé mentale " ;
- l'administration a cherché à le sanctionner abusivement lui reprochant d'avoir quitté le service sans autorisation et persistant dans son refus de lui rendre son arme ;
- l'administration a commis une faute en lui imposant une affectation au sein de la compagnie de sécurité et d'intervention de Rosny-sous-Bois alors qu'il avait candidaté à la compagnie de sécurité et d'intervention de Neuilly-sur-Marne ;
- l'administration a commis une faute en le privant des formations qu'il avait sollicitées, en rejetant systématiquement ses demandes ;
-l'administration a commis une faute en lui retirant son arme de service avec pour but exclusif de lui nuire, ce qui caractérise un détournement de pouvoir.
S'agissant de la réparation des préjudices :
- il a subi un préjudice de carrière d'un montant de 10 000 euros ;
- il a subi un préjudice moral et une atteinte à sa réputation professionnelle d'un montant de 25 000 euros.
S'agissant du refus de protection fonctionnelle :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'enquête administrative ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation eu égard à la situation de harcèlement moral qu'il a subi.
Par un courrier du 30 novembre 2022, le préfet de police a été mis en demeure de produire un mémoire dans le délai d'un mois, en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Le préfet de police n'a pas produit de mémoire.
Par ordonnance du 30 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 février 2023 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rehman-Fawcett,
- les conclusions de Mme Deleplancque, rapporteure publique,
- et les observations de Me Arvis, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B gardien de la paix titulaire depuis le 1er décembre 2007, a été affecté à la direction territoriale de la sécurité de proximité du Val de Marne (94), au sein de la compagnie de sécurisation et d'intervention du Val-de-Marne "CSI 94" à compter du 2 mai 2012. Il a par la suite été affecté, en qualité de gardien de la paix, au sein de la compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI) de Seine-Saint-Denis, à compter du 24 mai 2017. Par un arrêté du 6 juin 2017, il a été promu au grade de brigadier de police à compter du 1er juillet 2017. Par courrier du 14 janvier 2021, notifié le 18 janvier, il a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle et le versement de la somme de 35 000 euros au titre des préjudices qu'il estime avoir subi. Une décision implicite de rejet est née le 18 mars 2021. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision refusant de lui accorder la protection fonctionnelle et le versement de la somme de 35 000 euros au titre des préjudices qu'il estime avoir subi.
Sur la situation de harcèlement moral :
2. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements, dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral, revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le requérant soutient sans être contredit en défense avoir été privé des responsabilités afférentes à son grade en raison de l'animosité de sa hiérarchie qui a souhaité prendre des mesures de rétorsion à son encontre. A cet égard, M. B soutient qu'il a subi des brimades dans le cadre de ses nouvelles fonctions au CSI de Seine-Saint-Denis, avec des commentaires et une attitude malveillante tant de la part de ses collègues que de sa hiérarchie. Il fait ainsi valoir qu'il a été affecté au service des plaintes lors de son arrivée dans le seul but de lui nuire, alors qu'une telle affectation ne correspond pas à son grade de brigadier, ni à l'intention qu'il avait affiché de développer ses compétences dans le traitement d'enquêtes judiciaires. Il est constant qu'une telle affectation ne correspondait effectivement pas à l'expérience de l'intéressé, qui a été promu au grade de brigadier de police à compter du 1er juillet 2017. De plus, l'administration n'apporte aucun élément à même d'établir pourquoi le requérant est resté affecté au service des plaintes, alors qu'il avait indiqué à sa hiérarchie qu'il souhaitait une autre affectation, ni pourquoi ses demandes à être chef de bord lors des patrouilles ont été infructueuses, le requérant soutenant que de tels postes étaient disponibles. Ces éléments, qui ne sont pas contredits par l'administration en défense, malgré une mise en demeure de produire qui a été communiquée le 30 novembre 2022, doivent dès lors être considérés comme établis. De tels agissements de la part de l'administration ont excédé l'exercice normal du pouvoir hiérarchique et sont susceptibles de faire présumer l'existence d'une situation de harcèlement moral à son encontre.
5. En deuxième lieu, le requérant soutient qu'à compter de sa prise de fonction en juillet 2018, il a été isolé dans un petit local, seul, sans ouverture sur l'extérieur, et affecté aux plaintes sans formation. Dans le cadre de ces fonctions, il soutient avoir été contraint d'effectuer des journées de plus de douze heures et avoir fait l'objet de moqueries de ses collègues et supérieurs. Il résulte de l'instruction que l'administration, qui n'a pas répondu à la mise en demeure adressée le 21 octobre 2022, est présumée avoir acquiescé aux faits présentés par le requérant, qui sont de nature à faire présumer de l'existence d'une situation de harcèlement moral.
6. En troisième lieu, le requérant soutient que le comportement de sa hiérarchie notamment lors d'un entretien du 21 août 2019, est constitutif d'un harcèlement moral. Il ressort de courriers du conseil du requérant des 17 octobre et 11 décembre 2019 que M. B a été convoqué par sa hiérarchie le 21 août 2019 pour évoquer des erreurs dans le traitement d'une plainte. Il résulte de l'instruction que les deux responsables hiérarchiques lui ont, à cette occasion, fait des reproches sur sa manière de servir. Toutefois, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni de l'instruction que des propos injurieux, dénigrants ou intimidants auraient été tenus, à cette occasion, laissant présumer des agissements constitutifs d'un harcèlement moral l'acquiescement aux faits de l'administration ne pouvant jouer en cette circonstance.
7. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que la mesure de désarmement prononcée à l'encontre de M. B n'a pas été prise dans le respect de la règlementation applicable en la matière, ou en raison d'un comportement du requérant, pouvant la justifier. Par suite, cette décision a excédé l'exercice normal du pouvoir hiérarchique et est susceptible de faire présumer d'une situation de harcèlement moral.
8. Dans ces conditions, il résulte de tout ce qui précède que les faits présentés par M. B, constituent des faits de harcèlement moral au sens de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983.
Sur le refus de protection fonctionnelle :
9. D'une part, aux termes de de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. () /IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre () les agissements constitutifs de harcèlement, () dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté (). ".
10. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article 6 quater A de la loi du 13 juillet 1983, désormais codifié à l'article L. 135-6 du code général de la fonction publique : " Les administrations, collectivités et établissements publics mentionnés à l'article 2 mettent en place un dispositif de signalement qui a pour objet de recueillir les signalements des agents qui s'estiment victimes d'atteintes volontaires à leur intégrité physique, d'un acte de violence, de discrimination, de harcèlement moral ou sexuel, d'agissements sexistes, de menaces ou de tout autre acte d'intimidation et de les orienter vers les autorités compétentes en matière d'accompagnement, de soutien et de protection des victimes et de traitement des faits signalés. " Aux termes de l'article 1er du décret du 13 mars 2020 relatif au dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcèlement et d'agissements sexistes dans la fonction publique : " Le dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcèlement moral ou sexuel et des agissements sexistes prévu par l'article 6 quater A de la loi du 13 juillet 1983 susvisée comporte : 1° Une procédure de recueil des signalements effectués par les agents s'estimant victimes ou témoins de tels actes ou agissements ; 2° Une procédure d'orientation des agents s'estimant victimes de tels actes ou agissements vers les services et professionnels compétents chargés de leur accompagnement et de leur soutien ; 3° Une procédure d'orientation des agents s'estimant victimes ou témoins de tels actes ou agissements vers les autorités compétentes pour prendre toute mesure de protection fonctionnelle appropriée et assurer le traitement des faits signalés, notamment par la réalisation d'une enquête administrative. "
11. Les agissements répétés de harcèlement moral sont de ceux qui peuvent permettre à l'agent public qui en est l'objet d'obtenir la protection fonctionnelle prévue par les dispositions citées ci-dessus. M. B, ainsi qu'il a été dit au point 8 du présent jugement, a été victime d'un tel harcèlement. Dans ces conditions, l'administration a méconnu les dispositions visées de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983, en ne lui accordant aucune protection. Le refus opposé à M. B doit être annulé.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la faute tirée de son affectation au CSI de Rosny-sous-Bois :
12. Si le requérant soutient que la décision de l'administration de l'affecter au CSI de Rosny-sous-Bois, eu égard à l'hostilité de ce service à son encontre, est constitutive d'une faute, il résulte toutefois de l'instruction que l'affectation de l'intéressé dans cette compagnie est la conséquence d'une candidature spontanée du requérant. De plus aucun élément au dossier ne permet de conclure que l'administration l'aurait délibérément affecté dans ce service pour lui nuire. En outre, l'administration n'était pas tenue de faire droit à la nouvelle candidature spontanée du requérant au CSI de Neuilly-sur-Marne, formulée le 21 mars 2018, alors qu'il prenait ses nouvelles fonctions à Rosny-sous-Bois à compter du 26 mars 2018. Par suite, cette faute ne peut qu'être écartée.
En ce qui concerne la faute tirée du rejet systématique de ses demandes de formation :
13. Aux termes de l'article 22 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Le droit à la formation professionnelle tout au long de la vie est reconnu aux fonctionnaires. ".
14. Le requérant soutient que ces demandes de formation ont fait l'objet de refus systématique de la part de sa hiérarchie. Toutefois, s'il résulte de l'instruction que les demandes de formation versées par le requérant ne font pas figurer des avis défavorables, l'administration ne verse toutefois en défense aucun élément permettant de contester les affirmations du requérant selon lesquelles, il n'a pas eu accès aux formations qu'il avait demandées ou indiquant les motifs du rejet de ses demandes. Dans ces conditions, le rejet systématique des demandes de formation du requérant est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration.
En ce qui concerne le détournement de pouvoir caractérisé par le retrait de son arme de service :
15. Il résulte de ce qui a été exposé au point 6 du présent jugement, que la procédure de retrait de son arme prise à l'encontre du requérant a excédé l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dès lors que cette mesure a été prise, en tout état de cause, pour des motifs étrangers à l'intérêt du service et à la sécurité des agents, elle constitue un détournement de pouvoir.
En ce qui concerne l'indemnisation des préjudices subis par M. B :
S'agissant du préjudice de carrière :
16. Il résulte de l'instruction que les agissements de l'administration, qui se caractérisent par une mise à l'écart de M. B, une affectation sur un poste qui ne correspondait pas à son grade ainsi qu'une absence d'affectation sur des postes susceptibles de lui permettre de poursuivre par la suite la carrière qu'il souhaitait, à savoir les enquêtes judiciaires ou chef de bord d'une patrouille, ont pour conséquence de nuire à son avancement en qualité de brigadier. De même, la procédure de désarmement dont il a fait l'objet, constituant à la fois un excès de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique et un détournement de pouvoir est de nature à nuire à sa réputation au sein des services de police et à dégrader sa confiance en lui-même ainsi que vis-à-vis de sa hiérarchie. De plus, il n'a pas eu accès aux formations qu'il avait sollicité, qui sont des préalables nécessaires à son avancement dans sa carrière. Ces agissements résultent du harcèlement moral dont il a été victime, il sera fait une juste appréciation de son préjudice de carrière en lui allouant la somme de 2 000 euros.
S'agissant du préjudice moral :
17. Il résulte de l'instruction que M. B a été victime d'une situation de harcèlement moral à compter de son affectation à la CSI de Seine-Saint-Denis, qui se caractérise notamment par une mise à l'écart, des brimades, des moqueries, l'hostilité de sa hiérarchie et une volonté de celle-ci de prendre des mesures de rétorsion à son encontre du fait de précédentes procédures qu'il a engagées contre l'administration. L'administration, n'ayant produit aucun mémoire en défense, malgré une mise en demeure, a acquiescé aux faits présentés par M. B. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral de M. B en lui allouant la somme totale de 6 000 euros.
18. Il résulte de ce qui précède, qu'il y a lieu de condamner l'Etat à verser à M. B la somme totale de 8 000 euros.
En ce qui concerne les intérêts et la capitalisation des intérêts :
19. Le requérant a droit comme il le demande, aux intérêts au taux légal sur la somme de 8 000 euros à compter de la date de réception de la réclamation préalable le 18 janvier 2021 adressée au préfet de police.
20. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 18 mai 2021, date de l'enregistrement de la requête. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 18 janvier 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Eu égard aux motifs du présent jugement, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police d'accorder à M. B le bénéfice de la protection fonctionnelle, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Sur les conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le préfet de Police a rejeté la demande de M. B, en date du 14 septembre 2017 tendant à ce que lui soit attribué la protection fonctionnelle est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, d'accorder à M. B le bénéfice de la protection fonctionnelle.
Article 3 : L'Etat est condamné à verser à M. B la somme de 8 000 (huit mille) euros avec intérêts au taux légal à compter du 18 janvier 2021. Les intérêts échus à la date du 18 janvier 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 4 : L'Etat versera à M. B une somme de 2 000 (deux mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Seignat, conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.
Le rapporteur,
C. REHMAN-FAWCETT
Le président,
S. DEWAILLYLa greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision ;
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026