mercredi 7 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2105028 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | NOMBRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 mai 2021 et 24 mars 2022, Mme A B, représentée par Me Nombret, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 30 mars 2021 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Melun a refusé de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'annuler la décision du 24 février 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Melun a refusé de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
4°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir rétroactivement le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en lui versant l'allocation de demandeur d'asile, même en l'absence d'attestation de demandeur d'asile, dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la décision du 30 mars 2021 :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence d'entretien préalable visant à évaluer sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, en l'absence de preuve de son défaut de présentation aux rendez-vous auprès des autorités chargées de l'asile et au regard de sa situation de vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur la décision du 24 février 2022 :
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence d'entretien préalable visant à évaluer sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, au regard de son état de vulnérabilité résultant de son état de grossesse, de son isolement et de son absence de ressources.
Par ordonnance du 23 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 24 février 2023 à 12 h 00.
Un mémoire a été enregistré pour l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 11 mai 2023, soit après clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.
Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 juillet 2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2105077 du tribunal administratif de Melun du 1er juin 2021 ;
- la décision du 31 juillet 2019 du Conseil d'Etat, Association La Cimade et autres, n° 428530, 428564, A.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Delon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante nigériane née le 11 janvier 1997, entrée en France selon ses déclarations au mois de décembre 2017, a déposé une demande d'asile le 20 décembre 2017. Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui a été suspendu le 18 mai 2018 au motif qu'elle n'avait pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités chargées de l'asile. Le 20 décembre 2020, elle a été placée en procédure normale par le préfet de l'Essonne et a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil le 18 janvier 2021. Par une décision du 30 mars 2021, dont elle demande l'annulation, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Melun a rejeté sa demande. Par ailleurs, par une décision du 24 février 2022, dont elle demande également l'annulation, la directrice territoriale de l'OFII de Melun a également rejeté sa demande de rétablissement de ces conditions.
Sur les conclusions à fin d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 juillet 2021. Par conséquent, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce qu'elle soit admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation
En ce qui concerne la décision du 30 mars 2021 :
3. D'une part, aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : / () b) ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités (). En ce qui concerne les cas visés aux points a) et b), lorsque le demandeur est retrouvé ou se présente volontairement aux autorités compétentes, une décision dûment motivée, fondée sur les raisons de sa disparition, est prise quant au rétablissement du bénéfice de certaines ou de l'ensemble des conditions matérielles d'accueil retirées ou réduites. () / 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou les sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les États membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs. () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, désormais codifié aux articles L. 521-1 et suivants du même code : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente, qui enregistre sa demande et procède à la détermination de l'État responsable (). / Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile () ". L'article L. 744-1 du même code, désormais codifié aux articles L. 551-9 et L. 551-8 du même code, dispose que les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive du 26 juin 2013 précitée, " sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile (). Les conditions matérielles d'accueil comprennent les prestations et l'allocation prévues au présent chapitre () ". L'article L. 744-9 de ce même code, alors en vigueur, désormais codifié à l'article L. 553-1 du même code, prévoit que " Le demandeur d'asile qui a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées en application de l'article L. 744-1 bénéficie d'une allocation pour demandeur d'asile s'il satisfait à des conditions d'âge et de ressources. L'Office français de l'immigration et de l'intégration ordonne son versement dans l'attente de la décision définitive lui accordant ou lui refusant une protection au titre de l'asile ou jusqu'à son transfert effectif vers un autre Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile () ". Aux termes de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, désormais codifié aux articles L. 551-15 et L. 551-16 du même code : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : / () 2° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () ".
5. Si les termes de cet article L. 744-7 précité ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.
6. Tel que jugé par le Conseil d'Etat dans sa décision du 31 juillet 2019 Association La Cimade et autres, n°s 428530 et 428564, A, il reste possible à l'OFII, en application des dispositions précitées, notamment l'article L. 744-7, de refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, après examen de sa situation particulière et par une décision motivée, au demandeur qui a refusé le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation. Il lui est également possible, dans les mêmes conditions et après avoir mis, sauf impossibilité, l'intéressé en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ces conditions lorsque le demandeur a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. Si le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'OFII, qui devra apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
7. Il résulte des termes de la décision attaquée que, pour refuser la demande de Mme B tendant au rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le directeur territorial de l'OFII à Melun s'est fondé sur le double motif tiré de ce que Mme B n'avait pas justifié son absence de présentation auprès des autorités chargées de l'asile, lequel avait fondé la suspension des conditions matérielles d'accueil le 18 mai 2018, et de ce que celle-ci ne présentait pas de facteur particulier de vulnérabilité.
8. Aux termes de l'article L. 744-6 du même code, alors en vigueur, désormais codifié à l'article L. 522-3 du même code : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines () ".
9. Mme B soutient, sans être contredite, avoir été victime d'un réseau de traite d'êtres humains transnational, avoir dû se prostituer peu après son arrivée en France, avant d'être prise en charge par l'association " Le bus des femmes ", spécialisée dans la défense des personnes prostituées, à compter du 22 novembre 2019, ainsi qu'il ressort de l'attestation du 12 novembre 2020 versée au dossier et dont la valeur probante n'est pas remise en cause. En outre, il ressort des pièces du dossier, notamment du certificat médical, versé au dossier, établi le 29 janvier 2021 par un médecin psychiatre, à l'attention du médecin coordonnateur de l'OFII, que Mme B présente des troubles mentaux, consécutifs aux évènements traumatisants liés à son parcours migratoire et nécessitant un suivi médical spécialisé. Enfin, il n'est pas contesté qu'elle était dépourvue de ressources et d'hébergement à la date de la décision attaquée. Au regard de l'ensemble de ces éléments, la double circonstance que Mme B ait été victime de la traite des êtres humains et présente des troubles mentaux sont de nature à caractériser des facteurs de vulnérabilité, au sens et pour l'application de l'article L. 744-6 précité. Par conséquent, Mme B est fondée à soutenir que, en prenant la décision attaquée, le directeur territorial de l'OFII à Melun a porté une appréciation erronée sur sa situation.
10. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés contre cette décision, Mme B est fondée à obtenir l'annulation de la décision du 30 mars 2021.
En ce qui concerne la décision du 24 février 2022 :
11. Aux termes de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines ".
12. Mme B justifie, à la date de la décision attaquée, être en état de grossesse de plus de six mois et en avoir informé, dès le 30 novembre 2021 par courriel, l'OFII. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que les facteurs de vulnérabilité que présentait Mme B à la date de la décision litigieuse du 30 mars 2021 aient évolué favorablement à la date de la décision du 24 février 2022. Ainsi, compte tenu des facteurs de vulnérabilité de Mme B, tels que reconnus au point 9, aggravés par son état de grossesse avancée ainsi que, au demeurant, l'absence en France du père de l'enfant à naître, Mme B présente une situation particulière de vulnérabilité justifiant le rétablissement à son encontre des conditions matérielles d'accueil. Par conséquent, elle est également fondée à soutenir que, en prenant la décision attaquée, la directrice territoriale de l'OFII à Melun a porté une appréciation erronée sur sa situation.
13. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés contre cette décision, Mme B est fondée à obtenir l'annulation de la décision du 24 février 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
14. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
15. Compte tenu des motifs d'annulation retenus à l'encontre des deux décisions contestées, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que l'OFII procède, sous réserve de changement de circonstances de fait et de droit, au rétablissement, rétroactif, du bénéfice des conditions matérielles pour Mme B, à compter de sa demande le 18 janvier 2021 jusqu'à ce qu'il soit définitivement statué sur sa demande d'asile. Il y a lieu de l'enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu de prononcer l'astreinte réclamée.
Sur les frais liés au litige :
16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. () / Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat. () ".
17. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Nombret, avocat de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Nombret de la somme de 1 200 euros.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Melun du 30 mars 2021 est annulée.
Article 3 : La décision de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Melun du 24 février 2022 est annulée.
Article 4 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de, sous réserve de changement de circonstances de fait et de droit, rétablir à l'encontre de Mme B le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 18 janvier 2021 jusqu'à ce qu'il soit statué définitivement sur sa demande d'asile, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 5 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Nombret une somme de 1 200 euros, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, sous réserve que Me Nombret renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Nombret.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 juin 2023.
La rapporteure,
E. DELON
La présidente,
M. LOPA DUFRENOTLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026