vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2104874 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 mai 2021 et le 9 août 2022, Mme B A, représentée par Me Andrieux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mars 2021 par lequel le maire de Villiers-sur-Morin a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison d'habitation sur un terrain situé rue de la Picardie à Villiers-sur-Morin ;
2°) d'enjoindre à la commune de Villiers-sur-Morin de lui délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée ou, à défaut, de réexaminer sa demande, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villiers-sur-Morin une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence dès lors qu'il n'est pas établi que son signataire disposait d'une délégation pour ce faire ;
- il est insuffisamment motivé dès lors qu'il ne mentionne pas qu'il intervient en régularisation d'une situation poursuivie sur le terrain pénal ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que l'autorité administrative s'est montrée partiale et a refusé de recevoir et d'instruire sa demande ;
- il est entaché d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation dès lors que le terrain d'assiette de la construction se situe en bordure de la zone définie par le plan de prévention des risques d'inondation, que le règlement applicable au secteur d'implantation de la construction n'interdit pas toute construction nouvelle, que le risque d'inondation a été pris en compte dans l'élaboration de la construction avec un soubassement, que la construction se situe en zone UB du plan local d'urbanisme qui est une zone constructible ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir et révèle un traitement discriminatoire de la commune à son égard ; le maire de la commune a autorisé plusieurs constructions ou extension de construction dans le secteur concerné ; il s'est évertué à faire échec à ce qu'elle dépose en bonne et due forme une demande afin de régulariser sa construction en raison de son appartenance à la communauté des gens du voyage.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2022, la commune de Villiers-sur-Morin, représentée par Me Bertrand, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen tiré de ce que l'arrêté est entaché d'incompétence doit être écarté dès lors que M. C bénéficie d'une délégation de signature par l'arrêté n° 39/2020 du 7 juillet 2020 ;
- le moyen tiré de ce que l'arrêté est entaché d'insuffisance de motivation doit être écarté dès lors que cet arrêté est suffisamment motivé en droit et en fait ;
- le moyen tiré de ce que l'arrêté est entaché d'un vice de procédure doit être écarté dès lors que le maire de Villiers-sur-Morin a respecté les règles de procédure et n'a pas fait l'objet de partialité à l'égard de la requérante ;
- les moyens tirés de ce que l'arrêté est entaché d'erreur de fait et d'erreur de droit doivent être écartés dès lors que les dispositions du règlement du plan de prévention des risques d'inondation ainsi que du règlement applicable à la zone UB interdisent les constructions nouvelles à usage d'habitation individuelle qui sont classées en zone inondable ; seules les extensions d'habitation individuelle ne pouvant excéder 20 mètres carrés sont autorisées en zone inondable ;
- les moyens tirés de ce que l'arrêté est entaché d'un détournement de pouvoir et procède d'un traitement discriminatoire doivent être écartés dès lors que les autorisations de construire invoquées par la requérante ne concernent pas des parcelles figurant dans la zone inondable visée par les interdictions d'urbanisation de l'article 2 du chapitre III du règlement du plan de prévention des risques d'inondation et que la requérante n'apporte aucun élément probant de nature à établir le détournement de pouvoir allégué.
Par une ordonnance du 26 juillet 2022, l'instruction a été rouverte et la clôture a été fixée au 2 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et les observations de Me Bertrand, représentant la commune de Villiers-sur-Morin.
Une note en délibéré présentée pour Mme A, par Me Andrieux, a été enregistrée le 19 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 24 mars 2021, le maire de Villiers-sur-Morin a refusé de délivrer à la requérante le permis de construire sollicité en vue de l'édification d'une maison d'habitation sur un terrain situé rue de la Picardie à Villiers-sur-Morin. Par la présente instance, elle demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. / () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté n° 39/2020 du 7 juillet 2020, le maire de Villiers-sur-Morin, commune couverte par un plan local d'urbanisme approuvé le 16 mai 2017, a donné délégation à M. C, deuxième adjoint et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les documents et les courriers relatifs " à l'instruction et à la délivrance des autorisations d'urbanisme et d'utilisation des sols suivantes énoncées au code de l'urbanisme : () permis de construire () ", dont le caractère exécutoire n'est pas contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme, dans sa version en vigueur du 8 août 2015 au 23 février 2022 : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué vise notamment le code de l'urbanisme, le plan local d'urbanisme approuvé le 16 mai 2017, mis en révision générale par délibération n° 54-2019 du 3 juillet 2019, en cours de modification par délibération n° 59-2019 du 27 août 2019, le plan de prévention des risques d'inondation de la Vallée du Grand Morin approuvé par arrêté préfectoral 06 DAIDD ENV n° 221 du 10 novembre 2006, l'arrêté municipal n° 39/2020 du 7 juillet 2020 portant délégation de fonction dans le domaine de l'urbanisme à M. C. Par ailleurs, l'arrêté constate que la construction projetée se situe en zone jaune foncé du plan de prévention des risques d'inondation qui interdit la construction d'une habitation en vertu de l'article 2 du chapitre 3 de son règlement applicable à cette zone. Il précise donc les raisons qui, en fait et en droit, ont justifié le refus opposé sans que la circonstance que le jugement correctionnel du 26 février 2021 ne soit pas mentionné n'ait d'incidence. Par suite, ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.
6. En troisième lieu, si la requérante soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors que l'autorité administrative a refusé d'instruire sa demande d'autorisation d'urbanisme, cette circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué qui refuse le permis de construire sollicité eu égard aux règles d'urbanisme applicables, à savoir le plan de prévention des risques d'inondation qui interdit les constructions nouvelles en zone jaune foncé du plan de prévention des risques d'inondation. En outre, la requérante qui procède par voie d'affirmation n'établit pas ses allégations quant au refus opposé d'instruire sa demande antérieure de permis de construire. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 2 du chapitre 3 relatif aux dispositions applicables en zone jaune fondé du règlement du plan de préventions des risques d'inondation de la Vallée du Grand Morin : " sont interdits : () les constructions nouvelles à usage d'habitation ".
8. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que le terrain d'assiette de la construction projetée se situe pour l'essentiel de sa superficie en zone jaune foncé du plan de prévention des risques d'inondations de la Vallée du Grand Morin et, d'autre part, que les travaux litigieux consistent en la construction d'une maison d'habitation d'une surface de plancher de 48 m², tel que cela ressort expressément de la demande d'autorisation remplie par la requérante. Or, il résulte de l'article 2 du règlement du plan de prévention des risques d'inondation précité que ces travaux sont interdits en zone jaune foncé du plan de prévention des risques d'inondation. Contrairement à ce qu'affirme la requérante, le règlement applicable au secteur d'implantation de la construction interdit toute construction nouvelle. La circonstance que le terrain d'assiette du projet en litige est situé en zone UB du plan local d'urbanisme est sans incidence sur l'opposabilité du règlement du plan de prévention des risques d'inondation de la Vallée du Grand Morin. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit, de l'erreur de fait et de l'erreur d'appréciation dont serait entaché l'arrêté attaqué doivent être écartés.
9. En cinquième et dernier lieu, le détournement de pouvoir et le traitement discriminatoire allégués par la requérante ne sont établis par aucune pièce du dossier. La circonstance que des autorisations d'urbanisme ont été délivrées sur d'autres terrains par le maire de Villiers-sur-Morin est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par la requérante doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Villiers-sur-Morin, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la requérante demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la requérante une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Villiers-sur-Morin et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la commune de Villiers-sur-Morin la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Villiers-sur-Morin.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026