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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2105556

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2105556

mardi 27 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2105556
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre
Avocat requérantCHEIX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 et 19 juin 2021, M. A B, représenté par Me Cheix, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 janvier 2021 par lequel le préfet du Val-de-Marne a refusé de renouveler son certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre, à titre principal, aux services préfectoraux de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " commerçant " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses la somme de 2 000 euros à verser à Me Cheix, son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

S'agissant de l'ensemble des décisions contestées :

- elles ont été prises par une autorité incompétente ;

S'agissant de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 5 et celles du c) de l'article 7 de l'accord franco-algérien en tant que le préfet du Val-de-Marne ne pouvait, dans les circonstances très particulières de l'espèce, lui opposer l'absence de ressources pour refuser de renouveler son certificat de résidence ;

- les services préfectoraux auraient dû lui renouveler son certificat de résidence sur le fondement des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;

- elle est entachée d'erreur de droit en ce que le préfet du Val-de-Marne ne pouvait examiner sa situation au regard des articles L. 313-11 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il pouvait seulement user de son pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu des éléments de sa situation personnelle, l'opportunité d'une mesure de régularisation ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 24 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 1er janvier 2023 à 12 heures.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 avril 2021 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Luneau a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 11 janvier 1984 à Akbou-Bejaia (Algérie), entré en France le 1er octobre 2011 sous couvert d'un visa " étudiant ", a bénéficié d'un certificat de résidence algérien portant la mention " commerçant " valable du 1er septembre 2017 au 31 août 2018, renouvelé jusqu'au 6 mars 2021. Par un arrêté du 14 janvier 2021, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Val-de-Marne a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination duquel il pourrait être reconduit d'office.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :

2. Par un arrêté n° 2020/2421 du 25 août 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-de-Marne du même jour et librement accessible et consultable notamment sur le site internet de la préfecture, le préfet du Val-de-Marne a donné délégation à Mme C D, sous-préfète de L'Haÿ-les-Roses, à l'effet de signer notamment tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans l'arrondissement de l'Haÿ-les-Roses, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté, qui manque en fait, doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens s'établissant en France pour exercer une activité professionnelle autre que salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur justification, selon le cas, qu'ils sont inscrits au registre du commerce ou au registre des métiers ou à un ordre professionnel, un certificat de résidence dans les conditions fixées aux articles 7 et 7 bis ". L'article 7 du même accord dispose que : " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord : / () ; / c) les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent, s'ils justifient l'avoir obtenue, un certificat de résidence valable un an renouvelable et portant la mention de cette activité ; / () ".

4. Si l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régit de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et à y exercer une activité professionnelle, cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que soient appliqués aux ressortissants algériens les textes de portée générale relatifs à l'exercice, par toute personne, de l'activité professionnelle envisagée. En revanche, cette circonstance fait obstacle à ce que la condition de la viabilité économique, celle des moyens d'existence suffisants, et celle de l'adéquation des compétences, qui ne sont pas prévues pour la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " commerçant " et qui ne relèvent pas de textes de portée générale relatifs à l'exercice par toute personne d'une activité professionnelle, leur soient opposées.

5. L'autorité administrative, saisie par un ressortissant algérien d'une demande de renouvellement d'un certificat de résidence en qualité de commerçant, peut, toutefois, dans tous les cas, vérifier le caractère effectif de l'activité commerciale du demandeur et, dans le cas où ce caractère n'apparaît pas établi, refuser de l'admettre au séjour.

6. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet du Val-de-Marne a, au vu des déclarations trimestrielles de chiffre d'affaires 2017 à 2019 que M. B a déposées auprès de l'Urssaf, refusé de renouveler son certificat de résidence en qualité de commerçant au motif que ces éléments ne permettaient pas d'établir qu'il exerce son activité commerciale de manière effective. Pour contester cette décision, M. B fait valoir qu'il a créé son entreprise " Acrec Hôtellerie " au mois d'avril 2017, après avoir acquis une expérience significative dans le domaine de l'hôtellerie du mois de juillet 2012 au mois d'octobre 2017, pour proposer ses services aux entreprises pour lesquelles il avait déjà travaillé et élargir sa clientèle et que, malgré les difficultés auxquelles il avait été confrontées, il n'a cessé de rechercher des contrats et d'envoyer des candidatures - pas moins de soixante-dix-sept entre les mois de septembre et novembre 2017. Il soutient, à cet égard, que dans " les circonstances très particulières de l'espèce ", l'absence de ressources ne pouvait lui être opposé pour refuser de lui renouveler son certificat de résidence. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, ainsi que l'a relevé le préfet du Val-de-Marne dans la décision critiquée, que les déclarations trimestrielles de chiffre d'affaires que M. B a renseignées font mention d'un chiffre d'affaires nul aux 2ème, 3ème et 4ème trimestres 2017, d'un chiffre d'affaires nul au 1er trimestre 2018, d'un chiffre d'affaires trimestriel arrondi de 1 026 euros au 2ème trimestre 2018, d'un chiffre d'affaires nul au 3ème trimestre, d'un chiffre d'affaires trimestriel arrondi de 576 euros au 4ème trimestre 2018 puis d'un chiffre d'affaires nul sur les quatre trimestres 2019 et 2020. Ces éléments sont corroborés par les attestations fiscales - régime " micro-entrepreneur - 2018 et 2019 que M. B a annexées à ses écritures sans produire aucun autre élément pertinent à l'appui de son argumentation. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-de-Marne aurait méconnu les stipulations de l'article 5 et celles du c) de l'article 7 de l'accord franco-algérien. Il suit de là que le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.

7. En deuxième lieu, si M. B a, sous l'intitulé " 1 - Sur le refus de renouvellement de titre de séjour ", invoqué dans un " b) () la violation de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et () l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur la situation personnelle de M. B ", il n'a, au vu de l'argumentation qu'il a développée, entendu invoquer que la seule méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien.

8. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". L'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dispose que : " (). / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () ; / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".

9. Il ressort des termes de la décision attaquée que si le préfet du Val-de-Marne, pour refuser de renouveler le certificat de résidence en qualité de commerçant sollicité par M. B, s'est fondé sur le motif qu'il ne remplissait pas les conditions d'obtention de ce titre, faute pour son entreprise d'avoir enregistré une réelle activité depuis son inscription au registre du commerce et des sociétés, le préfet du Val-de-Marne a également examiné sa situation au regard de son droit à mener une vie privée et familiale normale. A cet égard, M. B fait valoir qu'il est entré régulièrement en France le 1er octobre 2011, qu'il s'y est maintenu en situation régulière, qu'" il y a fixé le centre de ses intérêts personnels " et qu'il établit sa volonté d'intégration et d'insertion professionnelle. Il allègue, en outre, que le préfet du Val-de-Marne a manifestement ignoré la réalité de ses attaches en France ainsi que " sa remarquable capacité d'intégration ". Toutefois, si M. B est entré en France le 1er octobre 2011, ce qui n'est pas contesté par le préfet du

Val-de-Marne, il y a séjourné du mois de février 2012 au mois de février 2017 sous couvert de titres de séjour en qualité d'étudiant qui ne lui ont ouvert aucun droit au séjour de manière pérenne, puis sous couvert d'un certificat de résidence algérien en qualité de commerçant valable du 1er septembre 2017 au 31 août 2018. La circonstance que M. B ait justifié avoir occupé plusieurs emplois sur la période courant de l'année 2012 à l'année 2017, alors qu'il séjournait en France sous couvert de titres de séjour en qualité d'étudiant et qu'il avait bénéficié d'autorisations provisoires de travail pour certains de ces emplois, ainsi qu'il l'établit par les pièces qu'il a produites, et au vu de ce qui a été dit au point 6. du présent jugement, n'est pas suffisante pour démontrer qu'il est intégré professionnellement sur le territoire national. A cet égard, le fait qu'il justifie occuper un emploi d'agent polyvalent dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée conclu avec la Sas La Résidence du Château, prenant effet à compter du 7 juin 2021, soit postérieurement à la décision attaquée, est sans incidence sur la légalité de la décision contestée. Dans ces conditions, alors même que M. B fait valoir qu'il réside depuis près de dix ans en France à la date de l'arrêté critiqué et qu'il ne conteste pas qu'il est célibataire et sans enfant et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident ses parents et cinq membres de sa fratrie et où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-sept ans, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-de-Marne aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise et qu'il aurait dû lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des stipulations précitées au point 8. du présent jugement. Il suit de là que le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.

10. En quatrième lieu, M. B soutient que la décision critiquée est entachée d'erreur de droit en ce que le préfet du Val-de-Marne ne pouvait examiner sa situation au regard des articles L. 313-11 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il relève exclusivement des stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. La décision attaquée, qui indique que " sa situation personnelle et familiale ne relève ni des cas évoqués dans l'accord franco-algérien, ni de ceux énoncés aux articles L. 313-11 et L. 313-14 du CESEDA ", est effectivement entachée d'une erreur de droit. Toutefois, il résulte de l'instruction que le préfet du Val-de-Marne aurait, s'il n'avait retenu que le motif tiré de l'absence d'activité effective, ainsi que cela a été dit au point 6. du présent jugement, pris la même décision.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2. à 10. du présent jugement que la décision portant refus de renouvellement du certificat de résidence de M. B n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. B ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen invoqué est donc écarté.

12. En deuxième lieu, compte tenu des considérations énoncées au point 9. du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-de-Marne, en prenant la décision contestée portant obligation de quitter le territoire français, aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ni qu'il aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Par suite, les moyens invoqués ne peuvent qu'être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 11. et 12. du présent jugement que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. B ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire. Le moyen invoqué doit donc écarté.

14. En second lieu, aux termes du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : " L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. (). "

15. Les dispositions du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile laissent, de façon générale, un délai d'un mois pour le départ volontaire de l'étranger qui fait l'objet d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Par suite, alors même que les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne font pas obstacle à ce que le délai de départ volontaire soit prolongé, le cas échéant, d'une durée appropriée pour les étrangers dont la situation particulière le nécessiterait, l'autorité administrative, lorsqu'elle accorde ce délai d'un mois, n'est pas tenue de motiver sa décision sur ce point si l'étranger n'a présenté aucune demande en ce sens. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait expressément demandé le bénéfice d'une telle prolongation. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision contestée en méconnaissance de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

16. Il résulte de ce qui a été dit aux points 11. et 12. du présent jugement que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. B ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 janvier 2021 par lequel le préfet du Val-de-Marne a refusé de renouveler son certificat de résidence algérien, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduite d'office. Il suit de là que les conclusions aux fins d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles que M. B a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

Mme Réchard, première conseillère,

Mme Luneau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.

La rapporteure,

F. LUNEAU

La présidente,

S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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