jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2105184 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DIAGNE ASTOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 1er juin 2021 et 8 mars 2024, M. A B, représenté par Me Diagne, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant de la notification d'une mise en demeure de payer en date du 11 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- il n'a pas reçu de mise en demeure ;
- l'administration n'a pas respecté l'effet suspensif de la demande de sursis de paiement qu'il a présentée à l'appui de sa réclamation d'assiette du 3 juillet 2018 ;
- en l'absence de notification de la décision de rejet de sa réclamation d'assiette, il appartenait à l'administration de procéder à une nouvelle notification ;
- s'agissant de la procédure de rectification, il a eu des difficultés pour obtenir des pièces comptables auprès de son comptable ;
- l'administration aurait dû lui demander la production de relevés bancaires plutôt que d'exercer le droit de communication ;
- la reconstitution de l'assiette de l'impôt sur le revenu n'est pas fondée ;
- l'existence de revenus distribués n'est pas établie ;
- la société Planisol 77 bénéficiait du régime de l'autoliquidation de la taxe sur la valeur ajoutée ;
- les majorations et intérêts de retard mis à sa charge ne sont pas justifiés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 juillet 2021 et 11 mars 2024, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens relatifs à l'assiette de l'impositions sont irrecevables et ceux relatifs au recouvrement ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- et les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la vérification de comptabilité de la société Planisol 77 dont il était le gérant, M. B a fait l'objet d'un contrôle sur pièces au titre de l'année 2015, à l'issue duquel il a été rendu destinataire d'une proposition de rectification le 26 juillet 2017. Une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et des contributions sociales au titre de l'année 2015 ont été mises en recouvrement le 31 décembre 2017. L'intéressé a présenté une réclamation d'assiette assortie d'une demande de sursis de paiement le 3 juillet 2018. Pour obtenir le recouvrement de ces impositions, le comptable du pôle de recouvrement spécialisé de Seine-et-Marne a notifié une mise en demeure de payer le 11 mars 2021. Par décision du 2 avril 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a rejeté l'opposition à poursuite présentée par courriels des 20 et 25 mars précédent. Par la requête précitée, M. B doit être regardé comme demandant la décharge de l'obligation de payer résultant de la notification de la mise en demeure de payer du 11 mars 2021.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites (). Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 () ".
3. Si M. B soutient à l'appui de sa requête qu'il est en droit de bénéficier de la décharge des impositions dont le recouvrement est poursuivi en contestant tant la procédure que le bien-fondé de ces impositions, en droits, intérêts et majorations, les moyens y afférents, relatifs au contentieux d'assiette, sont inopérants à l'appui d'un contentieux de recouvrement, conformément aux dispositions précitées de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent () ".
5. Si le requérant soutient qu'il continue de bénéficier de la demande de sursis de paiement présentée à l'appui de sa réclamation d'assiette du 3 juillet 2018, il résulte de l'instruction que cette réclamation a été rejetée par décision du 18 décembre 2020, dont le pli a été présenté à son adresse le 22 décembre suivant et retourné au service avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Ainsi, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il continuait à bénéficier du sursis de paiement en l'absence de saisine du juge administratif dans le délai de recours contentieux de cette décision. Dans ces conditions, le comptable chargé du recouvrement pouvait légalement lui notifier, le 11 mars 2021, une mise en demeure de payer pour obtenir le recouvrement de ces impositions redevenues exigibles.
6. Par ailleurs, si M. B soutient qu'il appartenait à l'administration de renouveler cette notification, il ne précise pas les dispositions législatives ou règlementaires qui auraient été méconnues par le service.
7. Enfin, si le requérant fait état de l'absence de mise en demeure et soutient que la procédure de saisie administrative à tiers détenteur ne serait pas définitive, il n'assortit pas ces moyens des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé.
8. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête, et notamment celles au titre des frais de justice, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Jean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé: P. Meyrignac Le président,
Signé: N. Le Broussois
Le greffier,
Signé: G. Ngassaki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026