mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2105146 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | MAIGNAN ARTIGA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 1er juin 2021, 27 septembre 2021, 22 novembre 2021, 17 février 2023 et 24 juin 2023, Mme A C et Mme B C, venant aux droits de M. F C, leur père, décédé en cours d'instance, représentées par Me Maignan-Artiga, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2020 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a mis en demeure M. D, en qualité d'occupant du logement situé 63 rue Grande à Voulx, de procéder à l'enlèvement et à l'élimination des déchets et objets divers amoncelés dans son habitation, ainsi qu'au nettoyage, à la désinfection et à la désinsectisation de celle-ci ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet du recours gracieux né le 4 avril 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente en l'absence de justification d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- il est insuffisamment motivé en méconnaissance des dispositions des articles L. 1311-1, L. 1311-2 et L. 1311-4 du code de la santé publique ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que le principe du contradictoire n'a pas été respecté en l'absence d'avoir pu présenter préalablement des observations et en l'absence de communication du procès-verbal de gendarmerie alors que la situation d'urgence n'est pas établie ;
- pour l'application des dispositions de l'article L. 1311-4 du code de la santé publique, il est entaché d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il retient un danger grave et imminent pour la sécurité et la santé de l'occupant nécessitant une intervention en urgence.
La requête a été communiquée au préfet de Seine-et-Marne qui n'a pas produit de mémoire.
Par une lettre du 22 juin 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête en raison de l'absence d'intérêt et de qualité pour agir des consorts C.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Morisset,
- et les conclusions de M. Zanella, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. F C était propriétaire d'un logement situé 63 rue Grande à Voulx (77), qu'il a mis gratuitement à la disposition de M. D placé sous un régime de tutelle géré par le service départemental d'accompagnement tutélaire Tutelia. Par un arrêté du 9 décembre 2020, le préfet de Seine-et-Marne a mis en demeure M. D, en qualité d'occupant de ce logement, de procéder à l'enlèvement et à l'élimination des déchets et objets divers amoncelés dans cette habitation, ainsi qu'au nettoyage, à la désinfection et à la désinsectisation de celle-ci. Par un courrier du 1er février 2021, M. C a formé auprès du préfet un recours gracieux notifié le 4 février suivant. En l'absence de réponse à ce recours, une décision implicite de rejet est née le 4 avril 2021. Mme A C et Mme B C venant aux droits de M. F C, leur père, décédé en cours d'instance, demandent au tribunal d'annuler l'arrêté préfectoral du 9 décembre 2020 et la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par ce dernier.
2. L'arrêté contesté du préfet de Seine-et-Marne a exclusivement pour objet de mettre en demeure, M. D, en sa qualité d'occupant du logement situé 63 rue Grande à Voulx de procéder, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'arrêté, d'une part, à l'enlèvement et à l'élimination des déchets et objets amoncelés dans son habitation, d'autre part, de procéder au nettoyage, à la désinfection et à la désinsectisation de son habitation, et, enfin, d'exécuter tous les travaux annexes, strictement nécessaires, à titre de complément direct des travaux prescrits et sans lesquels ces derniers demeureraient inefficaces. Il prévoit, en son article 2, qu'en cas d'inexécution par l'occupant des mesures prescrites dans le délai imparti, le maire de Voulx, ou à défaut le préfet, procédera à leur exécution d'office aux seuls frais de M. D sans autre mise en demeure préalable. Alors même que les requérantes sont propriétaires de l'habitation occupée par M. D, elles ne se prévalent d'aucun intérêt personnel leur donnant qualité pour demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par suite, en l'absence d'intérêt pour agir, leur requête est irrecevable.
3. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mmes C doivent être rejetées. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, leurs conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mmes A et B C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Mme B C et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
* M. E, président,
* Mme Morisset, première conseillère,
* M. Cabal, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.
La rapporteure,
A. MORISSET
La greffière,
M. NODIN
Le président,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N° 2105145
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026