mercredi 31 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2104768 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | RENOULT |
Vu la procédure suivante :
I. Par une ordonnance du 18 mai 2021, enregistrée le 19 mai 2021 au greffe du tribunal administratif de Melun, le président du tribunal administratif de Paris a, en vertu des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmis au tribunal la requête présentée par Mme C B.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 5 mars 2021, et deux mémoires, enregistrés au greffe du tribunal administratif de Melun les 2 juillet 2022 et
27 mars 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, Mme C B, représentée par Me Renoult, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2020 en tant que le directeur général de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris l'a déclarée guérie avec retour à l'état antérieur à compter du 16 novembre 2019 ainsi que l'arrêté du 21 décembre 2020 par lequel le directeur général de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris aux entiers dépens en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris a commis une erreur d'appréciation en retenant une date de guérison au 16 novembre 2019 avec retour à l'état antérieur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2024,
l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, représentée par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen invoqué par Mme B n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 26 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 10 avril 2024 à 12 heures.
II. Par une requête, enregistrée, sous le n° 2207035, le 18 juillet 2022, Mme C B, représentée par Me Renoult, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris au paiement de la somme de
184 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 1 500 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, 4 000 euros au titre des souffrances endurées, 7 900 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, et 1 500 euros au titre du remboursement des frais d'expertise ;
2°) de mettre à la charge de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris aux entiers dépens en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité sans faute de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris est engagée du fait de la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime ; elle est ainsi fondée à solliciter la condamnation de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris à lui verser une indemnité complémentaire réparant ses préjudices patrimoniaux et personnels ;
- elle est fondée à être indemnisée du déficit fonctionnel temporaire à hauteur de la somme de 184 euros ; le préjudice esthétique avant consolidation peut être évalué à la somme de 1 500 euros ; les souffrances endurées avant consolidation peuvent être évaluées à 4 000 euros ; le déficit fonctionnel définitif peut être fixé à la somme de 7 900 euros ; elle est fondée à demander le remboursement de la somme de 1 500 euros au titre des frais d'expertise qu'elle a dû exposer pour faire valoir ses droits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2023,
l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, représentée par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les préjudices " extrapatrimoniaux " ou " personnels " sont indemnisables sur le fondement de la responsabilité sans faute ;
- Mme B n'est pas fondée à demander une indemnité de 184 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire dès lors que la somme de 20 euros par jour demandée est disproportionnée ;
- elle n'est pas fondée à solliciter la réparation de son préjudice esthétique temporaire dès lors qu'elle n'établit pas la réalité de ce préjudice ; de surcroît, l'évaluation de ce chef de préjudice est approximative et imprécise ;
- l'évaluation des souffrances endurées est approximative et imprécise, ce qui s'oppose ce qu'elle soit condamnée au paiement de ces sommes ; en tout état de cause, la somme de 4 000 euros demandée est disproportionnée au regard de la jurisprudence administrative ;
- l'indemnité demandée au titre du déficit fonctionnel permanant est disproportionnée au regard de la jurisprudence administrative, ce qui s'oppose à ce qu'elle soit condamnée à payer la somme demandée de 7 900 euros ;
- les conclusions présentées par Mme B tendant à ce que les frais d'expertise soient mis à sa charge sont irrecevables dès lors qu'elle a été désignée comme devant supporter ces frais et honoraires par ordonnance du 16 février 2022, qui a revêtu un caractère définitif.
Par une ordonnance du 7 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
21 septembre 2023 à 12 heures.
III. Par une requête, enregistrée sous le n° 2207044 le 18 juillet 2022 et un mémoire, enregistré le 20 décembre 2022, Mme C B, représentée par Me Renoult, demande au tribunal, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l'administration à lui verser la somme de 5 000 euros à titre de provision à valoir sur l'indemnisation définitive de ses préjudices ;
2°) de mettre à la charge de l'administration la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'administration aux entiers dépens en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité sans faute de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris est engagée du fait de la reconnaissance de l'imputabilité de son accident au service ;
- l'obligation indemnitaire qui découle de la responsabilité sans faute de
l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris est non sérieusement contestable sur la base du rapport d'expertise rendu ;
- elle est fondée à demander l'indemnisation de son préjudice personnel à hauteur de 15 084 euros correspondant aux sommes de 184 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, de 1 500 euros au titre du déficit esthétique avant consolidation, de 4 000 euros au titre des souffrances endurées avant consolidation, de 7 900 euros au titre du déficit fonctionnel permanent et de 1 500 euros au titre des frais d'expertise qu'elle a dû exposer pour faire valoir ses droits ; il est donc manifestement équitable de solliciter l'octroi d'une provision à hauteur de 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré 28 juillet 2022,
l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, représentée par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- elle ne conteste pas le fait que sa responsabilité sans faute puisse être engagée au titre de l'accident de service de Mme B intervenu le 15 mars 2019 ;
- Mme B n'est pas fondée à demander une provision au titre du déficit fonctionnel temporaire dès lors que la somme de 20 euros par jour est disproportionnée ;
- elle n'est pas fondée à solliciter une provision au titre de son préjudice esthétique temporaire dès lors qu'elle n'établit pas la réalité de ce préjudice ; de surcroit, l'évaluation de ce chef de préjudice est approximative et imprécise ;
- elle n'est pas fondée à demander une provision au titre des souffrances endurées dès lors que l'évaluation de ce chef de préjudice est approximative et imprécise ; en tout état de cause, la somme demandée est disproportionnée au regard de la jurisprudence administrative ;
- elle n'est pas fondée à demander une provision au titre du déficit fonctionnel permanant dès lors que la somme demandée au titre de ce préjudice est disproportionnée au regard de la jurisprudence administrative ;
- les conclusions de Mme B tendant à ce que les frais d'expertise soit mis à sa charge sont irrecevables dès lors que Mme B a été désignée comme devant ces frais et honoraires par une ordonnance du 16 février 2022, devenue définitive.
Par une ordonnance du 1er février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 1er mars 2023 à 12 heures.
Vu :
- l'ordonnance n° 2104897 du 16 février 2022, par laquelle le vice-président du tribunal administratif de Paris a liquidé et taxé les frais et honoraires de Mme D, experte, à la somme de 1 500 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonneau-Mathelot,
- et les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjointe administrative principale, exerce ses fonctions au sein de la régie de l'hôpital Charles Foix, relevant de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Le
15 mars 2019, elle a été victime d'un accident en saisissant une boîte située dans la chambre forte du centre hospitalier duquel est résulté une vive douleur dans le bas du dos. Le diagnostic d'une " sciatalgie droite +++ " ayant été posé, elle sera placée en arrêt de maladie jusqu'au 8 juin 2019, puis de nouveau, après avoir exercé ses fonctions dans le cadre d'un mi-temps thérapeutique, du
6 au 11 novembre 2019. Par un arrêté du 9 mai 2019, cet accident a été reconnu imputable au service. Par un arrêté du 27 avril 2020, le directeur général de l'AP-HP a considéré que les lésions consécutives à cet accident étaient guéries avec retour à l'état antérieur à compter du
16 novembre 2019, et a limité la prise en charge des arrêts de travail au titre de la législation sur les accidents de service jusqu'au 11 novembre 2019. Le recours gracieux formé par Mme B, le 5 juin 2020, contre cette décision a été rejeté par une décision du directeur général de l'AP-HP du 21 décembre 2020 après que la commission de réforme, réunie le 1er décembre 2020, a examiné son dossier. Sur demande de Mme B, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a, par une ordonnance du 2 juillet 2021, désigné le docteur D, rhumatologue, en qualité d'expert afin, notamment, de déterminer si la date du 16 novembre 2019 devait être retenue comme la date de consolidation de son état de santé, et de fournir toutes précisions et informations utiles pour permettre de se prononcer sur l'importance des préjudices subis. Cette expertise a été réalisée le 3 décembre 2021. Mme B a, ensuite, sollicité de l'AP-HP, le 2 juillet 2022, d'être indemnisée des différents préjudices subis en raison de son accident de service. Le silence gardé sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet.
2. Par une requête, enregistrée sous le n° 2104768, Mme B demande au tribunal d'annuler les décisions des 27 avril 2020 et 21 décembre 2020 du directeur général de l'AP-HP en tant que son état de santé a été regardé consolidé avec retour à l'état antérieur à compter du 16 novembre 2019. Par une requête, enregistrée sous le n° 2207035, Mme B demande au tribunal de condamner l'AP-HP à lui verser la somme totale de 15 084 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de son accident de service. Par une requête, enregistrée sous le n° 2207044, Mme B demande au tribunal, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'AP-HP à lui verser une provision de 5 000 euros.
Sur la jonction :
3. Les requêtes susvisées n° 2104768, n° 2207035 et n° 2207044, qui concernent la même requérante, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Le fonctionnaire en activité a droit () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions () Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident (). ".
5. En l'espèce, Mme B a été victime d'un accident de service le 15 mars 2019, duquel est résulté une hernie discale L5-S1 droite refoulant la racine S1 droite, considérée d'origine articulaire par son rhumatologue et traitée par infiltration. Il ressort du rapport d'expertise du 29 septembre 2020 établi par le docteur A, médecin rhumatologue agréé, après examen de Mme B le jour même, à la demande du directeur général de l'AP-HP, que l'intéressée a souffert d'une hernie discale volumineuse responsable d'une sciatique S1 droite en 2009, qui a été traitée chirurgicalement, suivi d'un arrêt de travail de neuf mois, et que depuis elle déclare ne pas en avoir souffert. Conformément au rapport d'expertise établi par le docteur A, et notamment en raison des antécédents médicaux de Mme B qui s'est faite opérée au même étage L5-S1 dix ans plus tôt, l'AP-HP a estimé que les conséquences de l'accident de service du 15 mars 2019 de Mme B étaient épuisées avec retour à l'état antérieur à compter du 16 novembre 2019 ainsi, d'ailleurs, que l'avait relevé la commission de réforme, dans son avis du 1er décembre 2020. Toutefois, le docteur D, rhumatologue, auquel a été confié l'expertise médicale prescrite par l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Paris du 2 juillet 2021, a conclu que l'état de santé de Mme B, qui s'est consolidé le 15 juin 2019, conserve un déficit fonctionnel permanent imputable au fait accidentel, lié à la lombalgie chronicisée dont elle souffre, côté à 5 %. Il ressort de cette expertise, qui n'est pas contestée par l'AP-HP, que si la consolidation des lésions de l'accident peut être fixée au 15 juin 2019, ces lésions ne sont pas guéries. Par suite, Mme B est fondée à demander l'annulation des décisions des 27 avril 2020 et
21 décembre 2020 du directeur de l'AP-HP en tant qu'il considère son état de santé consolidé avec retour à l'état antérieur à compte du 16 novembre 2019.
6. Il suit de là que les décisions des 27 avril 2020 et 21 décembre 2020 sont, dans la mesure qui vient d'être précisée ci-dessus, annulées.
Sur les conclusions indemnitaires :
S'agissant de la responsabilité :
7. L'article 80 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière et les dispositions des articles 36 et 37 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité et une rente viagère d'invalidité en cas de mise à la retraite doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions instituant ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation, qui incombe aux collectivités publiques, de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.
8. Il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 9 mai 2019, le directeur général de
l'AP-HP a reconnu l'imputabilité au service de l'accident de Mme B intervenu le
15 mars 2019. Cette imputabilité n'étant pas contestée, Mme B est fondée à engager la responsabilité sans faute de l'AP-HP.
S'agissant des préjudices :
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
9. Il résulte du rapport d'expertise réalisé le 28 décembre 2021, qui n'est pas débattu par les parties, que Mme B a subi un déficit fonctionnel temporaire imputable à son accident de service évalué à 10 % sur la période courant du 15 mars 2019 au 15 juin 2019, soit 92 jours. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en lui allouant une somme de 147,20 euros.
Quant au préjudice esthétique :
10. Il résulte de l'instruction et, notamment, du rapport d'expertise du
docteur D, qu'il a évalué le préjudice esthétique, résultant du port d'une ceinture lombaire du 10 avril 2019 au 10 mai 2019, à 0,5 sur une échelle allant de 0 à 7. Toutefois, la circonstance que Mme B ait dû porter une telle ceinture ne saurait suffire à caractériser l'existence d'un préjudice spécifique de nature à ouvrir droit à réparation.
Quant aux souffrances endurées :
11. Il résulte de l'instruction et, notamment, du rapport d'expertise du 28 décembre 2021, que Mme B a enduré des douleurs lombaires liées à son accident de service ayant nécessité des traitements analogiques de palier II et une infiltration le 17 avril 2019 qui peuvent être évaluées à 2 sur une échelle allant de 0 à 7. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à la requérante la somme de 2 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux permanents :
Quant au déficit fonctionnel permanent :
12. Il résulte de l'instruction et, notamment, de l'expertise du docteur D que le taux de déficit fonctionnel permanant exclusivement en relation avec l'accident de service, lié à la lombalgie chronicisée dont Mme B souffre, a été fixé à 5 %. Ce taux n'est pas contesté en défense. Dans ces conditions, Mme B étant âgée de 45 ans à la date de consolidation, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant la somme de 5 700 euros.
13. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'AP-HP à verser à
Mme B une somme de 7 847,20 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait de son accident de service intervenu le 15 mars 2019, Mme B n'étant pas recevable, ainsi que le fait valoir l'AP-HP qui oppose une fin de non-recevoir, à demander sa condamnation à lui verser une somme correspondant aux frais d'expertise mis à sa charge par l'ordonnance du 16 février 2022 du vice-président du tribunal administratif de Paris, devenue définitive.
Sur les conclusions à fin de provision :
14. Le présent jugement statuant sur les conclusions de la requête n° 2207035 de Mme B tendant à la condamnation de l'AP-HP à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de son accident de service, les conclusions de la requête n° 2207044 tendant à ce que le tribunal condamne le l'AP-HP à lui verser une provision de 5 000 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de son accident de service, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, sont privées d'objet. Il n'y a, ainsi, pas lieu d'y statuer et, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'AP-HP la somme que demande Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'en tout état de cause les dépens.
Sur les dépens :
15. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ". Aux termes de l'article R. 621-13 du même code : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires () / Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance () ".
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge définitive de
l'AP-HP les frais et honoraires de l'expertise confiée au docteur D, liquidés et taxés à la somme de 1 500 euros par l'ordonnance du 16 février 2022 du vice-président du tribunal administratif de Paris.
Sur les frais liés à l'instance :
17. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AP-HP une somme globale de 2 000 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens pour les instances nos 2104768 et 2207035.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête n° 2207044 de Mme B.
Article 2 : La décision du 27 avril 2020 du directeur général de
l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris en tant qu'elle fixe la date de guérison de Mme B au 19 novembre 2019 avec retour à l'état antérieur ainsi que la décision du 21 décembre 2020 par laquelle le directeur général de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris a rejeté son recours gracieux sont annulées.
Article 3 : L'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris est condamnée à verser à
Mme B la somme de 7 847,20 euros en réparation des préjudices extrapatrimoniaux temporaires et permanents qu'elle a subis résultant de son accident de service.
Article 4 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sont mis à la charge de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.
Article 5 : L'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris versera à Mme B une somme globale de 2 000 (deux mille) euros au titre des instances nos 2104768 et 2207035 en application de
l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes nos 2104768 et 2207035 de Mme B est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à
l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
S. BONNEAU-MATHELOT
L'assesseure la plus ancienne,
J. RECHARD
La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2104768,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026