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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2104720

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2104720

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2104720
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre
Avocat requérantCABINET CASSEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 mai 2021, M. A B, représenté par Me Cassel, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la caisse des dépôts et consignations a décidé de retenir à partir du 18 octobre 2019 un taux d'incapacité permanente partielle de 10 % et de réduire en conséquence le montant de l'allocation temporaire d'invalidité versé à compter de cette date ;

2°) subsidiairement, de nommer un expert par jugement avant-dire droit afin de fixer son taux d'incapacité permanente ;

3°) d'enjoindre à la caisse des dépôts et consignations de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 août 2021, la caisse des dépôts et consignations, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 28 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 octobre 2022 à midi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le décret n° 2005-442 du 2 mai 2005 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Massengo a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, technicien principal de première classe, est affecté au département du Val-de-Marne depuis le 15 mars 2000. Il a été victime d'un syndrome coronarien aigu à la suite du port de charges lourdes les 12 mai 2014 et 13 mai 2014. L'accident a été reconnu imputable au service par décision du président du conseil départemental du 22 juin 2015. Le 19 décembre 2017, la caisse des dépôts et consignations lui a accordé le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité qu'il avait sollicité, en retenant un taux d'incapacité permanente partiel de 20 % pour fixer le montant de l'allocation versée mensuellement. Dans le cadre de la révision quinquennale de ce taux d'incapacité permanente partielle, la caisse des dépôts et consignation a sollicité une nouvelle expertise médicale. Le 29 mars 2021, M. B a reçu un versement de la caisse des dépôts et consignation d'un montant de 1 997,69 euros, correspondant au montant de l'allocation temporaire d'activité due entre le mois d'octobre 2019 et le mois de mars 2021, calculée sur la base d'un taux d'incapacité permanente partielle de 10 %. Par un courrier envoyé en courrier simple le 15 avril 2021, la caisse des dépôts et consignations a confirmé à M. B que le taux d'incapacité partielle retenu à compter du 18 octobre 2021, date de la régularisation quinquennale, était de 10 %. M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 2 du décret du 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " L'allocation est attribuée aux fonctionnaires maintenus en activité qui justifient d'une invalidité permanente résultant : / a) Soit d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'un taux au moins égal à 10% ; / () / ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Le taux d'invalidité est déterminé compte tenu du barème indicatif prévu à l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite ". Enfin, aux termes de l'article 9 du même décret : " L'allocation temporaire d'invalidité est accordée pour une période de cinq ans. A l'expiration de cette période, les droits du fonctionnaire font l'objet d'un nouvel examen dans les conditions fixées à l'article 6 et l'allocation est soit attribuée sans limitation de durée, sous réserve des dispositions de l'alinéa suivant et des articles 10 et 11, sur la base du nouveau taux d'invalidité constaté, soit supprimée ".

3. Il résulte de l'instruction qu'à l'occasion de la révision quinquennale des droits de M. B, ce dernier a fait l'objet d'une nouvelle expertise, par le même expert agréé qui avait conclu, le 31 mars 2016, à la fixation d'un taux d'incapacité permanente partielle de 20 % à la suite de l'accident de service du 13 mai 2014. Le 7 janvier 2020, cet expert a conclu que ce taux pouvait être ramené à 8 %, correspondant à une " insuffisance cardiaque légère " définie par le barème indicatif d'invalidité annexé au code des pensions civiles et militaires de retraite, dès lors que M. B se portait bien " sur le plan coronarien ", qu'il n'existait pas de " signe d'évolutivité coronaire " et qu'aucune " séquelle mécanique en échocardioscopie " n'était constatée. A l'inverse, M. B soutient que les troubles dont il souffre correspondent à une " insuffisance cardiaque moyenne " selon le même barème, lequel précise que " l'insuffisance cardiaque moyenne " justifie impérativement un traitement et un suivi régulier, tandis que l'insuffisance légère ne suppose pas nécessairement de thérapie quotidienne et implique une surveillance seulement discontinue.

4. Il résulte de l'instruction que M. B bénéficie d'un suivi régulier en cardiologie et est astreint à la prise quotidienne de plusieurs traitements, prescrits pas un médecin cardiologue, indiqués en cas de pathologie cardiovasculaire. Si la nature et l'intensité des troubles que l'intéressé dit subir au quotidien ne sont pas établies par des pièces médicales, les seuls éléments relatifs à la prise en charge médicale qu'il produits permettent effectivement de considérer que sa pathologie relève de l'insuffisance cardiaque moyenne au sens du barème mentionné au point précédent. Toutefois, ce barème précise que cette insuffisance implique un taux d'incapacité permanente partielle compris entre 10 % à 30 %. Par suite, en retenant en définitive un taux de 10 % et non plus de 20 %, la caisse des dépôts et consignations ne peut être regardée, ainsi que le soutient le requérant, comme ayant considéré qu'il était atteint d'une insuffisance cardiaque seulement légère. Par ailleurs, M. B n'apporte pas d'éléments médicaux permettant de considérer que l'analyse de l'expert, reprise par la commission de réforme le 7 décembre 2020, selon laquelle l'ampleur des séquelles de l'intéressée avait nettement diminué depuis la précédente évaluation, était erronée. Au regard de ces éléments sur lesquels la caisse des dépôts et consignations s'est fondée pour décider de ramener le taux d'incapacité permanente retenue de 20 % à 10 %, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur d'appréciation.

5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise avant-dire droit, que les conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la caisse des dépôts et consignations, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse des dépôts et consignations.

Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

Mme Leconte, première conseillère,

Mme Massengo, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 mai 2024.

La rapporteure,

C. MASSENGOLa présidente,

I. BILLANDONLa greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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