mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2104888 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | DESCOUBES JEAN-MARC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mai 2021, la société européenne de location automobile Trosset, représentée par Me Descoubes, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 10 099,91 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait d'un retard excessif dans la délivrance du certificat d'immatriculation définitif d'un de ses véhicules ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de l'Etat est engagée du fait d'un dysfonctionnement de ses services dans la délivrance d'un certificat d'immatriculation définitif d'un de ses véhicules qui s'est traduit par une délivrance tardive de plus de deux mois ;
- son préjudice moral et matériel est établi à hauteur de 10 099.91 euros du fait de l'annulation de la location de ce véhicule, du paiement indu de l'écotaxe, de l'occupation injustifiée d'une place de parking, de l'atteinte à la réputation de l'entreprise et des frais de justice engagés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2021, le ministre de l'Intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- sa responsabilité pour faute ne saurait être engagée, dès lors que le retard allégué n'est pas anormalement long et qu'aucune disposition réglementaire n'encadre un délai particulier de délivrance ;
- le lien de causalité entre la prétendue faute de l'Etat et le préjudice allégué n'est pas établi ;
- à titre subsidiaire, la société européenne de location automobile Trosset n'apporte pas d'éléments justificatifs de nature à établir l'existence du préjudice allégué.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le décret n° 2007-240 du 22 février 2007 ;
- le décret n° 2007-255 du 27 février 2007 ;
- l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de M. Zanella, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société européenne de location automobile Trosset (ELAT) a pour objet la location courte et longue durée de véhicules. Elle a fait l'acquisition à l'étranger d'un véhicule automobile de type Volkswagen Tiguan. Le 25 avril 2018, le ministre de l'Intérieur lui a délivré, pour ce véhicule, un certificat d'immatriculation provisoire, valable jusqu'au 24 mai 2018. Le certificat d'immatriculation définitif a été délivré le 9 août 2018. Par un recours du 21 janvier 2021, la société européenne de location automobile Trosset a saisi le ministre de l'Intérieur d'une demande indemnitaire en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait du retard mis dans la délivrance du certificat d'immatriculation définitif. Du silence gardé pendant plus de deux mois sur cette demande, une décision implicite de rejet est née. Par la présente requête, la société européenne de location automobile Trosset demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 099,91 euros au titre du préjudice qu'elle a subi à la suite de l'immobilisation contrainte de son véhicule.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 22 février 2007 portant création de l'Agence nationale des titres sécurisés : " Il est créé, sous le nom d'Agence nationale des titres sécurisés, un établissement public national à caractère administratif placé sous la tutelle du ministre de l'intérieur () ". L'article 2 du même décret dispose que : " L'agence a pour mission de répondre aux besoins des administrations de l'Etat de conception, de gestion, de production de titres sécurisés et des transmissions de données qui leurs sont associées. Ces titres sont des documents délivrés par l'Etat et faisant l'objet d'une procédure d'édition et de contrôle sécurisée. / Sans préjudice des dispositions relatives au système d'information et de communication de l'Etat, pour l'accomplissement de ces missions, l'agence est chargée notamment de : () / 2° Assurer ou faire assurer, la mise en œuvre de services en ligne, de moyens d'identification électronique et de transmissions de données associée à la délivrance et à la gestion des titres sécurisés ; () / 6° Développer et mettre en œuvre des plates-formes d'échanges sécurisés des données dans le cadre du 1° et 2° ci-dessus (). La liste des titres sécurisés est fixée par décret (). Sa mission exclut l'instruction des demandes et la délivrance des titres () ". Les missions confiées à l'ANTS par ces dispositions s'exercent pour le certificat d'immatriculation des véhicules, en vertu du 6° de l'article 2 du décret du 27 février 2007.
3. D'une part, aux termes de l'article R. 322-1 du code de la route : " I. - Tout propriétaire d'un véhicule à moteur, d'une remorque dont le poids total autorisé en charge est supérieur à 500 kilogrammes ou d'une semi-remorque et qui souhaite le mettre en circulation pour la première fois doit faire une demande de certificat d'immatriculation en justifiant de son identité () / Cette demande de certificat d'immatriculation est adressée au ministre de l'intérieur par le propriétaire, soit directement par voie électronique, soit par l'intermédiaire d'un professionnel de l'automobile habilité par le ministre de l'intérieur () ". D'autre part, aux termes de l'article 7 de l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules : "()Après vérification des pièces présentées à l'appui d'une demande d'immatriculation ou d'une demande de modification des données du certificat d'immatriculation, et dans l'attente de la réception de son certificat d'immatriculation, l'usager peut circuler pendant un mois sur le territoire national ()".
4. Alors même que les dispositions précitées ne fixent aucun délai pour délivrer un certificat d'immatriculation d'un véhicule, il appartient à l'administration de statuer sur cette demande dans un délai raisonnable.
5. Il résulte de l'instruction que la société européenne de location automobile Trosset, qui a présenté une demande de certificat d'immatriculation du véhicule auprès de l'ANTS, a obtenu, le 25 avril 2018, un certificat provisoire d'immatriculation valable jusqu'au 24 mai 2018. A l'expiration de ce certificat provisoire, la société requérante a été invitée par l'ANTS à apporter des précisions quant aux adresses mentionnées dans la demande, celle du propriétaire (société européenne de location automobile Trosset - ELAT) étant identique à celle du locataire (société européenne de location automobile aux particuliers - ELAP). Après que des éclaircissements eurent été apportés téléphoniquement par la mandataire de la société requérante selon lesquels, bien qu'il s'agisse d'entités juridiques distinctes, ces deux sociétés disposaient néanmoins de la même adresse, une nouvelle démarche en ligne a été effectuée le 28 mai 2018 à la demande de l'ANTS afin de pouvoir lancer la production du document sollicité. C'est dans ces conditions que le certificat d'immatriculation définitif a été délivré le 9 août 2018.
6. Il résulte de ce qui précède que si le certificat d'immatriculation définitif n'a été délivré que le 9 août 2018, soit un peu plus de deux mois après l'expiration du certificat provisoire, ce délai a été rendu nécessaire afin que l'ANTS, dans le cadre de l'instruction de la demande, puisse s'assurer de l'exactitude des mentions portées dans le formulaire de demande. Ce délai ne peut alors être regardé comme anormalement long et causé par un dysfonctionnement de l'administration. Par suite, la société européenne de location automobile Trosset (ELAT) n'est pas fondée à soutenir que l'Etat a commis une faute dans le traitement de sa demande. Au surplus, la requérante ne fait état d'aucun élément de nature à établir le caractère certain des préjudices qu'elle allègue.
7. Il résulte de tout de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées et, par voie de conséquence, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans l'instance, les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société européenne de location automobile Trosset est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société européenne de location automobile Trosset, au ministre de l'Intérieur et des outre-mer et à l'Agence nationale des titres sécurisés.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'hirondel, président,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Cabal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.
Le rapporteur,
B. B
Le président,
M. L'HIRONDEL La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026