lundi 5 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2105390 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CARDOSO CHRISTOPHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin 2021 et 26 mars 2022, M. B E et M. A D, représentés par le cabinet Busson, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2021 par lequel le maire du Perreux-sur-Marne a délivré un permis de construire un immeuble à usage d'habitation sur la parcelle cadastrée section AU n° 128 située 117 Quai d'Artois au Perreux-sur-Marne ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Perreux-sur-Marne une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ; en particulier, ils ont intérêt pour agir afin de contester le permis de construire en litige en qualité de voisin immédiat alors que le projet aura pour conséquence de les affecter dans la jouissance de leurs biens ;
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- la demande de permis de construire est entachée d'une fraude dès lors que le terrain d'assiette du projet est issu d'une division ayant pour seul objet de contourner les dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 janvier 2022, la commune du Perreux-sur-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir des requérants ; elle est également irrecevable à l'égard de M. D pour être tardive en l'absence d'introduction d'un recours gracieux qui aurait eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux ;
- les moyens soulevés par M. E et M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cabal,
- les conclusions de M. Zanella rapporteur public,
- et les observations de Me Lemire, représentant M. E et M. D, et de M. F, représentant la commune du Perreux-sur-Marne.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 8 janvier 2021, le maire du Perreux-sur-Marne a délivré à Mme G un permis de construire un immeuble à usage d'habitation sur la parcelle cadastrée section AU n° 128 située 117 Quai d'Artois (Le Perreux-sur-Marne). Par un courrier du 3 mars 2021 reçu le 4 mars suivant, M. B E et M. A D ont saisi le maire d'un recours gracieux afin qu'il retire cet arrêté. Ce recours a été rejeté le 26 avril 2021. M. E et M. D demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2021 délivrant le permis de construire ainsi que de la décision de rejet de leur recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune du Perreux-sur-Marne :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. E est propriétaire d'une maison située 114 Quai d'Artois et a, à ce titre, qualité de voisin immédiat du terrain d'assiette du projet sis 117 Quai d'Artois. Il soutient que la construction projetée est susceptible de créer des vues sur sa propriété de nature à lui causer des troubles de jouissance. La commune du Perreux-sur-Marne, qui se borne à soutenir qu'il ne démontre pas la réalité de ces troubles, n'apporte aucun élément de nature à établir que les atteintes alléguées seraient dépourvues de réalité. M. E justifie ainsi d'un intérêt à agir pour demander l'annulation de l'autorisation en litige. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de la requête collective sont recevables sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité en tant qu'elles émanent de M. D. Il suit de là que les fins de non-recevoir tirés du défaut d'intérêt pour agir des requérants et de la tardiveté de la requête en tant qu'elle a été présentée par M. D ne sauraient être accueillies.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dans une bande de 15 m comptée perpendiculairement depuis la marge de recul exigée à l'article 6.1 : () / Si la largeur du terrain sur rue est comprise entre 9 et 15 mètres : les constructions pourront être édifiées sur une seule limite séparative latérale. / Si la largeur du terrain sur rue est supérieure à 15 mètres : les constructions devront être édifiées en retrait des limites séparatives latérales ". Aux termes de l'article UB 6 de ce règlement " Toute construction devra être implantée en retrait par rapport à l'alignement actuel ou futur. Ce retrait est fixé à 5 m minimum ". Le règlement définit le recul par rapport à l'alignement comme " la distance séparant une construction des emprises publiques ou des voies (publiques ou privées). Il se mesure horizontalement et perpendiculairement à la limite d'emprise publique, de voie ou d'emplacement réservé ".
6. La fraude, dont le juge de l'excès de pouvoir apprécie l'existence à la date du permis de construire, est caractérisée lorsqu'il ressort des pièces du dossier, y compris le cas échéant au vu d'éléments dont l'administration n'avait pas connaissance à cette date, que le pétitionnaire a eu l'intention de tromper l'administration ou s'est livré à des manœuvres en vue d'obtenir un permis de construire indu. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire, notamment du plan de masse " PC2-B ", que, dans une bande de quinze mètres comptée depuis la marge de recul de cinq mètres exigée par les dispositions précitées, le projet s'implantera, sur une longueur de douze mètres, sur la seule limite séparative latérale nord-ouest. Il résulte de la modification du parcellaire cadastral déclarée le 24 octobre 2019 par Mme G que la parcelle cadastrée section AU n° 128 formant le terrain d'assiette du projet en litige et d'une largeur sur rue de 14,99 mètres est issue d'une division cadastrale de la parcelle cadastrée section AU n° 127 lui appartenant d'une largeur sur rue de 17,5 mètres à laquelle a été détachée la parcelle cadastrées section AU n° 129, pour des motifs tenant à un " nouvel agencement de la propriété ". Toutefois, cette dernière parcelle, d'une largeur sur rue de 2,51 mètres et d'une surface de 19 m², est, par ses caractéristiques inconstructibles et ne peut être rattachée à la propriété contigüe qui appartient à l'un des requérants. En outre, il ressort des photographies produites par les requérants qu'elle est toujours intégrée au tènement appartenant à Mme G. Dans ces conditions, la division de la parcelle cadastrée section AU n° 127 doit être regardée comme n'ayant été effectuée qu'en vue d'échapper aux prescriptions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme du Perreux-sur-Marne, dont il ressort de son rapport de présentation qu'elles visent à préserver un tissu urbain aéré tout en permettant l'évolution du bâti sur les parcelles les plus petites d'une largeur sur rue inférieure ou égale à quinze mètres. Il suit de là que les requérants sont fondés à soutenir que le permis de construire en litige a été obtenu par fraude.
8. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de l'arrêté en litige.
9. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 8 janvier 2021 par lequel le maire du Perreux-sur-Marne a délivré à Mme G un permis de construire un immeuble à usage d'habitation doit être annulé.
Sur les frais liés au litige :
10. Pour l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de la commune du Perreux-sur-Marne la somme globale de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. E et M. D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 janvier 2021 par lequel le maire du Perreux-sur-Marne a délivré à Mme G un permis de construire un immeuble à usage d'habitation est annulé.
Article 2 : La commune du Perreux-sur-Marne versera à M. E et à M. D la somme globale de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à M. A D, à la commune du Perreux-sur-Marne et à Mme C G.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. H, président,
Mme Morisset, première conseillère,
M. Cabal, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2023.
Le rapporteur,
P.Y. CABAL
Le président,
M. H
La greffière,
G. AUMOND
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026