mercredi 15 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2105161 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELIFA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juin 2021, Mme A C épouse D, représentée par Me Boukhelifa, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision expresse datée du 14 décembre 2020 et reçue le 18 décembre 2020 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour, ensemble la décision du ministre de l'intérieur en date du 21 mai 2021 ayant rejeté son recours hiérarchique contre la décision portant refus de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'un an renouvelable portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C E D soutient que :
- les décisions contestées méconnaissent le 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2022, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 5 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 octobre 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C épouse D, ressortissante algérienne, née le 1er janvier 1963 à Oujda ( Maroc), déclare être entrée régulièrement en France le 23 mai 2015 et s'y maintenir de façon continue depuis cette date. Par courrier du 30 septembre 2020, reçu le 2 octobre 2020, par la préfecture du Val-de-Marne, elle a sollicité par l'intermédiaire de son conseil la régularisation de sa situation en vue de la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'article 6 alinéa 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par courrier du 14 décembre 2020, reçu par l'intéressée le 18 décembre 2020, le préfet a informé la requérante qu'en l'absence de présentation personnelle à la préfecture afin de déposer sa demande, cette dernière ne pouvait être enregistrée. Par courrier du 17 février 2021, reçu par le ministre de l'intérieur le 5 mars 2021, Mme D a formé, par l'intermédiaire de son conseil un recours hiérarchique contre la décision implicite du 2 février 2021 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour. Par courrier daté du 21 mai 2021, le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique du 17 février 2021, reçu le 5 mars 2021, dès lors qu'aucune trace d'un dépôt d'une demande de titre de séjour n'avait été enregistrée. Mme D doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision expresse du 14 décembre 2020, rejetant sa demande de titre de séjour, ensemble la décision du 21 mai 2021, rejetant son recours hiérarchique.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au 14 décembre 2020 et repris à l'article R. 431-3 du code précité : " Tout étranger, âgé de plus de dix-huit ans ou qui sollicite un titre de séjour en application de l'article L. 311-3, est tenu de se présenter, à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture, pour y souscrire une demande de titre de séjour du type correspondant à la catégorie à laquelle il appartient. Toutefois, le préfet peut prescrire que les demandes de titre de séjour soient déposées au commissariat de police ou, à défaut de commissariat, à la mairie de la résidence du requérant. / Le préfet peut également prescrire : / 1° Que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale ; () ". Il résulte de ces dispositions que, pour introduire valablement une demande de titre de séjour, il est nécessaire, sauf si l'une des exceptions définies à l'article R. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité est applicable, que l'intéressé se présente physiquement à la préfecture. Si, en pareille circonstance, le préfet n'est pas en situation de compétence liée pour rejeter la demande de titre de séjour il peut, le cas échéant, procéder à la régularisation de la situation de l'intéressé. Toutefois, lorsque le refus de titre de séjour est fondé à bon droit sur l'absence de comparution personnelle du demandeur, ce dernier ne peut utilement se prévaloir, à l'encontre de la décision de rejet de sa demande de titre de séjour, de moyens autres que ceux tirés d'un vice propre de cette décision. Il appartient enfin à l'étranger qui sollicite un titre de séjour d'établir par tout moyen qu'il s'est présenté au guichet de la préfecture ou qu'il s'est trouvé dans l'impossibilité matérielle d'accéder à ce guichet et, donc, d'obtenir un rendez-vous ou de déposer sa demande.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que par courrier du 14 décembre 2020, reçu par l'intéressée le 18 décembre 2020, le préfet a informé la requérante qu'en l'absence de présentation personnelle à la préfecture afin de déposer sa demande, cette dernière ne pouvait être enregistrée et que, par courrier daté du 21 mai 2021, le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique du 17 février 2021, reçu le 5 mars 2021, dès lors qu'aucune trace d'un dépôt d'une demande de titre de séjour n'avait été enregistrée. Dans ses écritures, la préfète du Val-de-Marne, non contredite sur ce point par Mme D, soutient d'ailleurs que cette dernière a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en l'absence de toute présentation personnelle au guichet de la préfecture du Val-de-Marne, ainsi pourtant que le prévoient les dispositions de l'article R. 311-1 précité. De plus, il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas allégué que le préfet a prescrit que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il a déterminées, dont relève celle présentée par la requérante, soient adressées par voie postale. Ce faisant, dès lors que la requérante ne peut se prévaloir que d'un vice propre à la décision attaquée, elle ne peut utilement soutenir que cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, ou qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Ces moyens sont donc inopérants et doivent, dès lors, être écartés.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, que les conclusions de Mme D tendant à l'annulation de la décision du 14 décembre 2020 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ensemble la décision rendue par le ministre de l'intérieur le 21 mai 2021, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse D et à la Préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote , conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2023.
La rapporteure,
S. B
Le président,
S. DEWAILLY La greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026