mercredi 15 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2105261 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | LASFARGEAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juin 2021, Mme C A, représentée par Me Lasfargeas , demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloigné;
2°) d'enjoindre au Préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
La décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- est entachée d'une erreur de droit faute pour le préfet d'avoir examiné sa situation au regard des dispositions des articles L. 313-11 7°, devenu L. 423-23, et L. 313-14 devenu L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée de dénaturation des faits ou d'une erreur manifeste d'appréciation, le préfet ayant affirmé dans sa décision qu'elle ne justifiait pas être dépourvue de famille ou d'attaches hors de France et que sa décision ne portait aucune atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et à sa vie familiale.
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision fixant le pays de destination :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile faute de mentionner que la reconduite dans un autre pays dans lequel elle est légalement admissible ne pourra avoir lieu qu'avec son accord.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2021, le Préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Par ordonnance du 5 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 octobre 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, ressortissante congolaise née le 22 avril 1952 à Kimbeti (R.D.C.), déclare être entrée en France le 7 août 2017 sous couvert d'un visa de court séjour, a sollicité le 5 novembre 2018 la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 313-11-11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 29 avril 2021, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de la décision attaquée, auxquelles se sont substituées celles de l'article L. 423-23 du code précité depuis le 1er mai 2021 : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : ()/ 7°)A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". D'autre part, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de la décision attaquée, auxquelles se sont substituées les dispositions de l'article L. 435-1 du code précité depuis le 1er mai 2021 : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7. () L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans (). Toutefois, lorsqu'il est saisi d'une demande de titre de séjour sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur un fondement autre que celui invoqué.
3. En l'espèce, Mme A soutient que la décision par laquelle le préfet lui a refusé le titre de séjour sollicité serait entachée d'une erreur de droit, faute pour cette autorité d'avoir examiné sa demande au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 2. Toutefois, il ressort du récépissé de demande de titre de séjour signé, par l'intéressée, le 5 novembre 2018 qu'elle a sollicité un titre en tant qu'étranger malade sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile exclusivement. De plus, il ne peut être déduit du courrier de la préfecture en date du 17 septembre 2020 l'informant que le médecin de l'OFII, saisi pour avis le 7 août 2020, avait émis un avis défavorable et lui demandant d'adresser des éléments complémentaires et notamment sur sa vie privée et familiale, ainsi que professionnelle afin que l'autorité administrative puisse statuer en toute connaissance de cause sur ses éventuels droits au séjour que Mme A aurait formulé une demande de titre de séjour sur un autre fondement que l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou que le préfet aurait choisi d'examiner sa demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 313-11 7° ou L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce d'autant plus que Mme A ne produit pas le courrier qu'elle prétend avoir envoyé le 15 octobre 2020 et qui comporterait une demande de titre de séjour sur ces fondements et que les attestations de ses deux enfants et d'une personne qu'elle présente comme sa nièce sont postérieures à la date de la décision attaquée et ne révèlent pas une situation antérieure. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, si tant est que Mme A ait entendu soulever un moyen tiré de l'erreur de fait, celle-ci ne saurait résulter de sa seule divergence d'appréciation avec le préfet sur sa situation personnelle et familiale de la requérante. Par suite ce moyen ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, Mme A fait valoir que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à sa vie personnelle et familiale alors qu'étant âgée de 70 ans, elle ne dispose plus d'attaches dans son pays d'origine, depuis son divorce en 2004 et le décès de deux de ses cinq enfants et que, mis à part un de ses fils qui demeure au Danemark, l'intégralité de sa famille, à savoir son fils et sa fille ainsi que ses petits-enfants, réside en France. Elle invoque également apporter une aide indispensable à sa fille résidant en France dans la prise en charge de leurs enfants. Toutefois, si l'intéressée invoque résider en France depuis le mois d'août 2017, les attestations de deux de ses enfants ainsi que d'une personne présentée comme sa nièce, au-demeurant toutes trois postérieures à la date de la décision attaquée, ne sont pas de nature à établir la présence continue en France de Mme A depuis cette date, de son insertion sociale en France ou que sa présence constante serait nécessaire auprès de ses trois petits enfants. De plus, les trois attestations produites et l'invocation du décès de deux de ses enfants en 2012 et en 2015 alors qu'ils étaient âgés de 30 ans sont insuffisantes pour établir l'absence de toute attache familiale dans son pays d'origine, où Mme A a vécu jusqu'à l'âge de 65 ans et pendant plus de dix ans après son divorce. Au surplus, il résulte de l'avis du collège de médecins émis le 7 août 2020, que si l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge ne devrait pas avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, Mme A n'établit pas que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de cette décision sur son droit à mener une vie privée et familiale et au regard de sa situation personnelle.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, la décision portant refus de lui délivrer un titre de séjour n'étant, ainsi qu'il vient d'être dit, pas illégale, Mme A n'est pas fondée à invoquer le moyen tiré de d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
8. En second lieu, compte-tenu des circonstances énoncées au point 5 de la présente décision, Mme A ne saurait soutenir que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle et de sa vie familiale.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire national doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
10. En première lieu, la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour n'étant, ainsi qu'il vient d'être dit, pas illégale, Mme A n'est pas fondée à invoquer le moyen tiré de d'illégalité de la décision fixant le pays de destination par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et des demandeurs d'asile, modifié par la loi du 7 mars 2016, dans sa rédaction applicable à la date de la décision querellée, auquel s'est substitué depuis le 1er mai 2021 l'article L. 721-4 du code précité: " L'étranger qui fait l'objet d'une mesure d'éloignement est éloigné :/1° A destination du pays dont il a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu le statut de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ;/ 2° Ou, en application d'un accord ou arrangement de réadmission communautaire ou bilatéral, à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité ;/ 3° Ou, avec son accord, à destination d'un autre pays dans lequel il est légalement admissible./ Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
12. En décidant que Mme A pourra être reconduite d'office à la frontière du pays dont elle possède la nationalité ou de tout pays dans lequel elle est légalement admissible, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas méconnu l'article L. 513-2 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance que la décision fixant le pays de destination ne prévoit pas l'accord préalable de l'étranger avant qu'il ne soit reconduit à destination de son pays d'origine ou d'un autre pays dans lequel elle est légalement admissible est sans incidence sur sa légalité.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre cette dernière décision doivent également être rejetées.
14. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la Préfecture de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote , conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2023.
Le rapporteur,
S. B
Le président,
S. DEWAILLY La greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026